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Jomaa, gouvernement, Ennahdha

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Il se déplace peu

Il se déplace peu, il voyage très peu, il reçoit beaucoup, il n’a tenu qu’un seul conseil des ministres et il n’a pris aucune décision à caractère économique ou financier, notamment. Mehdi Jomaa termine à peine, ce mercredi 12 février 2014, sa 32ème journée à La Kasbah en tant que 5ème chef de gouvernement d’une période transitoire qui dure depuis octobre 2011.

Pendant deux années, la Troïka gouvernante s’était plaint de ce qu’elle appelait «l’héritage de Caïed Essebsi» pour expliquer son échec à résoudre une crise économique, provoquée par une crise politique aigue qui a engendré , à son tour, une crise sociale, le tout accentuant chaque jour plus la crise politique.

Poussée à la sortie, la Troïka gouvernante que conduisait Ennahdha, laissait pourtant à son tour un lourd et inextricable héritage, économique et financier, à Mehdi Jomaa qui se retrouve marchant sur les œufs dans un terrain, déjà miné par le budget 2014 et sa loi des finances.

– Jomaa ou la mission impossible…

Pour l’exercice 2014, le budget de l’Etat de la Tunisie compte 28025 MDT. Grosso modo, ces ressources devaient provenir de l’impôt (18 milliards DT), des revenus de la fiscalité ordinaire (2,4 milliards DT) et des emprunts (7,8 milliards DT dont 5,5 milliards DT à mobiliser de l’extérieur). En théorie, les dépenses de ce budget devaient se répartir entre 10,5 milliards DT pour les salaires, 5,8 milliards DT pour les subventions, 4,6 milliards DT pour le service de la dette, 1,5 milliards DT pour les services publics et 5,6 milliards DT pour le développement. Quatre composantes aussi intouchables les unes que les autres, alors que l’ANC, qui avait voté ce budget, demandait sa révision et une loi des finances complémentaire pour revenir sur certaines décisions avant même qu’il ne soit mis en exécution !

Avant même l’arrivée de Jomaa à La Kasbah, le gouvernement Larayedh suspend les augmentations qui étaient destinées à diminuer la masse des subventions de 22 % par rapport à l’exercice 2013 (Redevances sur les véhicules et augmentation des prix des carburants). Une décision qui déséquilibre déjà le budget, bien avant son exécution, avec un manque à gagner de 1,2 milliards DT. Toute reprise des mesures suspendues par l‘ancien ministre des Finances, déclencherait alors les mêmes mouvements sociaux et les troubles qui avaient conduit Elyes Fakhfakh à les suspendre au nom de l’intérêt supérieur du pays. Dans le budget 2014, la subvention du carburant a été réduite de 33 % avec l’espoir de nouvelles augmentations. Et pourtant, toute nouvelle augmentation sera rejetée par la population. La subvention des produits de base a été diminuée de 2,3 % en prévision des mêmes augmentations projetées dans les prix des carburants. Y revenir, fera exploser l’inflation et la rue tunisienne aussi.

Il se trouve, ensuite, que l’UGTT demande une nouvelle augmentation salariale, dès l’installation du nouveau chef de gouvernement à La Kasbah, et prédit déjà son entrée en vigueur, à partir du second semestre de cette année. Une simple petite augmentation de 3 %, qui reste loin de l’inflation de 6 %, augmenterait la masse salariale à 10,8 milliards DT.

Restent les 5,6 milliards DT pour le développement qui sont quasiment intouchables, tant le pays souffre de manque d’investissement et de création d’emplois, et les 1,5 milliards DT des services publics, une somme tout aussi intouchable à moins de diminuer la consommation de l’électricité, de l’eau et autres services publics.

– … ou presque !

Comme l’écrivait l’expert Fayçal Derbel, dans son ouvrage «commentaire de la loi de Finances 2014» sorti en janvier dernier, «l’examen de l’évolution dans le temps, met en évidence la mise en œuvre de la deuxième composante de la politique du Go&Stop, c’est-à-dire un ralentissement de la progression remarquable qu’a connue le budget durant la période 2011-2013». Volontairement oui, involontairement, La Troïka nahdhaoui avait choisi de dire stop à l’expansion budgétaire, lorsqu’elle a été poussée à la sortie du gouvernement !

