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fête de la femme

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Le samedi 13 août 2016, la fête nationale de la femme avait un goût très particulier pour le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi. Il a mis un point d’honneur à épingler l’insigne de l’Ordre de la République sur les habits des femmes en signe de reconnaissance pour leurs actions éclatantes. C’est sans doute aussi une façon de lever toute équivoque avec la gente féminine, qui s’était massivement mobilisée pour porter Essebsi au pouvoir mais dont on dit qu’elle a été mal récompensée par le locataire du palais de Carthage. Cette cérémonie était donc une occasion pour le président de la République de prendre le pouls de la situation, de tâter le terrain et de s’assurer que sa magie opère toujours chez les femmes. Ce fut chose faite avec la journaliste et écrivaine Sofia Bessis, avec Myriam Belkadhi, journaliste également, avec la réalisatrice Dorra Bouchoucha, que le président a décorées. Mais Essebsi n’était pas complètement à la fête car ces personnalités, ce sont les trains qui sont arrivées à l’heure, il y a la partie vide du verre : Ces femmes que le chef de l’Etat a conviées au palais mais qui ont boudé son invitation. Ce sont surtout les raisons de leur absence, très remarquée, qui ont dû peiner BCE, même s’il n’en montrera rien, en vieux briscard de la politique qu’il est.

L’univesitaire Olfa Youssef, l’actrice Sawsen Maalej et la journaliste Aida Arab Achab font partie de celles qui ont boudé la cérémonie en signe de protestation face aux « promesses électorales » faites aux femmes et qui n’ont pas été tenues mais également à cause, disent-elles, de la communauté de vue entre le président et le parti islamiste Ennahdha. Et elles n’ont pas hésité à le signifier vertement sur leurs profils Facebook.

Olfa Youssef a écrit ceci sur sa page, hier samedi : « Je remercie la présidence de la République pour cette invitation mais je ne pourrai l’honorer compte tenu de la trahison électorale, et de son alliance avec les ennemis du code du statut personnel… ».

Sawsen Maalej n’a pas été plus tendre : « Merci à la présidence de la République, pour cette invitation mais je la refuse : 1) Je ne suis pas amatrice des manifestations folkloriques annuelles et je ne fais pas dans le féminisme. Je fais partie d’une génération qui exige l’égalité des droits et des devoirs, et par conséquent je ne vois pas l’utilité de cette fête et de ces décorations, surtout venant de vous, vous qui n’avez pas tenu les promesses faites au million de Tunisiennes en vous alliant avec l’ennemi de la femme tunisienne … ».

Même son de cloche chez Aida Arab Achab, qui a posté ceci vendredi 12 août : La fête de la femme n’éveille rien en elle. « Je ne fais la différence entre un homme et une femme qu’à travers leurs aptitudes et ce qu’ils ont dans la tête, pas avec leur simple différence morphologique. Si vous souhaitiez célébrer la femme, sans qui vous ne dormiriez pas au palais, vous ne lui auriez pas brisé tout espoir avec vos alliances contre nature… »

L’histoire ne nous dit pas si ces personnalités se sont donné le mot, car la teneur des messages est la même, mais ce qui est certain c’est qu’elles sont très remontées contre le président.

Un malheur n’arrive seul

Avant cette salve de messages cinglants, des représentants du bureau d’Amnesty International à Tunis ont remis vendredi 12 août 2016 au président de l’Assemblée des Représentants du Peuple, Mohamed Ennaceur, une pétition réclamant davantage de droits pour la femme. Le texte exige des réformes législatives pour punir toute forme de violence à l’égard des femmes, notamment les violences sexuelles. Ce document a été signé par 71 mille femmes.

A signaler qu’un projet de loi pour combattre les violences faites aux femmes a été concocté par le gouvernement et qu’il sera voté par le Parlement d’ici la fin de 2016, a affirmé le président de l’ARP.
Ce document est épluché conjointement par l’ARP et le ministère de la Femme, il est actuellement étudié par la commission des droits et des libertés et la commission de la législation générale, a ajouté Ennaceur.

