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Comme le Roi Georges VI dans le film «Le discours d’un roi», du réalisateur Tom Hooper, le chef du gouvernement tunisien, Habib Essid, était sorti mercredi sur TV 9 (Attasiaa) faire aux Tunisiens ce qui pourrait être son discours d’adieu. En syllabes hachées et idées décousues, cela ne l’a pas empêché de se prendre pour un chanteur, Georges Moustaki, qu’il citait.

Alors que tout le monde pensait qu’un chef de gouvernement mal aimé ne pouvait prétendre à la confiance de tout un peuple alors qu’il venait juste de perdre celle de 8 de ses propres ministres qui l’avaient désavoué dans un tristement célèbre communiqué (huit membres de son propre gouvernement, qui plus est issus du parti qui l’avait proposé pour le poste de chef de gouvernement), Habib Essid affirmait que «le gouvernement qu’il dirige vaque normalement à ses missions», ajoutant qu’il multiplie les rencontres avec ses ministres, et rappelant que la continuité est l’essence de l’Etat. Il ajoute même, avec force amnésie face à un document devenu pourtant public, qu’il n’a jamais eu connaissance d’une quelconque déclaration d’un des ministres qui lui soit hostile. Et reprenant un couplet du chanteur George Moustaki, il a déclaré : «Je ne suis jamais seul». Il va plus loin et affirme que Béji Caïd Essebssi (BCE) ne lui a jamais demandé de démissionner, ni explicitement, ni  sous forme d’allusion.

Plus loin dans l’interview pourtant, il fera état de pression faites sur lui pour démissionner, pression qui ont été jusqu’à le menacer de le traîner dans la boue. Lui, il nie qu’il est en train de traîner les pieds pour se maintenir au pouvoir, ajoutant qu’il aurait pu y rester longtemps en ayant recours à maints procédés parlementaires dilatoires, pour  conserver ses responsabilités à la présidence du gouvernement.

Habib Essid, qui divise à son tour les Tunisiens entre ceux qui souhaiteraient qu’il sauve son honneur par la démission et ceux qui estiment l’intelligence de celui qui a su malmener l’initiative de l’homme qui a jeté Essid dans la fausse aux lions et voulu s’en débarrasser alors qu’il ne l’a point aidé, affirme, de manière tout aussi machiavélique que masochiste, qu’il se tient toujours à la disposition de la Tunisie et qu’il répondra en toute circonstance à l’appel pour autant qu’il soit convaincu du bien-fondé de la mission qu’il aura à accomplir.

Il est bon de rappeler que les sondages d’opinions ont toujours été favorables à l’actuel chef de gouvernement. En mars dernier, à titre d’exemple, Sigma Conseil lui donnait 65% de taux de satisfaction des Tunisiens. Un taux aisément compréhensible, dans la mesure où Habib Essid n’a jamais, voulu ou pu, décidé une des mesures impopulaires qu’économistes et financiers, nationaux et internationaux, savaient nécessaires et dont le retard ne fera que rendre encore plus difficile la relance économique. A titre d’exemple, Habib Essid a accédé à toutes les demandes salariales des syndicats ouvriers, il n’a jamais imposé une quelconque trêve sociale à l’UGTT, il n’a jamais voulu casser une grève ou lever un Sit-In de force alors que les investisseurs étrangers partaient l’un après l’autre et n’a jamais voulu intervenir dans une quelconque polémique, ni  soutenir, ni enfoncer ou se désolidariser de l’un de ses ministres. A tous ceux qui le critiquaient et lui demandaient d’agir, il répondait «je sais, mais pas maintenant». Le chef de l’exécutif, parfait pour une révolution dont le but était d’abord de tout demander sans rien devoir, de renier et casser toute autorité d’un quelconque Etat qui essaierait de leur imposer un quelconque devoir.

Pendant une année et demie, Essid a tout fait pour ne rien faire, tout essayé pour ne pas déplaire, fait le dos rond, ne jamais faire de vague, laisser courir ou pourrir et attendre que ça se résolve tout seul. On vous le disait, le meilleur chef de gouvernement pour une large partie de politiciens et de citoyens, qui ne voudraient rien faire !

