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Après 25 ans de combat âpre contre l’ex-président du Tchad, Hissène Habré, la justice vient de donner raison aux centaines de victimes du régime encore vivantes ainsi qu’à leurs familles. Ce lundi 30 mai 2016, à Dakar où il se planquait, Habré a écopé de la prison à perpétuité. Le Tribunal lui a fait endosser des crimes de torture, crimes contre l’humanité, viols, esclavage forcé et autres crimes de guerre. Il dispose de 15 jours pour faire appel.

L’ancien dictateur fait face aux juges des Chambres africaines extraordinaires (CAE) depuis juillet 2015. Et vu les charges qui pesaient sur lui – « crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de torture » -, il avait très peu de chances de retrouver la liberté.

Le magistrat burkinabè Gberdao Gustave Kam, qui a annoncé le verdict, a parlé de la torture érigée en système durant les huit années du régime Habré. Le juge a évoqué une « atteinte systématique et généralisée contre la population du Tchad ». Par contre certains chefs de crime de guerre n’ont pas été pris en compte. Seuls les crimes de torture et de crimes contre l’humanité, y compris les crimes de viol et d’esclavage sexuel, ont été retenus. Mais c’était largement suffisant pour envoyer Habré derrière les barreaux pour le reste de ses jours.

Les avocats des parties civiles ont accueilli le verdict avec des manifestations de joie, certains ont même versé des larmes. par contre les partisans de l’ancien président tchadien lui ont signifié tout leur appui. Un journaliste qui assistait au procès a fait savoir que Habré a crié en sortant de la salle : « Vive l’Afrique indépendante et libre. En bas la Françafrique ! ».

La chute vertigineuse du dictateur

Habré a été l’homme fort du Tchad de 1982 à 1990. Il a dirigé le pays avec une extrême cruauté et a asservi les masses. C’est l’actuel président, Idriss Déby Itno, puissant chef de guerre à l’époque, qui a sonné le glas de ce régime tristement célèbre. Quand il a pris la fuite direction le Sénégal en décembre 1990, il était loin de se douter que certaines victimes allaient le traquer jusque là-bas, le déloger et le trainer devant la justice. Toutefois il a été presque tranquille pendant plus de dix ans, jusqu’au 30 juin 2013 où a été arrêté.

Le fait que des Africains aient conduit ce procès de bout en bout honore la justice du continent et démontre sa capacité à trancher sur les dossiers intra-africains, même les plus explosifs. Alors que jusqu’ici les dirigeants africains rendaient des comptes devant les juridictions internationales, notamment le Tribunal pénal international, comme c’est le cas actuellement pour l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo.  C’est le premier procès «au monde dans lequel un ancien chef d’État est traduit devant une juridiction d’un autre pays pour violations présumées des droits de l’homme », a déclaré Reed Brody, un activiste de Human Rights Watch (HRW) qui est pour beaucoup dans ce dénouement.

Par ailleurs l’Afrique a gagné des points à travers les Chambres africaines extraordinaires (CAE), un montage sans précédent né d’un accord entre le Sénégal et l’Union africaine (UA).
« C’est aussi la première fois que l’utilisation de la compétence universelle aboutit à un procès sur le continent africain », a également précisé Human Rights Watch. cette notion de compétence universelle ouvre beaucoup de portes pour la réparation des préjudices puisque des tribunaux nationaux pourront maintenant lancer des poursuites contre un ou des étrangers sur qui pèsent des accusations très graves.

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