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Il y avait quelques semaines

Il y avait quelques semaines, le responsable du bureau de presse du chef du Gouvernement tunisien, nous demandait pourquoi on ne publiait pas les réalisations du gouvernement de Hammadi Jbali. Nous lui avons rétorqué qu’il n’a qu’à nous les compiler dans un document que nous publierons. Ridha Kazdoghli n’a jamais repris contact avec nous. L’incapacité des services de communication de rédiger un document synthétisant les réalisations économiques du gouvernement se révèle essentiellement dans le secteur économique. Malgré toute sa bonne volonté, Hammadi Jbali n’arrive, en effet, toujours pas à redonner vie à trois secteurs essentiels pour l’économie tunisienne.

D’abord, le tourisme où l’aile extrême-droite de son propre parti, les salafistes, continue à jouer contre lui avec la bénédiction de Rached Ghannouchi. Les «effets papillon» des moindres petites turbulences salafistes résonnent, à chaque fois, comme un coup de canon dans toute envie touristique occidentale. Ensuite, les IDE (Investissements Directs Etrangers) qui, malgré leur hausse déclarée, n’arrivent pas à se concrétiser de façon immédiate. Sit-in, grèves et autres formes de mouvement sociaux, accablent encore l’environnement de l’investissement dans la Tunisie de l’après Ben Ali. Enfin, les échanges extérieurs qui n’arrivent plus, depuis fin 2010, à trouver un semblant d’équilibre, à arrêter la décélération des exportations. Pour les 8 derniers mois 2012, tous les compartiments de la balance commerciale tunisienne affichaient un solde négatif.

Raisonnement par le négatif ou comment manier une calculette.

Face à cette situation, le gouvernement tunisien semble avoir décidé d’un mode, autant compréhensible qu’incompréhensible, de réaction à cette dégradation incontrôlée de la situation économique, doublée d’une détérioration de l’inflation et, par conséquent, des réserves en devises.

En effet, dans «échanges commerciaux», il y a l’exportation et l’importation. Au terme des neuf premiers mois 2012, l’exportation n’évoluait que de 4 % alors que l’importation s’envolait de presque 15 %. Loin de chercher à équilibrer la balance commerciale par une hausse des exportations, le gouvernement de Hammadi Jbali pointe l’importation et décide d’y faire des coupes. Dans sa cible, les produits de consommation et en premier lieu les voitures et autres véhicules utilitaires. Cela était compréhensible, le gouvernement ne pouvant agir que sur l’importation des biens de consommation. Le gouvernement ne semble pourtant avoir rien fait dans le sens contraire, celui de l’étude des moyens à mettre en œuvre pour relever le taux de hausse des exportations par rapport à l’année, presque nulle, de 2011. D’après nos informations, ni le ministre du Commerce, ni celui de l’industrie et encore moins le chef du Gouvernement, n’ont essayé de réunir les exportateurs tunisiens pour étudier avec eux les moyens adéquats pour les aider à exporter plus !

Le doigt dans l’œil ou comment étriper une économie déjà en crise !

C’est avec ce genre de raisonnement que le Gouvernement Jbali a, par exemple, abordé le secteur de l’automobile. Considérée par une partie des conseillers du chef du Gouvernement comme un produit de luxe, la voiture vient de connaître les premières foudres d’un gouvernement qui se croit pris à la gorge par le déficit de la balance commerciale et qui craint un autre galop de l’inflation. Restriction dans le crédit automobile dont le coût a déjà été renchéri par la hausse du TMM et surtout restriction du quota des voitures à importer, le secteur des concessionnaire se retrouve, lui aussi, pris à la gorge. Le gouvernement fait cependant, à notre avis, fausse route.

Elles sont, en effet, au moins quatre entreprises de concession automobiles, confisquées chez les familles de l’ancien Président tunisien et qui sont promises à la vente. Il s’agit d’Ennakl, concessionnaire des marques de Volkswagen, de City Cars, concessionnaire de Kia, d’Alpha Ford et de Peugeot. Les offres de vente pour les deux premières ont été déjà rendues publiques et les secondes ne devraient pas tarder. Avec les dernières restrictions à l’importation, le chiffre d’affaires des quatre concessionnaires s’inscrira déjà à la baisse pour l’exercice 2012 et très certainement pour l’exercice 2013. A part le fait qu’il s’en suivra une baisse des taxes empochées par l’Etat (TVA, Taxe à la Consommation, impôt sur les bénéfices), la baisse des quotas qui leurs sont et seront donnés en voitures à importer, découragera certainement les éventuels acheteurs. Tout intéressé par la reprise d’Ennakl ou de Kia, aura besoin de réaliser des gains. Lui dire, dès maintenant, qu’il va en réaliser moins que ce que l’entreprise faisait en 2010 ou en 2011, fera au meilleur des cas, qu’il n’offre plus les prix attendus par le ministre des Domaines de l’Etat lorsqu’il fanfaronnait qu’il retirera de la vente des entreprises confisquées plus que le budget de toute la Tunisie. Et alors que le ministre Salim Ben Hamidane pensait les vendre les doigts dans le nez, c’est tout un gouvernement qui se met le doigt dans l’œil avec de telles mesures restrictives. Lorsqu’on ne peut rien face à la baisse de l’exportation et à celle des IDE, c’est tout un schéma de développement économique qu’on remet en cause. Et si on écorne aussi la consommation, on se demande bien d’où est-ce Hammadi Jbali, Ennahdha et le CPR comptent apporter la croissance qui maintiendra l’emploi, les salaires et le pouvoir d’achat ?

Khaled Boumiza.

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