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G8, Joseph Stiglitz, Tunisie

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A quelques jours du G8 qui se tiendra à Deauville , en France, des économistes du monde entier ont appelé mardi, à Tunis, ce Sommet, à adopter une feuille de route, soutenant la transition démocratique en Tunisie, ainsi qu’un plan économique doté de 20 à 30 milliards de dollars ( de 24 à 34 milliards de dinars environ), pour désenclaver les régions intérieures du pays et créer une institution financière spécifique à la région de l’Afrique du Nord.

Lors d’une conférence de presse à Tunis, trois de ces économistes;  Joseph Stiglitz, prix Nobel de l’économie 2001, Jean-Louis Reiffers et Olivier Pastré, deux professeurs d’économie, enseignant respectivement à l’Université de Sud (France) et à celle de Paris 8, ont indiqué que « la réussite de la transition démocratique en Tunisie constitue un enjeu énorme pour la communauté internationale».

 Il est essentiel que les pays membres du G8 saisissent toute l’importance de la Révolution et fassent le nécessaire pour que la Tunisie puisse être et demeurer l’exemple en matière de changement social, économique et démocratique pour l’ensemble de la région et au-delà, préconise l’appel qui souligne «  la responsabilité collective de faire en sorte que cette transition réussisse et de prouver que la coopération économique est la meilleure barrière contre les extrémismes ».  La Tunisie a besoin d’assistance internationale afin d’éviter la phase de décroissance initiale que son économie et sa société ne peuvent pas se permettre. La révolution n’a certes pas de prix, mais elle a un coût.

Le collectif des économistes prévoit que la croissance économique pour 2011 devrait passer au-dessous de 1 % et les émeutes ont déjà coûté 2 milliards de dollars (1,4 milliard d’euros) à l’économie, ce qui équivaut à 4 % du PIB. Le tourisme est très affecté et pourrait conduire à une augmentation du chômage. Le climat d’instabilité a poussé les agences internationales de notation à dégrader la Tunisie.

Les besoins immédiats sont nombreux en termes d’assistance budgétaire, d’assistance technique, d’aide humanitaire et sanitaire pour les réfugiés de Libye ainsi qu’en termes de soutien international pour le maintien du subventionnement des denrées alimentaires et de l’énergie.

Les signataires indiquent que « nous avons la ferme conviction que la mise en place d’institutions démocratiques sera un facteur déterminant de l’amélioration de l’attractivité et des performances économiques sur les moyen et long termes.  Il est de la responsabilité de la communauté internationale d’éviter que la Tunisie n’entre dans un cercle vicieux : pauvreté et augmentation du chômage entraînant une augmentation du populisme et de l’extrémisme qui, à leur tour, conduisent à l’isolationnisme et, de là, à l’accroissement de la pauvreté et du chômage. Au niveau international, la conséquence en serait la propagation des extrémismes ainsi que la multiplication des vagues de migrations fuyant ces extrémismes ».

«  Nous appelons les dirigeants du G8, qui se réuniront le 27 mai à Deauville, à soutenir la transition en Tunisie et à soutenir une feuille de route qui serait élaborée et conduite par la Tunisie ; feuille de route qui identifierait les acteurs impliqués et les montants à mobiliser ».

Plus précisément,  les signataires appellent  à :

1. Une aide immédiate pour les subventions alimentaires et énergétiques ainsi que pour un plan de recyclage à l’intention des diplômés chômeurs.

2. Un plan du G8 doté de 20 à 30 milliards de dollars sur cinq à dix ans afin d’investir dans le désenclavement de l’intérieur du pays. Le développement des transports, des infrastructures technologiques, des pôles technologiques et industriels sont, en effet, des priorités absolues afin d’être en mesure de créer le tissu de PME dont les zones déshéritées ont tant besoin.

3. Rétablir, grâce à ce plan, la confiance indispensable au rebond : développer un cadre concurrentiel pour les industries et les services, mettre l’accent sur les petites entreprises, optimiser l’intermédiation financière notamment au travers d’une restructuration du système financier (capitalisation des banques, traitement spécifique pour les prêts non performants, microfinance, fonds d’investissement, fonds d’amorçage…).

4. Une déclaration claire sur les modalités de mobilisation et de coordination entre les différentes institutions financières (Fonds monétaire international, Banque mondiale, Banque européenne de reconstruction et de développement, Banque européenne d’investissement, etc.) afin qu’elles puissent contribuer de manière optimale à la croissance et à la restructuration de l’économie tunisienne.

5. La création d’une institution financière spécifique à la région car la Tunisie et l’Egypte seront probablement suivies par plusieurs autres pays. Ce serait là un symbole politique fort pour la région et une garantie de coordination optimale des efforts de la communauté internationale.

6. Un engagement, à titre individuel, des pays européens participant au sommet d’appuyer l’obtention pour la Tunisie du statut de partenaire associé de l’UE avec un plein accès aux fonds structurels européens.

7. La création de mécanismes garantissant un meilleur accès au savoir et favorisant les échanges entre jeunes tout autour de la Méditerranée et au-delà.

La Tunisie est le leader de la transition démocratique arabe. Le statut, exceptionnel pour le monde arabe, qu’y a acquis la femme est un grand facteur d’espoir. Sa petite taille en fait un parfait laboratoire de la démocratie. Elle nous offre l’occasion unique de prouver que la démocratie peut suivre un développement harmonieux dans la région. Le coût d’un tel laboratoire, le coût du plan que nous préconisons, n’est que de 2 % à 3 % du coût de la réunification allemande et inférieur au coût d’un à deux mois de la guerre en Irak, conclut le collectif d’économistes.

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