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Finances publiques

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La chute vertigineuse des prix du pétrole (45 dollars en novembre dernier contre 100 dollars en juin 2014) a alourdi les finances publiques de l’Algérie, très dépendante de l’or noir. Pour amortir le choc en l’absence d’une réelle diversification économique, le pays continue de puiser dans ses réserves de change, rapporte jeuneafrique.

Alors qu’elles s’élevaient encore à 178,938 milliards de dollars fin décembre 2014, les réserves de change continuent de chuter, se situant à 114 milliards de dollars fin 2016, précise la même source.

Début décembre, Mohamed Loukal, le gouverneur de la Banque d’Algérie, avait annoncé qu’elles oscilleraient entre 117 et 118 milliards de dollars fin 2016 contre 119 milliards de dollars fin octobre.

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«Croissance faible du PIB au cours du troisième trimestre (0,2% en V.T. et 1,3% en G.A.), indiquant un niveau de croissance ne dépassant pas au meilleur des cas 1,4% pour 2016 contre 1% en 2015 aux prix constants de l’année 2010. Légère baisse du taux de chômage qui est passée de 15,6% au 2ème trimestre 2016 à 15,5% au 3ème Trimestre. Malgré une progression soutenue de l’IPC en V.M. en octobre, l’inflation a connu un léger repli pour atteindre 3,9% en G.A. après 4,2% le mois précédent, portant la marque d’un effet de base favorable. Egalement, une légère atténuation de l’inflation sous-jacente « hors administrés et frais» a été observée en octobre. L’inflation devrait poursuivre son trend haussier pour clôturer l’année 2016 à 4,6% en G.A. soit une moyenne de 3,8% sur l’ensemble de l’année en cours et atteindre 5% en 2017. Après l’amélioration relevée au cours des 9 premiers mois de 2016 (avec 6,4% du PIB contre 6,9% une année auparavant), le déficit courant s’est nettement détérioré en octobre, pour atteindre 7,5% du PIB, soit le même niveau de l’année précédente, maintenant ainsi les pressions sur les réserves en devises et le taux de change. Evolution modérée de la masse monétaire en 2016 (10 mois). Cependant, une légère reprise a été enregistrée et a concerné aussi bien les créances nettes sur l’Etat que les crédits à l’économie. Léger apaisement des tensions sur la liquidité bancaire en octobre 2016, soutenu essentiellement par l’atténuation de l’effet restrictif des BMC». C’est par cet instantané, au jour J du 2 décembre 2016, que le conseil d’administration de la BCT (Banque Centrale de Tunisie) brosse le tableau de bord de l’économie tunisienne en cette fin 2016 !

La note de conjoncture de la BCT trace ensuite les perspectives économiques du pays pour le moyen terme, c’est-à-dire pour les exercices 2017 et 2018. Ainsi, côté croissance économique, le CA de la BCT, par ailleurs formé de compétences, d’hommes d’affaires et d’économistes de renom, estime que «les récentes projections tablent sur une progression du PIB, aux prix constants de 2010, de 1,4% en 2016, 2,2% en 2017 et 2,8% en 2018». Une prévision, déjà en rupture avec les documents officiels du budget 2017 qui table de 1,6% en 2016, puis progressivement monter à 2,5% en 2017

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Cet optimisme modéré, le CA de la BCT l’explique par «la baisse de la récolte des olives en 2017 (…), le redressement de la production minière et chimique[qui] serait modéré et fortement tributaire de l’apaisement des troubles sociaux dans le bassin minier. Le redressement des activités dans le secteur des services marchands plus lent qu’attendu précédemment en raison, notamment, de la faiblesse de la demande de consommation» et une «contribution de l’administration publique à la croissance (0,2% entre 2017 et 2018) du PIB [qui] devrait baisser sur l’horizon de prévision, vu l’orientation du Gouvernement vers plus de maîtrise de son équilibre budgétaire à travers, notamment, la compression des dépenses de fonctionnement ».

