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Hamadi Jbali, Tunisie

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Hamadi Jbali

Hamadi Jbali, chef du gouvernement a annoncé, lundi, à l’ouverture d’une rencontre du conseil d’affaires arabe à Istanbul, en Turquie, la création, très prochainement, d’une structure spécialisée dont la mission sera la facilitation de la tâche des investisseurs étrangers, qui projettent de créer des projets en Tunisie.

Cette structure constituée d’experts des secteurs public et privé, servira, d’après le chef du gouvernement, de banque de données sur les opportunités d’affaires dans le pays.

Cette rencontre organisée à la veille de l’ouverture du forum économique mondial (devant se tenir les 5 et 6 juin à Istanbul), a permis à des responsables de holdings et de banques arabes ainsi qu’à des représentants de gouvernements et d’académiciens, de discuter du « rôle des grands employeurs dans la création d’emplois pour les jeunes » et de débattre des nouvelles compétences dans le monde arabe et de l’adaptation des qualifications aux marché de l’emploi.

Le chef du gouvernement a lancé un appel aux hommes d’affaires présents à ce meeting, pour qu’ils investissent en Tunisie, indiquant que les circonstances exceptionnelles par lesquelles passent les pays arabes, nécessitent une action concertée mais aussi, une assistance de la communauté internationale pour garantir un meilleur avenir aux populations de la région.

A l’adresse des milieux d’affaires arabes, le chef du gouvernement a déclaré que le gouvernement prévoit de consolider les bases de la concurrence loyale, à travers la révision du code d’incitation à l’investissement dans le sens d’un meilleur partage des risques entre les partenaires, dans le cadre de la transparence et du respect des principes de la bonne gouvernance, s’engageant à initier des réformes en Tunisie dans 13 secteurs dont notamment les banques et les marchés publics.

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Après le complot interne de ceux qui voulaient descendre le Gouvernement Jbali

Après le complot interne de ceux qui voulaient descendre le Gouvernement Jbali, en avril dernier, voici peut-être le complot des agences de notation contre le Gouvernement Jbali, 2 mois plus tard.

«Ils ont visité la Tunisie, en 2011, et dégradé la note d’un cran, en avril dernier. Ils devraient, en principe, voir ce qui a été réalisé pendant les quatre derniers mois de 2012. S’ils veulent nous juger sur les résultats de 2011, ce n’est pas raisonnable », s’offusquait Hamadi Jbali. Et le chef du Gouvernement tunisien de partir en vrille, sur la diabolisation des agences internationales de notation qu’il appelait même «des associations», en essayant de les criminaliser et au moins de les culpabiliser. «Ces agences étaient contentes de la situation, en 2010, sous Ben Ali et le notait  BBB+. Elles décernent de bonnes notes à la tyrannie et de mauvaises notes à la révolution. Elles condamnent la démocratie ».

 

Pour toute défense, le chef du Gouvernement tunisien présente, fièrement, une copie du dernier rapport de l’INS sur l’évolution de la croissance de l’économie tunisienne, au cours du dernier trimestre 2012. «S’ils veulent nous juger sur 2012, les résultats sont clairs et je ne sais pas s’ils ont vu les chiffres de l’INS. Vous voyez que, pour la première fois, la croissance a été de 4,8 %, ce qui n’a pas été réalisé même au cours du premier trimestre de Ben Ali en 2010 qui a fait 4,6 %. Tous les ratios ont grimpé positivement. Je n’accuse personne, mais je voudrais juste savoir comment ils ont fait », s’exclamait, visiblement indigné, Hammadi Jbali. Notons-le tout de suite, cette prétendue croissance, était … en glissement annuel, comme on ne le voit pas clairement sur l’écran et comme le chef du Gouvernement tunisien  ne le dit pas, et à prix constants, ceux de 2011. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le glissement veut dire une comparaison d’un trimestre 2012 par rapport au même de 2011. A prix constants, cela veut dire que la comparaison n’a pas tenu compte du glissement des prix et ceux-ci ont beaucoup changé d’une période à l’autre.

 

Il était, pourtant, tout aussi visible que l’indignation du chef du Gouvernement -mais peut-être l’a-t-on trompé lui aussi-, que cette croissance a été mesurée par rapport aux chiffres des comptes provisoires du premier trimestre 2011, «car nous n’avons toujours pas les comptes définitifs de l’exercice 2011 », nous indiquent, au téléphone, deux économistes et statisticiens à l’INS. La comparaison avec une année 2011 et plus précisément un premier trimestre de l’année de la Révolution, où toute, pratiquement toute l’économie était à l’arrêt. Mais soyons plus pragmatiques, en opposant les chiffres aux chiffres.