K.B & ML

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L’ex ministre de l’Intérieur

Le Courant démocratique par la voix de sa députée Samia Abbou a dénoncé la désignation de l’ancien directeur du Fonds Monétaire International, Dominique Strauss-Kahn, en tant que conseiller du gouvernement tunisien pour son Plan de développement 2016-2020.
Dans une interview accordée ce mercredi 4 mai à Africanmanager, Abbou a déclaré qu’on est en train de vendre le pays, accusant le gouvernement « de protéger le système mafieux tout en impliquant des étrangers dans des affaires internes, ce qui ne peut que porter atteinte à la souveraineté de la Tunisie ».
Il est à rappeler que Dominique Strauss-Kahn sera chargé de la mise en œuvre et la promotion du plan de développement quinquennal 2016-2020, d’après « Le parisien ».. Selon la même source, DSK, associé à la banque Arjil, au bureau d’ingénierie tunisien Comète et au groupe Jeune Afrique (pour la communication), a remporté il y a une semaine un appel d’offres important du gouvernement tunisien pour la mise en œuvre et la promotion du plan de développement quinquennal 2016-2020.

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L'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI)

Dominique Strauss-Kahn, l’ancien directeur du Fonds Monétaire International sera chargé de redorer l’image de la Tunisie, ainsi que d’attirer de nouveaux investisseurs, révèle le quotidien parisien « le Figaro », qui précise  que l’ancien favori à l’élection présidentielle de 2012 va devenir conseiller dans le cadre du plan de développement économique du pays, soulignant encore  qu’il  aurait en effet permis à la banque Arjil, dont il est partenaire, de remporter un appel d’offres majeur du gouvernement tunisien, la semaine passée.

Le journal rappelle que  cet appel d’offres, lancé début avril par la Tunisie, a été remporté par le consortium formé par la banque Arjil & Associés, le bureau d’ingénierie tunisien Comète et le groupe Jeune Afrique. Trois autres banques françaises étaient dans la compétition: les deux groupes Rothschild et la banque Lazard. Avoir DSK dans son équipe technique a-t-il joué en faveur du consortium? «Sûrement», répond Arjil & Associés au Figaro. «Dominique Strauss-Kahn est un partenaire: nous avons déjà eu l’occasion de travailler avec lui et le gouvernement serbe, en 2013».

Concrètement, l’objectif de ce contrat est de mettre le plan de développement économique 2016-2020 sur les rails. «Notre équipe technique sera chargée de promouvoir ce plan quinquennal, afin de mobiliser des investisseurs, nationaux et étrangers, ainsi qu’institutionnels et privés», explique la banque d’affaires. De fait, l’économie tunisienne pâtit de l’instabilité politique et de la multiplication des attaques terroristes. En 2015, la Tunisie a enregistré une croissance de 0,8%, contre 2,7%, en 2014, selon les données de la Banque mondiale. Le taux de chômage reste particulièrement élevé, à 15% de la population active, et principalement chez les jeunes.

Résidant au Maroc, Dominique Strauss Kahn dirige également Parnasse International, une société de «conseil juridique et de gestion», immatriculée à Casablanca. Difficile de savoir si cette activité est aussi lucrative que celle de Parnasse, la société qu’il avait créée en France, en 2012, et dissoute en avril 2015, pour vendre ses conseils et monétiser ses conférences. A titre indicatif, la société Parnasse avait dégagé 2,55 millions d’euros de chiffre d’affaires, en 2013.

Source le Figaro

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Le voyage du chef du gouvernement tunisien aux USA et ce qu’il y a entendu

Le voyage du chef du gouvernement tunisien aux USA et ce qu’il y a entendu, semble avoir enfin réveillé chez tout le gouvernement le sentiment de fierté qui pourrait lui être sinon salvateur du moins salutaire. Pour rappel et comme l’avait dit Mehdi Jomaa lui-même, lors de sa conférence de presse de fin de visite, le président américain, comme la Banque Mondiale ou le FMI, avaient attiré l’attention des autorités tunisiennes sur la nécessité de conjuguer leurs propres efforts avec ceux des parties qui aident encore la Tunisie dans cette période transitoire. Les USA, à titre d’exemple, avaient exceptionnellement accordé une garantie de 500 MUSD, pour la seconde fois consécutive, afin de permettre à la Tunisie de s’endetter sans trop de risques sur le marché international. Ils avaient cependant exigé que les Tunisiens comptent d’abord sur eux-mêmes.

– 27.000 voitures de fonction et 70.000 voitures de service.