Optimisme modéré, disions-nous, car le document de la BCT évoque un «renforcement graduel de l’activité touristique [qui] devrait contribuer à un rétablissement progressif des activités de services d’hôtellerie et des activités connexes».

Un manque d’optimisme général, que le CA de la BCT explique par l’existence de «risques adverses pouvant affecter négativement les prévisions [qui] semblent s’intensifier, tant au niveau international que national. Au rang des risques extérieurs, la dégradation du contexte géopolitique, le ralentissement de l’économie de la Zone Euro font peser énormément d’incertitudes sur la croissance des exportations tunisiennes, une détérioration qui pourrait avoir des effets de contagion sur notre production industrielle».

A l’échelle nationale, les facteurs de risques sont :

  • La persistance du risque sécuritaire et terroriste et la crise libyenne.
  • Les retards accusés dans la mise en place des réformes administratives et fiscales.
  • La récurrence des grèves et troubles sociaux dans les zones de production.
  • La baisse de la pluviométrie et le creusement du déficit hydrique.
  • Les pressions sur la balance des paiements et sur le taux de change du dinar.
  • L’affaiblissement du potentiel de la croissance économique dû au prolongement de la période de désinvestissement.
  • La détérioration de la situation des finances publiques.

Rappelons, à ce propos, que moins de croissance, c’est moins de richesses à créer par les entreprises, moins de fiscalité dans les caisses de l’Etat, moins d’investissement de l’Etat, moins d’emploi à créer et plus de chômage.

Le plus dur dans cette analyse de l’état des lieux par l’institut d’émission, c’est que les risques évoqués sont réels et leurs perspectives d’amélioration ou de disparition sont faibles. Cela, d’autant que la Tunisie, est depuis quelques années, une économie malade, complètement désordonnée, incontrôlable et endettée, en mal de ressources et qui ne se remet toujours pas au travail !

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Et il n’y a malheureusement pas que cela. Les mauvaises nouvelles, celles que le citoyen tunisien prendra certainement plus au sérieux, concernent son niveau de vie qui sera menacé par une inflation qui repartirait à la hausse et les prix aussi. Beaucoup de Tunisiens se le cachant, mais hausse des salaires = hausse des charges pour les entreprises = hausse des prix à la distribution. C’est aussi mécaniquement simple que ça !

  • L’inflation en hausse et des augmentations de prix en perspective !

La note de conjoncture à moyen terme de la BCT en parle et pas que peu. L’incidence directe de cette conjoncture sur le consommateur se fera par les prix et l’inflation qui érode le pouvoir d’achat. «Les nouvelles prévisions tablent sur une poursuite de la tendance haussière de l’inflation pour atteindre une moyenne annuelle de 5,0% en 2017, avant de revenir à 4,2% en 2018. Les nouveaux facteurs de risques inflationnistes proviendraient essentiellement des prix à l’import et des prix administrés. En effet, la hausse des prix à l’import, du fait de la persistance des pressions sur le taux de change et/ou d’une hausse des prix mondiaux, devrait se transmettre directement et rapidement à l’indice des prix à la consommation (pour les produits finis), et indirectement à travers le processus de production (pour les matières premières)». C’est ce que prédisent les professionnels de la BCT et les chiffres ont la tête dure !

Et le communiqué d’expliquer que «les plus importantes pressions sur les prix administrés (26,3% du panier) proviendraient des hausses attendues des prix de l’électricité et du carburant». Le projet de la loi de finances de 2017 comporte en effet un ajustement des prix de l’électricité et du gaz pour couvrir un besoin de financement de la STEG de 175 MDT. «De même, et au vu des hypothèses retenues dans ledit projet (cours annuel du baril de Brent à 50 dollars américains et un taux de change du dinar contre le dollar de 2,25), la possibilité d’une révision à la hausse des prix à la pompe sur l’horizon de prévision, à travers le mécanisme d’ajustement automatique, n’est pas exclue» dit encore la note.