L’un des ratios les plus importants dans la définition du taux de croissance, reste l’IPI (Indice de la production industrielle). Selon le même INS dont brandissait Jbali le communiqué, l’IPI avait terminé le premier trimestre de 2011, en berne de 9,3 %. L’indice des industries manufacturières était, à cette date, de -7,4 %, celui des mines de -60,5 % et celui de l’énergie de -10,7 %.

Même si elle devait se faire ainsi, la comparaison à prix constants ne signale pas que le glissement de l’indice général des prix, entre le premier trimestre 2011 et la même période de 2012, était de 8 %. La comparaison ne pouvait pas non plus tenir compte de l’évolution de 7,6 % de l’indice des prix industriels à la vente, par rapport à 2011.

Il est important de rappeler aussi que, pendant le 1er trimestre de l’année de comparaison, 2011, l’appareil de production était quasiment à, l’arrêt et le tourisme était pratiquement à genoux. L’INS écrivait alors, dans sa note conjoncturelle, que «les échanges extérieurs ont nettement marqué le coup en 2011. Le premier trimestre a ainsi  été entaché d’une panne d’activité  et une chute brutale des échanges  qui a été suivie par un rebond de rattrapage au deuxième trimestre. Le second semestre a, lui, été imprégné par la demande provenant des partenaires européens de la Tunisie,  les exportations offshore accusant deux trimestres de baisses consécutives de -2% et -4,5%».

Réaliser donc de la croissance, à partir d’un profond négatif, s’appellerait-il de la croissance ? Cette croissance a-t-elle réellement créé de l’emploi, comme le devrait toute croissance du PIB (Produit Intérieur Brut) ? Si cela avait été fait, la Tunisie aurait eu moins que les 800 mille chômeurs et le Gouvernement n’aurait certainement pas hésité à s’en gargariser !

«Je n’ai aucun différend personnel avec Mustapha Kamel Nabli … mais tout est possible »

Il est, à ce stade, important, comme nous y autorise d’ailleurs notre rôle de média, de rappeler le chef du Gouvernement à l’ordre et lui faire remarquer que le document brandi, lors de l’interview, relèverait presque de la désinformation et de l’intox, lorsqu’il est présenté sans les explications nécessaires qui devraient l’accompagner. Son gouvernement a certes réussi à endiguer la détérioration des conditions économiques de la Tunisie, mais il reste loin de les avoir rétablies dans celles de 2010 où elles réalisaient une moyenne annuelle de 3,5 % de croissance et encore moins de les avoir portées vers des niveaux supérieurs à ceux des années d’avant  la Révolution en ce que ces années avaient en stabilité politique et sociales. Qu’elles soient réelles ou fictives, là n’est pas le sujet.

Dans un petit moment de lucidité politique, Hammadi Jbali l’a reconnu, lorsqu’il disait en réaction à la dégradation de la note souveraine tunisienne, que «ce qu’ils ont présenté comporte une large part de vérité et de réalité. Il y a d’énormes lacunes». Il ne peut cependant pas s’empêcher d’égratigner au passage un secteur, celui des banques, qui refuse toujours de se mettre sous sa houlette, en ajoutant que «les lacunes les plus importantes résident  dans  le système bancaire tunisien, le problème des dettes du secteur touristique, la question de la dette, à côté de la situation sécuritaire, la question politique et la situation économique. Ils ont raison sur les volets de la politique, de la situation sociale et sécuritaire».

L’interview a aussi été l’occasion de percevoir le froid dans les relations entre le chef du Gouvernement et le Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT). «Il y a eu une tempête à propos de l’indépendance de la BCT, bien qu’il y ait différentes vues à propos de cette indépendance. On ne peut pas faire ce que l’on veut en temps de crise, sans nous concerter. Le changement reste une question constitutionnelle ». Et Jbali d’indiquer que «j’ai rencontré le Gouverneur et je lui ai dit que je n’ai pas de problème personnel avec vous, mais nous devons faire notre évaluation, et si on doit se quitter, on le fera suivant les règles de la Constitution». Le chef du Gouvernement tunisien qui insistera pour ne pas commenter le prix du meilleur Gouverneur africain obtenu par Mustapha Kamel Nabli, ajoute que «rien ne s’est jusqu’ici passé ». Il tint cependant à jeter la pierre dans la mare et un voile d’incertitude, en finissant par dire que «tout est possible ».