Le gouvernement tunisien assure encore et rassure sur sa capacité à payer ses fonctionnaires, à temps et rubis sur l’ongle (800 MDT par mois), même s’il doit, comme il l’a déjà fait, lancer un emprunt national auprès des banques tunisiennes sous forme BTA d’une valeur de 350 MDT. Le gouvernement de Mehdi Jomaa se répand même en assurances sur sa capacité à rembourser les emprunts antérieurs, au risque de voir sa liquidité devenir tendue jusqu’à fin juillet prochain.

Des assurances, certes jusqu’à présent, sans aucune assurance de l’UGTT et de sa base, à ne plus faire grève, à ne plus empêcher le travail par les sit-in et à s’y investir pour produire plus, exporter plus et créer plus de richesses à distribuer par la suite. Des assurances, cependant, qui montrent la détermination du gouvernement Jomaa à maintenir l’économie tunisienne à flot.

Mehdi Jomaa et son équipe semblent, en tout cas, à aller plus loin, alors qu’ils s’apprêtent à lancer un grand emprunt national et peut-être à demander plus de sacrifices à la population. Nous apprenons ainsi, de sources sûres, qu’un vaste plan de compression des dépenses de fonctionnement de l’Etat est en préparation.

Sans aller jusqu’à réduire les salaires, notamment ceux des ministres, la compression devrait toucher toutes les rubriques de fonctionnement dans le budget, en frais de téléphonie, en frais de déplacement et autres comme l’électricité et autres. Par ce plan, on nous assure que le gouvernement compte faire une économie estimée à … un milliard DT sur les deux prochaines années.

Ce plan de compression des dépenses de fonctionnement devrait débuter par la suppression des voitures de fonction. Le parc automobile de l’Etat tunisien en compterait quelque 2.700. Des voitures pour les hauts fonctionnaires, des voitures en double et parfois en triple pour les ministres et secrétaires d’Etat. Cela sans compter les 70.000 voitures de service. Pour les premières, il serait question, selon nos informations, de les recenser d’abord, pour les vendre ensuite. La priorité dans cette vente sera donnée aux hauts cadres qui les utilisaient. L’Etat pourrait même leur accorder des facilités financières pour le faire. Cela devrait s’accompagner par la suppression aussi des bons d’essence. Une manne financière que la majorité des cadres n’utilisent pas en totalité. Certains en distribuent dans le cercle familial. D’autres les échangent même dans les kiosques. Pour les ministères, il ne serait gardé que le parc des voitures officielles, une pour chaque ministre et un parc très réduit à des fins protocolaires.

Le plan de compression devrait aussi toucher les 70.000 voitures de service. Il n’en serait conservé, nous dit-on, que 15.000 qui seront utilisées pour les véritables services des grandes administrations.

Ce plan devrait avoir aussi un impact direct sur les frais d’assurance, les frais d’entretien et de maintenance de ce parc pléthorique de véhicules de tous genres.

– 80.000 DT pour l’achat et l’entretien d’animaux, à la Présidence de Marzouki.

Reste à savoir si la présidence de la République suivra la présidence du gouvernement et se décide, elle aussi, à annoncer un plan de compression de son budget de fonctionnement. Ce dernier avait augmenté de plus de 5,5 MDT en une seule année. On rappelle, à ce propos, et alors qu’on parle d’un Etat endetté, que la présidence de la République de Moncef Marzouki, dépense sans compter pour la nourriture et d’autres frivolités. A titre d’exemple, 2,5 MDT pour les réceptions, 1,2 MDT pour «la bouffe», 1,8 MDT pour les bons d’essence aux voitures de la Présidence, 450.000 DT en bons d’essence pour les cadres, 30.000 DT pour… l’achat d’animaux et 50.000 DT pour l’entretien de ces animaux (!), 615.000 DT pour «les interventions sociales» et autres dépenses. Tout cela, sans compter les dépenses pour 7 palais présidentiels qui coûtent à l’Etat tunisien presque 19 MDT par an. Le budget de la présidence de la République regorge, en effet, de grosses niches de compression de dépenses, toutes aussi «futiles» les unes que les autres en cette période de vaches maigres et que le chef de l’Etat pourrait comprimer, sinon annuler, pour participer à cet effort national de compression des dépenses de fonctionnement. Reste à savoir si Moncef Marzouki fera le geste ou restera-t-il près de ses sous ?

