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Ennahdha, Ansar Chariaa

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Beaucoup d'éléments indiquent qu'au- delà du discours belliqueux entre Ennahdha et Ansar Chariaa

Beaucoup d’éléments indiquent qu’au- delà du discours belliqueux entre Ennahdha et Ansar Chariaa , il y a des pourparlers secrets conçus pour jeter les bases de nouvelles règles du jeu dans le camp islamiste .

Le prédicateur salafiste wahhabite, Béchir Belhassen a saisi l’occasion d’un colloque sur l’islam et la démocratie ,tenu jeudi , pour prôner un dialogue avec Ansar Al Chariâ .Et comme pour amadouer les Ansar , il a dénoncé le comportement des forces de l’ordre à leur encontre , le qualifiant de violent et excessif . Il souligne que ces agissements rappellent les pratiques de l’ancien régime, et risque de ramener la dictature.

Pour sa part, Rached Ghannouchi, dans son interview au journal français le Figaro du 21 mai courant, répond par la négative à la question : faut-il éradiquer les djihadistes? Il prévoit qu’une « sélection naturelle » se fera entre les franges modérées qui refusent de s’opposer à l’État et les autres, et ajoute , en fin connaisseur de l’histoire politique tunisienne des dernières décennies , que ceux qui s’opposent à l’Etat finissent dans l’isolement, qu’ils soient gauchistes, nationalistes ou islamistes . Il laisse ainsi transparaître que, non seulement Ennahdha préfère faire jouer la loi des luttes internes pour favoriser l’émergence d’une frange modérée des rangs des djihadistes ( c’est là l’aspect doctrinaire de l’affaire ) , mais que des pourparlers sont en cours pour faire valoir cette option (c’est l’aspect pratique de la chose ) .

Le chef du gouvernement, Ali Laarayedh, a exposé, pour sa part, dans son point de presse du jeudi 23 mai, les conditions que le courant Ansar Charia doit remplir pour avoir droit de cité sur la scène politique en Tunisie.

Tout en qualifiant Ansar Charia d’organisation illégale( c’est vrai qu’ils n’ont pas demandé de visa et ne l’ont ,de ce fait , pas eu ), qui a exercé la violence et dont certains dirigeants ont partie liée avec le terrorisme, le chef du gouvernement a sommé Ansar Charia de prendre, une position claire au sujet de la violence , du terrorisme , de chasser de ses rangs ceux qui exercent la violence et le terrorisme, et surtout se conformer aux lois en vigueur dans le pays en s’intégrant dans la vie publique et la société.

Ali Laarayedh a insisté sur le fait que ce groupe djihadiste n’a pas beaucoup de temps pour se plier à ces exigences, laissant, lui aussi, transparaître qu’il y a pourparlers.

Al-Qaida dans le Maghreb Islamique (AQMI) a proposé, pour sa part, à travers un enregistrement sonore, diffusé, tard dans la soirée de mardi 21 mai , à Ennahdha d’ouvrir, directement , un dialogue sans intermédiaire , pour discuter de tous les problèmes . AQMI a suggéré que ce dialogue se déroule en la présence d’Ulémas , et loin des pressions des services de sécurité locaux , régionaux et internationaux .

C’est vrai que la réponse de Zoubeir Chehoudi , directeur du bureau de Rached Ghannouchi aux offres de dialogue proposées par AQMI est catégorique . Mais, ceci s’apparenterait, dans ce cas, plus à la mise en place d’un cadre des pourparlers qu’à un rejet pur et simple ( AQMI n’est l’interlocuteur adéquat ,et il ne peut y avoir de dialogue avec ceux qui brandissent les armes) . On se retrouve ainsi dans la configuration esquissée par Ali Laarayedh .

Entre temps, Ansar Asharia, annule son appel à manifester, vendredi 24 mai, à Kairouan, moyennant, paraît-il la libération de son porte-parole officiel, Seifeddine Erraies.

Il est important de noter que les rapports entre Ennahdha et les Ansars sont à la recherche d’une nouvelle plate-forme. Le mouvement djihadiste affiche l’ambition d’être traité comme la deuxième force de la mouvance islamiste en Tunisie. Ses exigences doctrinales spécifiques ont été reléguées au second plan, tant que le projet islamiste est mis en œuvre par Ennahdha, sous la garantie personnelle de Rached Ghannouchi . Mais lorsque les concessions du parti au pouvoir se multiplient sous les pressions internes et externes, et l’immunité dont bénéficiaient les formations islamistes n’est plus à l’ordre du jour, sous l’effet des pressions diverses, les Ansars veulent un nouveau modus vivendi , et de nouvelles règles du jeu . Ennahdha , pour sa part, ne peut pas accorder cette couverture et cette immunité à tout le monde . Donc, les Ansars et peut-être les autres, doivent se réorganiser en fonction de ces nouvelles exigences. Et c’est le sens de ces messages convergents, de Rached Ghannouchi de Ali Laarayedh et même de Zoubeir Chehoudi .

Aboussaoud Hmidi

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