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Fathi Chamkhi, dette, Tunisie

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Fathi Chamkhi, coordinateur de la Campagne populaire pour l’abandon de la dette de la Tunisie, a précisé, dans une interview au site égyptien Al Ahram Online , que cette campagne se décline dans trois volets dont le premier consiste à suspendre le paiement du service de la dette.

En attendant, a-t-il expliqué, tous les accords de prêts doivent être examinés et évalués à l’effet d’identifier la part des dettes illégitimes. Enfin, ces dettes seront annulées par l’effet d’une décision tunisienne.

Passant en revue les positions des partis vainqueurs des élections du 23 octobre vis-à-vis de cette question, il a souligné que le parti Ennahda rejette la suspension du paiement de la dette, mais est d’accord pour la révision de la dette. Ennahda a manifesté de la compréhension pour cette campagne durant la campagne électorale. La même vision est partagée par le parti Ettakatol, tandis que le Congrès pour la République soutient entièrement la campagne, y compris la suspension de paiement.

Interrogé si les créanciers étrangers accepteront l’abandon de la dette, il a répondu que « nous n’avons pas besoin de leur acceptation, et nous n’acceptons aucune pression, ce sera tout simplement une décision tunisienne. Nous n’avons pas eu besoin de l’autorisation de l’Occident pour expulser Ben Ali. Nous gérons également notre économie comme nous l’entendons. Plus tard, nous allons poursuivre la Banque mondiale et le FMI pour collusion avec le régime de Ben Ali contre le peuple tunisien. Dominique Strauss-Khan a visité la Tunisie peu de temps avant que Ben Ali ait été évincé et lui a attribué le titre de meilleure personne et meilleur régime dans le monde. Le peuple tunisien n’a pas cherché ces prêts ni à en tirer profit ».

Fethi Chamkhi a rappelé que lors de l’accession de Ben Ali au pouvoir en 1987, la dette tunisienne s’élevait à environ 3,5 milliards de dollars. Aujourd’hui, elle culmine à 25 milliards de dollars, avec 25 pour cent de la population sous le seuil de pauvreté et un taux de chômage parmi les plus élevés dans le monde. La dette par habitant est passée de 500 dinars à 2500. L’économie tunisienne en a souffert, le programme de restructuration, qui comprend la privatisation, a été une sorte de respiration artificielle appliquée à l’économie, et le programme était financé par l’endettement.

Concernant le lien entre la privatisation et la dette, Fethi Chamkhi a précisé que la privatisation semble largement dissociée de la dette, mais en fait, elle y est très liée. Le programme de privatisation a profité majoritairement aux investissements étrangers, en ce sens que la loi sur l’investissement en Tunisie accorde aux investisseurs étrangers des avantages énormes, et leurs bénéfices sont totalement exonérés de l’impôt sur les revenus. De plus, ils sont autorisés à rapatrier la totalité de leurs bénéfices à l’étranger. Ces entreprises devaient échanger leurs bénéfices en monnaie tunisienne contre des devises étrangères.

La Tunisie ne disposait pas de suffisamment de devises et a dû emprunter. En fait, tout provient de la dette et nous ramène à la dette, a-t-il dit , citant l’exemple du chômage qui a augmenté après que le gouvernement a cessé, depuis 1995, de recruter des diplômés de l’enseignement supérieur pour exercer dans les établissement de l’enseignement secondaire, non pas parce que les écoles n’avaient pas besoin d’enseignants, mais parce qu’il s’agissait de mettre en œuvre des politiques d’austérité pour être en mesure de payer le service de la dette, qui a atteint 25 pour cent des dépenses publiques. Le résultat fut une augmentation du chômage et une détérioration au niveau de l’enseignement.

A la question de savoir si l’opinion publique en Tunisie acceptera que les partis politiques ne changent pas les politiques économiques et sociales du pays, Fethi Chamkhi a affirmé qu’il ne pense pas que les Tunisiens acceptent le maintien du statu quo. Ils attendent de la révolution qu’elle leur rende la vie meilleure. Or, pour l’heure, la situation s’aggrave. Les prix et le chômage sont en hausse. Les gens l’acceptent, pour l’instant, en attendant les élections et la transition du pouvoir, mais plus tard, les choses devraient changer. Si ces politiques n’ont pas fonctionné sous Ben Ali, pourquoi devraient-ils l’être maintenant, s’est-il interrogé en conclusion.

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