Khaled

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Le voyage du chef du gouvernement tunisien aux USA et ce qu’il y a entendu

Le voyage du chef du gouvernement tunisien aux USA et ce qu’il y a entendu, semble avoir enfin réveillé chez tout le gouvernement le sentiment de fierté qui pourrait lui être sinon salvateur du moins salutaire. Pour rappel et comme l’avait dit Mehdi Jomaa lui-même, lors de sa conférence de presse de fin de visite, le président américain, comme la Banque Mondiale ou le FMI, avaient attiré l’attention des autorités tunisiennes sur la nécessité de conjuguer leurs propres efforts avec ceux des parties qui aident encore la Tunisie dans cette période transitoire. Les USA, à titre d’exemple, avaient exceptionnellement accordé une garantie de 500 MUSD, pour la seconde fois consécutive, afin de permettre à la Tunisie de s’endetter sans trop de risques sur le marché international. Ils avaient cependant exigé que les Tunisiens comptent d’abord sur eux-mêmes.

– 27.000 voitures de fonction et 70.000 voitures de service.

Le gouvernement tunisien assure encore et rassure sur sa capacité à payer ses fonctionnaires, à temps et rubis sur l’ongle (800 MDT par mois), même s’il doit, comme il l’a déjà fait, lancer un emprunt national auprès des banques tunisiennes sous forme BTA d’une valeur de 350 MDT. Le gouvernement de Mehdi Jomaa se répand même en assurances sur sa capacité à rembourser les emprunts antérieurs, au risque de voir sa liquidité devenir tendue jusqu’à fin juillet prochain.

Des assurances, certes jusqu’à présent, sans aucune assurance de l’UGTT et de sa base, à ne plus faire grève, à ne plus empêcher le travail par les sit-in et à s’y investir pour produire plus, exporter plus et créer plus de richesses à distribuer par la suite. Des assurances, cependant, qui montrent la détermination du gouvernement Jomaa à maintenir l’économie tunisienne à flot.

Mehdi Jomaa et son équipe semblent, en tout cas, à aller plus loin, alors qu’ils s’apprêtent à lancer un grand emprunt national et peut-être à demander plus de sacrifices à la population. Nous apprenons ainsi, de sources sûres, qu’un vaste plan de compression des dépenses de fonctionnement de l’Etat est en préparation.

Sans aller jusqu’à réduire les salaires, notamment ceux des ministres, la compression devrait toucher toutes les rubriques de fonctionnement dans le budget, en frais de téléphonie, en frais de déplacement et autres comme l’électricité et autres. Par ce plan, on nous assure que le gouvernement compte faire une économie estimée à … un milliard DT sur les deux prochaines années.

Ce plan de compression des dépenses de fonctionnement devrait débuter par la suppression des voitures de fonction. Le parc automobile de l’Etat tunisien en compterait quelque 2.700. Des voitures pour les hauts fonctionnaires, des voitures en double et parfois en triple pour les ministres et secrétaires d’Etat. Cela sans compter les 70.000 voitures de service. Pour les premières, il serait question, selon nos informations, de les recenser d’abord, pour les vendre ensuite. La priorité dans cette vente sera donnée aux hauts cadres qui les utilisaient. L’Etat pourrait même leur accorder des facilités financières pour le faire. Cela devrait s’accompagner par la suppression aussi des bons d’essence. Une manne financière que la majorité des cadres n’utilisent pas en totalité. Certains en distribuent dans le cercle familial. D’autres les échangent même dans les kiosques. Pour les ministères, il ne serait gardé que le parc des voitures officielles, une pour chaque ministre et un parc très réduit à des fins protocolaires.

Le plan de compression devrait aussi toucher les 70.000 voitures de service. Il n’en serait conservé, nous dit-on, que 15.000 qui seront utilisées pour les véritables services des grandes administrations.

Ce plan devrait avoir aussi un impact direct sur les frais d’assurance, les frais d’entretien et de maintenance de ce parc pléthorique de véhicules de tous genres.

– 80.000 DT pour l’achat et l’entretien d’animaux, à la Présidence de Marzouki.