S’agissant de l’inflation des produits alimentaires frais, qui représentent 13,9% du panier de la ménagère, la BCT souligne qu’ «elle devrait se maintenir sur une tendance haussière durant l’année 2017, compte tenu d’un effet de base défavorable en premier lieu, et vu les perspectives d’une production en baisse par rapport à son niveau de 20166 et d’une hausse des coûts de production en deuxième lieu».

On ne parlera pas de l’inflation sous-jacente, cet autre indice qui détermine la tendance des prix, sur lequel tous ne sont pas d’accord chez les politiciens notamment, et qui a aussi été revue à la hausse. On rappellera surtout que ce que vient de coucher sur papier la BCT, la semaine dernière, à propos de 2017, a été déjà dit et redit, par la BCT comme par d’autres experts. Les chiffres de 2016 le confirment désormais.

Une des promesses, ou priorités, du gouvernement Chahed était de «préserver le pouvoir d’achat à travers les négociations sociales et le renforcement de la productivité de l’entreprise». Pour l’instant, l’UGTT ne prête attention qu’à l’augmentation des salaires, ce qui augmentera immanquablement les prix et entraînera le pays vers la spirale inflationniste qu’évoquait justement la note de la BCT

 

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La Tunisie pourrait payer très cher la dégradation de ses finances publiques. En effet l’agence de notation Moody’s, l’un des gendarmes de la place, a averti que la note attribuée à la dette souveraine tunisienne pourrait être revue à la baisse à moyen terme du fait de la pente inquiétante des finances publiques.

Le communiqué, publié hier mardi 22 novembre au soir, confirme le « Ba3 » de la Tunisie, une note qu’on donne aux émetteurs aptes à honorer leurs engagements avec des aspects spéculatifs ; sauf que cette fois, contrairement à la précédente perspective – « stable »-, la note tunisienne est assortie d’une perspective « négative ». Un coup très rude pour le pays, qui s’apprête à convoquer les investisseurs et bailleurs du monde entier dans le cadre de la Conférence internationale – ces 29 et 30 novembre.

L’agence explique sa décision par « les retards continus vers la consolidation budgétaire qui mène à l’aggravation du déficit budgétaire et à une trajectoire du niveau de la dette par rapport au PIB qui s’éloigne de plus en plus de la moyenne des pays placés dans la même catégorie », lit-on dans Boursorama ce mercredi 23 novembre.

A côté de ça, « les vulnérabilités externes augmentent, alimentées par le déséquilibre persistant de la balance commerciale et par une augmentation de la dette extérieure brute », indique Moody’s.

L’agence voit d’un très mauvais oeil le fait que le gouvernement ait revu à la hausse, dans le projet de la loi de finances 2017, les prévisions de déficit budgétaire pour cette année et l’an prochain à respectivement 5,7% et 5,4% du PIB. « Il est aussi prévu que la dette du gouvernement atteigne 63,2% du PIB fin 2016 contre 54,9% en 2015 », s’alarme Moody’s.

L’agence ajoute que face à une croissance plus molle que prévu – 1,5% contre 2,5% prévus initialement -, un afflux de recettes moins dense de 2% et les retombées de la dépréciation de la monnaie comptant pour à peu près 4,5 points de PIB, la Tunisie ne pouvait pas échapper à la sanction.

Moody’s rappelle également que la dette du pays pourrait aller au-delà de 65% de son PIB en 2017-2018.

Néanmoins elle termine sur une note plus positive en indiquant que la Tunisie peut être créditée d’une certaine « solidité de ses institutions si on les compare à d’autres pays placés dans la même catégorie » et du « soutien actuel d’institutions internationales », ce qui a plaidé pour le maintien de sa note à court terme.

