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Donald Kaberuka, Tunisie

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Finalement, au  dernier jour des assemblées générales, un  panel  a été réservé par la BAD à ce qui s’est passé et se passe dans les pays de l’Afrique du Nord. Un panel qui a débuté par une gaffe du modérateur qui présentait toujours l’immolé Bouazizi comme un diplômé de l’enseignement supérieur en chômage. Un panel auquel, chose rare, a été présent le président de cette institution financière africaine qui a fait valoir à l’occasion [cela a été expressément mis en évidence lors de la conférence de presse qui a suivi] qu’elle est aussi et surtout une banque de développement.

La BAD boude la Révolution tunisienne.

Ce panel a cependant péché par plus d’un tort. D’abord et surtout concernant  la Tunisie, initiatrice même de ce qu’il est convenu d’appeler «le printemps arabe». Aucun Tunisien n’y a été invité à parler et même le ministre tunisien, présent pour signer, en marge du panel, le contrat de prêt de 500 MUSD avec le président de la BAD, n’a pas été invité à parler de la première Révolution du monde arabe. Par contre, trois personnalités égyptiennes ont été de ce panel, à côté d’un responsable marocain qui a rang de ministre. Pour la BAD donc, la Révolution, c’est l’Egypte.

Ceux qui ont parlé au nom de la Révolution égyptienne sont (Dr Azzam qui vit à Dubaï, Dr Kandil qui vit aux USA et le ministre Abdelkhalak Gouda qui était un opposant avant la Révolution). La démarché est donc chez la BAD de faire plus confiance aux avis extérieurs qu’à ceux des acteurs et témoins qui ont vécu l’évènement intra-muros. «La banque se leurre toujours des avis extérieurs», nous susurre avec un sourire narquois, une des personnes présentes au panel. Pour la présence du Maroc qui en a étonné plus d’un, la seule utilité du ministre marocain, puisque son peuple n’a pas fait de Révolution, aura été de pouvoir expliquer que les réformes ont été engagées par le Roi et partant,  tranquilliser les hommes d’affaires et des finances africains, son pays ayant depuis longtemps développé et mis en place une véritable stratégie commerciale sur l’Afrique.
Un appel à réaction sera par la suite lancé par le modérateur, apparemment mal informé sur la Révolution tunisienne, au président de la BAD, Donald Kaberuka pour répondre à la question de savoir si ce qui s’est passé en Afrique du Nord (la Tunisie exclue puisqu’elle n’est pas invitée à y participer) va changer quelque chose aux actions et aux investissements de la BAD. Se sentant, apparemment [ce n’est pas notre avis] accusé de ne pas en faire assez, le président Kaberuka répond alors que «la BAD n’a pas toutes les solutions. Il faut éviter de stigmatiser la BAD. De grandes choses viennent de l’Afrique du Nord, mais les réformes politiques ont été lentes». Et pour finir, il indique, comme pour dire que ce n’est  pas seulement à elle (la BAD) qu’il faut demander des solutions, que «l’Afrique du Nord,  qui a, par ailleurs, une dimension méditerranéenne [suivez son regard plus au Nord], est la région la moins intégrée. Il est vrai que les Africains du Nord devraient pouvoir compter sur eux-mêmes dans le cadre de l’UMA. Habib Ben Yahia, SG de l’UMA, présent à ce panel, saisira au vol le sens de la réflexion du président de la banque africaine et dira que «cette réunion nous servira de code de réflexion pour faire évoluer ce qui a été oublié, c’est-à-dire le mérite de l’intégration », mais que «la Tunisie n’est pas sur la planète Mars». Il voulait certainement dire que la Tunisie fait aussi partie de l’Afrique. L’allusion aux propos de Kaberuka est claire et il sera le seul à y répondre.

Avant, je n’ai jamais lu un journal tunisien.

Donald Kaberuka n’en finit cependant pas, jour après jour, déclaration après déclaration, d’administrer  la preuve que la BAD sait peu de choses à propos de l’Afrique du Nord dont la Tunisie est, au moins, le centre géographique. A preuve, cette réplique que personne ne l’a poussé à sortir. «Auparavant [décryptage : Du temps de Ben Ali], Je n’ai jamais lu un journal tunisien. Maintenant, je demande à mon garde du corps de m’en apporter un pour que je comprenne» ! On comprend alors, encore, de notre côté, pourquoi le premier responsable de la BAD n’était pas au courant de ce qui s’est passé dans le pays où siège sa propre banque ! On se demande aussi où est passé tout le gros staff de sa communication et s’il le tenait informé de ce qui se passe, en quelque sorte, chez lui dans ce pays africain ?

Un des présents à ce panel, par ailleurs relativement familier de Kaberuka, nous assure qu’il a exagéré en disant qu’il ne lit aucun journal tunisien et nous cite même le nom du quotidien, pas public, qu’il lit tous les jours. Se pose alors la question du pourquoi cette exagération et s’il ne se sentirait pas mal à l’aise dans le pays de son siège temporaire. Il en aura alors, encore pour 3 ans, au moins.

Khaled Boumiza

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