Que fera donc le gouvernement et d’où est-ce qu’il pourra trouver l’argent nécessaire pour rééquilibrer le budget 2014 ? Les réponses sont moins qu’évidentes, tant les inconnues de l’équation magique que devra trouver le ministre des Finances Hakim Hammouda restent encore invisibles. A vue d’œil, l’ancien conseiller du président de la BAD (Banque Africaine de Développement), ne pourra qu’actualiser les chiffres du budget dans la prochaine loi des finances complémentaire tant attendue. Mais il pourrait aussi comprimer encore plus le budget de fonctionnement de l’Etat. Ceci pourrait lui rapporter, selon les experts, au moins un milliard DT. Il pourra aussi, en coopération avec le secrétaire d’Etat en charge des Domaines de l’Etat, Karim Jamoussi, accélérer la vente des biens confisqués, ceux notamment des biens de l’ancien RCD dissout et dont les sièges, à Tunis comme à Sfax ou ailleurs, pourrissent et perdent chaque année de leur valeur. Il pourra surtout, s’il ne voulait pas que la dette dépasse les 50 % du PIB, actionner, dès maintenant, les leviers de lancement d’un grand emprunt national fiscalement «sécurisé», pour une valeur de 3 à 4 milliards DT.

L’argent existe en Tunisie. C’est l’Etat qui est pauvre et non ses citoyens. Il suffirait, pour s’en assurer, d’aller voir les banques et les négociations pour les placements ou la location d’argent. La contrebande, le travail au noir, alors que l’IS (impôt sur les sociétés) était inscrit en baisse de 3,8 % dans le budget 2014, et l’afflux de Libyens en Tunisie avec son corolaire, l’argent, pour les soins, la location et autres services et consommations, qui s’entasse dans les coffres-forts à Sfax et ailleurs, accréditent cette réalité.

Encourager, fiscalement, toutes ces personnes à investir et pourquoi pas blanchir ces richesses, en achetant les Bons de l’Etat et même les mettre à l’abri de tout contrôle fiscal. Certains professionnels, imaginent déjà des souscripteurs normaux à qui l’Etat donnera 5 % d’intérêt s’ils pouvaient justifier l’origine de leurs souscriptions à ce grand emprunt national et des souscripteurs avec un taux d’intérêt moindre pour ceux qui ne pourraient pas justifier l’origine de leur fortune, mais que l’Etat tranquillisera en les mettant à l’abri du Fisc pour l’argent placé au titre de l’emprunt national.

Ennahdha est sortie du pouvoir, mais la Tunisie n’est pas encore sortie de la crise. Le gouvernement Jomaa est juste une bouffée d’oxygène pour une économie encore garrottée et cannibalisée par les effets financiers désastreux de l’héritage d’Ennahdha. L’accalmie, sociale et politique pourrait ainsi finir, si Mehdi Jomaa et son équipe ne bougeaient pas, dès maintenant.

Khaled

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Il se déplace peu

Il se déplace peu, il voyage très peu, il reçoit beaucoup, il n’a tenu qu’un seul conseil des ministres et il n’a pris aucune décision à caractère économique ou financier, notamment. Mehdi Jomaa termine à peine, ce mercredi 12 février 2014, sa 32ème journée à La Kasbah en tant que 5ème chef de gouvernement d’une période transitoire qui dure depuis octobre 2011.

Pendant deux années, la Troïka gouvernante s’était plaint de ce qu’elle appelait «l’héritage de Caïed Essebsi» pour expliquer son échec à résoudre une crise économique, provoquée par une crise politique aigue qui a engendré , à son tour, une crise sociale, le tout accentuant chaque jour plus la crise politique.

Poussée à la sortie, la Troïka gouvernante que conduisait Ennahdha, laissait pourtant à son tour un lourd et inextricable héritage, économique et financier, à Mehdi Jomaa qui se retrouve marchant sur les œufs dans un terrain, déjà miné par le budget 2014 et sa loi des finances.

– Jomaa ou la mission impossible…

Pour l’exercice 2014, le budget de l’Etat de la Tunisie compte 28025 MDT. Grosso modo, ces ressources devaient provenir de l’impôt (18 milliards DT), des revenus de la fiscalité ordinaire (2,4 milliards DT) et des emprunts (7,8 milliards DT dont 5,5 milliards DT à mobiliser de l’extérieur). En théorie, les dépenses de ce budget devaient se répartir entre 10,5 milliards DT pour les salaires, 5,8 milliards DT pour les subventions, 4,6 milliards DT pour le service de la dette, 1,5 milliards DT pour les services publics et 5,6 milliards DT pour le développement. Quatre composantes aussi intouchables les unes que les autres, alors que l’ANC, qui avait voté ce budget, demandait sa révision et une loi des finances complémentaire pour revenir sur certaines décisions avant même qu’il ne soit mis en exécution !

