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Certes l’Iran est officiellement sorti de la liste noire de la communauté internationale il y a neuf mois, date de l’application de l’accord nucléaire avec les grandes puissances et de la levée d’une grosse part des lourdes sanctions internationales, mais l’économie iranienne n’est pas sortie de l’auberge pour autant. Et pour cause : Les grandes banques étrangères, notamment européennes, qui sont décisives pour réoxygéner l’économie du pays, trainent encore des pieds pour faire des affaires avec Téhéran par crainte des foudres américaines

« Pour l’instant, des petites banques européennes ont accepté de travailler avec nous », a confié à l’AFP Parviz Aghili, PDG de la banque privée Khavarmianeh (Middle East Bank). Il a évoqué quatre banques italiennes, deux autrichiennes, trois suisses, trois allemandes et deux belges, sans dire leurs noms. « Mais aucune banque étrangère moyenne ou grande n’a encore accepté de le faire », ajoute-t-il.

Parmi ces institutions figurent les banques autrichiennes Raiffeisen Bank et Erste Bank, les italiennes Mediobanca et Banco popolare (Italie), les allemandes EIH, KFW bank et AKA bank, les banques belge KBC et néerlandaise ING ainsi que la turque Halk, indique un expert bancaire.

Elles « ont établi des relations de travail avec les banques iraniennes pour l’ouverture de lettres de crédit pour des montants assez faibles de 10, 20 ou 50 millions de dollars (…). Mais elles n’ont pas les ressources pour financer de grands projets comme le contrat pour l’achat des 118 avions Airbus et une centaine de Boeing ou les projets de développement pétrolier ou gazier », a précise à l’AFP cet expert.

Le président Hassan Rohani a déclaré que pour retaper son outil industriel et donner un coup de fouet à l’économie iranienne, il faut 30 à 50 milliards de dollars d’investissements étrangers chaque année. Mais si les grandes institutions bancaires internationales ne coopèrent pas, Téhéran ne pourra jamais réaliser ses ambitions.

Washington continue d’étouffer Téhéran

« Le principal obstacle pour les relations bancaires est le Trésor américain qui fait pression sur tous les pays, empêche les relations bancaires et la levée des sanctions », a récemment confié Allaeddine Boroujerdi, président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement iranien. Par exemple l’Office pour le contrôle des avoirs étrangers (OFAC), relevant du Trésor américain, n’a toujours pas donné son feu vert pour la vente d’Airbus et de Boeing à l’Iran.

« Les banques doivent prendre en considération les sociétés et les personnes impliquées dans toute transaction en raison des sanctions des Nations unies, des Etats-Unis et de l’Union européenne toujours en vigueur », a dit à l’AFP Henry Smith, analyste de l’Iran auprès du cabinet de conseil Control Risks.

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