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Dans son dernier rapport intitulé « Perspectives économiques régionales du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord » rendu public

Le FMI vient de publier un rapport d’évaluation de la transparence des finances publiques pour la Tunisie. Cette évaluation a été menée à la demande des autorités tunisiennes par une équipe conjointe des Départements des finances publiques et des statistiques du FMI, qui s’est rendue à Tunis en novembre-décembre 2015. Il en ressort que la Tunisie vit, depuis la Révolution de 2011, une profonde transformation de ses institutions politiques, avec notamment l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution le 27 janvier 2014. « C’est dans ce cadre que les autorités ont lancé plusieurs réformes destinées à moderniser la gestion et améliorer la transparence des finances publiques. La formation d’un nouveau gouvernement élu au début de l’année 2015 constitue également l’opportunité de donner un nouvel élan au programme de réformes dans ce domaine », note le rapport du FMI.

Cette évaluation de la transparence des finances publiques, menée par l’équipe du FMI, en étroite collaboration avec les principaux interlocuteurs du ministère des Finances et d’autres organismes publics compétents, a observé que même si la Tunisie enregistre de bons résultats par rapport au Code de Transparence des Finances Publiques dans certains domaines, il reste encore des améliorations à apporter dans plusieurs autres domaines, afin d’aligner les pratiques nationales aux normes internationales en la matière. Nombre d’indicateurs peuvent être améliorés à court terme, en consolidant et en publiant les informations qui sont disponibles mais dispersées, ainsi qu’en publiant les analyses existantes réalisées à des fins de gestion interne.

Le rapport fait état de plusieurs points forts dans les pratiques de transparence des finances publiques en Tunisie, notamment la préparation centralisée des statistiques de finances publiques conformément à la Norme spéciale de diffusion des données, la publication actualisée de rapports mensuels sur les finances publiques depuis 2014 avec comparaison entre les prévisions et les résultats budgétaires, le rapprochement annuel des données relatives aux résultats budgétaires avec les statistiques de finances publiques et les comptes définitifs, un cadre juridique précis qui définit le calendrier d’approbation du budget et de ses principaux contenus, et le recours à une loi de finance rectificative pour autoriser toute modification significative à apporter au budget approuvé.

L’évaluation attire aussi l’attention sur la nécessité de renforcer le processus de réforme en cours par les autorités, et notamment d’élargir la couverture institutionnelle des rapports budgétaires pour couvrir le secteur public au sens large et inclure des informations du bilan, en insistant dans un premier temps sur les actifs et les passifs financiers et d’étendre l’horizon des prévisions budgétaires, et préciser et annoncer de façon explicite des objectifs mesurables de politique budgétaire à moyen terme.

En outre, le FMI a appelé à la nécessité de présenter dans la documentation budgétaire les prévisions financières relatives aux caisses de protection sociale, notamment l’intégralité de l’appui direct et indirect apporté par l’État et conduire une analyse de la soutenabilité des finances publiques à plus long terme.

Il a été aussi recommandé de commencer à préparer un rapport synthétique et un cadre de suivi des risques budgétaires, qui présentent une évaluation consolidée de tous les grands risques pesant sur les finances publiques et des mesures correspondantes pour les atténuer.

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S’exprimant devant la Commission de la réforme administrative et de lutte contre la corruption à l’ANC

Le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), Chedly Ayari, s’est déclaré optimiste quant à l’avenir du pays, et ce malgré les problèmes qui persistent dans le pays depuis de nombreuses années.

Dans une déclaration rapportée par le journal Assarih dans son édition de ce jeudi 3 novembre 2016, le gouverneur de la BCT a précisé que la Tunisie souffre d’un manque au niveau des ressources financières, soulignant toutefois que les compétences tunisiennes sont capables de faire sortir le pays de l’ornière.

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Le Chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi a reçu, jeudi 20 octobre 2016 à Carthage, les présidents des délégations qui participeront aux réunions du conseil exécutif et de l’Assemblée générale de l’Organisation arabe des Institutions supérieures de contrôle des finances publiques (ARABOSAI), invités en Tunisie du 17 au 21 octobre 2016, annonce un communiqué de la présidence de la République.

