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Hamadi Jbali, Moncef Marzouki, Mustapha Ben Jaafar, gouvernement, Tunisie

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A quelques heures de l’annonce du 3<sup>ème</sup> gouvernement de transition et après que le chef du gouvernement pressenti a finalement démenti la liste des 51 membres de gouvernement

A quelques heures de l’annonce du 3ème gouvernement de transition et après que le chef du gouvernement pressenti a finalement démenti la liste des 51 membres de gouvernement, la Tunisie politique présente au monde un piteux visage.

Toute la presse tunisienne était d’accord, depuis l’annonce officielle et définitive des résultats des élections du 23 octobre 2011, que la troïka passait son temps à s’étriper pour le partage des sièges des différents pouvoirs à mettre en place. S’étant mis d’accord sur trois premiers postes, Hamadi Jbali, Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaafar s’étaient toujours évertués à nier cet accord et à tenir, en chœur, un discours unioniste et rassurant. L’union n’était cependant que de façade. La preuve en a été clairement administrée lors de la première «fuite organisée» de la liste du nouveau gouvernement à mettre en place, en principe pour une année. Disputes et démissions ont ainsi secoué, en moins de 24 heures, les deux colistiers d’Ennahdha dans la coalition qui devrait gouverner la Tunisie. Les membres du CPR de Marzouki parlent ainsi de renversements et se déchirent publiquement sur les chaînes TV et par presse et radio interposées qui en font leurs choux gras. Le tableau n’était pas, samedi dernier, plus reluisant chez Ettakattol de Ben Jaafar. S’étant déjà assurés chacun un haut poste, les deux présidents gardaient, ce dimanche, le silence à propos de ces chamailleries et s’en allaient célébrer une victoire à laquelle ils n’avaient directement jamais contribué. Chez les deux partis, ces guerres internes subites sentaient clairement les disputes pour le partage des sièges du futur gouvernement. La presse locale et certains membres des bureaux dirigeants des deux partis en question, CPR et Ettakattol, finissaient par dévoiler, samedi dernier, les véritables causes de ces déchirements qui font imploser publiquement les 2 principaux partis de la coalition et qui n’est autre que le partage du gâteau des sièges gouvernementaux. Ennahdha, qui se limite à démentir la liste des 51 et en fixe désormais le nombre à 26, observe en silence sa coalition s’effriter. Dimanche, au moins sur les pages du sérieux journal « Le Maghreb », une partie du reste des partis de la Constituante crève l’abcès et critique vertement la liste des 51 ministres, secrétaires d’Etat et autres conseillers. Que faut-il retenir de tout cela ? Deux certitudes et une supposition :

          Le politique d’abord.

Les politiciens au pouvoir n’entendent pas, pour l’instant, tous les avertissements sonores sur le caractère extrêmement détérioré de la situation économique du pays dont ils viennent de mettre  tous les pouvoirs entre les seules mains d’Ennahdha. La priorité semble, à leurs yeux, ailleurs. Les uns se rendent comptent qu’ils se sont fait truffer par les uns et les autres cherchent à colmater les brèches dans la coalition qu’il serait désormais difficile de refaire, tant nombre de leurs cartes sont désormais découvertes.

          Une année ? Tu rêves !

 Techniquement, tenir la promesse d’une année de gouvernement sera impossible à tenir. D’ici au jour où le budget et la loi de finances ou simplement le programme économique du nouveau gouvernement sera voté par la Constituante, il ne pourra pas se passer moins d’un mois, sinon plus, si tout se déroule très vite et dans la concorde. Il faudra compter avec le rôle d’opposition que se trouveront désormais obligés de jouer les autres  partis de la Constituante, rien que pour défendre publiquement les promesses faites à leurs propres électeurs. Des promesses qui seront en contradiction avec la rigueur dont sera obligé de faire preuve le gouvernement de la troïka. A tout cela s’ajouteront certainement les mouvements sociaux avec certains syndicats qui n’acceptent déjà pas l’idée de la trêve lancée par le président Marzouki. Il faudra compter aussi avec les discussions qui n’en finiront certainement pas, autour de la prochaine Constitution dont les partis de l’opposition ont déjà eu un avant-goût amer lors de la discussion de la mini-constitution.

          Et si tout cela était déjà scénarisé ?

Fins politiciens, endurcis par les années d’activité secrète et fortement revanchards vis-à-vis  toute la classe politique tunisienne qui ne les a jamais ouvertement soutenus, les politiciens d’Ennahdha font fortement soupçonner que tout ce qui se passe depuis le 23 octobre 2011, est  déjà scénarisé. Ennahdha n’avait-il pas déjà assez scénarisé sa prise de pouvoir ?

Son double langage et les excès de certains de ses membres, dans des déclarations publiques, le poursuivent toujours et cela jette déjà une ombre sur son refus d’inscrire la durée du mandat de la Constituante dans la mini-Constitution. On se demande alors si Ennahdha n’essaie pas simplement, par tout ce qui se passe actuellement sur la scène politique tunisienne, à gagner du temps, à faire durer «l’agitation» politicienne et politique, pour se donner le temps de se préparer aux prochaines élections et en premier lieu, les municipales qu’Ennahdha garde toujours dans la manche et qu’elle prépare certainement par la dissolution de l’ISIE (Instance Supérieure Indépendante pour les Elections). Wait and See !

Khaled Boumiza

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