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Ennahdha, Parti Socialiste Destourien, RCD, Tunisie

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Une assez large partie de ce qu’est maintenant l’opposition

Une assez large partie de ce qu’est maintenant l’opposition, au sens large, en Tunisie, l’avoue sans oser le dire. Une des plus grandes erreurs politiques de l’après Ben Ali aura été la dissolution de l’ancien RCD. Tous avaient cru que le théâtre politique, débarrassé de cet ancien mastodonte politique et sa machine, administrative, financière et surtout politique neutralisée, ne pourra que leur être de bon aloi.

Ce vide politique n’aura cependant servi que les intérêts d’Ennahdha, seule à développer les moyens humains et surtout financiers, pour remplir le grand vide laissé par la disparition du RCD, la fuite de son président et l’incarcération de son dernier Secrétaire général.

Ils se seraient transformés que rien n’y fera ?

Sous plus d’une forme [la plus évidente aura été la renaissance du bourguibisme qui était le créateur de l’ancêtre du RCD qu’était le PSD (Parti Socialiste Destourien) et la moins évidente aura été l’initiative de Béji Caïed Essebssi], les Destouriens essaient depuis quelques mois de se réorganiser et revenir sur la scène politique, en se positionnant dans le centre de l’échiquier politique tunisien et en essayant de changer leur image et redorer leur blason par les hauts faits historiques du PSD, tels que l’indépendance et le code du statut personnel.

Cà et là, différents partis politiques se réclamant des Destouriens, avec des personnalités plus ou moins connues en tant que telles, se sont créés, et ont essayé de se rapprocher et ont fini par constater l’impossibilité de s’unir dans un seul courant politique fédérateur.

L’ancien RCD était malheureusement lui-même constitué, même du temps de Bourguiba et de Ben Ali, de différentes familles politiques et jusqu’à janvier 2011 seulement liées par l’obédience au chef du parti au pouvoir qu’il n’a pas pu dépasser et à certains autres égards par la recherche de profits personnels.

Tous cela, mais avec une réalité de parti unique malgré la présence d’une opposition, n’a pas empêché le RCD de rester la puissante machine politique qui détruit, quels qu’en soient les moyens, tout ce qui s’oppose à elle, en dehors ou dans la lutte politique pour le pouvoir.

«To be or not to be»

C’est, certainement, toute cette machine, dont le processeur est seulement en veille ou endormi, mais qui n’a pas pu être totalement démantelée malgré la volonté d’une partie de l’opposition tunisienne de l’après Ben Ali, qui fait toujours peur aux partis actuellement au pouvoir en Tunisie. C’est aussi certainement cette peur qui pousse l’un des membres de la troïka, le CPR qui a porté Marzouki à Carthage en l’occurrence, à présenter à la Constituante un nouveau projet de loi pour exclure les RCDistes et les Destouriens qui ont échappé à la justice transitionnelle, du prochain processus électoral en Tunisie.

A en croire le quotidien Al Maghreb qui fait référence au projet en question, pourraient être exclus pour les prochaines cinq années, tous les membres des gouvernements de tous les gouvernements de Ben Ali, de 1987 à 2011 et tous ceux qui avaient pu avoir des responsabilités au sein du RCD à tous les niveaux. Le projet voudrait ainsi exclure tous les secrétaires généraux et leurs adjoints, tous les membres des bureaux politiques et tous les membres du comité central du RCD sur une période de 23 ans, tous ceux qui avaient pu être nommés dans les comités de coordination, dans les fédérations du RCD, dans les cellules destouriennes. En fait exclure de l’exercice de tout droit politique, tous ceux qui avaient travaillé au sein du RCD, pendant les 23 dernières années. Ne manqueraient plus que ceux qui avaient figuré sur les listes d’adhérents de l’ancien parti au pouvoir. Une exclusion qui n’attendra pas le cours de la justice. Une exclusion qui prendra la voie de la confiscation qui ne devait être, selon tous les textes des droits dans le monde, qu’une punition supplémentaire qui s’ajouterait à celle de la justice.

Bien avant ce projet, le chef du Gouvernement lui-même, Hammadi Jbali, avait donné le ton de cette action de purge des prochaines listes électorales, en annonçant, depuis le 9 avril 2012, qu’il «ne permettra pas au RCDistes de revenir à la vie politique par la fenêtre après qu’ils l’aient quittée par la grande porte » par la dissolution du RCD.

« الخوف إجري الجوف» disait un proverbe tunisien ?

On ignore encore le sort qui sera réservé à cette proposition du CPR, manifestement appuyée par Ennahdha, alors qu’Ettakattol ne semble pas encore décidé à prendre une position claire. Certains chefs de l’opposition, cités par le quotidien tunisien Al Maghreb, semblent pour l’instant contre l’exclusion programmée par les gouvernants tunisiens. Tel était le cas d’Ahmed Brahim ou d’Issam Chebbi qui se souviennent certainement, avec amertume, de l’expérience d’octobre 2011. Côté destourien, c’est aussi le refus de cette exclusion de la vie politique comme l’ont signifié pour Al Maghreb, Mohamed Jegham et Sahbi Basli.

Ce qui est sûr, c’est que c’est la peur, avant même tout souci de justice transitionnelle, qui est derrière ce projet d’exclusion des RCDistes et tous les Destouriens, de la vie politique pour au moins les cinq prochaines années. Deux éléments, à notre sens, plaident pour cette théorie.

D’abord, le fait qu’Ennahdha et derrière elle toute la troïka, n’ait pas pu constituer le palmarès de réussites nécessaire pour servir de faire-valoir pour la confirmation de sa réussite dans le challenge de la gouvernance et lui permettrait de s’installer sereinement dans l’image du meilleur challenger. Plus de 120 jours après sa prestation de serment, en effet, Hamadi Jbali n’a pas toujours de programme d’action clair, encore moins de feuille de route, et la Tunisie qu’il gouverne attend toujours la loi de finances complémentaire pour une année qui en est presque à sa moitié. La justice transitionnelle vacille toujours et piétine même. Le chômage augmente et les projets tardent et il n’arrive toujours pas à transformer les médias en appareil de propagande qu’il aurait aimé en faire.

Ensuite, leurs peurs non cachées, avec les attaques qui ont suivi, de l’initiative de Béji Caïed Essebssi. Il nous semble, en effet, que toute la campagne faite autour de l’initiative de l’ancien Premier ministre tunisien depuis son lancement, n’est pas fortuite et que la peur d’un rassemblement des forces centriste dans une Tunisie, désormais quelque peu déçue par la droite islamiste, est réelle chez la troïka. Wait ans See !

Khaled Boumiza.

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