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En Tunisie, la communauté homosexuelle représenterait 10% de la population tunisienne (selon l’association ATL MST/SIDA), un taux difficile à vérifier. Les droits de cette frange de la société n’existent pas dans notre pays. Depuis 1913, les homosexuels évoluent dans un environnement social homophobe et dans un cadre juridique lourd de peines en vertu du fameux article 230.

Et pour cause. Un jeune Tunisien âgé de 22 ans, Marouane (nom d’emprunt), a été envoyé derrière les barreaux, mardi 22 septembre, pour servir une peine d’un an d’emprisonnement infligée par le tribunal de première instance de Sousse, pour «pratiques homosexuelles.»

Depuis l’annonce du jugement, ce «fait divers» a soulevé un tollé général dans les milieux associatifs. Militants, médecins, politiques et associations multiplient leurs démarches et s’efforcent de se structurer pour exiger la suppression immédiate de l’article 230, considéré par certains comme une « de Damoclès » et par d’autres comme un « article honteux. »

Au départ, tout a commencé par un homicide. Le 6 septembre, le jeune homme avait été interpelé par la police à Hammam-Sousse parce que son numéro de téléphone figure dans le répertoire du portable de la victime assassinée. Durant son interrogatoire, Marouane a nié toute implication dans ce meurtre, mais il avait reconnu qu’ils avaient eu, dans le passé, une relation homosexuelle avec cet homme. L’affaire a pris alors une tout autre tournure.

« Il a été appelé dans une affaire qui n’avait rien avoir avec son orientation sexuelle. Après avoir été soumis à un examen abusif pour prouver le crime qu’on lui reprochait, le jeune homme a été condamné pour quelque chose qui touche à sa vie privée », a déploré hier sur les ondes d’Express Fm, la représentante de l’Organisation Human Rights Watch (‪‎HRW) à Tunis, Amna Guellali.

Selon l’avocate de l’accusé, le juge a ordonné un test anal, pour constituer un dossier à charge dans le but de condamner le jeune homme en vertu de l’article 230 du code pénal, « Mon client avait refusé, cela lui a été imposé», a-t-elle fait savoir.

Intervenant à l’émission Ness Nessma, diffusée lundi 28 septembre 2015 au soir, le chargé de la communication au ministère de l’intérieur, Walid Louguini, a annoncé que l’étudiant Marouane, a lui-même demandé d’être soumis à l’examen anal.

Mais selon Amna Guellali, c’est plutôt la police qui a ordonné ce test.

«D’après le témoignage du jeune homme, on l’aurait forcé à confesser son homosexualité en le menaçant de l’accuser de meurtre», dit-elle, en soulignant que les aveux forcés sont une pratique courante en Tunisie.

 «Ces pratiques choquantes et barbares, qui violent l’intégrité physique et morale des personnes, sont une atteinte à la dignité humaine et ne cadrent plus avec la Tunisie nouvelle», a-t-elle encore déploré.

Par ailleurs, le ministre de la Justice Mohamed Salah Ben Aissa qui a été l’invité à une émission politique sur Shems FM, s’est montré très gêné par l’inconstitutionnalité de l’article, en appelant expressément à son abrogation, le considérant comme une entrave aux libertés individuelles et au respect de la vie privée garantis dans la nouvelle Constitution.

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