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Ennahdha, Mohamed Kilani

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Mohamed Kilani

Mohamed Kilani, secrétaire général du Parti socialiste, avoue que l’opposition démocratique se trouve dans une impasse ,en l’absence d’une bonne gestion de la crise qui secoue le pays depuis le 25 juillet. Par ailleurs, il constate qu’Ennahdha est le seul gagnant en donnant l’impression de faire des concession . Interview

Votre lecture de la récente allocution du président de l’ANC, Mustapha Ben Jaafer, dans laquelle il a appelé les députés retirés à reprendre leur travail pour trouver ensemble une issue urgente à la crise actuelle ?

L’étape actuelle ne supporte plus de nouveaux discours ou une propagande supplémentaire . Aujourd’hui, on a besoin de décisions sérieuses et d’entrer directement dans la phase de l’action et de l’exécution.

Sur le plan politique, je pense que la situation au sein de la constituante est assez compliquée. La reprise des travaux de l’ANC avec les mêmes prérogatives est illogique surtout après la mobilisation importante du peuple, justement contre la constituante, ces derniers temps.

Le peuple a clairement exprimé sa position vis-à-vis de cette seule institution légitime après le deuxième assassinat politique qu’a connu le pays en phase de transition ,en demandant à limiter les prérogatives de l’ANC pour qu’elle se concentre essentiellement sur la rédaction de la constitution, la mise en place d’une instance chargée des élections ainsi que la promulgation d’une loi électorale.

C’est une demande démocratique lancée par plus d’un million des tunisiens qui sont sortis le 6 aout, et qui continuent à sortir dans les différentes régions.

Donc, je peux affirmer que le retour au travail à l’ANC sans garantie est difficile. Ceci ouvrira la porte aux profiteurs et le discours de Ben Jaâfer est décevant. Il a essayé de manipuler l’opinion publique.

A mon avis, la sortie de la crise reste tributaire de la mise en place de garanties nécessaires.

Quelles sont ces garanties ?

Je pense qu’il est temps de limiter le rôle de l’ANC en déterminant ses prérogatives qui devront être liées à la rédaction de la constitution, la mise en place d’une instance chargée des élections ainsi que la promulgation d’une loi électorale.

Sans cette garantie , on peut dire que la crise va s’aggraver.

Malgré l’échec cuisant des négociations indirectes entre la coalition au pouvoir et l’opposition , le Front du Salut National maintient la pression de la rue pour demander une démission immédiate du gouvernement . Selon vous, l’opposition va-t-elle réussir à trouver une solution ?

A vrai dire, l’opposition démocratique se trouve dans une impasse, le Front du Salut National(FSN) en particulier. Malgré les initiatives menées, aucun objectif n’a été atteint , et il n’y a pas de vrai changement de la donne.

Malheureusement, la bonne et forte gestion n’existe pas aux rangs de la gauche . Il faut avouer qu’on ne peut même pas conduire de simples sit-ins. Tout ce qui n’est pas défini en matière de timing et d’objectifs de lutte, d’alliances constitue un danger pour le processus de lutte lui-même , et par-delà pour l’opposition, et aussi pour le peuple.

Dans ce contexte, la courbe descendante de la mobilisation depuis l’assassinat de Mohamed Brahmi , et l’essoufflement qui s’annonce , donnent un avantage à Ennahdha qui sera le seul gagnant .

C’est pour cette raison que le mouvement islamiste donne l’impression d’avoir raison. Il a fait une percée sur le plan médiatique .Il a profité des concessions avancées lors de la récente rencontre ,en France ,entre son leader et le président de Nidaa Tounes, Beji Caied Essebssi, pour devenir plus agressif envers l’opposition .

Donc vous prévoyez l’échec de l’opposition dans ce combat contre la troïka au pouvoir ?

On constate qu’on est en mauvaise posture , qu’on a une mauvaise gestion de la situation. On est en train d’encaisser sans rien réaliser sur le plan pratique . On est tout simplement gagnant au niveau des valeurs et des principes.

Et la troïka ?

A vrai dire il n’y a plus de troïka. C’est Ennahdha qui est en train de chercher une solution d’urgence pour sortir de l’ornière ,en poursuivant les pourparlers avec les autres forces politiques. Cela prouve qu’il ne veut plus de ses deux alliés : Ettakatol et CPR.

On constate que ce parti au pouvoir a choisi de gérer la situation tout seul. Ennahdha immobilisé depuis l’avènement de la Révolution , est en train de changer de statut aujourd’hui , et son objectif maintenant est de former un gouvernement d’élections pour mieux se préparer à la prochaine étape.

Selon vous, quelles sont les contraintes confrontées au cours de ces longues négociations ?

Malheureusement, toutes les propositions ont été rejetées. Pis, Ennahdha est en train de manœuvrer contre tout le monde en s’appuyant sur le double langage afin de démobiliser l’opinion et de créer la tension.

A mon avis, Ennahdha est un manipulateur de première classe, et l’école politique tunisienne n’arrive pas à l’égaler, malheureusement, sur ce chapitre .

Dans pareille situation, les organisations nationales parrainant le dialogue national et les autres partis, vont changer d’altitude vis-à-vis de la troïka et d’Ennahdha. L’UGTT et l’UTICA ne vont plus se comporter comme médiateurs, mais comme parties prenantes.

Je pense qu’on ne peut pas avoir une sortie de crise, si ces deux organisations ne changent pas d’attitude sachant que le l’opinion publique et les larges masses se tournent aujourd’hui vers ces deux parties qui ont leur mot à dire dans ce climat particulier.

Comment évaluez-vous alors la contribution de l’UGTT et l’UTICA dans ce processus ?

Ces deux centrales ne doivent plus être des médiateurs surtout que la proposition de l’UGTT est devenue une proposition nationale soutenue par toutes les forces politiques démocratiques et les organisations nationales.

Aujourd’hui, c’est à eux de choisir la forme à adopter pour défendre leur proposition, jugée importante , et seule salutaire .

Dans ce contexte, le paysage politique est en train d’évoluer surtout avec la naissance du Front de Salut National qui est en train de jouer un rôle important?

Le Front du Salut National peut jouer un rôle important dans ce processus.

J’espère que cette coalition se transformera en un Front de Salut Public qui se préoccupera des questions d’ordre démocratique et civique et sera capable d’encadrer la société tunisienne.

Parlant un peu de l’économie, comment est-elle ?

L’année prochaine sera une année plus difficile. Les retombées de la crise vont être très lourdes surtout sur les classes populaires. Nous allons vivre une inflation à double chiffre , provoquée par l’injection monétaire énorme et la politique suivie par la BCT dans le but de créer une fausse stabilité. Tout cela va sans doute nous tomber sur les têtes.

L’économie va ressentir gravement cette crise, qui prendra une tournure jamais vue. Pis, les salaires et les pouvoirs d’achat vont s’évaporer.

Le peuple à mon avis, ne va pas se taire et 2014 sera une année difficile sur tous les plans et la maitrise de cette crise nécessitera une autre politique

Je pense que la proposition nationale de l’UGTT va essayer de faire face à cette crise.

Comment vous voyez l’avenir

Malgré ses difficultés, cette lutte contribuera sans doute à l’élaboration d’une constitution républicaine démocratique.

Wiem Thebti

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