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Les sondages d’opinion effectués depuis les élections du 23 octobre 2011 ont souligné 3 éléments essentiels. Le premier a trait à l’érosion de la crédibilité d’Ennahdha

Les sondages d’opinion effectués depuis les élections du 23 octobre 2011 ont souligné 3 éléments essentiels. Le premier a trait à l’érosion de la crédibilité d’Ennahdha, du fait de sa gestion calamiteuse des affaires de l’Etat, ses pratiques antidémocratiques et son indulgence envers le salafisme. Et l’érosion de la crédibilité de la troïka et du parti islamiste qui la mène s’est traduite par le rétrécissement de son électorat potentiel. Le deuxième élément se rapporte à l’inexorable émergence de Nidaa Tounès comme pôle politique opposé au projet et aux pratiques islamistes, ce qui lui a permis d’inverser la tendance de l’électorat, et abouti au renforcement de la mouvance démocratique, désorientée par les résultats du scrutin de 2011, et par le sectarisme de plusieurs de ses composantes. Le troisième élément touche à la régionalisation des intentions de vote. Et on a assisté à un ancrage régional des 3 grandes forces politiques : Nidaa Tounès bénéficie d’une adhésion massive auprès de l’électorat du Grand- Tunis, du Nord-est et du Centre-est, alors que le Sud-est paraît acquis de manière constante à Ennahdha, au moment où le Nord-ouest et le Centre-ouest affichent une sympathie pour le Front Populaire.

Sfax, qui a été pour un moment (jusqu’à mi-2013) acquise aux idées islamistes, a fini par changer de camp, choisissant de manière graduelle, il est vrai, mais irréversible les idées centristes de Nidaa Tounès, et ce virage a conforté ce dernier, le propulsant, à partir de cette date, à la première place.

Les mêmes sondages révèlent que l’adhésion des habitants du Sud-est (les gouvernorats de Gabès, Médenine, Tataouine et jusqu’à un certain point Kébili ) aux thèses d’Ennahdha relève d’une culture profonde et s’explique en partie par l’osmose libyenne activée depuis la révolution du 17 février 2011 qui a secoué le Sud tunisien et entraîné un échange humain massif des deux côtés des frontières. ar contre, l’attachement de l’Ouest tunisien au programme du Front Populaire s’explique par les généreuses promesses prodiguées par cette formation aux habitants de ces régions de leur distribuer les terres agricoles des anciens colons , récupérées par l’Etat depuis 1964 et gérées sous forme de coopératives ou cédées, ces dernières années, aux investisseurs sous la forme de Sociétés de Mise en Valeur et de Développement Agricole (SMVDA) .

Face à ces éléments qui composent un cadre de réflexion et des repères politiques pour les partis, les aidant à fixer le cap pour les prochaines élections, on remarque que les têtes de listes d’Ennahdha ne répondent pas aux deux exigences majeures : le renouveau et l’efficacité. Au-delà du discours véhiculé par le parti islamiste affirmant que le changement a touché plus de 50% des candidats de 2011, on remarque que les têtes de listes se répartissent en trois catégories. D’abord, il y a les caciques incontournables. Ils sont les symboles de l’échec d’Ennahdha, et devraient être les premiers à être écartés. Mais puisqu’ils ont fait la prison ou l’exil et leur poids est grand dans les structures de l’organisation, ils ne peuvent être marginalisés au sein des instances du parti. Il s’agit de Sahbi Atig (Ariana), Ali Laârayedh (Tunis1), Abdelfattah Mourou(Tunis2), Noureddine Bhiri(Ben Arous), Fathi Ayadi (Sfax) Kalthoum Badreddine (Sfax 2 ), Habib Khedher ( Gabès ), Ameur Laârayedh (Mednine ), Maherzia Laâbidi (Nabeul 1 ), Mohamed Ben Salem (Zaghouan ),Samir Dilou (Bizerte), Abdellatif Mekki (le Kef ) et Walid Bennani (Kasserine ).

Une deuxième catégorie de têtes de listes répond à une réalité beaucoup plus simple : on n’a pas trouvé mieux. Ce sont des régions où Ennahdha a une présence symbolique ou n’a pas de dirigeants d’envergure ou bien les deux à la fois. C’est le cas de Gafsa (Sliman Hlal ) Manouba (Latifa Habachi),Béja ( Mohamed Saïd) ,Jendouba ( Ahmed Mecherfi ), Siliana ( Adel Ben Attiya),Sidi Bouzid (Taher Tlili) , Tozeur( Hafedh Ibrahim), Kébili( Monia Kasri), Tataouine ( Ali Farès) Monastir ( Mohamed EL Maksi), Mahdia ( Hédi Brahem).

Evidemment, le tableau n’est pas noir sous tous ses angles, car on voit que des chefs islamistes d’un autre âge ont été écartés des têtes de listes . Il s’agit particulièrement Sadok Chourou et Habib Ellouze. Mais les observateurs ont remarqué avec regret l’absence de Fattoum Lassoued et Souad Abderrahim , deux visages sympathiques qui ont tenu un discours nuancé et non conformiste , osant marquer leur différence au plus fort de la période où les dirigeants islamistes affichaient un triomphalisme arrogant. L’une et l’autre auraient constitué avec Imed Hammami ( tête de liste à Nabeul 2 ) , Zied Lâadhari ( tête de liste à Sousse ) , Abdelfattah Mourou et jusqu’à un certain point Samir Dilou, un petit groupe, qui insuffle un air frais dans les rangs d’un parti qui a encore du chemin à faire pour se convertir réellement à la démocratie et au pluralisme.

Aboussaoud Hmidi

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