Khaled Boumiza

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La semaine dernière

La semaine dernière, à sa sortie du séminaire sur la lutte contre la corruption, le chef du Gouvernement provisoire tunisien, Hamadi Jbali, annonçait devant les journalistes que «la mission de mon gouvernement prendra fin le printemps prochain». L’information, même aussi imprécise, car le printemps dure 3 mois, était presque passée inaperçue. Elle précise pourtant sa déclaration précédente, au siège de l’Union Européenne à Bruxelles, que «les prochaines élections tunisiennes se dérouleront dans un délai de 18 mois». Il faut tenir compte, pour plus de précision, de cette autre déclaration de son conseiller politique, Lotfi Zitoun, que «les premières élections législatives de l’ère post-Ben Ali devraient se tenir en mars 2013».

Le mérite de la déclaration de Lotfi Zitoun à l’agence de presse Reuters, c’est d’avoir évoqué ce que toute la Tunisie politique attend, la feuille de route pour cette prochaine année (mars 2012-mars 2013). «Il existe un accord entre les partis de la troïka au pouvoir pour établir une feuille de route (pour des élections) afin de rassurer l’opinion publique ainsi que les investisseurs nationaux et étrangers », a ainsi indiqué Zitoun dont les déclarations ne suscitent pas pour une fois l’indignation de l’opinion publique tunisienne.

– Avant d’aller plus loin, il est bon de se poser la question sur le timing de cette nouvelle annonce, même si elle est bicéphale.

Elle intervenait, en effet, après des mois, durant lesquels toute la classe politique attendait que la troïka au pouvoir tienne sa parole donnée de ne rester qu’une année, le temps de préparer la nouvelle Constitution et d’organiser les prochaines élections. Une année où les indices d’une volonté non déclarée de prolonger la transition, se sont amoncelés. D’abord le gel de l’ISIE et le «traîner-le-pied » pour mettre sur pied une nouvelle instance des élections. Ensuite, le lâcher du pétard du complot contre le gouvernement Jbali. Enfin, l’extension à volonté du délai de mise au point de la nouvelle Constitution, jusqu’à en oublier presque les demandes urgentes de la Révolution qui avait fait arriver Jbali et toute Ennahdha au pouvoir et au gouvernement, même si c’était au détour d’un complot constitutionnel. Alors que s’achève la période de grâce de 3 mois, le gouvernement de Hammadi Jbali, peine encore à commencer son vrai travail de gouvernement et ne réussit qu’à allumer des brasiers sur plus d’un front. Les plus importants ont été ceux des médias, de l’UGTT et la division idéologique du pays entre laïques et religieux.

Elle intervenait aussi, presqu’au même moment que la tenue du meeting de Béji Caïed Essebssi à Monastir. Une réunion, à l’origine de laquelle se trouvait une initiative qui a fortement perturbé tous les plans d’Ennahdha. On en veut pour preuve les attaques répétées dont avait été l’objet l’initiative de l’ancien Premier ministre et même sa personne, par les plaintes déposées contre lui, alors qu’il n’en avait jamais été question, ni pendant son ministère transitoire, ni avant lorsqu’il fallait choisir un successeur au gouvernement de Mohamed Ghannouchi. Une initiative dont le but avoué était d’unifier le front de l’opposition qu’Ennahdha était arrivée à maintenir dans la division face aux choix que ce parti islamiste tentait d’imposer par tous les moyens.

– Il faut, enfin, tirer les conclusions de toutes ces déclarations du cabinet Jbali.

. La première de ces conclusions, est que la seconde période de transition se terminera, en mars 2013. Les dissensions partisanes, tant au sein de la troïka gouvernante qu’au sein de l’opposition, les ambigüités de gouvernance entre chef du Gouvernement et chef de l’Etat, les débordements devenus ingérables des ailes dures du mouvement religieux en Tunisie [Les Salafistes avec l’apogée de l’affaire du drapeau] et la multitude de gaffes commises, auraient ainsi fini par convaincre l’équipe dirigeante de mettre la clé sous la porte, d’une manière décente, sans risquer de perdre la face. Cela ne pouvait se faire qu’à travers le respect de la parole donnée dont Ennahdha peut tirer politiquement profit.

