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Ennahdha,  Ansar Achariaa 

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La crise actuelle entre Ennahdha et Ansar Achariaa a-t-elle une issue ? C'est la question que se posent les observateurs.

La crise actuelle entre Ennahdha et Ansar Achariaa a-t-elle une issue ? C’est la question que se posent les observateurs.

L’intransigeance des deux parties déconcerte : Ennahdha veut faire appliquer la loi et obliger Ansar Achariaa à demander une autorisation. Mohammed Khlif , proche du parti islamiste au pouvoir , s’est porté volontaire pour fournir la porte de sortie , en demandant au nom des djihadistes l’autorisation exigée. Les adeptes d’Ansar Acharia ont décliné l’offre, et refusé de faire cette concession , qui ne leur coûtait, en fait , rien ; mais qui les oblige , selon leur analyse , à avoir une permission pour chaque activité future . Ils ont invoqué que seul Dieu leur accorde ce genre d’autorisation.

Après une relation confuse qui a duré, depuis les élections d’octobre 2011, les agendas d’Ennahdha et d’Ansar Achariaa divergent carrément. Jusqu’à cette date, les deux logiques sont convergentes, ou ont au moins des cheminements parallèles .Le premier accroc a été enregistré au moment où Ennahdha a cédé sur l’adoption de Charia comme principale source de la législation. Aigris , mais pas désespérés, les Ansars et autres salafistes , ont pris au mot Rached Ghannouchi qui a tenu à les rassurer , dans des contacts directs , et deux vidéos ont circulé sur des entretiens dans ce sens (l’une avec des salafistes , l’autre avec le wahabiste Béchir Ben Hassine ) , et ont entretenu l’espoir de voir la formule « glissée » dans une autre disposition de la constitution .

La rupture, qui devrait être motivée par des divergences doctrinales, est consommée dans un contexte purement opérationnel et pratique .Les concessions d’Ennahdha sont interminables aux forces démocratiques, et à l’opinion internationale ; elles se poursuivent, aux yeux des salafistes , dans la foulée de l’élaboration de la constitution . Qu’à cela ne tienne. Mais ce sont les évènements de l’ambassade américaine qui ont vite revêtu un caractère fatal dans les relations entre formations islamistes , car Ennahdha , a failli, toujours aux yeux des salafistes , à son devoir de les couvrir et de leur procurer une immunité dans leur épopée de concrétisation de la société islamique .

Les arrestations des accusés dans l’affaire de l’ambassade américaine, les grèves de la faim sauvages, et la mort de deux détenus salafistes , les descentes policières pour mettre la main sur des caches d’armes appartenant à des extrémistes religieux , ont mis à nu les divergences entre islam politique modéré et djihadisme .

Les évènements de Chaambi , ne sont donc que l’aboutissement logique de l’évolution naturelle de ces rapports confus , qui ont mené au point de non retour .

Maintenant que les jeux sont faits, quelles sont les armes aux mains des uns et des autres ? Ennahdha est doté de la légitimité, et des moyens qui vont avec. Pour les Ansars , l’objectif est d’accentuer la pression sur les forces de sécurité et l’armée pour desserrer l’étau sur les djihadistes des hauteurs de Chaambi . Pour Ansar Charia, le congrès de Kairouan doit se tenir, et selon les règles de jeu imposées par les extrémistes, pour parvenir, via pourparlers et médiateurs, à un modus vivendi , qui établit une paix entre formations islamistes . Cette paix sera un répit pour Ansar Achariaa , et lui permet de se restructurer et se réarmer pour les batailles à venir .

Ansar Acharia mène un jeu subtil , en donnant l’impression qu’il est prêt à aller jusqu’au bout . Des observateurs pensent qu’Abou Iyadh est allé jusqu’à décréter la fameuse «libération de l’initiative » qui donne la liberté à chaque cellule de l’organisation de prendre l’initiative qu’elle juge nécessaire sans en référer à la direction centrale. Cette décision équivaut à une déclaration de guerre. Et les dirigeants d’Ennahdha savent que ce genre de choix est lourd de conséquences, car ils l’ont pris, lors de leur dernière bataille contre Ben Ali , et cela a coûté cher aux uns et aux autres , et surtout à la Tunisie .

Aboussaoud Hmidi

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