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Jabeur Habib Jabeur

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Les décideurs tunisiens sont appelés à réviser leur politique vis-à-vis de  l’Irak

Les décideurs tunisiens sont appelés à réviser leur politique vis-à-vis de l’Irak, a déclaré Jabeur Habib Jabeur, ambassadeur d’Irak à Tunis dans une interview à Africanmanager. Pour ce qui est de l’organisation islamique, Daech, il a considéré qu’il s’agit d’un phénomène éphémère qui va être éradiquée prochainement tout en suggérant la mise en place d’une nouvelle approche pour trouver une issue à la crise syrienne. Interview :

Quelle est votre lecture du processus de transition en Tunisie où les différents acteurs s’emploient à faire réussir les prochaines échéances électorales ?

Il est certain que l’expérience tunisienne au niveau transitionnel revêt une importance particulière aux yeux des autres pays. C’est important dans la mesure où le printemps arabe a essuyé de cuisants échecs.

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Je pense que les forces politiques en Tunisie ainsi que les différentes composantes de la société civile ont bien compris la démocratie sans oublier leur capacité à résoudre leurs problèmes tout en trouvant le consensus souhaité. Ceci se décline déjà dans l’adoption de la constitution en février dernier.

L’expérience tunisienne, à mon avis, n’a pas d’égal dans le monde arabe en ce sens qu’il n’y a pas eu de vengeance contre le régime déchu. Encore, la classe politique a choisi de punir les corrompus ayant beaucoup collaboré avec Ben Ali à travers la justice.

C’est une expérience importante et, dans ce contexte, nous souhaitons la réussite des prochaines élections. Car, l’urne reste le seul outil adopté par les pays développés afin de changer leur processus.

C’est pour cette raison que nous espérons que les prochaines élections présidentielles marqueront l’achèvement du processus transitionnel en mettant en place un nouveau gouvernement durable et une nouvelle assemblée élue qui répondra aux revendications du peuple tunisien. Un nouveau gouvernement sera capable d’instaurer la stabilité et surtout de mettre en place les conditions adéquates pour promouvoir l’investissement. C’est une condition sine qua non pour relancer l’économie tunisienne.

Qu’en est-il des relations tuniso-irakiennes. Peut-on relever une certaine différence par rapport au régime de Ben Ali ?

On ambitionne d’améliorer nos relations notamment au niveau de la circulation des personnes. Des pas importants ont été accomplis dans ce sens, mais les récents événements sécuritaires qui ont eu lieu notamment avec l’apparition de Daech sont derrière la suspension du vol direct Tunis- Erbil (capitale du Kurdistan irakien,).

Il est à noter que la réouverture de cette ligne s’est faite à la suite de la signature le 23 avril 2014 à Tunis, d’une convention entre Tunisair et la Compagnie Fly Miran du Kurdistan irakien, en marge du MIT (Marché International du Tourisme).

Les relations bilatérales sont certes fortes, mais on a voulu les améliorer à travers la promotion touristique surtout qu’Erbil est classé cinquième ville au niveau de l’attractivité des IDE dans la région du Moyen-Orient sans oublier les besoins du Kurdistan irakien qui sont très importants étant donné que tout est à construire dans l’ensemble des secteurs. Chose qu’on n’a pas réussi à faire en raison de la suspension de cette ligne aérienne

Je pense que ce créneau est stratégique surtout que les flux touristiques irakiens ont bien contribué au développement du secteur en Liban. Il est à rappeler que sa part sur le marché libanais est estimée à 36%.

Outre le tourisme, les relations bilatérales se traduisent par une balance commerciale assez importante, mais elle a connu une chute considérable après les derniers incidents dans les deux pays.

Alors comment ?

En dépit de ce climat, les deux parties œuvrent à tout faire pour booster les échanges et même à consolider ce partenariat en facilitant l’implantation des investisseurs tunisiens en Irak surtout avec le développement du marché irakien qui est devenu de plus en plus compétitif.

Est-il possible de réaliser cet objectif notamment avec le blocage de cette ligne aérienne ?

Il est important de rappeler qu’un mémorandum d’entente a été signé entre la compagnie aérienne tunisienne et son homologue d’Irak. Malgré son importance, ce mémorandum est bloqué.

C’est pour cette raison que les deux compagnies sont appelées à fournir plus d’efforts. A ce niveau, je m’interroge pourquoi Tunisair n’a pas autorisé son homologue d’Irak à se charger de cette ligne pour remédier à cette situation puisque la compagnie tunisienne n’a pas les moyens pour y faire face.

Un autre élément important qui devra être traité, celui du rapatriement des employés de l’ambassade de Tunisie en Irak en raison de la détérioration de la situation sécuritaire en raison de la progression de l’Etat islamique (EI). Il est illogique de ne pas trouver des représentants tunisiens en Irak bien que l’on soit conscient que la stabilité va être assurée à Bagdad.

Une grande responsabilité incombe à la partie tunisienne pour résoudre ce problème surtout que le groupe de djihadistes extrémistes pourrait être considéré comme un phénomène provisoire qu’on va éradiquer dans un proche avenir.

Quelles seront les solutions à mettre en place pour relancer le partenariat entre les deux pays?

Comme les autres pays, la Tunisie devrait se focaliser sur le secteur touristique. Une démarche stratégique, à mon avis, qui passerait également par l’octroi des visas au niveau des aéroports comme c’est le cas dans d’autres pays touristiques. Cette initiative va permettre de stimuler un grand nombre des touristes irakiens, connus déjà par leurs fortes dépenses.

L’accent doit être aussi mis sur la révision de la décision portant sur le rapatriement du personnel de l’ambassade. Car la présence des diplomates tunisiens sur le territoire irakien est une condition sine qua non pour examiner les opportunités d’investissement.

