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C’est au tour du journal algérien El Watan, par le biais de son portail d’informations, El Watan.com, de s’inviter dans le débat, très touffu déjà, du déficit budgétaire de la Tunisie. Le journal a pointé du doigt, ce mardi 13 décembre, les obligations sociales qui ont alourdi la besace du chef du gouvernement, Youssef Chahed, pour 2017. Le papier n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en évoquant l’incapacité du gouvernement tunisien à prendre des décisions courageuses pour stopper la montée des dépenses publiques, notamment la masse salariale. Les Algériens y sont allés d’autant plus gaiement qu’ils ont du grain du moudre, avec Chahed qui vient de concéder à l’UGTT la moitié de ce qu’elle demandait en termes de hausse des salaires dans le public, l’autre partie étant différée en 2018.

Le journal est revenu sur la mauvaise passe de l’exécutif tunisien, coincé entre les obligations vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI), assorties au dernier prêt de 2,7 milliards de dollars accordé à l’Etat tunisien pour appuyer le redémarrage de l’économie. Et El Watan de rappeler que le projet de la loi de finances 2017 prévoyait de reporter ces augmentations de deux ans pour freiner le dérapage du budget, aux alentours de 6%, en raison surtout d’une masse salariale dans le public qui a été multipliée par 2 en à peine 5 ans. De l’avis de Hassine Dimassi, la décision de Chahed de maintenir la hausse des salaires, une orientation purement «politique», pourrait couter cher à la Tunisie. «Le FMI pourrait ne pas accorder la tranche du prêt prévue fin 2016, parce que la Tunisie s’est engagée sur un programme visant la maîtrise du déficit budgétaire et la compression des charges salariales», a déclaré Dimassi. Le journal n’a pas omis de tresser des lauriers à l’économiste tunisien, en revenant sur le fait qu’il a quitté le navire en juin 2012 – gouvernement de Hamadi Jebali – parce qu’il ne voulait pas cautionner des «prêts pour payer les fonctionnaires de l’Etat».

El Watan a évoqué les nuages sur le ciel de la Tunisie, suite à l’accord conclu par le gouvernement et l’UGTT sur le maintien des hausses salariales en 2017. Le journal a ajouté que la masse salariale du public va s’établir à 14,5 milliards de dinars, et ainsi engloutir 75% du budget général de gestion évalué à 18,5 milliards de dinars.
Par conséquent le volume des salaires reste à son seuil critique, 14,2% du PIB, alors que le projet de la loi de finances 2017 ambitionnait de le tasser jusqu’à 13,9% du PIB, en pariant en plus sur une hausse de 2,3% de ce dernier…

Bref, le journal algérien s’en est donné à coeur joie, sans doute une façon de donner le change et d’exorciser les démons de l’Algérie, qui fait face actuellement à de terribles difficultés financières du fait de l’assèchement de la rente pétrolière suite à la fonte des cours mondiaux du brut, dont l’économie du pays tant. D’ailleurs le budget 2017 est résolument sous le sceau de l’austérité, avec une hausse de la TVA, une réduction drastique des importations, etc. C’est la soupe à la grimace pour les citoyens algériens. Alors la Tunisie à côté, avec son goût effréné pour les dépenses publiques et son insouciance, ça doit être insupportable !

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Le déficit budgétaire devrait atteindre 6000 MDT, à la fin de cette année. C’est ce qu’a estimé Chakib Bani, rapporteur de la commission des finances à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP).

Lors de son passage, ce mardi 13 décembre 2016, sur Express fm, il a ajouté que ce déficit serait comblé par les crédits.

Sur un autre plan, Chakib Bani a souligné que le bureau de l’ARP vient de recevoir le projet de loi de finances complémentaires 2017 qui sera prochainement examiné.