. La seconde de ces conclusions, est que le gouvernement Jbali a fini par avouer son propre échec à relever économiquement un pays mis à sac et mis à genoux par une population dont il n’a pas pu soigner les blessures d’un demi siècle entier.

. La dernière et non des moindres, est que la Révolution tunisienne a su rester assez vivace pour imposer ses propres choix, même aux vainqueurs. La pression exercée sur le parti au pouvoir et son gouvernement, par l’opposition, par la société civile dans toute sa diversité et même par les part dits de 0, %, a enfin réussi à modifier l’orientation prise par le nouveau pouvoir en place. Tout cela, à travers ses manifestations, ses communiqués, la résistance des médias et son refus du retour aux anciens réflexes.

– Il faut attendre le contenu de la feuille de route.

La Tunisie de l’après Ben Ali a ainsi gagné sa feuille de route pour la période de l’après Ennahdha.

Nul ne doute que le parti islamiste n’a jamais été à l’origine de la Révolution et qu’il en a seulement tranquillement cueilli les fruits. Plus rudement, on dira que c’était le premier à enfourcher la Révolution pour essayer d’en dessiner les perspectives. Il n’y a pas, jusqu’ici, réussi.

Selon les informations dont semble disposer le quotidien Al Maghreb, la nouvelle feuille de route, actuellement en discussion entre les partis de la troïka et d’autres n’y appartenant pas, et qui pourrait être annoncée dans les prochains jours, comprendrait 3 axes :

1) Une Constitution dont l’écriture se terminera avant la fin de l’année en cours et probablement adoptée, le 23 octobre prochain, pour la symbolique de la date.

2) Une Constitution qui sera consensuelle et évitera les sujets qui fâchent et qui pourraient être l’objet de gros différends comme pour le cas de la Chariâ.

3) Des élections législatives et présidentielles qui pourraient se tenir, le 20 mars 2013, toujours pour la symbolique de la date du 20 mars liée à l’Indépendance.

Même si tout cela reste encore du domaine des informations de presse, cette feuille de route semble indiquer au mois deux choses. La première est que l’accord paraît enfin être trouvé sur le maintien en l’état de l’article premier de la Constitution de 1956, évitant ainsi les différends et les tergiversations sur l’introduction de la Chariâ. Ceci avait été clair, dans différentes déclarations de différents seconds couteaux d’Ennahdha, le parti islamiste au pouvoir en Tunisie. La seconde est que le consensus politique semble être réalisé autour du type de régime politique à mettre en place pour la Tunisie de l’après Ben Ali : un régime présidentiel amélioré.

Si tout cela est vrai, si le gouvernement Jbali ne se dérobe pas et qu’il ne retombe pas encore dans le double langage de son parti, les préparatifs aux prochaines élections ne devraient pas tarder. Le premier indicateur devrait en être une annonce officielle qui redonnerait vie à l’ISIE dont l’expérience en matière d’organisation et de garantie de transparence n’est plus à démontrer. Donc, wait and see !

Khaled Boumiza

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Hamadi Jbali a assuré qu'il formerait son équipe «le plus vite possible

Hamadi Jbali a assuré qu’il formerait son équipe «le plus vite possible, afin qu’elle soit au service du peuple », selon des propos rapportés par l’agence Tap. Il ne fait aucun doute que le nouveau chef de gouvernement, provisoire, focalisera toute son énergie sur les problématiques économiques auxquels la Tunisie fait désormais face.

On va oublier cette citation d’Albert Camus qui disait que «La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité» ce qui déplaît certainement à Jbali lequel affirmait, il y a quelques semaines, que la majorité n’était pas obligée de contenter la minorité, mais seulement rappeler à Jbali qu’il a pourtant, à notre sens, encore des préalables à sa prise du pouvoir. Le premier de ces préalables est qu’il dit la vérité, toute la vérité à ce peuple dont il revendique la légitimité. Il est ainsi primordial que le nouveau chef de gouvernement commence par concrétiser, devant son électorat pour ne pas le décevoir, la volonté de «rompre avec le passé» qui est si chère à tous les anciens opposants avant qu’ils n’accèdent au pouvoir.