Lors de la rencontre, le président de la République a insisté sur le rôle essentiel de la surveillance monétaire dans le renforcement de la bonne gouvernance et son encrage insistant sur l’importance du travail de surveillance sur les ressources publiques, une tâche complémentaire aux travaux des fonctionnaires de la fonction publique.

De son côté, le premier président de la Cour des comptes de Tunis, Abdellatif Kharrat, a indiqué que cette rencontre avec le chef de l’Etat a été l’occasion de lui présenter un rapport sur les activités de l’organisation.

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Slim Besbes, ancien ministre des Finances et membre de la commission des finances à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), s’ajoute à la liste des économistes qui passent à la loupe le bilan de l’ex-chef du gouvernement, Habib Essid. Son réquisitoire sur le rendement de l’ancien gouvernement est très sévère.

Dans une interview accordée ce mercredi 31 août 2016 à Africanmanager, il a affirmé que le pays a vécu une véritable crise économique durant le mandat de Habib Essid. C’est ce qui explique, selon ses dires, l’initiative pour mettre en place un gouvernement d’union nationale.

Besbes a dans le même cadre indiqué que le gouvernement Essid a été incapable de rétablir la confiance des Tunisiens (entrepreneurs, investisseurs, jeunes…), de plus tous les indicateurs économiques clignotent au rouge (déficit budgétaire, inflation, dinar, balance de paiement…).

Selon ses déclarations, l’année 2015 a été clôturée avec un taux de croissance médiocre ne dépassant pas les 0,7%. Pour le premier semestre de cette année, la croissance a été de l’ordre de 1,2%, un taux qui a été boosté par les recettes provenant des services non marchands, sachant que tous les secteurs productifs n’ont pas atteint les résultats escomptés, principalement ceux du tourisme et de l’agriculture. Ajoutons à cela la dépréciation du dinar, la montée de l’inflation et la dégradation du pouvoir d’achat. Tout cela a, selon lui, alimenté la crise de confiance qui sévissait déjà depuis la Révolution.

Des prévisons révisées à la baisse!

Slim Besbes a en outre indiqué que, durant le mandat d’Essid, le ministère des Finances s’est trouvé contraint de réviser à la baisse ses prévisions de croissance. Pour les dépenses de gestion, le gouvernement table actuellement sur une hausse de seulement 7,9 % contre 8% auparavant, sachant que le taux de consommation des dépenses de gestion a dépassé les 50% contre 45% auparavant. La masse salariale dans la fonction publique passera ainsi à 13,4 milliards de dinars contre 13 milliards de dinars dans les prévisions du ministère des Finances.

Avec ce GUN, le président de la République, Béji Caied Essebsi, a voulu provoquer un choc positif et ouvrir de nouveaux horizons visant principalement à rétablir la confiance et relancer la croissance et l’investissement. L’objectif aussi est d’élargir la coalition en associant certains partis de gauche ainsi que trois organisations nationales, à savoir, l’Utica, l’Utap et l’UGTT, a expliqué Besbes. Il a souligné la nécessité de mettre en place des mesures audacieuses et courageuses, faisant remarquer que le retard au niveau des réformes n’a fait qu’assécher les sources de financement du pays, principalement celles provenant de la taxation.

Besbes a souligné que le premier grand défi de Youssef Chahed est le bouclage du budget 2016. Selon lui, Youssef Chahed doit rationaliser les dépenses et rétablir les équilibres financiers, surtout en ce qui concerne la charge relative à la masse salariale dans la fonction publique. Il a fait toutefois savoir que le déficit budgétaire atteindra 6,5% du budget de l’État si le gap (2400 millions de dinars) n’est pas financé par des ressources extérieures.

« Il faut trouver des solutions pour maîtriser les dépenses et éviter une crise de dette publique », déclare-t-il. Youssef Chahed doit revoir tout dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2016n tout en assurant les équilibres financiers et l’évolution modeste de certaines recettes, a indiqué Besbes.