Reste à savoir si la présidence de la République suivra la présidence du gouvernement et se décide, elle aussi, à annoncer un plan de compression de son budget de fonctionnement. Ce dernier avait augmenté de plus de 5,5 MDT en une seule année. On rappelle, à ce propos, et alors qu’on parle d’un Etat endetté, que la présidence de la République de Moncef Marzouki, dépense sans compter pour la nourriture et d’autres frivolités. A titre d’exemple, 2,5 MDT pour les réceptions, 1,2 MDT pour «la bouffe», 1,8 MDT pour les bons d’essence aux voitures de la Présidence, 450.000 DT en bons d’essence pour les cadres, 30.000 DT pour… l’achat d’animaux et 50.000 DT pour l’entretien de ces animaux (!), 615.000 DT pour «les interventions sociales» et autres dépenses. Tout cela, sans compter les dépenses pour 7 palais présidentiels qui coûtent à l’Etat tunisien presque 19 MDT par an. Le budget de la présidence de la République regorge, en effet, de grosses niches de compression de dépenses, toutes aussi «futiles» les unes que les autres en cette période de vaches maigres et que le chef de l’Etat pourrait comprimer, sinon annuler, pour participer à cet effort national de compression des dépenses de fonctionnement. Reste à savoir si Moncef Marzouki fera le geste ou restera-t-il près de ses sous ?

Khaled Boumiza

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Il y a quelques mois

Il y a quelques mois, dans l’une de ses toutes premières interviews télévisées, le chef d’un Gouvernement tunisien qui dénonçait «l’amateurisme» des médias, annonçait publiquement et avec le sourire, que son gouvernement apprenait encore à gouverner. Quelques temps auparavant, le chef de son propre parti justifiait que «on est en première année démocratie». Cela avait été, en son temps, dénoncé par quelques médias comme étant semblable au comportement d’un novice qui essayait d’apprendre le métier de coiffeur, mais sur les têtes des orphelins (traduisez, يتعلم الحجامه في روس اليتامى), car ils n’avaient personne pour les défendre. Le bilan économique de ce gouvernement n’a pas besoin de plus que ce qui en a été dit. Reste le bilan politique, et il n’en appelle pas moins force remarques.

– Une démocratie, en flagrant délit de déni.

Une année après la prise du pouvoir par la troïka à dominance nahdhaouie, alors que le gouvernement de Hammadi Jbali présentait son propre bilan, force est de constater que l’actuel gouvernement tunisien n’a pas toujours appris à gouverner un pays de presque 11 millions d’habitants.

Brusquement ouvert à la démocratie, le pays n’en connait pas encore les limites. Des limites qui existent pourtant dans des lois, mais que les gouvernants n’arrivent toujours pas à assimiler, loin des haines et des souvenirs personnels et à appliquer. Le cas le plus flagrant est celui d’Ennahdha qui refuse de dialoguer avec un autre, tout aussi légalement constitué que lui ou d’un politicien comme Mohamed Abbou qui oppose allègrement la logique révolutionnaire à la logique démocratique lorsqu’on lui parle des droits des confisquées ou ceux des Destouriens et oppose la logique de la démocratie à l’opposition lorsqu’elle lui parle de prise complète des pouvoirs par la troïka.

– Une liberté d’expression, entre trop et pas du tout.

Brusquement ouvert à la liberté d’expression, le pays n’arrive toujours pas à arrêter leur liberté dans les limites de celles des autres. Les signalétiques d’arrêt qui existent pourtant dans les lois, mais que les gouvernants n’arrivent ou ne peuvent toujours pas à faire appliquer. Brusquement ouvert aux droits politiques et civils, le pays n’arrive toujours à les assimiler. Les cas les plus flagrants sont ceux du très grand nombre de grèves illégales, toujours payées, jamais réprimées, des sit-ins qui deviennent, révolutionnairement, un droit inaliénable alors qu’ils n’a jamais existé dans aucune loi. A contrario, c’est la liberté d’expression qui dénigrée, insultée, menacée, non reconnue ou détournée. Du Ben Ali tout craché.

– Une gouvernance, tout aussi despote que celle de Ben Ali.

Ayant vécu, presqu’un demi siècle sous le despotisme puis le népotisme de deux présidents où l’Etat était leur propre bien, le pays n’arrive toujours pas déterminer les limites entre bonne et mauvaise gouvernance, allant jusqu’à transplanter les défauts du despote dans les habits de l’apôtre, au nom de la légitimité carcérale et de la légitimité électorale. Les ressemblances entre ancien despote et nouveau gouvernant, deviennent alors surprenantes. Cela, d’autant plus que ces ressemblances se confirment, mois après moi, ramenant la Tunisie vers les sentiers battus du RCD, de ses pratiques de financement avec le nombre d’hommes d’affaires désormais recrutés par Ennahdha, de ses velléités hégémonistes lorsqu’Ennahdha refuse tout dialogue avec ceux qui ne sont pas de son avis, et enfin de ses pratiques d’exclusion lorsque le RCD excluait de la vie politique tous ceux qui ne font pas allégeance à Ben Ali, son chef.