A n’en pas douter, toutes ces affaires, au-delà du fait qu’elles sont un camouflet pour les autorités du pays, portent un sérieux coup au prestige du code du statut personnel, qui fait la fierté de la Tunisie dans un monde arabe à des années-lumière de ces avancées. L’exécutif et le législatif ont intérêt à trouver rapidement la voie pour se rabibocher avec une partie de la gente féminine, sinon tout cela pourrait se payer très cher électoralement. Sans parler de la réputation de la Tunisie…

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Le millésime 2016 de la fête de la femme n’est pas allé sans un concert de revendications, à ce jour embryonnaires et disparates, pour prendre les allures par moments comminatoires, concernant les droits de la femme tunisienne tels que définis par le Code du Statut Personnel (CSP), vieux de soixante ans. Il n’est pas exigé que cette législation soit revue et mise au goût du jour dans sa totalité, mais sont mis à l’index certains de ses articles qui se déclinent dans la situation qui est présentement celle de la femme.

Il est vrai qu’à l’exercice,  les acquis alignés par la réforme à bien des égards copernicienne lancée au lendemain de l’Indépendance de la Tunisie n’ont pas totalement tenu leur promesses. La femme, surtout la femme rurale, est toujours en peine de tenir le rang que lui avait conféré le Code en termes d’égalité, d’opportunités d’emploi, de statut social et d’accès aux postes politiques. Et il n’y a qu’à voir, par exemple, les chiffres du chômage par genre pour constater que la femme est la plus touchée. Bien plus, sa situation a littéralement empiré depuis la Révolution,  et ses acquis ont été sérieusement menacés alors qu’ils auraient dû être renforcés, et malgré l’inscription claire et précise de l’égalité entre tous les Tunisiens dans la Constitution, affirme la société civile.

Bien entendu, au rang des demandes relayées en cet anniversaire, figurent celles ayant trait à l’égalité successorale devant l’héritage, un sujet qui a occupé l’opinion publique tunisienne il y a quelques mois suite à la proposition de loi de Mehdi Ben Gharbia et qui semble tomber en désuétude avant même d’être discuté par l’Assemblée des représentants du peuple. Mais il y a encore, et en prévision de la formation du gouvernement d’union nationale, des appels insistants pour que la, femme y occupe la place qui lui revient naturellement eu égard à son importance démographique, à son instruction et son éducation, et à son rôle dans la société.

 «  La bataille est loin d’être gagnée et nous sommes, de nouveau, face à plusieurs chantiers », a déclaré présidente de la Coalition pour les Femmes de Tunisie, insistant sur la nécessité de se mobiliser pour garantir l’accès de la femme compétente et jeune aux postes de décision, dont la composition du prochain gouvernement. « Il s’agit également de renforcer la participation des femmes aux prochaines élections municipales pour participer à la prise de décision dans leurs localités », a-t-elle affirmé.

Dans ce concert d’appels à un aggiornamento des acquis de la femme, il s’en est ajouté un autre, celui de garantir à la femme tunisienne musulmane le choix de choisir son mari nonobstant sa religion. Il s’agit en clair d’abroger l’article 5 du Code du Statut personnel qui stipule que « les deux futurs époux ne doivent pas se trouver dans l’un des cas d’empêchements prévus par la loi ». Sans le spécifier explicitement, le législateur entendait par « empêchement prévu par la loi », le fait qu’une tunisienne musulmane prenne pour époux un non musulman, sous réserve qu’il proclame devant le mufti de la République sa conversion à l’islam. En cela, on  notera que le législateur a laissé la porte ouverte à l’interprétation de la loi. Et la jurisprudence qui a attendu 40 ans pour le faire, a franchi le pas dans un arrêt en date du 29 juin 1999, du tribunal de première instance de Tunis qui  a reconnu que la question du mariage relève du domaine de la liberté individuelle. Cette évolution jurisprudentielle montre que le juge tunisien s’est émancipé progressivement de l’interprétation conservatrice et religieuse de cette notion pour rejoindre une position plus conforme aux différentes déclarations et conventions signées ou ratifiées par la Tunisie. On revient en effet à une interprétation stricte de l’égalité et de la liberté individuelle ayant pour objet essentiel de protéger l’individu contre des mesures privatives et arbitraires de ses droits fondamentaux.

