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Karboul, Sfar,

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Les termes

Les termes « mascarade », « funeste comédie », « mise en scène de mauvais aloi  » utilisés pour qualifier l’ambiance et la fin malheureuse de la plénière de l’ANC, vendredi, expriment peut-être le dégoût ressenti par les Tunisiens qui ont suivi le débat parlementaire, mais ne répondent pas à toutes les questions à caractère politique suscitées par l’évènement.

Cette initiative engagée par Al-joumhouri d’Ahmed Néjib Chebbi et l’Alliance démocratique de Mohamed Hamdi, appelait à l’audition de la ministre du Tourisme, Amel Karboul, et du ministre chargé de la Sécurité, Ridha Sfar, sur l’autorisation d’entrée à des touristes juifs porteurs de passeports israéliens. Elle a été appuyée bien évidemment par Ennahdha, le CPR, Wafa, Ettakattol et quelques députés indépendants.

Un premier débat a eu lieu à partir de mercredi entre présidents des groupes parlementaires sur la séance d’interpellation : sera-t-elle ouverte ou à huis clos. Et les partis qui étaient derrière l’initiative, Al- Joumhouri et l’Alliance démocratique étaient les plus acharnés pour exiger que la plénière soit publique. Une députée de l’Alliance démocratique a même demandé que les citoyens viennent nombreux pour assister, sur simple présentation de leur carte d’identité, à la séance, parallèlement, bien sûr, à la retransmission en direct de la plénière par la chaîne publique Al Wataniya 2 . Ces deux partis voulaient apparemment faire de la séance une scène à l’égyptienne (fadhiha bi jalajil) pour répondre au ressentiment des islamo-arabistes à l’égard de la normalisation et administrer une leçon inoubliable à ceux qui seraient tentés, parmi les responsables, de franchir cette ligne rouge.

Un deuxième débat était engagé sur la portée réelle de l’initiative. Ira-t-elle jusqu’au retrait de la confiance aux deux ministres pour paralyser l’activité du gouvernement, ou s’en tenir à de simples excuses de la part des deux responsables ? Mais, on comprend a posteriori que ces questions n’ont jamais été posées de manière claire et tous les scénarios envisagés pour mener cette initiative à bon port et en engranger le maximum de dividendes politiques.

Mais, en fait, cette confusion remarquée dans les esprits des initiateurs de la procédure de l’audition, explique le désordre qui a régné en fin de séance.

Le parti Ennahdha est resté en retrait depuis le début. Etant un des initiateurs les plus actifs de l’audition et le premier bénéficiaire, sa jubilation était perceptible du fait que la besogne était à la charge d’autres que lui, plus est, des formations politiques appartenant à la mouvance islamo-arabiste, qui sont mieux au fait du dossier de la normalisation et de la lutte contre le sionisme.

Pourquoi tout cela ? la question ne manquait pas de légitimité, dès les premiers pas faits dans cette direction, lorsqu’un agent de sécurité apparemment d’obédience islamiste est intervenu à Attounsiya pour donner les détails de documents et de procédures administratives en rapport avec le dossier de l’entrée des israéliens pour le pèlerinage d’Al Ghriba, des révélations qui touchent de manière claire à la sécurité nationale . A cette date, aucun des partis qui ont affiché leur souci pour la sécurité nationale n’a protesté contre cet agent ; au contraire, ils ont curieusement applaudi et mis en branle, à partir de cette date, la machine de la destitution qui a abouti à la séance du vendredi 9 mai 2014.

Le pourquoi, qui était au début motivé par le constat des effets négatifs de l’audition sur la saison touristique et l’image du pays, a pris un autre sens après cette fin de séance chaotique.

Les initiateurs de l’audition ont voulu adresser un message à Mehdi Jomâa qui aligne , depuis sa désignation, plusieurs succès sur les plans intérieur et international. Et à ce rythme, il pourra être sollicité pour rempiler au-delà du prochain scrutin, et même pour deux mandats encore, comme l’ont annoncé plusieurs acteurs politiques. Mais le maintien de Mehdi Jomâa et de son équipe, après les prochaines élections, risque de priver les partis gagnants, qui ont trop attendu depuis la révolution, ou qui ont été frustrés de leur victoire du 23 octobre 2011, d’être associés à la gestion du pays.