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L’examen des résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat, à fin octobre 2016, fait apparaître une détérioration du déficit budgétaire (3.708 MDT contre 1.527 MDT au cours de la même période de l’année 2015), à cause de l’accélération des dépenses hors principal de la dette à un rythme plus élevé que celui des recettes propres. Les dépenses de fonctionnement se sont accrues de 8,7% durant cette période (contre 7,1% une année auparavant), portant la marque de l’accélération des dépenses de rémunération (+16,8% contre +11,3%). En revanche, les dépenses de subvention se sont établies à un niveau nettement inférieur à celui de 2015 (-30%) et ont concerné exclusivement les produits de base et le transport.

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S’agissant des ressources propres de l’Etat, elles se sont accrues durant les dix premiers mois de 2016 (+3,6% contre +1,6%) tout en demeurant en deçà du taux de progression prévu dans la loi des finances 2016 (LF2016), soit 12,4% sur l’ensemble de l’année. Cette évolution émane d’une hausse exceptionnelle des recettes non fiscales (cession de la licence 4G pour un montant de 471 MDT). En revanche, les recettes fiscales ont quasiment stagné (0,1% à comparer au taux de 11,4% prévu dans la LF2016). Cette évolution est, essentiellement, imputable à la faible performance des impôts sur les sociétés (notamment les sociétés pétrolières). Le financement du déficit durant les dix premiers mois de 2016 a été assuré grâce à un recours plus intensif au financement intérieur par rapport à celui prévu par la LF2016.

Communiqué BCT

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Fébrilement attendu par les pays qui, comme la Tunisie, ont lié leur sort économique et financier aux « recommandations » du Fonds monétaire international, le rapport du FMI sur les perspectives économiques mondiales vient de livrer ses constats et ce qu’il importe de faire pour pouvoir espérer tirer son épingle du jeu. Ses conclusions sont venues confirmer les appréhensions pour l’année courante mais, dans le même temps, esquissent  quelque chose qui s’apparente à un léger mieux en 2017.

Ainsi, le taux de croissance pour la Tunisie sera pire que celui estimé par son gouvernement. Il ne dépassera pas le 1,5% fin 2015, pour devoir remonter à 2,8% l’année prochaine. L’inflation tournera autour de 3,7% cette année, pour y ajouter deux décimales (3,9%) en 2017. Quant au déficit budgétaire,  il se situera, fin 2016, à 4,5% du PIB pour baisser à 3,6% l’année prochaine. Une petite éclaircie quand même, l’avancement continu des réformes, la modération du frein budgétaire et l’accroissement de la demande extérieure, en particulier de la zone euro, devraient accompagner une reprise attendue. Sauf que, dans un contexte marqué par la persistance d’obstacles structurels, la croissance à moyen terme restera vraisemblablement trop faible pour remédier au chômage élevé et renforcer l’inclusion. La perspective est valable pour tous les pays MENA importateurs de pétrole, surtout pour ceux en proie à la  lenteur des créations d’emploi et de l’amélioration des conditions de vie  qui pourraient s’attendre à une aggravation des tensions sociopolitiques en ce sens que les revers des transitions politiques et de la mise en œuvre des réformes pourraient compromettre la reprise.

S’ y ajoute le durcissement des conditions financières mondiales, dans un contexte marqué par le rééquilibrage de la Chine, la normalisation des taux d’intérêt aux États-Unis et les retombées du Brexit, pourrait limiter l’accès au financement. En revanche, les exportations pourraient augmenter plus rapidement si, par exemple, davantage de progrès étaient accomplis en matière d’accords commerciaux avec l’Union européenne. Le rééquilibrage de l’économie chinoise pourrait en outre élargir les débouchés pour les exportations de biens de consommation, prévoit l’institution de Bretton Woods.

