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La Tunisie est-elle assez endettée, et si oui, devrait-elle réclamer un rééchelonnement, une suspension ou même une annulation de certaines de ses dettes ? La question divise les analystes et les économistes tunisiens et suscite un débat où les arguments des uns et des autres tracent des pistes, certes dignes d’intérêt, mais qui  n’ont pas pour le moment, l’heur d’ébranler les convictions et les professions de foi des pouvoirs publics, fermement attachés au paiement de la dette extérieure tunisienne selon l’échéancier fixé, excluant tout rééchelonnement, du moins pour l’année en cours. Il n’en apparait moins une très timide propension à ne pas écarter totalement cette option, comme ont pu le comprendre les journalistes présents à la conférence de presse tenue, mardi, à l’occasion de l’appel lancé, à partir de Tunis, au G8, par d’insignes économistes de stature internationale en présence du gouverneur de la  Banque Centrale de Tunisie, Mustapha Kamel Ennabli.

En tout cas, il ne semble que ce soit dans l’ordre des choses, encore moins des probabilités, pour le très court terme à tout le moins, que les autorités financières tunisiennes se résolvent à agir dans le sens d’une atténuation de la charge de la dette extérieure en  réclamant , par exemple, un moratoire.
La raison est simple : avec une dette de 14,4 milliards de dollars, la Tunisie se place dans la fourchette du ratio dette extérieure/Pib de moins de 50%. Il est en tout cas bien en-deçà des seuils définis par le traité de Maastricht qui décrète  que  la dette de l’Etat peut devenir insoutenable dès lors qu’elle atteint 60% du Pib et que le déficit public dépasse les 3,0%.

Convenons qu’il s’agit d’une situation à des années-lumière de celle dans laquelle bien des pays, développés, émergents et sous-développés  se trouvent enlisés  pour cause d’endettement  exorbitant.

Ce n’est visiblement pas l’avis de bien des groupes de réflexion économiques qui réclament à cor et à cri la suspension et même l’annulation de la dette tunisienne au motif qu’elle est une dette odieuse et illicite, autrement dit qu’elle a été contractée pour servir essentiellement les intérêts du président déchu et de ses proches, à l’exclusion du peuple tunisien qui n’en aurait pas vu un liard. C’est particulièrement le sens de l’argumentaire développé par  le CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde)

Un appel de la même eau a été lancé par  l’International Crisis Group  à destination de la  communauté internationale « pour rééchelonner le paiement de la dette externe tunisienne et travailler sur un audit de la dette », de manière à déterminer ce qui relève de la dette réelle et ce qui relève de malversations liées aux pratiques passées du président déchu et de sa famille, en violation des normes légales du pays débiteur et des pays créanciers.

D’autres, au contraire, et ils ne sont  susceptibles d’aucune sympathie pour le président déchu, soutiennent que les emprunts contractés par la Tunis du temps du régime dissous, ont permis de financer de grands travaux d’infrastructure, notamment , et que les menées prédatoires perpétrées par les suppôts de l’ancien président et de son épouse ont visé d’autres ressources, singulièrement celles du secteur bancaire.

Au point où en sont les choses, il n’ya certainement pas lieu d’envisager quelque démarche que ce soit pour solliciter un rééchelonnement de la dette tunisienne. Et le gouverneur de l’institut d’émission a été net sur ce registre en affirmant que « le remboursement de la dette extérieure se fera moyennant le recours aux ressources du budget de l’Etat ».

Plus précisément, alors que la Tunisie  alloue  plus de 10% de ses recettes d’exportation au service de la dette, elle s’acquittera de ses dettes, estimées, pour l’année 2011, à 1.120 millions de dinars dans les délais. Environ 820 millions de dinars devaient être  remboursés en avril et 300 millions de dinars le seront en septembre 2011″.

Effectivement, d’ores et déjà, et respectant ses engagements de remboursement de sa dette publique, arrivée à échéance la Tunisie s’est acquitté, début avril, de la somme de 450 millions d’euros (près de 930 millions de dinars), qui représente la plus forte échéance de l’année. La  deuxième échéance, fixée au mois de septembre prochain, et s’agissant d’un crédit japonais Samouraï, porte sur l’équivalent de 253 MD.

L’affirmation la plus catégorique à cet égard, on la doit au  ministre des Finances, Jalloul Ayed, qui a sentencieusement  dit : »Nous sommes en mesure d’honorer notre dette cette année et dans l’avenir», soulignant qu’il espérait que le déficit budgétaire de la Tunisie ne devrait pas dépasser 5 pour cent du produit intérieur brut en 2011, et que, pour le gouvernement, il faudrait 1,3 milliard de dollars pour faire face au financement budgétaire de ses besoins à court terme.
Tunisie s’attend à une croissance de 1 pour cent à 1,5 pour cent « au mieux » cette année, a-t-il dit, et elle a besoin de 4 milliards de dollars en prêts à l’étranger pour se remettre sur pieds à la suite de la Révolution du 14 janvier.

Il reste que, même si les choses ne devaient ne pas aller comme le souhaitent les autorités monétaires et financières tunisiennes, et pour retenir une alternative au rééchelonnement, l’option la plus commode serait une conversion de la dette en concours pour le développement, ce qui pourrait , a priori, remporter l’adhésion des créanciers. Mais, c’est encore une hypothèse de travail, car, la Tunisie dispose d’un matelas qui devrait la dispenser d’envisager de semblables scénarii.

Mohamed Lahmar
 

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