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Au départ intransigeante et sans concession, la position de l’UGTT sur le report à 2019 des augmentations salariales  s’est progressivement diluée en une succession savamment dosée de demandes de clarification, de plaidoyer pour une vision commune, de partage des sacrifices … On est déjà bien loin du sentencieux communiqué du Bureau exécutif de l’Organisation ouvrière du 5 octobre où il était question d’ «  atteinte à la crédibilité des négociations, de  menace pour la stabilité sociale, et de reniement des engagements souscrits par le gouvernement ».  Moins qu’un tête-à-queue, il faut y voir une petite palinodie de l’état-major de la centrale syndicale qui entrebâille ainsi la porte vers un arrangement dont il pourrait se prévaloir auprès de ses affiliés gavés d’assurances, de professions  de fermeté et de recours aux « moyens militants » pour faire aboutir leurs revendications salariales. C’est d’autant plus de mise que la Commission administrative de la centrale  doit siéger ce mardi pour délibérer de la question salariale bien qu’il ne lui soit pas reconnu un pouvoir de décision en la matière, qui est du ressort exclusif du Bureau exécutif.

On s’interdirait cependant de pérorer sur les déclarations faites aujourd’hui même par le secrétaire général adjoint de l’UGTT, Sami Taheri, qui a pris sur lui de réitérer le rejet de son organisation de la proposition faite par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, plaidant pour le report des  augmentations salariales  qu’il a qualifié d’ « annulation déguisée » se traduisant par « deux années salariales blanches », celles de 2017 et 2018. Mettons plutôt cette sortie sur le compte de la répartition des rôles autant que sur l’alternance du chaud et du froid !

Demandes comminatoires !

Le fait est que le secrétaire général Houcine Abassi a jugé « insuffisante » la proposition de la Primature qui demande à être clarifiée, exigeant que soit communiqués à son organisation « dans les heures à venir » toutes les données et tous les chiffres en possession du gouvernement et détaillés dans la note de synthèse relative à la loi des finances 2017, mais surtout celles retenues par le ministère des Finances. Une demande que le chef du gouvernement a vite fait de satisfaire en sommant illico presto la ministre des Finances, présente à la réunion entre le gouvernement et le BE de l’UGTT d’accéder à toutes les demandes formulées… dans les plus brefs délais.

La direction de la centrale syndicale affirme en avoir le plus grand besoin pour construire un éventuel argumentaire expliquant et étayant sa non moins éventuelle acceptation du report des augmentations salariales, autrement dit les concessions qu’elle aurait à faire  pour dénouer la crise. Dans le même temps, elle a vigoureusement mis l’accent sur deux éléments cruciaux, à son sens, d’abord le nombre exact des salariés dans la fonction publique selon les catégories, et ensuite l’impact financier des mesures exceptionnelles, allusion à la contribution exceptionnelle de 7,5% exigible des entreprises. Autant de données qui permettront à la centrale syndicale de définir le mode sur lequel seront partagées les charges entre les partenaires sociaux, d’autant que le coût des sacrifices que les salariés sont appelés à consentir est estimé à 900 millions de dinars du fait du gel des augmentations salariales pendant deux années. Houcine Abassi et les siens veulent savoir et avec toute la netteté possible si le partage des sacrifices entre les salariées et les entreprises est effectivement équitable et s’il n’est pas opéré aux dépens des premiers cités.

Des sacrifices inégalement répartis !

Et ce n’est qu’à la lumière de cette évaluation que l’état-major de l’UGTT sera en mesure de définir sa position vis-à-vis de la proposition du report des augmentations salariales sans avoir, dans l’entretemps, délibéré sur les conclusions des études menées  par son département des recherches et de la documentation qui plaident pour des solutions autres que le report pur et simple des hausses des salaires, notamment la diligence dont l’Etat doit faire preuve pour se faire rembourser les dettes au passif de nombreux contribuables, surtout les plus gros d’entre eux, afin renflouer ses caisses et équilibrer son budget. Entendons par là les milliards de dinars qui sont dans la nature et que les entreprises rechignent à payer depuis belle lurette, et bien avant la Révolution. Un appoint de taille pour permettre à l’Etat de cesser de racler les fonds de tiroir et accabler les salariés en leur infligeant des charges et des sacrifices indus. Il y a aussi le commerce  informel, auquel, préconise l’UGTT, l’Etat doit s’attaquer hardiment et sérieusement, pour intégrer ceux qui s’y livrent, progressivement certes,dans les circuits légaux en les soumettant à l’imposition, à l’égal des autres assujettis. Sans oublier bien évidemment la contrebande qui abîme l’économie nationale dont elle s’arroge plus de 50%.

Seulement, force est de se convaincre que pareille approche sera en peine d’aboutir aux résultats escomptés par l’Organisation  ouvrière rapido-presto. C’est une œuvre de très longue haleine hérissée de bien des écueils et d’obstacles, alors que l’on est dans l’urgence, la loi des finances devant débarquer sur le bureau du Parlement le 15 octobre au soir.

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