En revanche, elle estime que  l’investissement et la croissance de la productivité sont trop faibles pour stimuler la croissance, la marge de manœuvre budgétaire est limitée par le coût élevé du service de la dette et le poids de la masse salariale, et, dans certains cas, les vulnérabilités externes restent fortes. Il est nécessaire, recommande le FMI,  de poursuivre l’assainissement des finances publiques afin d’améliorer le profil de la dette publique et de renforcer la marge de manœuvre disponible. Cet assainissement peut mettre l’accent sur des mesures ciblées en matière de recettes — suppression des exonérations fiscales, progressivité accrue des impôts sur le revenu et renforcement du recouvrement de l’impôt —ainsi que sur la poursuite de la redéfinition des priorités en matière de dépenses, en délaissant les subventions énergétiques universelles au profit de l’aide sociale ciblée, de l’investissement et d’autres domaines porteurs de croissance. Une plus grande flexibilité des taux de change permettrait de renforcer la compétitivité. Enfin, des réformes structurelles, en particulier dans les domaines de l’entreprise, du commerce et des marchés du travail et de la finance, sont nécessaires pour favoriser l’expansion du secteur privé et la création d’emploi.

La faible compétitivité  qui s’explique aussi par une appréciation du dollar américain, sur lequel les monnaies de nombreux pays de la région sont indexées, et malgré la récente dépréciation du taux de change en Tunisie comme en Egypte devrait, selon les prévisions, continuer à peser sur les parts de marché à l’exportation.

Pressions inflationnistes contrecarrées

Les  pressions inflationnistes ont été contrebalancées par la disparition progressive des subventions à l’énergie, la hausse des prix alimentaires et, dans certains cas, la dépréciation de la monnaie en Tunisie , la monétisation des déficits budgétaires et des politiques monétaires accommodantes, note le Fonds qui avertit toutefois que l’année prochaine, la région y compris la Tunisie subira de nouvelles pressions à la hausse, imputables à l’augmentation des prix mondiaux de l’énergie, à la suppression progressive des subventions à l’électricité et à l’eau .

Voilà pourquoi il est estimé qu’une  politique monétaire accommodante et une plus grande flexibilité du taux de change contribueraient à favoriser la croissance et la stabilité macroéconomique. Lorsque la compétitivité se dégrade, que les pressions sur le taux de change nominal s’accentuent (par exemple creusement de l’écart entre les taux de change officiels et officieux) et que l’asymétrie des bilans est limitée, une transition plus rapide vers des régimes de taux de change plus flexibles s’impose pour éviter un ajustement macroéconomique plus complexe par la suite. La plus grande flexibilité doit aller de pair avec l’indépendance de la banque centrale  au titre de laquelle des avancées ont été enregistrées en Tunisie, la détermination d’un autre point d’ancrage nominal, le renforcement des capacités institutionnelles, la réduction du primat de la politique budgétaire, le développement de marchés des changes plus larges et plus liquides et le renforcement de la surveillance et de la réglementation bancaire.

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« Le premier grand défi du gouvernement de Youssef Chahed est le bouclage du budget 2016 », a affirmé Slim Besbes, ancien ministre des Finances et membre de la commission des finances à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), dans une interview accordée ce mercredi 31 août 2016 à Africanmanager.

Il a par ailleurs expliqué que Youssef Chahed doit tailler dans les dépenses et rétablir les équilibres financiers, surtout en ce qui concerne la charge relative à la masse salariale dans la fonction publique. Besbes a fait savoir que le déficit budgétaire atteindra 6,5% si le gap (2400 millions de dinars) n’est pas financé par des ressources extérieures.
« Il faut trouver des solutions pour maîtriser les dépenses et éviter une crise de dette publique », déclare-t-il.