– Une justice, tout aussi injuste ou absente qu’avant.

Ayant vécu, presqu’un demi siècle sous des régimes injustes, le pays n’arrive toujours pas à rétablir la justice et à rendre la justice de manière juste et faire la différence entre ce qui est juste et ce qui l’est moins. Le cas le plus flagrant pour une Révolution, dite de la dignité, est celui de la confiscation où les raisons d’un Etat, dominé par Ennahdha et l’ancien parti de Moncef Marzouki qui étaient les ennemis personnels de Ben Ali, deviennent la seule raison d’exister d’un Etat. On ne reviendra pas sur les dizaines d’emprisonnés qui attendent toujours que la justice passe, les dizaines d’interdits de voyage qui attendent toujours que les accusations se matérialisent et enfin les centaines de morts et de blessés qui attendent toujours que la justice finisse d’enquêter et de les entendre pour se prononcer.

– … Et les gaffes qui n’en finissent pas d’éclabousser des apprentis sorciers!

Il y a quelques semaines, le ministre de l’Investissement, Riadh Bettaieb nous annonçait fièrement, en marge d’une rencontre où nous évoquions l’incompétence du gouvernement à trouver les bonnes solutions à la Tunisie qu’il dirige, que «la compétence a changé de camp». Une année après le 23 octobre 2011, ce ne semble pas encore être le cas. Tout au long d’une année, en effet, les bourdes et les gaffes s’étaient accumulées, parfois de manière ridicule.

La dernière est la prestation du ministre des Domaines de l’Etat, Salim Ben Hamidane lorsqu’il annonce puiser ses informations sur Facebook pour essayer de porter atteinte à Mohsen Marzouk. Il s’apercevra amèrement que ses «informations » étaient fausses, celles selon lesquelles il a participé à l’organisation des élections présidentielles de ben Ali. Avant, il y avait sa piètre prestation concernant les revenus de la confiscation.

Les gaffes, c’est le chef du Gouvernement qui les fera en premier, lorsqu’il se prend à Sousse pour le prochain «Calife des croyants », lorsqu’il crie au complot et accuse les habitants du Sahel dont il fait partie, lorsqu’il se dispute avec son chef d’Etat à propos de Baghdadi Mahmoudi, lorsqu’il essaie de l’amadouer par le renvoi du Gouverneur de la BCT, lorsqu’il lance une campagne qui ne s’arrête pas contre les médias. Ses déclarations, répétées et jamais confirmées, sur la date des prochaines élections, n’en sont pas moins maladroites et gaffeuses.

La palme des gaffeurs reviendra certainement au ministre conseiller Lotfi Zitoun. On n’oubliera pas les frasques du président provisoire Moncef Marzouki dont sa fameuse réplique de «bonté divine ou encore sa déclaration au congrès d’Ennahdha. Mais le Roi des gaffes et des bourdes, restera Rached Ghannouchi. Les dernières séquences vidéo avec les salafistes, l’obligeront à parcourir les plateaux TV, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Tunisie, pour s’excuser en expliquant ce qu’il ne semblait pas vouloir réellement dire.

Fin 1940, Walt Disney Production lançait le court métrage d’animation «l’apprenti sorcier». Cela racontait les mésaventures de Mickey qui, incapable de faire le travail domestique, essaie de se faire aider par la sorcellerie pour exécuter ce travail et se retrouve dans une maison inondée et à la dérive. 71 années plus tard, en octobre 2011, Ennahdha prenait le pouvoir en Tunisie et croyait pouvoir diriger un pays avec d’anciens prisonniers, certains devenus hommes d’affaires. Elle prenait ses promesses pour des baguettes magiques, comme d’autres prendraient des vessies pour des lanternes. La sorcellerie religieuse ne semble pourtant pas encore marcher, mais les apprentis sorciers refusent toujours de l’admettre !

Khaled Boumiza

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

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Dans une interview exclusive avec Africanmanager ce mercredi 18 janvier, le porte-parole de la Direction générale des prisons et de la rééducation, Kaïs Soltani,...

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