Avant même l’arrivée de Jomaa à La Kasbah, le gouvernement Larayedh suspend les augmentations qui étaient destinées à diminuer la masse des subventions de 22 % par rapport à l’exercice 2013 (Redevances sur les véhicules et augmentation des prix des carburants). Une décision qui déséquilibre déjà le budget, bien avant son exécution, avec un manque à gagner de 1,2 milliards DT. Toute reprise des mesures suspendues par l‘ancien ministre des Finances, déclencherait alors les mêmes mouvements sociaux et les troubles qui avaient conduit Elyes Fakhfakh à les suspendre au nom de l’intérêt supérieur du pays. Dans le budget 2014, la subvention du carburant a été réduite de 33 % avec l’espoir de nouvelles augmentations. Et pourtant, toute nouvelle augmentation sera rejetée par la population. La subvention des produits de base a été diminuée de 2,3 % en prévision des mêmes augmentations projetées dans les prix des carburants. Y revenir, fera exploser l’inflation et la rue tunisienne aussi.

Il se trouve, ensuite, que l’UGTT demande une nouvelle augmentation salariale, dès l’installation du nouveau chef de gouvernement à La Kasbah, et prédit déjà son entrée en vigueur, à partir du second semestre de cette année. Une simple petite augmentation de 3 %, qui reste loin de l’inflation de 6 %, augmenterait la masse salariale à 10,8 milliards DT.

Restent les 5,6 milliards DT pour le développement qui sont quasiment intouchables, tant le pays souffre de manque d’investissement et de création d’emplois, et les 1,5 milliards DT des services publics, une somme tout aussi intouchable à moins de diminuer la consommation de l’électricité, de l’eau et autres services publics.

– … ou presque !

Comme l’écrivait l’expert Fayçal Derbel, dans son ouvrage «commentaire de la loi de Finances 2014» sorti en janvier dernier, «l’examen de l’évolution dans le temps, met en évidence la mise en œuvre de la deuxième composante de la politique du Go&Stop, c’est-à-dire un ralentissement de la progression remarquable qu’a connue le budget durant la période 2011-2013». Volontairement oui, involontairement, La Troïka nahdhaoui avait choisi de dire stop à l’expansion budgétaire, lorsqu’elle a été poussée à la sortie du gouvernement !

Que fera donc le gouvernement et d’où est-ce qu’il pourra trouver l’argent nécessaire pour rééquilibrer le budget 2014 ? Les réponses sont moins qu’évidentes, tant les inconnues de l’équation magique que devra trouver le ministre des Finances Hakim Hammouda restent encore invisibles. A vue d’œil, l’ancien conseiller du président de la BAD (Banque Africaine de Développement), ne pourra qu’actualiser les chiffres du budget dans la prochaine loi des finances complémentaire tant attendue. Mais il pourrait aussi comprimer encore plus le budget de fonctionnement de l’Etat. Ceci pourrait lui rapporter, selon les experts, au moins un milliard DT. Il pourra aussi, en coopération avec le secrétaire d’Etat en charge des Domaines de l’Etat, Karim Jamoussi, accélérer la vente des biens confisqués, ceux notamment des biens de l’ancien RCD dissout et dont les sièges, à Tunis comme à Sfax ou ailleurs, pourrissent et perdent chaque année de leur valeur. Il pourra surtout, s’il ne voulait pas que la dette dépasse les 50 % du PIB, actionner, dès maintenant, les leviers de lancement d’un grand emprunt national fiscalement «sécurisé», pour une valeur de 3 à 4 milliards DT.

L’argent existe en Tunisie. C’est l’Etat qui est pauvre et non ses citoyens. Il suffirait, pour s’en assurer, d’aller voir les banques et les négociations pour les placements ou la location d’argent. La contrebande, le travail au noir, alors que l’IS (impôt sur les sociétés) était inscrit en baisse de 3,8 % dans le budget 2014, et l’afflux de Libyens en Tunisie avec son corolaire, l’argent, pour les soins, la location et autres services et consommations, qui s’entasse dans les coffres-forts à Sfax et ailleurs, accréditent cette réalité.

Encourager, fiscalement, toutes ces personnes à investir et pourquoi pas blanchir ces richesses, en achetant les Bons de l’Etat et même les mettre à l’abri de tout contrôle fiscal. Certains professionnels, imaginent déjà des souscripteurs normaux à qui l’Etat donnera 5 % d’intérêt s’ils pouvaient justifier l’origine de leurs souscriptions à ce grand emprunt national et des souscripteurs avec un taux d’intérêt moindre pour ceux qui ne pourraient pas justifier l’origine de leur fortune, mais que l’Etat tranquillisera en les mettant à l’abri du Fisc pour l’argent placé au titre de l’emprunt national.

Ennahdha est sortie du pouvoir, mais la Tunisie n’est pas encore sortie de la crise. Le gouvernement Jomaa est juste une bouffée d’oxygène pour une économie encore garrottée et cannibalisée par les effets financiers désastreux de l’héritage d’Ennahdha. L’accalmie, sociale et politique pourrait ainsi finir, si Mehdi Jomaa et son équipe ne bougeaient pas, dès maintenant.

Khaled Boumiza

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