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A la fin de l’année 2016, le déficit budgétaire oscillera entre 2500 et 2900 millions de dinars (MD) , soit 6,5% du budget de l’Etat, a annoncé faycal Derbel, président d’honneur de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie (OECT).
Dans une déclaration à TAP en marge des travaux des journées d’études parlementaires sur  » les équilibres financiers face aux échéances de l’étape « , qui se tiennent à Hammamet, l’expert comptable a rappelé que les finances publiques font face à une importante crise.
 » La situation actuelle est très critique d’autant plus que le déficit a atteint, au 30 juin 2016, 2200 MD, est un record que la Tunisie n’a pas connu au cours de la dernière décennie « , a indiqué Derbel.
Et d’ajouter que  » la maitrise du déficit, nécessite des solutions urgentes « , évoquant l’élaboration d’une loi de finance complémentaire, outre l’accélération du processus de cession des biens confisqués, la privatisation de certaines institutions publiques qui rencontrent des difficultés en maintenant les entreprises vitales comme la STEG et la SONEDE et l’adoption d’une nouvelle taxe nationale exceptionnelle ou une participation exceptionnelle sur les bénéfices des grandes sociétés et sur les hauts revenus .
Pour Derbel, il est aujourd’hui difficile de recourir une fois de plus à l’endettement pour maitriser ce déficit d’autant plus que le taux d’endettement public a atteint 60% en Tunisie.
Il a dans le même cadre exprimé son étonnement que les revenus fiscaux atteignent à la fin juin 2016 0,03%, outre la baisse de l’impôt sur la TVA (taxe à la valeur ajoutée).
Derbal a par ailleurs appelé l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) à accélérer l’adoption des lois économiques notamment le code de l’investissement.
 » En cas de non adoption du projet de loi sur le code d’investissement, il n’est plus nécessaire de tenir la conférence internationale sur l’investissement prévue au cours du mois de novembre 2016 avec la participation de près de 1500 invités et structures régionales et internationales « , a estimé Derbel.
Il a en outre évoqué la possibilité de recourir à l’austérité en cas d’incapacité à mobiliser les ressources financières nécessaires pour clôturer le budget de l’Etat.
Taoufik Rajhi, président du conseil des analyses économiques, a, pour sa part, estimé que le principal objectif qu’on doit atteindre aujourd’hui, consiste à maitriser le déficit budgétaire aux alentours de 3,9% conformément aux prévisions de la loi des finances 2016. Il s’agit en outre de maintenir le niveau de l’endettement à 54,8%, a-t-il encore fait savoir.
Le nouveau gouvernement, précise encore le responsable, doit donner toute l’importance à la maitrise des équilibres généraux et de la dette.

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Fayçal Derbali, président d’honneur de l’ordre des experts comptables en Tunisie, a confié à Mosaïque FM, en marge de la journée d’études qui a eu lieu ce samedi 28 août 2016 à Hammamet, que le déficit du budget de l’Etat pourrait aller jusqu’à 6.5% à la fin de cette année.

Il a indiqué que les ressources propres de l’Etat vont chuter considérablement et qu’il faudra un financement supplémentaire de 2.5 à 2.9 milliards de dinars.

Comme solutions à ce marasme financier, Fayçal Derbel a préconisé l’accélération du processus de cession des biens confisqués, la privatisation de certaines institutions publiques qui rencontrent des difficultés et l’adoption d’une nouvelle taxe nationale exceptionnelle.

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Les finances publiques du Koweït sont très mal en point à cause de la plongée des cours du pétrole, d’où le pays tire le plus gros de ses recettes, plus de 90%. Les autorités ont fait face à leur premier déficit budgétaire depuis 16 ans, des années pendant lesquelles les revenus de l’or noir ont copieusement arrosé les caisses publiques.

Le trou du budget pour l’exercice fiscal 2015/16 qui a été bouclé le 31 mars 2013 s’est établi à 15,3 milliards de dollars, a indiqué le ministre des Finances, Anas al-Saleh. Le pays n’a pas connu pareille situation depuis l’exercice 1998/99.

2015/16 a été l’exercice de tous les casse-tête et de tous les cauchemars pour le gouvernement. Les revenus ont fondu de 45%, pour s’établir à 45,2 milliards de dollars, rendant les arbitrages extrêmement difficiles, notamment pour des citoyens qui n’ont pas l’habitude de se serrer la ceinture. Les autorités ont dû tailler dans les dépenses publiques, -14,8%, soit 60,5 milliards de dollars.

