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100 mille élèves

100 mille élèves, dont 10 mille dans les écoles primaires, ont interrompu leur cursus, durant l’année scolaire 2012-2013. Un chiffre qui devient alarmant en l’absence de toute initiative ou intervention de la part des hommes politiques, au pouvoir et dans l’opposition. Le sujet soulève force interrogations : Pour quelles raisons ces élèves choisissent d’interrompre leur scolarité à mi-chemin ? Est-ce pour des raisons de précarité, de pauvreté, de négligence ou pour rejoindre les écoles coraniques qui ne cessent de proliférer partout dans le pays ?

La gratuité est erronée !

Le secrétaire général du syndicat général de l’enseignement secondaire, Lassaad Yaakoubi nous a précisé, dans ce cadre, que l’abandon scolaire est apparu depuis les années 90, mais avec des chiffres plus ou moins inférieurs compris entre 80 et 90 mille chaque année. Toutefois, il a souligné que ce fléau devient, aujourd’hui, très alarmant , touchant 100 mille élèves, durant l’année scolaire 2012/2013, soit une hausse de 10% par rapport aux années précédentes, vu le contexte défavorable dans lequel se trouve la Tunisie, et qui a forcément un impact négatif.

Il a imputé ce phénomène à l’état d’anarchie et de chaos dans lequel s’enlise le pays, ces dernières années, ainsi qu’à la violence qui prévaut, aujourd’hui, dans les établissements scolaires.

Lassaad Yaakoubi a expliqué, aussi, ce phénomène par l’apparition de l’enseignement parallèle et les écoles coraniques qui sévissent un peu partout dans le pays et les prédications wahabistes impactant directement les familles pauvres et les catégories vulnérables, les incitant à s’enrôler au sein de ces communautés, ce qui a approfondi, selon lui, le problème, notamment en l’absence de tout contrôle.

Qui est le responsable ?

Lassaad Yaakoubi a fait assumer la première responsabilité à l’Etat comme étant le garant des orientations générales de l’enseignement, soulignant que l’Etat n’a pas encore changé les méthodes de l’ancien régime : « On travaille avec les mêmes cadres et les mêmes orientations que celles sous Ben Ali. Pas de stratégie sérieuse pour la refonte du secteur », a-t-il précisé, appelant les forces politiques et la société civile à faire bouger les choses. Et de préciser que la structure de l’enseignement actuelle n’offre pas les mêmes chances pour les riches et les pauvres qui bénéficient des mêmes prix alors qu’ils n’ont pas le même niveau de vie : « La gratuité de l’enseignement est erronée », a-t-il affirmé.

Il a souligné, en outre, que la refonte de l’enseignement ne doit pas se baser sur les programmes mais plutôt sur une stratégie et un dialogue national.

Lassaad Yaakoubi a alerté contre l’aggravation du fléau de l’abandon scolaire qui peut atteindre des chiffres alarmants dépassant de loin les 100 mille, et ce suite à la stratégie du silence observé par le gouvernement.

Quant à Mohamed Zribi, directeur général de la promotion sociale au ministère des Affaires sociales, il a imputé ce phénomène à plusieurs facteurs dont principalement ceux d’ordre social (pauvreté, précarité), et d’ordre pédagogique, ainsi que l’éparpillement des familles et la faiblesse de l’encadrement éducationnel au sein de la famille et des établissements scolaires. Il a cité également la situation actuelle du pays et la faiblesse du poids de l’Etat et ses interventions dans les établissements scolaires.

Appel à revoir la législation

S’agissant des remèdes, le directeur général de la promotion sociale au ministère des Affaires sociales, a précisé, qu’un programme est en cours d’élaboration entre les ministères de l’Education et des Affaires sociales pour essayer de réintégrer ceux qui ont interrompu leur scolarité. Et de préciser que le ministère de l’Education est tenu d’informer celui des Affaires sociales de toute interruption dans un délai ne dépassant pas les 15 jours, ce qui n’a pas été fait.

Ila souligné que le plus grand problème est de trouver les mécanismes et les dispositifs capables de mettre fin à ce fléau, précisant que cela ne concerne pas seulement l’Etat mais aussi la famille, les associations et toutes les parties concernées.

Il a expliqué, en outre, que l’abandon de la scolarité émane le plus souvent d’une volonté personnelle, d’où la difficulté d’intervenir, notamment à la lumière d’une législation qui demeure « très faible », selon ses dires : « Il faut revoir la structure sociale et les parties intervenantes dans le secteur de l’enseignement», a-t-il dit.

Khadija Taboubi

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