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Y a-t-il une logique dans ce que nous vivons en Tunisie ? Que répondre à un citoyen qui nous interpelle

Y a-t-il une logique dans ce que nous vivons en Tunisie ? Que répondre à un citoyen qui nous interpelle, en affirmant qu’il ne voit dans la situation actuelle que confusion et incertitude ?

Il est vrai qu’en face de l’hégémonie du parti islamiste au pouvoir, on ne trouve pas de levier politique – institutions ou thèmes fédérateurs – capables d’inverser la tendance pour assurer l’alternance du pouvoir tant souhaitée par le peuple et exigée par tout système démocratique.

On parle, également, de bipolarisation handicapante qui désoriente le citoyen, bloque les institutions et verrouille le paysage politique.

Mais , au-delà de cette réalité , on remarque que l’évolution politique dans le pays ,ces derniers mois, est l’aboutissement de 2 logiques différentes : la première réside dans le fait que le projet de société et le modèle de développement redeviennent le pivot autour duquel se regroupent les forces politiques , supplantant ,ainsi ,les vieilles démarcations qui étaient axées ,avant les élections du 23 Octobre 2011,sur la rupture avec l’ancien système .La deuxième logique concerne la géopolitique des intentions de vote révélée par les sondages d’opinions, ces derniers mois, et qui laissent transparaître une réalité lourde de conséquences .

La première logique, on la retrouve ,donc , dans les nouvelles lignes de démarcation entre forces politiques qui sont, désormais, divisées entre ceux qui veulent préserver le modèle de société tunisien et le développer par le biais de la réalisation des objectifs de la révolution , et ceux qui veulent déstructurer ce même modèle , pour mettre en place un autre basé sur la charia .

Ce tournant a été négocié, à partir des mois de juin –juillet 2012, alors que le Front Populaire commençait à prendre forme et que Nidaa Tounès était en gestation.

Ce n’est qu’à cette date qu’on a entendu le CPR parler d’hégémonisme, et Ettakattol prendre franchement une attitude agressive au sein de la Troïka , et on a repéré les premiers signes de la décomposition de l’alliance politique au pouvoir .

Cette ligne de démarcation retrouvée n’est pas fortuite, car elle a pris la place de l’ancienne fallacieuse et trompeuse qui consistait à opposer les tenants d’un même projet de société, sous prétexte qu’ils divergeaient sur les modalités de rupture avec l’ancien système et sur la réalisation des objectifs de la révolution.

-Le 2ème élément de cette nouvelle situation se rapporte au rassemblement des forces centristes, libérales et socio-démocrates au sein d’un front large qui répond à l’appellation d’Union pour la Tunisie .

Le point fort de ce groupement politique, c’est qu’il assure l’harmonie entre le projet de société tunisien et le modèle de développement qui va avec, d’une part, et le contenu démocratique des aspirations révolutionnaires, d’autre part.

– Le 3ème élément est que la violence qui a caractérisé la trame de la révolution tunisienne, et qui a été jusqu’aux élections du 23 octobre 2011 , la chose la plus partagée , est devenue depuis cette date , l’apanage des tenants du pouvoir .

Dès lors que les Tunisiens ont choisi la démocratie pour garantir l’émulation entre forces politiques ,à travers les élections libres et les institutions représentatives ,la violence n’a pas lieu d’être .Or , à partir de l’investiture du gouvernement de la Troïka, la violence commence à s’exercer dans un seul sens , et s’imprime une nouvelle vocation : empêcher l’émergence de forces nouvelles , bloquer le redéploiement des formations politiques ,et faire en sorte que les prochains scrutins ne reflètent pas les réalités politiques du pays .

Ces menées sont mises en pratique , soit par cette violence rampante , qui s’est institutionnalisée , en autorisant, le 14 juin 2012, les ligues de la protection de la révolution (LPR) de sévir (bâton), soit par l’ouverture du parti islamiste sur de nouvelles formations politiques en leur proposant des postes de responsabilité au gouvernement (carotte).Mais, dans les deux cas , la cible est toujours les forces démocratiques , les centristes , et le but est d’intimider et empêcher que ne se forme un front large qui défende les fondamentaux de la société tunisienne.

Telle est la première logique qui explique le déploiement des forces politiques et leur interaction, en fonction des nouveaux repères retrouvés, et qui finit par dissiper toute opposition entre acquis de la société tunisienne et réalisation des objectifs de la révolution.

La deuxième logique, on la découvre à travers les sondages réalisés par les instituts spécialisés en Tunisie, et qui met en relief la régionalisation du vote, aux prochaines échéances électorales, soient-elles présidentielles ou législatives.

Les résultats des enquêtes et des sondages réalisés, ces derniers mois indiquent que les 3 grands partis : Ennahdha , Nidaa Tounès , et le Front Populaire , ont des points d’appuis régionaux différents , mais avec des écarts qui donnent une coloration régionaliste très prononcée à cette tendance. .

