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Fassed

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Invité, début 2011, à la Radio nationale tunisienne pour parler du rapport de la commission de lutte contre la prévarication et la corruption, Feu Abdelfattah Amor raconta la plus drôle des anecdotes sur le «Fassed», mot arabe qui englobe la corruption, la prévarication, les passe-droits et tout un tas d’autres délits.

Aux premiers jours de l’enquête, Amor fut avisé qu’un citoyen insistait pour être reçu personnellement par le président de la Commission, prétextant une affaire personnelle. Croyant avoir affaire à une personne détenant  d’importantes informations à ce sujet, Abdelfattah Amor le reçut. Interrogé sur ce qui l’amène, le citoyen s’assure d’abord qu’il est au bon endroit. «Êtes-vous le président de l’instance qui s’occupe de Fassed», lui dit-il. Intrigué, Amor répond que oui et enchaîne par un «pourquoi». La réponse défiait toute logique et en disait long sur la compréhension du citoyen du mot Fassed. «Ma femme est une débauchée (Fassida en langue arabe)».

Depuis 2011, tout le monde est corrompu en Tunisie jusqu’à preuve du contraire. Tout le monde en accuse tout le monde et personne n’épargne personne dans cette croisade contre la corruption qui ressemble de plus en plus à une inquisition contre la richesse. Et comme il n’y a pas de corrompu sans corrupteur, tout le monde est ainsi mis dans le même sac, d’autant que le terme arabe pour corruption, «Fassed» est un véritable fourre-tout.

Depuis, au moins trois structures ont été mises en charge de la corruption, sans tenir compte du « Document de Carthage» qui élève la lutte contre la corruption au rang de priorité absolue de tout gouvernement et les ONG comme «I Watch » et «Trasparency». Il y a d’abord l’Instance Nationale de Lutte Contre la Corruption (INLUCC), la Commission spéciale de la réforme administrative, de la bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption et du contrôle de la gestion de l’argent public et la Commission d’exclusion des opérateurs économiques de la participation aux marchés publics ainsi que la Commission des analyses financières au sein de la BCT. Toutes se livrent  légalement à la chasse aux sorcières, chacune selon ses moyens et chacune de son point de vue.

Tout cela et le fil continu d’informations sur les affaires de corruption, donne la nette et définitive impression que tous les Tunisiens sont corrompus à quelque niveau qu’ils soient. Il ne se passe ainsi pas un jour sans que l’une de ces instances ne sorte une nouvelle affaire dite de corruption ou n’en réchauffe une ancienne. Pour tous, toute richesse est forcément illicite, quand bien même proviendrait-elle d’un héritage et issue du labeur de longues années. Tout marché public, toute commande, toute dépense recèle forcément une corruption et doit faire l’objet d’une enquête judiciaire. Le résultat est que même le pôle judiciaire qui a été créé spécialement pour cette lutte contre la corruption, croule sous les requêtes, les plaintes et les enquêtes. Comme s’il y avait une volonté manifeste de faire durer le plaisir.

Le résultat est que c’est tout un pays et toute une population qui est désormais internationalement perçue comme corrompue et usant de corruption dans toutes ses affaires. C’est notamment cela qui explique la note de la Tunisie qui se dégrade chaque année chez «Transparency International». Une image de tout un pays, tellement salie par ses propres citoyens et institutions que plus d’un investisseur international commence à se poser mille questions avant de venir dans une Tunisie où tout le monde, gouvernants, gouvernés, députés et Administration, sont supposés être corrompus !

Le point commun de toutes ces affaires et des plaintes que dépose tout le monde contre tout le monde, est la suspicion que soulève toute richesse chez tous les chasseurs de corrompus. Un point commun qui aboutit à une diabolisation de la richesse, pourtant seule créatrice de valeur ajoutée à redistribuer en salaires, en fiscalité et autres produits qui font la croissance d’une économie.

A force de parler de corruption, ont finit par s’en auto-accuser et de faire fuir, non seulement nos propres investisseurs, mais aussi les autres. Qui arrêtera donc cette folie généralisée ?

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