Je saisis cette occasion pour annoncer que la réunion de la haute commission mixte devra se réunir après les prochaines élections en Tunisie. Ladite commission va examiner les chances de consensus commun. Cette réunion vient à un moment opportun où l’Irak a aujourd’hui besoin des compétences tunisiennes pour assurer le développement escompté.

S’agissant de la question de Daech, des rapports de renseignement ont montré que plusieurs irakiens appellent à des représailles étant donné qu’une grande majorité de combattants de cette organisation sont de Tunisiens ?

Les groupes terroristes sont composés de plusieurs nationalités. Cependant, je vous assure qu’il n’y a pas de sentiment de vengeance envers quiconque. De même, les irakiens ne veulent jamais imputer la responsabilité aux pays dont sont originaires ces combattants.

Pour le cas de la Tunisie, il n’y pas une position générale sur ce pays. Au contraire, le peuple irakien a bien apprécié la récente position de Moncef Marzouki, président de la République ou celle du ministre des Affaires étrangères.

Pour rappel, le président tunisien a dénoncé la persécution des communautés chrétiennes et yézidis du nord de l’Irak par les djihadistes de l’État islamique, après une longue introduction disculpant l’islam des horreurs commises par Daech tout en en qualifiant les membres de Daech « d’ignorants et d’intégristes ».

Avec cette position, une conscience est apparue chez les décideurs tunisiens quant aux menaces présentées par cette organisation.

D’une façon générale, on peut affirmer que la lutte contre Daech nécessite un grand effort collectif.

Et pour la présence des Tunisiens dans cette organisation ?

On est vraiment inquiet au sujet de la présence d’un grand nombre des Tunisiens au sein de cette organisation. Ces derniers s’y trouvent tout en n’ayant pas une réelle compréhension de la région.

Cette organisation va-t-il influencer les relations bilatérales ?

Bien sûr. Le mouvement Daech prône des idées insidieuses extrémistes qui seront dévastatrices à grande échelle sur les pays du monde arabe, y compris la Tunisie, s’il n’est pas liquidé au plan religieux et idéologique.

Une fois les combattants tunisiens arrêtés, pensez-vous qu’il est possible de les rapatrier en Tunisie pour y purger leurs peines ?

Ces personnes, une fois prouvé qu’elles font partie de cette organisation, doivent être condamnées selon la loi irakienne. Pour l’étape actuelle, des efforts sont déployés pour que la grâce touche certaines d’entre elles alors que les autres seront rapatriées dans leur pays.

Pour le transfert des détenus, je pense que cette question est tributaire de la signature d’un mémorandum d’entraide judiciaire entre les deux pays comme c’est le cas d’Iran. En effet, le vice-président du conseil de la Choura a créé à cet effet une équipe de travail, une initiative qui a abouti à la signature d’une convention pour l’échange des détenus.

J’espère que la partie tunisienne suivra la même démarche pour que les détenus tunisiens soient transférés à la Tunisie pour y purger le restant des peines auxquelles ils ont été condamnés.

Pensez- vous que Deach pourrait compromettre l’unité de l’Irak ?

Certainement, ce mouvement extrémiste basé sur des idées et une religion fermée qui exclut l’autre, ne pourrait que toucher l’unité de l’Irak, ce qui est en contradiction avec la nature de la société irakienne.

La lutte contre Deach nécessite-t-elle une contribution américaine ou bien une réelle résolution de la crise syrienne ?

L’intervention américaine a déjà eu lieu en Irak notamment au niveau aérien outre l’accélération de la conclusion de contrats d’armement. Ceci, à mon avis est insuffisant en l’absence d’une solution adéquate à la crise syrienne. Je pense en ce sens que toute la région va se ressentir de cette organisation.

Pour ce faire, une nouvelle approche est plus que jamais nécessaire dans la gestion de cette question. Ceci passerait également par un rééquilibrage de la politique suivie et par une transition pacifique du pouvoir avec une réponse favorable aux différentes demandes du peuple syrien.

A mon avis, le climat est actuellement favorable pour relever ce défi de taille.

Certaines parties de l’Irak réclament leur indépendance. Qu’en pensez-vous ?

Aujourd’hui, on est en train d’observer que les forces irakiennes reprennent l’initiative et ont réussi à reprendre certaines zones fermées et dominées par Daech. Elles se dirigent vers la province de Salaheddine , et plusieurs membres de l’EIIL ont été tués outre la destruction de dix de leurs véhicules dans de violents affrontements avec des forces sécuritaires appuyées par des milices chiites (Saraya al-Salam).

C’est vrai que la question de l’indépendance de Kurdistan est réclamée, mais cette question est soulevée sur fond de tiraillements politiques. Je pense qu’avec la nomination d’un nouveau chef du gouvernement, cette question n’a pas lieu dd l’être.

Avec la nomination d’un nouveau chef du gouvernement, y a-t-il des agendas précis qui ont été imposés sur les ambassadeurs ?

Jusqu’à ce jour, on n’a pas encore une idée sur le programme du nouveau chef de gouvernement, qui est encore dans la phase de concertations pour la formation de l’équipe ministérielle.

Cependant, je pense que les relations arabes figureraient parmi les priorités du nouveau chef du gouvernement, qui a promis de s’ouvrir sur les pays du monde arabe eu égard au fait que ces relations se sont caractérisées par une sorte de froid ces derniers temps.

Je pense qu’il y aurait aussi une coopération sur le plan économique à travers l’échange d’expériences et la circulation des personnes.

Pour la Tunisie, je pense qu’il y aurait un intérêt accru pour que la haute commission mixte se réunisse afin de booster les relations bilatérales.

Wiem Thebti

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