Ridha Sfar, pour sa part, est dans la posture , aux yeux des islamistes ,de quelqu’un qui va loin dans sa lutte contre l’extrémisme religieux .La stratégie du démantèlement des cellules terroristes, de la reprise des mosquée des extrémistes dissidents , de la neutralisation des réseaux d’envoi des Tunisiens en Syrie , au Nord-Mali et en Libye , des attaques contre les terroristes retranchés à Chaâmbi , commence à porter ses fruits . Donc il faut l’intimider. Et on a vu la troïka ou ce qui en reste, réagir de manière simultanée. D’abord, Marzouki annonce, en plein Chaâmbi, un plan pour gracier les repentis, Ben Jaâfar tient le même discours, le même jour ,à Washington et Rached Ghannouchi reprend la même phrase sur une chaîne de télévision locale, quelques heures après. Le message était clair. Cette stratégie va loin, et il faut qu’elle s’arrête à mi-chemin. Et l’audition était un des freins conçus pour bloquer cette stratégie.

Mais en analysant les objectifs fixés pour cette procédure (envoyer un message clair à Mehdi Jomâa et à son ministre de la Sécurité), en rapport avec les moyens mis en œuvre pour les atteindre ( opter pour la séance plénière ouverte , destitution des deux ministres comme plafond et présentation d’excuses de leur part aux députés et au peuple , comme plancher ), on s’aperçoit, sans grand effort ,que la mauvaise préparation explique la mascarade de la fin .

On a vu les partis concernés passer, dans l’embarras et face à une opinion publique déboussolée, d’une motion de censure à un simple communiqué incolore. Cette opinion publique s’est attendue le long de la journée de vendredi, à voir, derrière cette procédure, une cause noble et une démarche pertinente, mais en lieu et place, elle a découvert des députés hésitants auxquels on a assigné, dans l’improvisation, l’objectif de changer les données politiques du pays en ayant recours à des querelles mesquines, des comportements écœurants et des attitudes hideuses.

Le parti Ennahdha a voulu tout au long de la crise montrer que cette cause n’est pas la sienne, mais les ficelles étaient tellement grosses que sa responsabilité paraît pour le moins évidente, du fait même qu’il est le premier bénéficiaire de cette interpellation.

Aboussaoud Hmidi

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Les termes « mascarade », « funeste comédie », « mise en scène de mauvais aloi  » utilisés pour qualifier l’ambiance et la fin malheureuse de la plénière de l’ANC, vendredi, expriment peut-être le dégoût ressenti par les Tunisiens qui ont suivi le débat parlementaire, mais ne répondent pas à toutes les questions à caractère politique suscitées par l’évènement.

Cette initiative engagée par Al-joumhouri d’Ahmed Néjib Chebbi et l’Alliance démocratique de Mohamed Hamdi, appelait à l’audition de la ministre du Tourisme, Amel Karboul, et du ministre chargé de la Sécurité, Ridha Sfar, sur l’autorisation d’entrée à des touristes juifs porteurs de passeports israéliens. Elle a été appuyée bien évidemment par Ennahdha, le CPR, Wafa, Ettakattol et quelques députés indépendants.

Un premier débat a eu lieu à partir de mercredi entre présidents des groupes parlementaires sur la séance d’interpellation : sera-t-elle ouverte ou à huis clos. Et les partis qui étaient derrière l’initiative, Al- Joumhouri et l’Alliance démocratique étaient les plus acharnés pour exiger que la plénière soit publique. Une députée de l’Alliance démocratique a même demandé que les citoyens viennent nombreux pour assister, sur simple présentation de leur carte d’identité, à la séance, parallèlement, bien sûr, à la retransmission en direct de la plénière par la chaîne publique Al Wataniya 2 . Ces deux partis voulaient apparemment faire de la séance une scène à l’égyptienne (fadhiha bi jalajil) pour répondre au ressentiment des islamo-arabistes à l’égard de la normalisation et administrer une leçon inoubliable à ceux qui seraient tentés, parmi les responsables, de franchir cette ligne rouge.

Un deuxième débat était engagé sur la portée réelle de l’initiative. Ira-t-elle jusqu’au retrait de la confiance aux deux ministres pour paralyser l’activité du gouvernement, ou s’en tenir à de simples excuses de la part des deux responsables ? Mais, on comprend a posteriori que ces questions n’ont jamais été posées de manière claire et tous les scénarios envisagés pour mener cette initiative à bon port et en engranger le maximum de dividendes politiques.

