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gouvernement de politiques

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Si vous voulez savoir connaitre la couleur et la saveur du gouvernement d’union nationale, que cuisine actuellement le locataire du palais de Carthage, le très remuant et surprenant Béji Caïd Essebsi, suivez Faouzi Elloumi, un des leaders du parti théoriquement majoritaire, mais qui ne l’est plus dans les faits, Nidaa Tounes. Il a éventré un peu plus ce lundi 13 juin 2016 le secret de polichinelle en déclarant sur la RTCI que le prochain gouvernement devra avoir une teinte plus politique et que si celui de Habib Essid a échoué, c’est en grande partie à cause de son manque d’assise politique. Selon lui, l’équipe de Essid n’a pas été assez appuyé par les partis politiques parce que justement il ne comptait pas assez de politiques. Et quand le journaliste lui a rétorqué que ce gouvernement avait pourtant été adoubé par une écrasante majorité parlementaire, rien qu’en comptant les élus des ténors Nidaa Tounes et Ennahdha, Elloumi ne s’est pas démonté le moins du monde, et a réitéré, droit dans ses bottes, son argumentaire implacable.

Voilà, vous savez tout, ou presque. Les politiques, confortés en cela par une opinion publique qui regarde ailleurs, sonnée sans doute par tous ces rebondissements en à peine 5 ans, ou simplement émoussée par les rigueurs du mois de Ramadan, s’apprêtent à enterrer en beauté ce qu’ils ont adoré hier et présenté comme la solution à tous les maux de la Tunisie : Un gouvernement à forte coloration technocrate, avec un technocrate apolitique à sa tête. Les vérités d’hier ne sont pas celles d’aujourd’hui, plongeant un peu plus les citoyens dans un profond sentiment d’égarement et d’hébétude. Pas bon du tout pour la mobilisation générale vers les vrais problèmes du pays.

D’ailleurs en parlant des vrais sujets pour la nation, on a toujours du mal à croire qu’Elloumi puisse penser sérieusement qu’il suffit de saupoudrer le gouvernement avec des têtes de politiques pour régler tous les problèmes de la Tunisie, comme par enchantement. Suffit-il de distribuer quelques maroquins à des partis politiques, notamment Nidaa Tounes et Ennadha, qui n’ont jamais caché qu’ils en voulaient plus, pour solutionner tous les maux du pays ? Nous ne ferons pas l’offense à Faouzi Elloumi de croire qu’il est assez naïf pour croire lui-même profondément en ce qu’il dit. Alors reste la piste de l’artifice argumentatif, de la tambouille politique pour faire gober à une opinion publique groggy et dont la science politique est loin d’être infuse qu’un gouvernement de politiques est LA solution, alors que depuis Mehdi Jomaa les citoyens commençaient à prendre le pli des ministres technocrates.

Quand on a vu les gesticulations du président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, et du fraichement élu président du Conseil de la choura du mouvement, Abdelkarim Harouni, qui militaient en faveur d’une présence accrue des nahdhaouis dans le gouvernement, on a vite compris à quelle sauce on allait être mangé. Le souci, c’est que la prestation des ministres estampillés Ennahdha a laissé un piètre souvenir dans les mémoires. Et l’affaire est trop fraiche pour que le parti devenu majoritaire par un concours de circonstances – l’amateurisme et les appétits coupables, et même criminels, des leaders de Nidaa Tounes qui ont conduit à sa scission – ait une quelconque chance de faire oublier les conséquences lourdes et gravissimes de près de trois années de gestion du pouvoir par la Troïka. Ils avaient été éjectés du pouvoir par la porte – la forte mobilisation populaire -, un acte que les citoyens croyaient avoir bétonné avec les dernières législatives. Et voilà qu’ils font leur come-back, par la fenêtre, mais come-back quand même. Ce n’est pas ce que s’imaginaient la majorité des Tunisiens en glissant leurs bulletins dans l’urne aux dernières élections.

Le bon diagnostic n’est pas posé, attention au remède !

Les maux de la Tunisie, on les connait, ils sautent même aux yeux : Des secteurs clés en panne depuis des années (phosphate, tourisme…) ; une fonction publique pléthorique, que dis-je, obèse et qui dévore près d’un tiers du budget de l’Etat, sans contribuer en rien à la création de richesses dans le pays ; une centrale syndicale – l’UGTT – omniprésente et qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez (toujours plus de dépenses publiques.. au profit des fonctionnaires) ; une productivité en chute libre depuis 5 ans ; le niveau du système éducatif et de la recherche scientifique qui ne cesse de se dégrader ; des mouvements sociaux intempestifs et incessants qui paralysent des pans entiers de l’économie du pays, etc. Mais tout ça Elloumi ne l’a pas évoqué. Il voudrait nous faire croire qu’il faudrait juste installer un gouvernement de politiques pour que tout cela disparaisse. Il y aurait une sorte de principe de vase communicant entre les politiques et les citoyens et qui ferait que les premiers auraient le pouvoir de mettre en ordre de bataille les seconds, leur faisant abandonner en cours de route toutes leurs tares. Chiche !! Mais les choses sont, évidemment, plus compliquées que ça. Beaucoup plus compliquées.

Les politiques sont dans une sorte de lévitation en ce moment, enfermés dans une bulle, dans leurs tractations, leurs combines, leurs calculs pour la préservation de leurs intérêts partisans, face à une opinion publique étrangement silencieuse. Pour le moment il ne s’agit que de ça, l’intérêt national, on a beaucoup de mal à le voir poindre derrière les manoeuvres des états-majors des partis. Mais les politiques auraient tort de parier sur une léthargie prolongée des masses. Toute cette agitation chez les décideurs politiques, servie aux citoyens jusqu’à la lie, jusqu’au dégoût, tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes, a une seule chance de déboucher sur quelque chose de positif : Que l’attelage gouvernemental qu’ils vont nous proposer, qui sera forcément hétéroclite, avec des alliances contre-nature, diront certains, fonctionne, qu’il obtienne des résultats tangibles. Autrement tout cela pourrait finir pas des sanctions cinglantes dans les urnes, au meilleurs des cas, surtout pour Nidaa Tounes. Au pire des cas, cela pourrait se régler dans la rue, avec tout le champ des possibles. Les deux ténors de la scène politique ont une dernière carte à abattre, ils ont sacrément intérêt à ce qu’elle soit la bonne.

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