Cela en soi commence par ne pas gérer de la même manière que celle adoptée par celui qui l’avait mis dix ans dans l’isolement carcéral. Ben Ali, ce n’est plus un secret, bâtissait ses différents gouvernements sur l’allégeance et la loyauté absolue à sa personne. La base de données dont il tirait ses anciens ministres, émettait, à chaque fois, un signal d’alarme, dans le cas où, dans le CV, il n’y avait pas une information concernant l’appartenance au parti au pouvoir. Le ministre était chaque fois automatiquement éjecté, au moindre ragot médisant du Chef de l’Etat, de son épouse ou de l’un de ses proches. Le ministre, qui n’avait pas de «dossier», faisait toujours l’objet de toutes les «attentions particulières» des services du ministère de l’Intérieur jusqu’à ce qu’il devienne «clean» à la manière du régime de Ben Ali. Les postes d’ambassadeur étaient considérés, soit comme une voie de garage, soit comme une mesure disciplinaire, soit encore comme une prise en charge médicale. Etre secrétaire d’Etat, c’était parfois une sorte d’ «œil de Moscou » à l’intérieur d’un ministère. Etre ministre, c’était aussi et surtout une récompense politique ou un tremplin pour un poste politique, jamais accordé selon la compétence et presque toujours un moyen de « tirer les marrons du feu» comme dirait l’adage bien connu. Etre PDG, c’était aussi un moyen d’accorder la fortune pour assurer le renvoi de l’ascenseur pour ses proches.

11 questions à Hamadi Jbali.

A la veille de l’annonce de son gouvernement, il est important que Hamadi Jbali apporte des réponses claires à ces questions : – Quels sont les critères de choix de ses ministres ?

– Fera-t-il appel aux compétences d’une Administration qui a su, malgré toutes les vicissitudes liées à l’ancien régime, sauvegarder l’intérêt public et assurer la continuité des services de l’Etat, ou alors versera-t-il simplement dans l’exclusion systématique, se mettant ainsi sur le dos une administration déjà indûment stigmatisée ?

– Sur quelle base a été faite la distribution des ministères entre les membres des trois partis ?

– Le peuple pourra-t-il prendre connaissance, préalablement si possible, de leurs CV et de leurs parcours pour pouvoir juger de leur loyauté et leur dévouement à la chose publique ?

– On pourrait même pousser le raisonnement jusqu’à demander, le cas échéant, qu’on y révèle le contenu de leurs «bulletins numéro 3», tant les mauvaises langues colportent des choses à ce propos ?

– Quels liens de parenté ont-ils, chacun, avec lui-même et avec les leaders de chaque parti de la troïka ? Cela démontrera certainement que Jbali ne sera pas une réplique de Ben Ali.

– Quels salaires et rémunérations leurs seront-ils servis ?

– Ont-ils déposé, à commencer par lui-même, auprès des services de contrôle, les états de leurs fortunes et biens personnels ? Cela sera certainement du pain béni pour la prochaine Commission d’investigation sur les faits de corruption.

– Si c’est le cas, ces états seront-ils rendus publics ? Et à défaut de publication, pourquoi alors dispenser le peuple de connaître toute la vérité sur le patrimoine de ceux qui vont tenir les rênes du pays, afin que ne se répète plus l’histoire des Trabelsi ?

– Quels rapports le gouvernement Jbali entend-il entretenir avec la presse tunisienne ? Lui dira-t-il toujours tout ? La laissera-t-il toujours tout dire sur son gouvernement sans s’exposer aux risques des geôles dont il connaît déjà les affres ?

– Le chef du gouvernement serait-il avisé de mettre en place un code de conduite ou de déontologie, auquel seront astreints les membres de son cabinet ? Le nouveau président, Moncef Marzouki, n’avait pas hésité à demander une trêve de 6 mois et solennellement déclaré qu’il démissionnerait s’il échouait. Il est difficile de croire quelqu’un qui évoquait, dans la même interview, la période de 18 mois, sachant que Marzouki n’a pas les pouvoirs de Ben Ali pour résoudre en 6 mois les problèmes d’un million de chômeurs, pour ne parler que de ceux-là.

Hamadi Jbali, plus confiant certainement, n’a jusqu’ici rien demandé. Son parti se prévaut, pour l’instant, de «la confiance du peuple». La confiance doit cependant régner des deux côtés du pouvoir, si l’on considère que la démocratie est le pouvoir du peuple. La confiance commence alors par ne rien cacher. «Demos Cratos est fides» diraient les fondateurs grecs de la démocratie dont Ennahdha fait usage pour gouverner la Tunisie.

Khaled Boumiza

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