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Il ne fait nul doute que l’un des défis des deux derniers gouvernements de l’après Ben Ali, reste l’instabilité sociale qui a caractérisé les six dernières années. Or, derrière toutes les grèves, légales et illégales, il y a toujours l’unique (par absence de volonté politique d’instaurer le pluralisme syndical et maintenir le syndicat unique comme un vestige de l’époque du parti unique) centrale syndicale qui a même réussi le tour de passe-passe d’éliminer la protection du droit au travail de la Constitution en face d’un droit, complètement débridé, de la grève dans la même Loi fondamentale, présentée comme «la meilleure du monde».

Aidée par une déliquescence programmée de l’autorité de l’Etat, une faiblesse attendue des gouvernements de l’après Ben Ali et l’impuissance des partis politiques qui a abouti au processus du dialogue national, l’UGTT a muté de partenaire social et économique à partie prenante, directe et incontournable, de toute la vie politique. Le pouvoir lui montant à la tête, l’omnipotente UGTT tend même à devenir un puissant lobby qui a la prétention, et le dit, de faire et défaire les gouvernements et demander carrément la tête de tel ou tel ministre par solidarité avec l’un des membres de sa base. Une base par ailleurs que la Centrale n’a jamais pu, à moins que ce ne soit du simple cinéma, maîtriser.

Force est d’avouer que, jamais les ouvriers tunisiens n’ont pu réaliser autant de bénéfices qu’avec l’UGTT de la période 2011 à 2015. Et qui plus est, sans faire presque bouger les ratios du travail. En tout cas, pas autant que le volume des salaires, passé d’un peu plus de 6 Milliards DT à presque 14 Milliards DT en l’espace de 5 années seulement.

En face et à titre d’exemple, «sur un an, la production industrielle du mois de novembre 2016 a enregistré une baisse de 1,5%. Cette baisse est due essentiellement à la régression de la production dans le secteur de l’industrie manufacturière(-2,4%) suite à la baisse observée dans les secteurs de raffinage de pétrole (-66,2%), de l’industrie textile habillement et cuir(-3,0%),de l’industrie chimique (-3,8%) et de l’industrie du caoutchouc et des plastiques (-7,8%). La production du secteur de l’industrie de l’extraction de produits énergétiques a enregistré aussi une baisse   de 1,0%», selon les derniers chiffres de l’INS. Ni le gouvernement de Habib Essid, ni celui de Youssef Chahed, encore moins tous ceux de la Troïka, n’ont pu remettre le pays au travail pour égaliser la balance «salaire-production». Grand bien leur fasse, même si dans ce déséquilibre, toute la Tunisie est perdante !

Or, depuis qu’elle est devenue le pivot de toute la scène, politique notamment, et sociale aussi en face d’une Gauche locale faiblarde et n’ayant pas pu traduire ses thèses en une politique économique structurée, la centrale syndicale unique se comporte comme l’ancien parti unique.

Dans son collimateur, les médias de la part desquels, elle n’accepte plus aucune critique. Désormais pour l’UGTT, critiquer équivaut à insulter, opposer une logique économique à ses thèses socialisantes équivaut à attaquer le syndicat et le syndicalisme, critiquer un droit de grève qui met en péril le droit du citoyen à un service public, continu et de qualité, équivaut à remettre en cause un droit constitutionnel sans aucune limite. S’y hasarder, c’est s’attirer les foudres de ses services de communication.

Ce sont alors des pressions sur l’employeur du journaliste, et c’est aussi le boycott du média «déviant». Les exemples, comme pour certains journalistes de la radio publique, sont nombreux. Résister aux pressions, cela s’appelle chez l’UGTT, «s’acharner à insulter l’UGTT» de leur point de vue.

Les réseaux sociaux échappant à tout contrôle et les membres du syndicat unique se considérant au-dessus des lois, ce sont alors insultes et menaces. Dans cet instantané du compte fb du porte-parole de l’UGTT, ce dernier traite un journaliste de la radio de «mercenaire» et demande qu’on l’arrête de «insulter l’UGTT», dans un déni pur et simple de la liberté d’expression et la liberté d’opinion. Réagissant aux insultes de son compère, un ancien SG adjoint de la même UGTT, menace carrément d’aller «infliger une correction» au journaliste en question, pour crime de lèse-majesté.

Venant du porte-parole, ces insultes engagent ainsi toute l’UGTT qui se déchaîne ce faisant contre un journaliste de la radio et partant contre les médias et la presse qui ne lui seraient pas acquis ! S’en excusera-t-elle ? Nous ne le croyons pas !

