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A la publication du décret-loi sur la confiscation, des mouvements de nominations et démissions d’administrateurs judiciaires ont secoué la scène économique et judiciaire, d’autant qu’ils ont été faits dans l’urgence et la précipitation révolutionnaires et sur la base de listes, pour le moins non mises à jour. Certaines ont été bonnes, mais ce ne fut pas le cas pour la majorité d’entre elles. On a ainsi vu d’abord des binômes, entre mandataire de justice pour les biens de la personne physique et administrateur judiciaire pour les biens de son entreprise et les deux qui affirment dans leurs courriers qu’ils sont aussi gestionnaires. Cette dualité est d’autant plus confuse que l’homme d’affaires est tout aussi propriétaire des actions de l’entreprise. On ne sait pas si le mandat de «direction, et gestion, administrative et financière et de gestion des affaires courantes, administratives et financières, temporaires et jusqu’à disparition de l’objet de la mission » qu’on a pu lire dans le mandat donné par l’un des juges pour l’une de ces entreprises, s’applique aussi s’agissant du  mandataire. L’un comme l’autre précisaient, en tout cas, dans leurs lettres d’informations à ces entreprises et aux banques créditrices de ces entreprises et de ces personnes, qu’ils ont pour mission de diriger et de gérer. On a ensuite vu des actionnaires des hommes d’affaires visés par la décision de confiscation, nommés administrateurs des entreprises où ils sont parties prenantes pour gérer au nom de l’Etat. On a vu enfin des gens qui n’ont aucun sens de la gestion et aucune expérience, nommés administrateurs de groupes aux énormes actifs avec des liens capitalistiques complexes.Pour certains administrateurs judiciaires, ces nominations s’avérèrent être une vraie aubaine financière et certains en cumulent plusieurs, faisant presque de leurs mandats un vrai groupe d’entreprises et une officine privée de gestion de biens publics. Pour d’autres, ce n’est qu’un mandat de justice sans intérêt pour eux. On peut citer ici le cas de cet administrateur d’une entreprise dans le secteur des télécommunications d’un actif de 870 MDT, qui refusait, en juillet, d’assister à l’AGO où il lui incombait pourtant de défendre les intérêts de la participation de l’Etat. Un autre assistait au Conseil, alors qu’il venait d’être relevé de son mandat de mandataire, voyage dans un pays du Golfe au nom de la même personne dont il n’est plus mandataire et en profite pour étoffer son carnet d’adresses pour de possibles intermédiations dans des affaires de reprise.  D’autres et malgré la nomination d’un PDG de l’entreprise, gèrent eux-mêmes au quotidien les entreprises, partent en voyages d’affaires, aux frais de la princesse, au nom de ces entreprises et à toutes les manifestations à l’étranger qui concernent la vie commerciale de ces entreprises, laissant de côté les cadres concernés et rabrouant parfois  ceux parmi eux qui s’aventureraient à «trop le faire» arguant que cela coûte trop  cher à l’entreprise dont ils ont la garde au nom du peuple. Un autre se serait permis de prendre une suite luxueuse pour les vacances d’été, dans l’hôtel dont il avait l’administration judiciaire. Un autre prend voiture luxueuse [et pas que pour lui uniquement…], une Porsche pour l’exactitude, nous dit-on, en guise de voiture de fonction ! class= »MsoNoSpacing »>Autant d’us et abus qui rappelleraient presque des pratiques d’un autre temps, ceux d’une famille que la Révolution de tout un peuple avait pourtant chassés du pouvoir et des affaires  dont ils se sont emparés par le biais de ce même pouvoir ! Tout cela se passe, alors que la « commission nationale pour la gestion des finances et des bien gelés en faveur de l’Etat», dort encore sur ses lauriers de la confiscation. Il faut dire que le gouvernement de transition tunisien n’arrive pas encore à prendre une décision sur le sort de ces entreprises et donc à les doter d’organes de gestion définitifs et les prémunir ainsi contre les abus de certains administrateurs judiciaires que la justice, dépassée par le flux de procès de la Révolution, n’arrive plus à contrôler. Tout cela aussi, alors que le juge Adel Ben Ismaïl se débat, tout seul et travaillant presque 7/7 et 20h/24 dans ses bureaux de l’ancienne BH où la file  d’attente quotidienne  s’allonge à ne plus finir et où rencontrer le juge est une vraie course d’obstacles. Cette Commission de confiscation n’a pas encore terminé, de son côté, l’inventaire des biens confisqués et n’a pas non plus  encore procédé au  transfert de propriété de ces biens, pour que le nouveau propriétaire, l’Etat tunisien, puisse en disposer, soit par la vente, la privatisation ou la mise dans le giron des entreprises publiques. Six mois, presque jour pour jour (le décret étant publié le 14 mars 2011), après la promulgation de son texte de loi, la confiscation reste virtuelle et juste par le fait du prince !

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