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« Il ne suffit pas d’appliquer la loi pour lutter contre les délits et les crimes financiers, il est plus que jamais nécessaire d’assurer le développement économique ». Tel est le constat de l’Union des Banques arabes (UBA) par la voix de son secrétaire général  Wissam Fattouh.

Lors d’une rencontre organisée à Tunis sur la mise en œuvre des normes internationales, Wissam Fattouh a exhorté le  secteur bancaire à réaliser cet objectif et créer de la richesse eu égard à la grande responsabilité qui lui incombe à cet égard.

«  Environ 1.7 trillion de dollars ont été octroyés par le secteur banquier arabe  en 2015, l’équivalent de 64% du PIB alors qu’une grande partie doit être utilisée pour financer des projets porteurs et par conséquent absorber le chômage », a-t-il  estimé dans son discours inaugural.

Pour le secrétaire général  de l’UBA, cela est important dans la mesure où le nombre des chômeurs dans le monde arabe ne cesse d’évoluer pour grimper à 25 millions personnes dont l’âge ne dépasse pas 25 ans.

Cette tranche d’âge demeure la cible principale de l’organisation terroriste Deach qui a réussi à encaisser plus d’un million de dollars par jour provenant du vol, du kidnapping et des taxes imposées dans les régions qu’il contrôle, selon ses dires.

L’avis est partagé par le gouverneur de la Banque Centrale Chedly Ayari qui a mis en garde contre la recrudescence des crimes financiers en Tunisie.

«  La prolifération de la criminalité financière, considérée comme un phénomène complexe, constitue un réel danger non seulement pour la stabilité financière, mais aussi pour le rendement de nos institutions financières », a-t-il dit.

Pour le gouverneur de la BCT, il est temps de conjuguer les efforts pour mieux combattre ce fléau dangereux. A cet égard, il a indiqué que le système de veille qui assure le suivi de crimes et le financement du terrorisme a été finalisé après la mise en place  de la Commission nationale de lutte contre le terrorisme qui mettra à la disposition des autorités plus de moyens de contrôle.

Pour une révolution éthique

L’expert en économie Fayçal Derbal a, de son côté, jugé nécessaire d’entamer une révolution éthique pour pouvoir éradiquer ce phénomène.

« On a certes les moyens et les textes juridiques comme  la loi organique  relative à la lutte contre le terrorisme et à la répression du blanchiment d’argent, mais beaucoup reste à faire », a-t-il souligné.

Pour lui, le système mis en place par le gouvernement tunisien est en train de porter ses  fruits,  mais gagnerait à être amélioré puisqu’on est face à un problème de décalage entre le texte juridique et le contexte d’autant  que es organismes en place ne sont pas en train de remplir convenablement leur rôle.

Dans une déclaration à Africanmanager, Fayçal Derbel a préconisé d’accorder plus de priorité à cette question pour combattre l’infiltration des circuits financiers par le produit des trafics illicites aux mains des organisations criminelles transnationales.

C’est raisonnable, a justifié l’économiste,  affirmant que la criminalité financière constitue un véritable danger pour  l’économie d’une manière générale, mais également pour le secteur formel. « Aujourd’hui, nous sommes dans une phase délicate dans la mesure où la criminalité financière décime  l’intégrité de l’économie, et constitue une source du financement pour le terrorisme et ce, pour multiples raisons », a encore noté Fayçal Derbel pointant de doigt le faible contrôle exercé sur les transactions financières.

Comment lutter contre la criminalité financière ? Sur cette question, Ahmed El Karem, président de l’Association professionnelle tunisienne des banques et des établissements financiers (APTBEF), a appelé « les banques à se doter d’un mécanisme permettant de les protéger contre les risques ».

Ila précisé que ce système se base principalement sur plusieurs outils,  à savoir la mise en place d’une bonne gouvernance permettant aux banques de mieux définir les risques, et la mise en œuvre d’une politique de choix des clients fondée essentiellement sur des mesures bien déterminées..

D’autres outils concernent l’identification des risques liés à chaque client de manière à les limiter, l’élaboration d’une politique de suivi de toutes les opérations bancaires grâce à un système informatique développé sans oublier la mise en place d’une gestion d’information adéquate.

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