Les recettes pétrolières ont à peine atteint 40,1 milliards de dollars (46,3% de moins que l’exercice précédent), 89% de la totalité des revenus du pays, contre 95% pour l’exercice précédent. Les autorités ont réagi en conséquence pour gonfler le flux des rentrées d’argent, par exemple le Conseil des ministres a décidé la semaine dernière de monter de plus de 80% le prix de l’essence, une première depuis 20 ans. L’an dernier, les prix du kérosène et du diesel avaient été augmentés et pour 2017, les résidents étrangers seront également mis à contribution avec une hausse des prix de l’eau et de l’électricité.

A souligner que durant les 16 années fastes, le Koweït a engrangé à peu près 600 milliards de dollars, qui ont été injectés dans le fonds souverain Kuwait Investment Authority, qui investit aux Etats-Unis, en Europe et en Asie.

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Quand le quadra le plus célèbre de la Tunisie, Youssef Chahed, le nouveau chef du gouvernement d’union nationale, a placé la préservation des équilibres financiers parmi ses priorités, il ne croyait pas si bien dire. En effet les finances publiques du pays sont une grosse source de préoccupations ces dernières années. Le prêt de 500 millions de dollars que la Tunisie vient de contracter sur le marché international, le énième en 5 ans, en est l’illustration. Le problème, évidemment, ne date pas de l’arrivée de Habib Essid au pouvoir, comme la coalition gouvernementale a tenté de le faire gober aux citoyens, pour finalement réclamer la tête du chef du gouvernement, chose qu’elle a obtenue in fine au bout d’une étrange mise en scène au Parlement, entre le grotesque et le tragicomique. Mais passons, pour le moment l’essentiel est ailleurs. L’essentiel ce sont les déséquilibres structurels que Essid a trouvés et qu’il va laisser, intacts, entiers. Certes Essid n’a rien fait pour les solutionner, mais lui a-t-on donné les moyens d’y parvenir ? Le confort moral pour aller au bout de sa démarche ? Lui a-t-on laissé le temps de mettre en branle ces réformes structurelles lourdes, longues et complexes, et que tous les gouvernements précédents ont soigneusement planquées sous le tapis ? Les réponses sont non, à l’évidence. Youssef Chahed aura-t-il plus de chances ? Rien n’est moins sûr, au regard du rang de ses détracteurs qui grossit déjà à vitesse grand V. Mais il devra s’en contenter et aller au charbon car la tâche est colossale.

Il faudra aller vite pour tenter de résorber, ou du moins commencer à inverser les tendances des deux déficits majeurs : Le déficit budgétaire et le déficit commercial.

C’est devenu un lieu commun que de dire que la situation des finances publiques est affolante. Le trou du budget s’est établi au mois de mai 2016 au montant astronomique de 1823 millions de dinars tunisiens (MDT) contre 126 MDT l’an dernier, un gap tout de même de 1697 MDT !

Quant aux fameuses dépenses de fonctionnement, si lourdes dans ce pays, elles ont bondi de +19,9% suite à l’envolée de +18,3% enregistrée sur le poste de dépense des salaires de la fonction publique.

Le déficit courant, parlons-en. Il affiche 4682 MDT au mois de mai de cette année, soit 5,1% du PIB (Produit Intérieur Brut), contre 3945 MDT, ou 4,6% du PIB, dans la même période en 2015.

Même tendance pour le déficit commercial, qui devient abyssal. Au premier semestre de 2016, il a viré au rouge vif avec -6034,1 MDT. Tout simplement énorme, surtout quand on se réfère aux prévisions, qui étaient plus des prédictions qu’autre chose, du gouvernement Essid qui évoquaient un déficit budgétaire de 3,9% du PIB pour l’exercice 2016 et un taux d’endettement public de 53,4% du PIB. Je ne vous apprends rien en vous disant qu’on est largement sorti des clous, même si le chef du gouvernement ne peut être comptable de tous les mauvais réflexes – endettement – des exécutifs précédents.

