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Beaucoup, voire trop a été colporté sur l’information livrée par le Washington Post selon laquelle les Etats-Unis disposent d’une base de drones en Tunisie qu’ils envisageraient d’équiper d’armes à des fins d’attaques contre Daech en Libye. C’est en partie, et uniquement en partie, vrai, car tout le monde savait, et depuis plus d’un an, que les USA déployaient sur le territoire tunisien des aéronefs sans pilote de type Reaper destinés exclusivement à des fins de renseignement et de surveillance, comme l’avait précisé au Wall Street Journal un haut responsable de l’Administration américaine. Mais dans le même temps, force est d’expliquer que le déploiement de ces drones entre dans le cadre de l’initiation des forces armée tunisiennes à l’utilisation de ce type d’appareils dont elle avaient fait commande dans la lutte contre les terroristes, surtout ceux infiltrés de Libye. Précisons aussi qu’il ne s’agit pas à proprement parler d’une base américaine, mais d’une base opérée par l’Armée tunisienne, qui existait déjà et où des instructeurs américains dispensent aux militaires tunisiens une formation à l’utilisation des drones dans la perspective de leur livraison.

Le même Wall Street Journal affirmait en citant des responsables de l’Administration US que l’emplacement choisi est « une base qui existe déjà sous le contrôle souverain du gouvernement hôte, lequel, à son tour, accorde l’autorisation aux USA d’y déployer leurs drones avec un nombre limité de personnel militaire américain », pour ajouter que « les sorties de ces drones ont vocation à fournir aux forces armées et aux agences de renseignement américaines des informations en temps réel sur les activités des jihadistes de l’Etat Islamique [Daech] en Libye ».

Y a-t-il dès lors lieu de déclencher une tempête d’autant moins utile que leurs auteurs ne font qu’enfoncer des portes ouvertes en présentant une vérité d’évidence, une banalité même comme une découverte ou une nouveauté. On y voit ce que l’on convient généralement d’appeler la polémique de trop , à ce point bancale qu’elle n’a fait les choux gras que de quelques épars plateaux de télévision et plus rarement des politiques sauf ceux avides de rodomontades et autres galéjades.

Démenti récurrent

D’ailleurs, le ministre tunisien de la Défense, tout en rappelant que le renseignement constitue un élément essentiel dans la guerre contre le terrorisme, a souligné que «  la Tunisie a entamé l’exécution d’un projet de renforcement de ses capacités en matière de maîtrise du renseignement, de réduction du risque terroriste et de traque des terroristes, à travers l’utilisation de drones et avec le soutien de pays amies, dont les Etats-Unis d’Amérique », reconnaissant que « la maîtrise des techniques de pointe en matière de renseignement nécessite une formation d’une certaine durée. Les Etats-Unis d’Amérique sont en train d’aider la Tunisie dans cette formation ».

Au demeurant, peut-on reprocher à un pays qui comme la Tunisie, durablement menacée par des opérations terroristes fomentées et exécutées par des jihadistes ayant pignon sur rue chez son voisin, de chercher à se défendre, et de disposer des moyens pour y parer ? Il tombe sous le sens que telle doit être naturellement sa stratégie de défense contre des attaques terroristes qui ont littéralement abîmé son tourisme et englouti une part importante de son budget au lieu d’être utilisée à financer son développement. Sans devoir cultiver l’égoïsme sacré qui « dicte toujours ses lois aux patries menacées lorsqu’elles ne veulent point périr », la Tunisie est dans son droit de se protéger et sans s’en offusquer, par tous les biais qui s’offrent à ses dirigeants pour lui permettre de s’armer           et de combler toutes les lacunes et brèches par lesquelles ses ennemis s’introduisent pour porter atteinte à son invulnérabilité et son intégrité territoriale. Et ceci ne pourra pas aller sans une coopération poussée avec des pays dotés de grandes potentialités. Les USA en sont un et des plus importants. En accordant à la Tunisie le statut d’allié majeur non membre de l’OTAN, ils l’habilitent à avoir accès aux mécanismes de partage de renseignements et d’informations qui lui permettent d’identifier toutes les menaces qui la guettent pour pouvoir mieux se préparer à les contrer. C’est de bonne guerre s’agissant d’un pays qui se trouve dans pareille posture, mais qui est dépourvu des moyens pour le faire. Et, à cet égard, on doit à la vérité de reconnaître que les Etats-Unis ont apporté à la Tunisie un soutien précieux dans au moins deux opérations terroristes majeures qui l’ont visée, l’attaque de Ben Guerdane, et l’opération antiterroriste de Sidi Yaiche au cours de laquelle 9 terroristes dont leur chef Lokman Abou Sakhr, ont été abattus, comme l’avait révélé en son temps le Washington Post. C’est tout dire.

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