Le deuxième défi de Youssef Chahed est celui relatif à l’élaboration d’un budget sain permettant de maitriser la dette publique, sinon un plan d’austérité s’imposera. « La Tunisie risque, en 2017, d’adopter une politique d’austérité très lourde et insupportable ». Le député a appelé ainsi à mettre en place des mesures d’urgence le plus tôt possible. « Si on ne mobilise pas des recettes pour l’année 2017, on risque certainement une politique d’austérité pouvant aller jusqu’au licenciement d’employés et la diminution des dépenses de la santé ainsi que celles à caractère secondaire « , a-t-il dit.

Appel à retarder les accords conclus avec l’UGTT!

Le cadre idéal et l’enjeu c’est la loi de finances 2017, estime Besbes. Là il faut stimuler l’exportation et l’investissement, promouvoir  l’entrepreneuriat, identifier de nouveaux marchés et encourager le secteur privé à investir et créer de l’emploi vu la saturation du secteur public. « C’est le seul salut pour le rétablissement des équilibres financiers », a-t-il dit. Une autre mission devra être accomplie par le gouvernement de Chahed, c’est le déblocage des secteurs productifs dont le phosphate et l’industrie chimique.

Slim Besbes a également appelé à maitriser les finances publiques, surtout au niveau de la masse salariale dans la fonction publique qui risque d’aller jusqu’à 15 milliards de dinars suite à l’application des accords conclus avec l’UGTT concernant les augmentations salariales. Or, le FMI exige que cela ne dépasse pas les 13 milliards de dinars sinon la Tunisie va se trouver en difficulté pour mobiliser des ressources de l’extérieur. Il faut aussi, selon Besbes, agir au niveau de la caisse de compensation.

L’ancien ministre des Finances a appelé à retarder l’application des accords conclus avec l’UGTT portant sur les hausses salariales, au moins pour 2017, l’année record au niveau du remboursement des services de la dette, selon ses dires. « La tâche n’est pas simple. Il faut respecter nos engagements avec le FMI pour éviter une politique d’austérité », a ajouté Besbes.

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Quand le quadra le plus célèbre de la Tunisie, Youssef Chahed, le nouveau chef du gouvernement d’union nationale, a placé la préservation des équilibres financiers parmi ses priorités, il ne croyait pas si bien dire. En effet les finances publiques du pays sont une grosse source de préoccupations ces dernières années. Le prêt de 500 millions de dollars que la Tunisie vient de contracter sur le marché international, le énième en 5 ans, en est l’illustration. Le problème, évidemment, ne date pas de l’arrivée de Habib Essid au pouvoir, comme la coalition gouvernementale a tenté de le faire gober aux citoyens, pour finalement réclamer la tête du chef du gouvernement, chose qu’elle a obtenue in fine au bout d’une étrange mise en scène au Parlement, entre le grotesque et le tragicomique. Mais passons, pour le moment l’essentiel est ailleurs. L’essentiel ce sont les déséquilibres structurels que Essid a trouvés et qu’il va laisser, intacts, entiers. Certes Essid n’a rien fait pour les solutionner, mais lui a-t-on donné les moyens d’y parvenir ? Le confort moral pour aller au bout de sa démarche ? Lui a-t-on laissé le temps de mettre en branle ces réformes structurelles lourdes, longues et complexes, et que tous les gouvernements précédents ont soigneusement planquées sous le tapis ? Les réponses sont non, à l’évidence. Youssef Chahed aura-t-il plus de chances ? Rien n’est moins sûr, au regard du rang de ses détracteurs qui grossit déjà à vitesse grand V. Mais il devra s’en contenter et aller au charbon car la tâche est colossale.

Il faudra aller vite pour tenter de résorber, ou du moins commencer à inverser les tendances des deux déficits majeurs : Le déficit budgétaire et le déficit commercial.

C’est devenu un lieu commun que de dire que la situation des finances publiques est affolante. Le trou du budget s’est établi au mois de mai 2016 au montant astronomique de 1823 millions de dinars tunisiens (MDT) contre 126 MDT l’an dernier, un gap tout de même de 1697 MDT !