Comment Chahed va se dépatouiller avec tout ça ? Aucune indication pour l’instant. Faudra attendre qu’il forme déjà son gouvernement, une entreprise aux allures de casse-tête vu les bâtons que certains partis politiques s’acharnent à mettre dans ses roues. En tout cas ce qui est sûr c’est qu’il lui faudra une sacrée dose de courage, des trésors d’imagination et une volonté de fer pour réussir là tous les autres, je dis bien tous les autres, ont échoué depuis 5 ans. Quant à l’histoire des 100 premiers jours de grâce, à notre avis il ferait mieux de l’oublier De répit il n’aura point avec des bailleurs de fonds fatigués par des années d’immobilisme que, paradoxe suprême, les citoyens tunisiens ont eux-mêmes abondamment alimenté en refusant obstinément de se remettre au travail après la révolution.

Chahed a le bonjour d’Essid !

Ce qui a surtout retenu notre attention au conseil ministériel restreint qui a eu lieu hier jeudi 5 août 2016, au Palais du gouvernement à la Kasbah, c’est le détachement et la légèreté avec lesquels le chef du gouvernement de gestion des affaires courantes, Habib Essid, évoque les priorités du gouvernement d’union nationale, telles que stipulées dans le document de Carthage. Il s’est même permis d’indiquer la voie à Chahed : Il faudra monter le niveau de la croissance, hausser la part de l’investissement dans l’économie nationale, prendre des décisions audacieuses pour maîtriser les grands équilibres économiques ainsi que les équilibres financiers des caisses sociales. Rien que ça ! En voilà un qui doit être bien content de refiler ces patates bien chaudes au nouveau venu. Si ce n’est pas une belle et grosse pierre dans le jardin du nouveau chef du gouvernement, alors on ne s’y connait pas !

En même temps il faut le comprendre Essid, on ne peut pas lui demander d’accepter d’aller s’immoler devant les élus de la nation, sans faire de vagues, et même en remerciant ses bourreaux, être viré de la plus vile des manières (3 votes de députés à son actif) et l’empêcher de se délecter de savonner un peu la planche de son successeur. Le peu de services, aux yeux de ses détracteurs, qu’il a rendus à la nation vaut bien qu’on l’autorise à un coup de patte à Chahed avant de tirer sa révérence. Allez, un dernier coup pour la route. Avant de retourner dans un anonymat où on s’empressera de l’enterrer en beauté. Ainsi va la vie politique en Tunisie post-révolutionnaire. Au suivant !

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L’examen des résultats provisoires de l’exécution du  budget  de  l’État,  à  fin  mai  2016,  fait apparaître une aggravation du déficit budgétaire au  cours  des  cinq  premiers  mois  de  l’année 2016, par rapport à la même période de l’année précédente  (1.823  MDT  contre  126  MDT),  à cause  de  l’accélération  des  dépenses  hors principal de la dette à un rythme plus élevé que celui des recettes propres. C’est ce qui ressort de la note de la Banque centrale de Tunisie (BCT) sur les évolutions monétaires et conjoncturelles et les perspectives à moyen terme.

Les   dépenses   de   fonctionnement   ont toutefois augmenté  de 19,9%  durant les  cinq  premiers mois  de  2016(contre  une  baisse  de  1%  au cours   de   la  même   période   de   l’année précédente) suite, notamment, à l’accélération des dépenses de rémunération (+18,3% contre +8,6%) et  des  interventions  et  transferts (+35,5%  contre -29,6%).  Les  dépenses  de subvention se  sont  établies  à  un  niveau comparable  à  celui  de  2015  et  ont concerné exclusivement  les produits  de  base  et  le transport.
Par  ailleurs,  la BCT a noté une  nette  reprise  des dépenses  en  capital qui  est  due, principalement,  à  l’accélération  de  l’exécution des projets d’investissement.