Alors que Nida Tounes est le premier parti dans le Grand Tunis, au Nord-est et surtout au Sahel, Ennahdha revendique le leadership, dans les régions ouest et sud du pays dont Sfax, avec des pics dans le Sud – est (Gabès, Médenine et Tataouine) . Les électeurs potentiels du Front populaire, eux, on les retrouve plus qu’ailleurs dans les régions du Nord-ouest et le Centre-ouest.

Le comportement électoral peut, ainsi, paraître relayer le comportement de contestation du tunisien lors de la révolution. Il est vrai que les régions ont vécu différemment les évènements de décembre 2010- janvier 2011 : des régions étaient en pointe, d’autres ont réagi tardivement, la participation de quelques régions était presque symbolique. Mais, il ne faut pas se méprendre : l’adhésion à la révolution était totale pour tout le peuple tunisien.

Les attitudes, durant la révolution, devraient être pondérées par les partis politiques, la société civile et les élites en général, et ils ont tous, autant qu’ils étaient, failli à leur mission.

Maintenant que les Tunisiens ont exprimé leur préférence pour les prochaines échéances électorales ,et cela a révélé des résultats qui font peur , n’est-il pas nécessaire pour les partis de trouver un terrain d’entente pour qu’il n’y ait pas deux ou trois « Tunisie » qui se regardent en chiens de faïence ,à travers des formations politiques qui revendiquent , chacune, l’exclusivité de représenter le peuple , au moment où ils doivent agir de concert , dans le sens de gommer les fissures qui apparaissent dans le tissu social du pays .

Un parti qui se prévaut d’un électorat dont la majorité se trouve concentrée dans 3 gouvernorats, et un autre , de même taille, qui a sa base électorale dans 3 ou 4 gouvernorats dans d’autres régions du pays , autant de comportements qui nous font entrevoir des scénarios difficiles à gérer , une fois la période transitoire dépassée , et le pays installé dans des échéances qui ouvrent sur des mandats de 5 ans renouvelables .Dans ce cas , la Tunisie pourrait entrer dans une instabilité structurelle qui enchaîne sur des frustrations et des violences, si ces élites ne prêtent pas attention à ce que représentent ces chiffres et ces tendances de risques imminents .

Aboussaoud Hmidi

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Y a-t-il une logique dans ce que nous vivons en Tunisie ? Que répondre à un citoyen qui nous interpelle

Y a-t-il une logique dans ce que nous vivons en Tunisie ? Que répondre à un citoyen qui nous interpelle, en affirmant qu’il ne voit dans la situation actuelle que confusion et incertitude ?

Il est vrai qu’en face de l’hégémonie du parti islamiste au pouvoir, on ne trouve pas de levier politique – institutions ou thèmes fédérateurs – capables d’inverser la tendance pour assurer l’alternance du pouvoir tant souhaitée par le peuple et exigée par tout système démocratique.

On parle, également, de bipolarisation handicapante qui désoriente le citoyen, bloque les institutions et verrouille le paysage politique.

Mais , au-delà de cette réalité , on remarque que l’évolution politique dans le pays ,ces derniers mois, est l’aboutissement de 2 logiques différentes : la première réside dans le fait que le projet de société et le modèle de développement redeviennent le pivot autour duquel se regroupent les forces politiques , supplantant ,ainsi ,les vieilles démarcations qui étaient axées ,avant les élections du 23 Octobre 2011,sur la rupture avec l’ancien système .La deuxième logique concerne la géopolitique des intentions de vote révélée par les sondages d’opinions, ces derniers mois, et qui laissent transparaître une réalité lourde de conséquences .

La première logique, on la retrouve ,donc , dans les nouvelles lignes de démarcation entre forces politiques qui sont, désormais, divisées entre ceux qui veulent préserver le modèle de société tunisien et le développer par le biais de la réalisation des objectifs de la révolution , et ceux qui veulent déstructurer ce même modèle , pour mettre en place un autre basé sur la charia .

Ce tournant a été négocié, à partir des mois de juin –juillet 2012, alors que le Front Populaire commençait à prendre forme et que Nidaa Tounès était en gestation.

Ce n’est qu’à cette date qu’on a entendu le CPR parler d’hégémonisme, et Ettakattol prendre franchement une attitude agressive au sein de la Troïka , et on a repéré les premiers signes de la décomposition de l’alliance politique au pouvoir .

Cette ligne de démarcation retrouvée n’est pas fortuite, car elle a pris la place de l’ancienne fallacieuse et trompeuse qui consistait à opposer les tenants d’un même projet de société, sous prétexte qu’ils divergeaient sur les modalités de rupture avec l’ancien système et sur la réalisation des objectifs de la révolution.