Quant aux fameuses dépenses de fonctionnement, si lourdes dans ce pays, elles ont bondi de +19,9% suite à l’envolée de +18,3% enregistrée sur le poste de dépense des salaires de la fonction publique.

Le déficit courant, parlons-en. Il affiche 4682 MDT au mois de mai de cette année, soit 5,1% du PIB (Produit Intérieur Brut), contre 3945 MDT, ou 4,6% du PIB, dans la même période en 2015.

Même tendance pour le déficit commercial, qui devient abyssal. Au premier semestre de 2016, il a viré au rouge vif avec -6034,1 MDT. Tout simplement énorme, surtout quand on se réfère aux prévisions, qui étaient plus des prédictions qu’autre chose, du gouvernement Essid qui évoquaient un déficit budgétaire de 3,9% du PIB pour l’exercice 2016 et un taux d’endettement public de 53,4% du PIB. Je ne vous apprends rien en vous disant qu’on est largement sorti des clous, même si le chef du gouvernement ne peut être comptable de tous les mauvais réflexes – endettement – des exécutifs précédents.

Comment Chahed va se dépatouiller avec tout ça ? Aucune indication pour l’instant. Faudra attendre qu’il forme déjà son gouvernement, une entreprise aux allures de casse-tête vu les bâtons que certains partis politiques s’acharnent à mettre dans ses roues. En tout cas ce qui est sûr c’est qu’il lui faudra une sacrée dose de courage, des trésors d’imagination et une volonté de fer pour réussir là tous les autres, je dis bien tous les autres, ont échoué depuis 5 ans. Quant à l’histoire des 100 premiers jours de grâce, à notre avis il ferait mieux de l’oublier De répit il n’aura point avec des bailleurs de fonds fatigués par des années d’immobilisme que, paradoxe suprême, les citoyens tunisiens ont eux-mêmes abondamment alimenté en refusant obstinément de se remettre au travail après la révolution.

Chahed a le bonjour d’Essid !

Ce qui a surtout retenu notre attention au conseil ministériel restreint qui a eu lieu hier jeudi 5 août 2016, au Palais du gouvernement à la Kasbah, c’est le détachement et la légèreté avec lesquels le chef du gouvernement de gestion des affaires courantes, Habib Essid, évoque les priorités du gouvernement d’union nationale, telles que stipulées dans le document de Carthage. Il s’est même permis d’indiquer la voie à Chahed : Il faudra monter le niveau de la croissance, hausser la part de l’investissement dans l’économie nationale, prendre des décisions audacieuses pour maîtriser les grands équilibres économiques ainsi que les équilibres financiers des caisses sociales. Rien que ça ! En voilà un qui doit être bien content de refiler ces patates bien chaudes au nouveau venu. Si ce n’est pas une belle et grosse pierre dans le jardin du nouveau chef du gouvernement, alors on ne s’y connait pas !

En même temps il faut le comprendre Essid, on ne peut pas lui demander d’accepter d’aller s’immoler devant les élus de la nation, sans faire de vagues, et même en remerciant ses bourreaux, être viré de la plus vile des manières (3 votes de députés à son actif) et l’empêcher de se délecter de savonner un peu la planche de son successeur. Le peu de services, aux yeux de ses détracteurs, qu’il a rendus à la nation vaut bien qu’on l’autorise à un coup de patte à Chahed avant de tirer sa révérence. Allez, un dernier coup pour la route. Avant de retourner dans un anonymat où on s’empressera de l’enterrer en beauté. Ainsi va la vie politique en Tunisie post-révolutionnaire. Au suivant !

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L’état des finances publiques devient critique en raison des contraintes financières externes et internes subies par la Tunisie.

L’économie s’effondre avec la chute du tourisme, de la production industrielle et des investissements étrangers. La situation peine à se redresser sur un fond d’agitation politique et sociales sans précédent parfois entachée d’émeutes, les incertitudes sur l’avenir viennent casser le rêve des Tunisiens….

