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La situation devient réellement préoccupante. La Tunisie vit

La situation devient réellement préoccupante. La Tunisie vit, depuis plusieurs mois, sous le coup d’une crise qui a frappé de plein fouet la machine économique du pays : Le taux d’inflation a atteint 6%, pour la première fois depuis les années 1970. Le taux d’endettement se situe entre 45% et 46% et le déficit budgétaire dépasse plus de 7% en 2013, et la crise s’envenime. Il s’agit certainement d’un constat amer incitant les décideurs politiques à mettre en place un programme d’assainissement budgétaire à l’enseigne exclusive de l’austérité, mais oubliant qu’ils sont en train de mettre en difficulté les budgets des ménages qui risquent de ne plus pouvoir remplir leur couffin quotidien et honorer leurs dettes.

Le Gouvernement croit dur comme fer que l’austérité est la seule solution pour générer de la croissance réelle, bénéficier de plus de flexibilité dans la réalisation des objectifs budgétaires fixés dont une réduction de 5% des dépenses de l’Etat, et enrayer la crise de la dette à laquelle les politiciens n’ont pas été, du reste, préparés. A noter que la Tunisie vit, actuellement, au-dessus de ses capacités financières, une raison majeure justifiant l’application de mesures d’austérité, basées sur une orientation efficace des dépenses de subvention qui devraient être établies dans la limite de 1500 MD contre 5500 millions de dinars (MD). Parmi les autres mesures d’austérité, on note le gel des salaires d’autant que l’année 2013 a été marquée par une hausse salariale de près de 5% par rapport à l’année 2010. A cela s’ajoute le durcissement des conditions d’octroi de découverts bancaires (le rouge) aux salariés, même si les banques s’en défendent.

Dans une déclaration à Africanmanager, Fayçal Derbel, expert-comptable et enseignant universitaire, a affirmé que la politique d’austérité devient aujourd’hui plus qu’une nécessité, voire une obligation, et qu’on aurait dû l’appliquer , depuis l’année 2012, étant donné que les dépenses et les rémunérations ont augmenté, successivement, de 32% et de 12,5% par rapport à juillet 2013, alors que les recettes (les ressources propres) n’ont pas évolué au même rythme. Il a appelé, cependant, à appliquer la politique d’austérité avant tout, dans les administrations qui devraient donner, selon lui, l’exemple : « Il faut généraliser l’austérité à toutes les administrations et ministères afin d’aboutir à une politique efficace », a-t-il dit.

Il a souligné, dans ce cadre, l’urgence de limiter les bons d’essence et de réduire les frais relatifs aux missions et aux voyages des responsables de l’Etat, précisant que le gouvernement n’est pas en mesure de s’investir dans une politique de croissance.

Quant à lui, Mohamed Salah Ayari, universitaire et fiscaliste qui nous a affirmé que « l’austérité est, avant tout, un régime et une mentalité, a enchaîné sur un ton ironique : « De quelle austérité vous parlez ? Commencez par éteindre les lumières aux abords des routes activées de jour comme de nuit. Commencez par la maîtrise de la consommation de l’eau, de l’électricité et du papier dans les administrations », a-t-il réclamé, relevant les contradictions du gouvernement : « Pourquoi nos politiciens n’ont-ils pas opté pour l’austérité dans les administrations alors que la fonction publique est inondée de recrutements massifs et inutiles avec « des personnels qui ne font presque rien ».

Il a dénoncé, en outre, l’utilisation des voitures administratives à des fins personnelles. Certaines voitures ont été louées à des tiers. Et d’ajouter que l’austérité veut dire bien gérer les biens publics : « Les gens sont étranglés par la cherté de la vie. Quelle austérité voulez-vous instaurer alors que les salaires ne seront pas augmentés », a indiqué Mohamed Salah Ayari, soulignant que l’austérité n’est pas une solution radicale et qu’il faut plutôt instaurer une politique de contrôle efficace et réel ciblant ceux ayant des salaires plus ou moins élevés.

Il a appelé, également, à lutter contre la contrebande dans l’objectif de ne permettre qu’aux Tunisiens de bénéficier de la compensation qui absorbe une grande partie du budget de l’Etat, relevant, dans ce cadre, les prévarications dont se sont rendus coupables maints politiciens, citant l’affaire du « Sheratongate », la lourde facture d’essence de Sihem Badi, le salaire de Mohamed Ben Salem ou encore l’indemnisation des ex-prisonniers dont les montants ont atteint 1200 millions de dinars, pénalisant le budget de l’Etat.

Khadija Taboubi

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