C’est cela désormais aussi, à côté de la défense aveugle des intérêts de l’ouvrier, l’UGTT. Oser la critiquer, c’est aussi désormais prendre le risque de se faire, impunément, insulter. Le risque de voir votre employeur, ou toute autre organisation professionnelle, prendre votre défense, est nul. Ils auront trop peur, au moins, de voir se fomenter une grève chez eux et même de se voir éjecter. La centrale syndicale a le bras long. Gouvernement et patronat «composent» avec l’ogre. Et s’ils n’ont pas peur, ils ménagent au moins le puissant syndicat unique. Mais n’est-ce pas cela le quotidien de tout journaliste ? Il se doit toujours d’avoir présent dans la tête cet adage du train qui passe !

 

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Autant l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a applaudi, samedi, le discours de Youssef Chahed, qui a su, selon elle, respecter les grandes lignes du document de Carthage, autant elle a refusé que le peuple soit tenu pour responsable de l’échec des politiques publiques dont il a été victime depuis des décennies.
Dans un communiqué publié à l’issue du vote de confiance accordé par l’assemblée des représentants du peuple (ARP) au gouvernement d’union nationale,l’UGTT a souligné que les charges des politiques publiques doivent être partagées, précisant que  » les salariés ne peuvent aucunement être tenus pour responsables de l’échec des gouvernements précédents. »
Elle a, dans ce contexte, fait savoir que certaines crises à l’instar de celle du phosphate sont orchestrées par des lobbies corrompus qui doivent impérativement faire l’objet d’une lutte, mettant en garde contre le risque de porter atteinte aux établissements et institutions publics.
La centrale syndicale a, par ailleurs, estimé que le nouveau gouvernement comporte à la fois des noms qui font l’unanimité en matière de compétence et d’autres qui n’ont aucun lien avec la spécificité de l’étape actuelle.
Ces noms, a-t-elle ajouté, ont été désignés pour servir des intérêts partisans, ce qui pourrait, selon elle, « compromettre la mise en œuvre du document de Carthage ».
L’UGTT a, par ailleurs, réitéré son engagement à respecter uniquement le programme prévu par le document de Carthage, faisant savoir que la prestation du nouveau gouvernement sera jugée à l’aune des priorités inscrites dans ce document.
Vendredi, le chef du gouvernement avait souligné dans un discours prononcé devant les élus du peuple, qu’il était de son devoir de dire au peuple la vérité, toute la vérité sur la situation difficile prévalant dans le pays depuis les cinq dernières années, marquées par la hausse du taux de chômage et la marginalisation incessante de plusieurs régions, quartiers populaires et catégories démunies.
Il avait indiqué, par ailleurs, que la situation actuelle exigeait de prendre un train de mesures urgentes, d’adopter une politique d’austérité, de réduire les dépenses de l’Etat et de licencier des milliers de fonctionnaires.

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Les deux  dirigeants du Front populaire Mongi_rahoui_et  zied_lakhdar ont reçu des menaces de mort et le ministère de l'Intérieur est au courant

Le député de l’opposition Front Populaire, Mongi Rahoui a déclaré ce mercredi 4 mai 2016, que le gouvernement est le premier responsable des troubles qui ont éclaté à Kerkennah depuis deux semaines.

« Le gouvernement n’a pas assumé son rôle et failli à trouver des solutions à la crise que a secoué cette région. Plusieurs responsables en place étaient au courant de cette question, mais, rien n’a été fait », a affirmé le député dans une déclaration accordée à Africanmanager.

Rahoui a par ailleurs demandé au chef du gouvernement, Habib Essid d’être présent à l’ARP aux fins de l’examen de cette question et de l’identification des responsables des derniers incidents qui ont eu lieu à Kerkennah.

La précision de Mongi Rahoui vient en réponse aux accusations adressées par le chef du gouvernement Habib Essid.

lors d’une interview accordée à Radio Kalima, Essid a indiqué que les autorités sécuritaires détiennent des données prouvant l’implication du Front Populaire et Hizb Tahrir dans les troubles qui ont secoué récemment l’île de Kerkennah.

Le chef du gouvernement a dans le meme contexte ajouté que des dossiers relatifs à ces évènements seront présentés à la justice soulignant que le coordinateur local de Nidaa Tounes qui a été arrêté n’est pas impliqué dans ces évènements.

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