-Le 2ème élément de cette nouvelle situation se rapporte au rassemblement des forces centristes, libérales et socio-démocrates au sein d’un front large qui répond à l’appellation d’Union pour la Tunisie .

Le point fort de ce groupement politique, c’est qu’il assure l’harmonie entre le projet de société tunisien et le modèle de développement qui va avec, d’une part, et le contenu démocratique des aspirations révolutionnaires, d’autre part.

– Le 3ème élément est que la violence qui a caractérisé la trame de la révolution tunisienne, et qui a été jusqu’aux élections du 23 octobre 2011 , la chose la plus partagée , est devenue depuis cette date , l’apanage des tenants du pouvoir .

Dès lors que les Tunisiens ont choisi la démocratie pour garantir l’émulation entre forces politiques ,à travers les élections libres et les institutions représentatives ,la violence n’a pas lieu d’être .Or , à partir de l’investiture du gouvernement de la Troïka, la violence commence à s’exercer dans un seul sens , et s’imprime une nouvelle vocation : empêcher l’émergence de forces nouvelles , bloquer le redéploiement des formations politiques ,et faire en sorte que les prochains scrutins ne reflètent pas les réalités politiques du pays .

Ces menées sont mises en pratique , soit par cette violence rampante , qui s’est institutionnalisée , en autorisant, le 14 juin 2012, les ligues de la protection de la révolution (LPR) de sévir (bâton), soit par l’ouverture du parti islamiste sur de nouvelles formations politiques en leur proposant des postes de responsabilité au gouvernement (carotte).Mais, dans les deux cas , la cible est toujours les forces démocratiques , les centristes , et le but est d’intimider et empêcher que ne se forme un front large qui défende les fondamentaux de la société tunisienne.

Telle est la première logique qui explique le déploiement des forces politiques et leur interaction, en fonction des nouveaux repères retrouvés, et qui finit par dissiper toute opposition entre acquis de la société tunisienne et réalisation des objectifs de la révolution.

La deuxième logique, on la découvre à travers les sondages réalisés par les instituts spécialisés en Tunisie, et qui met en relief la régionalisation du vote, aux prochaines échéances électorales, soient-elles présidentielles ou législatives.

Les résultats des enquêtes et des sondages réalisés, ces derniers mois indiquent que les 3 grands partis : Ennahdha , Nidaa Tounès , et le Front Populaire , ont des points d’appuis régionaux différents , mais avec des écarts qui donnent une coloration régionaliste très prononcée à cette tendance. .

Alors que Nida Tounes est le premier parti dans le Grand Tunis, au Nord-est et surtout au Sahel, Ennahdha revendique le leadership, dans les régions ouest et sud du pays dont Sfax, avec des pics dans le Sud – est (Gabès, Médenine et Tataouine) . Les électeurs potentiels du Front populaire, eux, on les retrouve plus qu’ailleurs dans les régions du Nord-ouest et le Centre-ouest.

Le comportement électoral peut, ainsi, paraître relayer le comportement de contestation du tunisien lors de la révolution. Il est vrai que les régions ont vécu différemment les évènements de décembre 2010- janvier 2011 : des régions étaient en pointe, d’autres ont réagi tardivement, la participation de quelques régions était presque symbolique. Mais, il ne faut pas se méprendre : l’adhésion à la révolution était totale pour tout le peuple tunisien.

Les attitudes, durant la révolution, devraient être pondérées par les partis politiques, la société civile et les élites en général, et ils ont tous, autant qu’ils étaient, failli à leur mission.

Maintenant que les Tunisiens ont exprimé leur préférence pour les prochaines échéances électorales ,et cela a révélé des résultats qui font peur , n’est-il pas nécessaire pour les partis de trouver un terrain d’entente pour qu’il n’y ait pas deux ou trois « Tunisie » qui se regardent en chiens de faïence ,à travers des formations politiques qui revendiquent , chacune, l’exclusivité de représenter le peuple , au moment où ils doivent agir de concert , dans le sens de gommer les fissures qui apparaissent dans le tissu social du pays .

Un parti qui se prévaut d’un électorat dont la majorité se trouve concentrée dans 3 gouvernorats, et un autre , de même taille, qui a sa base électorale dans 3 ou 4 gouvernorats dans d’autres régions du pays , autant de comportements qui nous font entrevoir des scénarios difficiles à gérer , une fois la période transitoire dépassée , et le pays installé dans des échéances qui ouvrent sur des mandats de 5 ans renouvelables .Dans ce cas , la Tunisie pourrait entrer dans une instabilité structurelle qui enchaîne sur des frustrations et des violences, si ces élites ne prêtent pas attention à ce que représentent ces chiffres et ces tendances de risques imminents .

Aboussaoud Hmidi

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