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Dans la succession des écueils auxquels le gouvernement  Caïd Essebsi est régulièrement appelé à se heurter, celui des élections de la Constituante est assurément le plus éprouvant et, pour tout dire, auquel  il s’attache le plus de défis. Pour l’heure et à cet endroit du récit, le handicap semble être en voie d’être congédié. Mais à quel prix ?  

A première vue, le Premier ministre paraît s’installer dans une posture d’esprit de suite indemne de tout reproche, car, à se référer à l’ensemble de ses déclarations, attitudes et autres faits et gestes en rapport avec l’échéance électorale du 24 juillet, on conclurait vite que sa gestion avait la régularité d’un métronome, ne souffrant aucune contradiction. Sauf que, lors de sa première apparition télévisée, il n’avait pas exclu un report du scrutin … pour cause de force majeure, avait-il pris soin de préciser, se ménageant ainsi une marge de sécurité, au cas où…

Au final, le gouvernement s’est rangé au parti de ceux qui  s’en tiennent fermement à l’échéance fixée dès l’abord. Et on est droit de penser qu’il s’y est résolu à son corps défendant, et un peu en dépit du bon sens. Car, il a l’intime conviction, à l’instar de toute la classe politique ou quasiment, qu’un scrutin organisé en si peu de temps, et presque dans l’improvisation ne répondrait pas ou si peu aux attentes générales, sauf celles des partis qui ont déjà pignon sur rue et qui sont sûrs de remporter pour ainsi dire une large part des suffrages des électeurs (suivez mon regard).

En se prononçant pour le maintien de la date du 24 juillet, le gouvernement a certainement fait l’économie de turbulences, de troubles et même de nouvelles éditions de « Kasbah »dont le pays n’a nullement besoin alors que la croissance est à la périphérie de la valeur epsilon ,  qu’il arrive à l’autorité de l’Etat d’être étrillée dans maintes régions et sous bien des formes et que la moindre des déclarations peut mettre le feu aux poudres. A cette aune, on semble avoir sauvé les meubles comme on a indiscutablement donné aux investisseurs étrangers le signal qu’ils guettaient pour redémarrer la machine.

Mais, à la vérité, le gouvernement était placé devant un dilemme cornélien où la solution la moins mauvaise n’est pas forcément la bonne. C’est comme s’il tombe de Charybde en Scylla, car, sous d’autre latitudes et en référence aux normes internationales en vigueur, semblable scrutin s’exempterait rigoureusement de toute raison d’avoir lieu. D’abord, parce qu’une élection susceptible de tenir sa promesse requiert au moins 22 semaines et non 8 semaines et quelques poussières, alors que pratiquement rien n’a été fait pour convoquer les électeurs, mettre en place la logistique et le dispositif électoral, recruter et former les milliers de personnes qui veilleront sur les opérations de vote, s’assurer de leur impartialité, donner aux partis le temps et les moyens de se faire connaître, de concevoir et mener leurs campagne électorale. Ce n’est là qu’une partie des ingrédients d’une consultation électorale, unanimement regardée comme l’acte fondateur d’une nouvelle République, d’une constitution vouée à porter les valeurs et les références d’une Nation sur plusieurs générations, et l’expérience liminaire de toute une architecture politique appelée à servir de cas d’école pour toute le région arabe , comme ce fut le cas pour la Révolution du 14 janvier.

Pareille perspective ne doit pas se permettre le moindre faux-pas, ni être entachée d’une tare rédhibitoire qui la condamnerait à l’échec, encore moins décevoir les immenses espoirs placés en elle par le peuple tunisien en son entier. Il y a là une obligation de résultat dont sera comptable, en premier et dernier ressort, le gouvernement de transition, mais encore et sans doute par bien des côtés, tout l’establishment politique. D’autant que, en dernière analyse, de la consultation électorale émergera un nouveau rapport de forces politiques  qui aura  vocation à fonder une vision à la lumière de laquelle se déterminera le choix de l’électeur qu’il s’agisse de la Constituant ou plus encore de l’Acte fondamental qu’elle édictera.

D’aucuns, et ils sont nombreux, soutiennent qu’il n’est plus urgent d’attendre sous peine d’ajouter à l’exaspération des artisans de la Révolution autant que de ceux qui y ont adhéré pour confisquer, par endroits, les premiers rôles. D’autres estiment, en plus, que les enjeux ont besoin d’être clarifiés pour aider à forger les convictions des gens et déterminer leurs choix.

Il reste que, l’heure étant gravissime, il appartiendra à toute la communauté nationale de faire à bon escient le choix qui convienne le mieux à l’intérêt suprême du pays, loin de tout ce qui pourrait précipiter le pays dans les arcanes de l’inconnu. C’est le devoir de tout un chacun d’engager le pays dans le cercle vertueux de la bonne gouvernance politique, gage incontournable de cette relance économique que tout le monde appelle de ses vœux.

Mohamed Lahmar

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