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Les importations ont connu une hausse de 1,1% pendant les cinq premiers mois de l’année 2016, par rapport à la même période de l'année écoulée, contre une baisse des exportations de 2,6% au cours de la même période, selon le ministère du commerce.

L’examen de ce déficit et des moyens à mettre en œuvre pour de rationaliser les importations, a été au centre de la réunion de l’instance technique pour le suivi des importations, tenue ce vendredi 10 juin 2016, a indiqué un communiqué publié par le ministère du commerce.

La réunion a évoqué la hausse importante des importations des produits cosmétiques et les difficultés de l’industrie locale.

À cet égard, de nouvelles mesures devraient être prises par les membres de l’instance en ce qui concerne notamment la soumission de toutes les mesures tarifaires relatives au producteur des grains de tournesol au cahier des charges et l’adoption du système d’autorisation jusqu’à l’émission du cahier des charges, pour éviter la déclaration des importateurs sur des mesures tarifaires non soumises à ce système, à l’effet de l’évasion de l’autorisation, d’après le communiqué.

L’instance a examiné la possibilité de réviser le cahier des charges relatif à l’importation des carreaux en céramique (faience) , à travers la concrétisation du contrôle continu des sociétés importatrices en vue d’assurer du respect de ces sociétés des conditions du cahier des charges et la décision des sanctions nécessaires à cet effet.

L’instance a examiné quelques mesures tarifaires concernant les câbles importés qui ne sont pas conformes aux normes au contrôle technique lors de l’importation, appelant à faciliter l’importation des autres types de câbles, par la direction générale de la douane qui devra appliquer cette mesure

L’instance a appelé la direction générale de la douane à suivre la problématique du changement de l’origine des marchandises et exhorté la BCT et les banques à mettre en place des mesures plus strictes lors de l’octroi des crédits et des opérations d’importation.

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Pendant que l’Iran regarde l’avenir avec optimisme et signe en ce moment même de gros contrats en Europe, les autres pays du Golfe regardent leurs recettes fondre comme neige au soleil du fait de la chute vertigineuse des cours du pétrole, un phénomène que rien ne semble pouvoir enrayer à court terme. Ce jeudi 28 janvier, c’est au tour du Koweït de venir exposer ses malheurs en annonçant un trou sans précédent dans son prochain budget, effectif à partir de ce 1er avril.

Le ministère koweïtien des Finances a fait savoir sur son compte Twitter que le déficit pour l’exercice 2016/2017 est évalué à 11,5 milliards de dinars (38 milliards de dollars). Certes on est encore loin des 98 milliards de dollars de déficit de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, mais le fait est que les économies des pays membres de l’Opep souffrent énormément et n’entrevoient même pas le bout du tunnel.

Résultat des courses : Le Koweït, comme les autres, va devoir se serrer la ceinture et compresser ses dépenses. Le Trésor public ne décaissera que 18,9 milliards de dinars (62,4 milliards de dollars) dans le prochain exercice budgétaire, un recul de 1,6% en comparaison avec le budget en cours.

Le pays paye ainsi sa trop grande dépendance aux recettes pétrolières ; avant l’affaissement des cours du brut, les revenus tirés de la vente du pétrole pesaient plus de 94% dans les revenus globaux de l’Etat. Le moins qu’on puisse dire est que les autorités n’ont absolument pas commencé à diversifier leurs sources de revenus, comme le fait le Qatar par exemple. Il est peut-être temps car le pétrole n’est pas éternel, sans parler du fait que les hydrocarbures n’ont plus bonne presse dans les pays occidentaux – réchauffement climatique oblige – et que les énergies renouvelables ont le vent en poupe.

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