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impayés bancaires

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Le dernier rapport de Bank Al-Maghrib, la Banque centrale du Maroc, confirme ce qu’ont dit en avril 2016 la Banque mondiale, le FMI et les agences de notation (Standard & Poor’s et Fitch Ratings) : L’économie du pays fait du surplace, malgré des fondamentaux qui restent solides et des perspectives stables. Le problème principal du Maroc en ce moment c’est que justement son économie n’est pas suffisamment oxygénée par les banques du fait de moult blocages dans le traitement des dossiers de crédits, alors que de l’autre côté les établissements bancaires ont beaucoup de mal à recouvrer les sommes prêtées.

Bank Al-Maghrib évalue à 1,5 milliard de dirhams la hausse des impayés et ce, dans le seul mois de mars dernier. C’est un chiffre jamais atteint au royaume et, plus inquiétant encore, qui traduit l’incapacité croissante des entreprises marocaines à faire face à leurs obligations vis-à-vis des banques. Cela aussi c’est inédit dans une économie qui nous a habitué à des performances notables.

La Banque centrale a fait ses comptes et a établi que les créances non remboursées avoisinent les 60 milliards de dirhams, soit 7,7 % de l’encours des crédits bancaires. Entre mars 2015 et mars 2016, les impayés des entreprises ont connu une envolée d’à peu près +13 %.

Parallèlement, l’encours des crédits ne bouge presque pas dans la même période ; on a enregistré un mouvement à peine perceptible de +1,3 % sur un an (soit une hausse de 10,2 milliards de dirhams). Pas suffisant pour donner un coup de fouet à une économie qui sommeille et se repose sur ses lauriers.

Plus inquiétant encore : La masse de crédits bancaires à la fin des trois premiers mois de 2016 connait un repli phénoménal de -16,53 milliards de dirhams (-2,1 %), en comparaison avec fin décembre 2015.

La confiance n’est pas au rendez-vous

Dans le détail, ce sont les crédits à court et moyen termes qui reculent le plus, ce qui frappe directement le trésor de guerre des entreprises, qui se retrouvent dans l’incapacité d’investir. « Le recul du crédit et la montée des créances en souffrance, n’est pas à dissocier du ralentissement de l’activité économique ni aux difficultés qu’ont connu de grands groupes comme La Samir ou Alliances », a confié à Jeune Afrique un opérateur bancaire, avant de mettre en exergue le taux de croissance de 1% prédit pour 2016 par Bank Al-Maghrib. Il a ajouté : «Le manque d’instruction de dossiers de crédits s’explique aussi par un manque de confiance dans l’économie surtout en cette année où la campagne agricole est sérieusement compromise ».

Branle-bas de combat

Face à cette morosité ambiante, mortifère à long terme pour l’économie marocaine, les autorités de tutelle ont sonné le branle-bas de combat. Une commission a vu le jour au début de l’année, elle regroupe Bank Al-Maghrib, le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

La Banque centrale marocaine a tenté en mars dernier de réanimer l’économie du pays en révisant à la baisse son taux directeur, jusqu’à 2 %. Les experts envisagent une nouvelle baisse des taux de la Banque centrale, au prochain conseil en juin 2016, si les décisions déjà prises ne donnent pas les résultats escomptés. Nous verrons bien…

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