Mais, en fait, cette confusion remarquée dans les esprits des initiateurs de la procédure de l’audition, explique le désordre qui a régné en fin de séance.

Le parti Ennahdha est resté en retrait depuis le début. Etant un des initiateurs les plus actifs de l’audition et le premier bénéficiaire, sa jubilation était perceptible du fait que la besogne était à la charge d’autres que lui, plus est, des formations politiques appartenant à la mouvance islamo-arabiste, qui sont mieux au fait du dossier de la normalisation et de la lutte contre le sionisme.

Pourquoi tout cela ? la question ne manquait pas de légitimité, dès les premiers pas faits dans cette direction, lorsqu’un agent de sécurité apparemment d’obédience islamiste est intervenu à Attounsiya pour donner les détails de documents et de procédures administratives en rapport avec le dossier de l’entrée des israéliens pour le pèlerinage d’Al Ghriba, des révélations qui touchent de manière claire à la sécurité nationale . A cette date, aucun des partis qui ont affiché leur souci pour la sécurité nationale n’a protesté contre cet agent ; au contraire, ils ont curieusement applaudi et mis en branle, à partir de cette date, la machine de la destitution qui a abouti à la séance du vendredi 9 mai 2014.

Le pourquoi, qui était au début motivé par le constat des effets négatifs de l’audition sur la saison touristique et l’image du pays, a pris un autre sens après cette fin de séance chaotique.

Les initiateurs de l’audition ont voulu adresser un message à Mehdi Jomâa qui aligne , depuis sa désignation, plusieurs succès sur les plans intérieur et international. Et à ce rythme, il pourra être sollicité pour rempiler au-delà du prochain scrutin, et même pour deux mandats encore, comme l’ont annoncé plusieurs acteurs politiques. Mais le maintien de Mehdi Jomâa et de son équipe, après les prochaines élections, risque de priver les partis gagnants, qui ont trop attendu depuis la révolution, ou qui ont été frustrés de leur victoire du 23 octobre 2011, d’être associés à la gestion du pays.

Ridha Sfar, pour sa part, est dans la posture , aux yeux des islamistes ,de quelqu’un qui va loin dans sa lutte contre l’extrémisme religieux .La stratégie du démantèlement des cellules terroristes, de la reprise des mosquée des extrémistes dissidents , de la neutralisation des réseaux d’envoi des Tunisiens en Syrie , au Nord-Mali et en Libye , des attaques contre les terroristes retranchés à Chaâmbi , commence à porter ses fruits . Donc il faut l’intimider. Et on a vu la troïka ou ce qui en reste, réagir de manière simultanée. D’abord, Marzouki annonce, en plein Chaâmbi, un plan pour gracier les repentis, Ben Jaâfar tient le même discours, le même jour ,à Washington et Rached Ghannouchi reprend la même phrase sur une chaîne de télévision locale, quelques heures après. Le message était clair. Cette stratégie va loin, et il faut qu’elle s’arrête à mi-chemin. Et l’audition était un des freins conçus pour bloquer cette stratégie.

Mais en analysant les objectifs fixés pour cette procédure (envoyer un message clair à Mehdi Jomâa et à son ministre de la Sécurité), en rapport avec les moyens mis en œuvre pour les atteindre ( opter pour la séance plénière ouverte , destitution des deux ministres comme plafond et présentation d’excuses de leur part aux députés et au peuple , comme plancher ), on s’aperçoit, sans grand effort ,que la mauvaise préparation explique la mascarade de la fin .

On a vu les partis concernés passer, dans l’embarras et face à une opinion publique déboussolée, d’une motion de censure à un simple communiqué incolore. Cette opinion publique s’est attendue le long de la journée de vendredi, à voir, derrière cette procédure, une cause noble et une démarche pertinente, mais en lieu et place, elle a découvert des députés hésitants auxquels on a assigné, dans l’improvisation, l’objectif de changer les données politiques du pays en ayant recours à des querelles mesquines, des comportements écœurants et des attitudes hideuses.

Le parti Ennahdha a voulu tout au long de la crise montrer que cette cause n’est pas la sienne, mais les ficelles étaient tellement grosses que sa responsabilité paraît pour le moins évidente, du fait même qu’il est le premier bénéficiaire de cette interpellation.

Aboussaoud Hmidi

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