Les prêts et le soutien financier de l’Europe dont la France, peinent à compenser la méfiance des investisseurs. Le marché de change est marqué par un manque d’offre de liquidité en devises, où le dinar tunisien s’est fortement déprécié face à l’euro et parfois face au dollar américain.

L’état des finances publiques devient critique en raison des contraintes financières externes et internes subies par la Tunisie.

Nabil Chahdoura, banquier et membre fondateur du Cercle des financiers de Tunisie, a été l’invité d’une émission économique à la radio RTCI pour expliquer les causes de la dépréciation galopante du dinar…

À cet égard, Nabil Chahdoura a, d’emblée, appelé le gouvernement tunisien à gérer en urgence ce déficit budgétaire qui n’a de cesse de se creuser au fil des cinq dernières années. Quand même, dit-il, avec une légère amélioration depuis 2014, ceci n’empêche que ce déficit a plusieurs explications.

Alors quel est l’impact de change et les répercussions du dinar tunisien et son évolution par rapport à ce déficit ?

Chahdoura explique qu’une bonne partie de ce déficit provient de l’endettement et du service de la dette qui a augmenté de façon importante depuis la Révolution et aujourd’hui l’on parle de 55% de taux d’endettement en Tunisie

Et ce qui est encore plus sensible par rapport à l’évolution du Dinar, ajoute-t-il, c’est que la majeure partie de l’endettement de la Tunisie, c’est l’endettement en devises étrangères.

Donc on parle de 61% environ en devises et de 39% en Dinar tunisien.

Pourquoi cette faiblesse d’endettement local ?

Il est lié à la faiblesse de l’épargne en Tunisie qui a baissé d’un niveau de 22% en 2010 à un niveau de 12% actuellement. Par conséquent, l’État ne peut plus épargner sur le marché local pour éviter l’impact de la fluctuation des devises étrangères sur le service de la dette.

L’autre partie qui est plus ou moins à 45% des 60%, il y a presque la moitié en Euro et le reste en dollar principalement.

Dès qu’il y a fluctuation de l’euro et du Dollar, en tant que parité Euro-dollar déjà, et après la parité Dinar-euro ou Dinar-dollar, il y a un impact direct sur le service de la dette.

Qu’est ce qui explique la dépréciation en cours du dinar face à l’euro ?

 M. Chahdoura explique qu’il y a plusieurs facteurs qui influencent la valeur de la devise, à part le différentiel de taux d’intérêt, précise-t-il, il y a l’offre et la demande et aussi le niveau de réserves. En ce qui concerne la Tunisie, il dit que « le niveau de réserves au niveau de la Banque centrale, ces réserves de change ont été renflouées au mois de novembre et décembre 2015, principalement dû à l’endettement, ce qui a obligé l’État d’emprunter l’équivalent de 2,2 milliards de dinars et qui a tout de suite rechuté au mois de janvier dernier de presque 13%. Donc on était à 129 jours d’importation et on est allé de 14,1milliards de dinars d’équivalent de niveau de réserves en fin de 2015, on est à 12,3 milliards de dinars actuellement. »

Déjà, commente Nabil Chahdoura, cette chute de réserves est le résultat du déséquilibre entre l’offre et la demande, qui a poussé, à vrai dire, à ce glissement du dinar. Mais aussi l’appréciation de l’Euro versus le Dollar. Il y a donc en vérité deux impacts, l’un interne et l’autre externe.

L’Euro était à 1.05 en 2015, et qui est parti à 1.13 en dollars actuellement qui est dû aussi au changement des prévisions d’augmentation de taux d’intérêt aux États-Unis, qui avaient prévu d’augmenter trois fois le taux au cours de 2016 et maintenant il est à zéro, donc il n’y aura plus d’augmentation de taux. C’est ce qui a créé ce différentiel du taux d’intérêt qui a amené à l’appréciation de l’Euro.

Donc c’est pour cela qu’on a vu cette dépréciation du Dinar tunisien versus l’Euro, mais une légère appréciation versus le Dollar, a-t-il déduit.

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