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Hammadi Jbali, gouvernement technocrate

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Depuis l’éclatement au grand jour de la crise politique tunisienne

Depuis l’éclatement au grand jour de la crise politique tunisienne, après l’annonce de Hammadi Jbali de constituer un nouveau gouvernement apolitique et technocrate, les trois protagonistes de cette crise, consultent.

– Un comité de sages qui dérange autant que la présence de la «Grande muette».

Le premier aura été le chef du Gouvernement. Il a ainsi, d’abord, convoqué plus d’un spécialiste du Droit constitutionnel et notamment Iyadh Ben Achour qui finira par prendre fait et cause pour l’initiative du chef du Gouvernement. Le choix, par Jbali de Ben Achour, n’est pas fortuit. L’homme est une référence nationale en la matière. Mais il a surtout été le président de la Haute instance de protection des objectifs de la Révolution.

Jbali continuera son manège consultatif par un important ballet diplomatique. Les ambassadeurs des principaux pays, partenaires économiques de la Tunisie, y passeront, jusques et y compris l’ambassadeur américain.

Jbali finit par rassembler ce qu’il a appelé le comité des sages. Un comité, de l’avis de plusieurs observateur, certainement sage de par l’âge de certains de ses membres qui sont nonagénaires, mais un peu moins par l’appartenance politique de certains autres. L’un d’eux avait été ministre sous Ben Ali et dont on dit qu’il serait proche d’Ennahdha. Un autre est une des éminences grises d’Ennahdha, l’autre est carrément d’Ennahdha. Un comité qui, s’il tranquillise le principal parti au pouvoir, n’en est pas moins de nature à rassurer ceux qui sont contre l’hégémonie de ce parti sur toute la vie politique et ceux qui avaient cru que Jbali s’était, plus ou moins, détaché de son parti, lors de l’annonce de son initiative qu’il avait appelée de salut national.

Ceux que ce comité dérange quelque part, mettent aussi en exergue l’absence totale de la femme qui a pourtant été au centre de plus d’une polémique dans le projet même de Constitution et le projet de société qui est lui-même au centre de l’opposition, islamiste-laïque qui divise désormais la Tunisie. Ajoutez à tout cela, l’étrange présence de «la grande muette», l’armée nationale que tous les partis veulent laisser en dehors des problèmes politiques de la Tunisie.

– Ghannouchi et Marzouki, les outsiders qui reviendraient de loin ?

De leurs côté, les deux larrons Rached Ghannouchi et Moncef Marzouki, consultent aussi. Le premier rencontre des représentants, de l’Union européenne et des USA, sans que l’on sache qui a voulu voir l’autre en premier et qui conseillait l’autre sur quoi.

Marzouki réunit, au moins à trois reprises, les juristes et semble focaliser ses attaques sur l’initiative de Hammadi Jbali. Derrière celui qui avait été pourtant le premier à appeler à un gouvernement restreint et de technocrates, des conseillers, tous d’un CPR qui s’est déclaré franchement contre l’initiative du chef du Gouvernement.

D’outsider dans une course que le chef du Gouvernement avait engagée, sans demander leurs avis, le chef du parti islamiste et le président de la République transitoire, semblent revenir au galop dans la course aux sièges d’un gouvernement qui semble, chaque jour, s’éloigner de la première maquette dessinée par un chef de Gouvernement qui a grimpé dans les sondages grâce à cette idée applaudie par toute l’opposition et une partie de la Troïka gouvernante.

Tout cela, en plus du silence de Hammadi Jbali, des quelques signes qu’il donne sans avoir l’air de faire des concessions par rapport au caractère complètement apolitique et technocrate de son prochain gouvernement, pose de plus en plus de questions sur l’issue de cette concertation et surtout, de son objectif final. Jbali qui avait dit qu’il n’accepterait aucune condition, se résoudrait-il au contraire ? Le chef du Gouvernement, qui assurait, des jours durant, qu’il n’acceptera que des apolitiques et des technocrates en évoquant l’intérêt national, se résoudrait-il à y introduire l’intérêt partisan, même s’il n’est pas le sien ?

– Où est la sagesse et où est l’économie ?

De l’avis de plus d’un observateur assidus de ce ballet des consultations, il y aurait peu de sagesse dans la composition du comité de Hammadi Jbali. Un comité où le tenant du pouvoir a plus d’un représentant, ce qui jette un voile sur leur sagesse. Cela, d’autant plus que ce parti a une idée bien précise de l’intérêt national et de la sagesse politique. Une idée où le poids de la «légitimité électorale» reste le plus fort. Former un gouvernement apolitique et technocrate, ferait, en effet, revenir Ennahdha, au point de départ de l’ANC dont il avait détourné l’objectif, de la simple écriture de la nouvelle Constitution, vers le gouvernement et la prise de tous les pouvoirs.

Ces ballets de consultation oublient aussi de manière ostentatoire toutes les problématiques économiques que vit la Tunisie, depuis le 14 janvier 2011. Une économie presque désertée par l’investissement étranger, presque désertée par les touristes européens, un pays où l’ordre et la sécurité deviennent chose rare et donnent des sueurs froides au capital étranger et aux hommes d’affaires locaux. Une économie aussi qui peine à exporter plus pour équilibrer sa balance de paiement. Une économie où l’inflation atteint des records. Une économie où plus de 70 % du budget vont aux salaires et les dépenses de fonctionnement. Une économie qui donne sans compter aux travailleurs, sans oser les obliger à créer les richesses qu’ils voudraient se voir distribuer de manière plus équitable. Des augmentations qui l’éloignent, chaque jour un peu plus, du slogan de «Tunisie, terre d’investissement» et rendent irréversibles ses déséquilibres, financiers, économiques, commerciaux et sociaux. De tout cela, ni Ghannouchi, ni Marzouki, ni Jbali, ni aucun parti, ne parlent !

Khaled Boumiza.

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