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Ennahdha, Troïka, UGTT, UTICA

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Tout a commencé par une initiative

Tout a commencé par une initiative, hautement politique, de la part de la centrale syndicale pour une sortie de crise. En elle-même, cette initiative comprend une position politique bien définie de la part de l’UGTT, par rapport à la bataille entre légalistes (Ennahdha et sa Troïka) et réformistes (l’opposition en ce sens qu’elle voudrait réformer le processus de transition en le recadrant). Le principal syndicat ouvrier, seul capable d’arrêter le pays par un seul mot d’ordre de grève, s’était en effet prononcé pour la démission du gouvernement et une redéfinition du rôle de l’ANC (Assemblée Nationale Constituante).

Un peu plus tard, l’imposante centrale patronale (n’en déplaise à Connect et Tarak Cherif), sort de son apolitisme et prend position, franchement contre Ennahdha, ou tout au moins comprise comme telle par le parti au pouvoir, bien que cette position reste médiane entre Ennahdha et l’opposition. Comme l’UGTT, la centrale patronale dispose d’un poids, économique et de pression, très important. A ce titre, il est donc juste de classer l’UGTT et l’UTICA, parmi les réformistes et donc, parties prenantes dans le dialogue national de sortie de crise.

Et pourtant, le chef du gouvernement tunisien critique la position de la centrale syndicale et charge son conseiller économique de faire autant pour la centrale patronale. Il aura ainsi réussi , à éloigner les deux poids lourds de la pression sociale et économique, des discussions entre partis politiques .Des discussions qui en deviennent ainsi, «byzantines» comme les traitera mercredi 4 septembre 2013 le porte-parole de l’UGTT au micro de Mosaïque FM.

Du coup, ces deux mastodontes, sont «honorablement reléguées» au rôle de médiateurs ou de parrains des discussions, qui s’enlisent faute d’équilibre de poids entre des partis au pouvoir , entre les mains desquelles s’était retrouvé tout l’appareil administratif de l’Etat, et une opposition, non seulement minorée dans le pouvoir, mais surtout divisée.

Tout médiateur étant tenu à l’objectivité, il nous parait ainsi improbable que les deux plus grandes organisations du pays, puissent user, au moins jusqu’au constat définitif de l’échec des négociations entre les ennemis politiques, d’une quelconque pression pour faire passer leurs propres positions par rapport au différend entre Ennahdha et l’opposition qui campe devant l’ANC au Bardo.

Et si l’UGTT, par la voix de son Secrétaire Général Houcine Abbassi, se permet le luxe de «menacer» de divulguer «quatre vérités», l’UTICA, déjà trop heureuse de siéger parmi les grands de la politique après des décennies de retenue dans le rôle de sparring-partner et de soutien au «Combattant suprême » et de «soutien indéfectible» à «Son Excellence Monsieur le Chef de l’Etat », se terre encore dans le silence et se limite à jouer le rôle sans saveur, du parrain ou du médiateur. Elle joue en effet, comme l’y a piégé la Troïka, son simple rôle de médiateur, sans plus.

Les deux organisations syndicales (ouvriers et patronat), ont délibérément choisi de politiser leur action, en prenant publiquement position. Il n’est du ressort de personne de juger ces positions. Elles s’inscriront, de toutes les façons, dira chacune des organisations, dans le souci de l’intérêt général. Il est possible aussi, d’opposer à cette analyse, qu’il serait aussi de l’intérêt général, que de telles organisations jouent simplement les médiateurs.

Force est cependant de remarquer, qu’elles ne font en cela, que jouer le jeu d’une Troïka qui ne cherche plus qu’à gagner du temps, soit pour assurer sa maîtrise des rouages de l’Administration tunisienne à travers les nominations qui ne s’arrêtent plus depuis sa prise de pouvoir en octobre 2011, soit amener la population à la lassitude et l’acceptation du fait accompli.

Malheureusement, «le peuple est le même partout. Quand on dore ses fers, il ne hait pas la servitude», disait à juste titre Napoléon Bonaparte. C’est ce à quoi s’emploie Ennahdha à travers ses deux gouvernements, depuis sa prise du pouvoir et y accélère le pas depuis l’éclatement de la dernière crise politique. Elle remplit à volonté une Administration déjà surchargée, ce qui revient à dire, donner des salaires sans contrepartie d’augmentation de la valeur ajoutée par la production. Elle ne fait aucune des augmentations, pourtant devenues impérieuses pour ne pas creuser plus le gouffre des déficits (celui de la compensation notamment). Elle distribue les primes à gauche et à droite et dilapide les dettes dans les dépenses de salaires, de compensation et autres… En un mot, elle caresse, encore pour quelques temps, le peuple dans le sens du poil avant les élections et le temps est un précieux allié dans cette stratégie. Et si le peuple, qui y trouve son compte même à court terme, ne s’en offusque pas outre mesure, il est du devoir de son élite d’y prendre garde. UTICA et UGTT, en font normalement partie !

Ka. Bou.

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