Ce qui est demandé aujourd’hui par ceux qui sont acquis et attachés à la reconnaissance légale de  ce droit, c’est  d’inscrire cette latitude dans le Code de Statut Personnel. Ils soutiennent à l’appui de leur revendication que l’interprétation évolutive à laquelle s’est attaché le tribunal a permis d’assurer une protection effective des droits de l’homme. Ce faisant, plaident-ils, un mouvement jurisprudentiel plus large fondé sur l’interprétation des dispositions de certaines conventions internationales prenant appui sur l’article 5 du Code du statut personnel permettrait de préserver la liberté individuelle. En admettant la nécessaire conformité au droit international, le tribunal rompt en quelque sorte la chaîne de la tradition juridique et montre qu’une cohabitation est possible entre les principes juridiques interne et international.

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La célébration de la fête de la femme le 13 août 2016 est une occasion pour marteler que la protection des droits de la femme est une priorité absolue et que les différentes parties concernées combattront avec acharnement afin de garantir l’indépendance de la femme tunisienne.

C’est dans ce contexte que Mamia Besbes, responsable de la commission de la femme travailleuse, au sein de la commission générale de la Confédération générale tunisienne du travail, a accordé une interview à Africanmanager

  1. En quoi consiste le rôle de la commission de la femme travailleuse ?

 Nous sommes une structure qui veille à soutenir et à préserver les droits de la femme tunisienne. Nous œuvrons à organiser des rencontres de sensibilisation dans diverses régions de la Tunisie afin de sensibiliser les femmes travailleuses sur leur divers droits dans la société civile et dans leur travail. Nous sommes plus concernées par la gente féminine qui travaille dans la fonction publique. 

  1. Pensez-vous que la femme tunisienne bénéficie de tous ses droits ?

Nous sommes conscientes et convaincues que la femme tunisienne bénéficie de plusieurs privilégies depuis l’indépendance, en comparaison avec les autres pays arabes. Elle occupe des postes très honorables, elle est indépendante et émancipée intellectuellement. Cependant, il reste beaucoup à faire pour qu’elle puisse être présente dans tous les domaines et pour réaliser l’égalité homme-femme.

  1. La femme rurale est toujours marginalisée, avez-vous une stratégie pour la soutenir ?

Oui, c’est vrai, nous avons effectué des visites sur terrain pour avoir une idée sur la situation de ces femmes. Nous avons remarqué qu’elles soufrent de plusieurs problèmes. Une grande majorité d’entre elles n’est pas consciente de ses droits ; certaines d’entre elles sont maltraitées par leurs époux, sans emploi, violentées et marginalisées par la société. Nous sommes préoccupées par leur situation et nous œuvrons à préserver leur droit et à les sensibiliser.

  1. Quels sont vos projets pour la femme qui travaille dans la fonction publique ? 

Bien évidemment la situation de la femme dans la fonction publique est toujours sous la loupe de la commission. Nous œuvrons afin de réaliser des acquis pour elle. A titre d’exemple, nous sommes entrain de proposer la prolongation du congé de maternité pour la femme en s’inspirant de l’expérience étrangère. Nous sommes aussi mobilisées pour dénoncer tout dépassement enregistré à son égard, surtout dans les lieux de travail…

  1. Que pensez-vous du Code du statut personnel ?

C’est un grand acquis pour la femme tunisienne. Grâce à ce code, la femme a pu réaliser des réussites palpables dans divers secteurs. Nous œuvrons aussi à fournir des efforts visant la protection des acquis de la gente féminine.

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