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Karim Harouni, Tunisie

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Le 24 mars dernier

Le 24 mars dernier, l’opérateur aérien turc, TAV Tunisie, signait un accord avec le ministère du Transport, l’engageant à faire les efforts nécessaires pour rééquilibrer le trafic aérien entre les deux aéroports qu’il gère, Enfidha et Monastir dans le cadre d’une concession. En fait, cet accord ne comportait aucune clause coercitive. Ceci explique largement que cet accord est jusqu’ici resté lettre morte et que le trafic passagers demeure jusqu’à la fin du mois de mai 2012, inégalement réparti entre les deux aéroports que gère TAV Tunisie. L’opérateur s’est , de plus, employé à se cacher derrière les difficultés de la conjoncture internationale pour oublier qu’il avait déjà signé un accord l’engageant formellement et officiellement à assurer un minilum de 1,5 million de passagers par an pour l’aéroport de Monastir et de payer une redevance à l’Etat tunisien, calculée en fonction de ce minimum vital pour un aéroport dont la capacité est de 3,5 millions de passagers par an. «Nos amis» les Turcs de TAV Tunisie, n’ont fait rien de rien.

 

Comme on le constate sur le tableau ci-dessus, le trafic passagers sur l’aéroport de Monastir, pour les cinq premiers mois de l’année en cours, n’a augmenté que de 1,1 %. Celui de l’aéroport d’Enfidha augmente, lui, de presque 126 %. Monastir reçoit toujours moins de passagers qu’Enfidha et le rythme de croissance du trafic passagers augmente toujours plus vite sur l’aéroport d’Enfidha qui n’a que qelques années d’existence que sur celui, plus ancien et normalement plus connu par les TO et les compagnies aériennes, de Monastir qui dessert les régions touristiques de Sousse, Monastir et Mahdia.

Le trafic est équilibré malgré TAV.

Il faut cependant avouer qu’on ne peut nous empêcher de constater qu’en nombre de passagers, l’aéroport de Monastir en aura finalement reçu 267.856 en 5 mois, contre 409.414 passagers à l’aéroport d’Enfidha. Pour le seul mois de mai dernier, Monastir (111.958) aura même reçu presqu’autant de passagers qu’Enfidha (144.479), représentant presque la moitié du total de passagers (de Monastir) pour les 5 premiers mois de cette année. L’équilibre est plus manifeste en mouvements d’avions. Au cours des cinq premiers mois 2012, le nombre d’avions ayant atterri à Monastir, était de 2.797 contre 2.972 pour l’aéroport d’Enfidha. On se rend pourtant compte que ce trafic a augmenté plus pour Enfidha qui n’enregistrait que 1.517 vols pour les cinq mois 2011 !

Manifestement donc, TAV Tunisie, ferait plus de communication pour promouvoir l’aéroport d’Enfidha que sur celui de Monastir qu’il néglige même et n’entretiendrait que très peu, à en croire les termes du dernier rapport du ministère du Transport sur l’état de l’aéroport de Monastir et sa maintenance. On n’a, en tout cas, vu aucune affiche, aucune action de communication de la part de TAV Tunisie sur l’aéroport de Monsratir. Une commission avait été constituée au sein du ministère pour veiller à l’application de l’accord signé avec TAV à propos de Monastir. Il semble cependant que cet accord ne vise qu’à éteindre les feux de la contestation dans les rangs des employés de l’aéroport de Monastir. Ministère et ministre savent très bien que le choix de l’aéroport reste du seul ressort de la compagnie qui assure la desserte et du TO qui programme le vol. L’OACA, comme, du reste, le ministère, ne peuvent et ne pourront rien y changer.

Ce que Harouni dit et qu’il ne peut ou ne veut pas faire.

L’accord avec TAV pour « faire les efforts nécessaires» , du fait de l’absence de mesures coercitive, vide cet accord de tout son sens. Il permet au ministre de dire ce qu’il ne peut faire et permet à TAV de ne pas faire ce dont le ministère dit de l’accord et même de rester Zen face à tout ce qui pourrait s’écrire à ce propos.

Ce que le ministre Karim Haroun, manifestement plus prompt à voyager le plus loin possible pour convoyer les commandes des autres et à exercer la censure par la publicité [La CTN nous informe, en effet, que le ministre a donné des ordres pour exclure notre site de sa dernière campagne Pub sur le car-ferry Tanit, suite à notre article], ne dit pas et qu’il pourrait faire, existe pourtant bel et bien.

Karim Harouni, ministre dans un gouvernement ami de notre amie la Turquie, pourrait, en effet, demander la révision du contrat de concession pour augmenter le minimum de passagers à assurer par TAV Tunisie pour l’aéroport de Monastir. Cela obligerait TAV, au moins, et même s’il ne le réalise pas à cause de la crise, à faire plus de communication sur Monastir. TAV n’y fera certainement pas 3 millions de passagers, mais pourrait aisément faire un million de passagers par an pour l’aéroport de Monastir.

Le ministre Harouni n’en est cependant à un premier oubli de ce qu’il pourrait et devrait faire. Il y a plus d’un mois, au cours d’un séminaire organisé par la SNCFT (dont il était parti convoyer les wagons de Chine), KarimHarouni avait promis, pour fin juin, un rapport sur la restructuration du ministère. «Le document portera sur les mesures relatives à la gestion, à la législation réglementant le transport et au contrôle », disait l’agence officielle TAP qui rapportait cette promesse, non tenue, par le ministre Karim Harouni. Entretemps, l’OACA perd de l’argent, donne des maisons et des voitures gratis à du personnel qui n’est pas le sien sans qu’il en parle ou le dénonce. Entretemps aussi, les finances de Tunisair partent en vrille et la compagnie ressemble désormais plus à une agence d’emploi qu’à une compagnie commerciale qui devrait au moins s’auto-financer. Le ministre ne trouve pourtant rien d’autre à dire que d’annoncer l’acquisition d’un nouvel avion dont l’achat remonte pourtant à l’année 2006. IL voyagera certainement aussi pour le convoyer !

Khaled Boumiza

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La traversée pour un séjour de 3 jours

La traversée pour un séjour de 3 jours, n’était pas des moins fatigantes. Mais le jeu semblait en valoir la chandelle, pour un ministre qui voyageait, pour la première fois si loin, au frais d’un Etat qui ne le reconnaissait, il y a à peine deux ans, qu’au fond d’une cellule. On parle ici du ministre du Transport, Karim Harouni et de son dernier périple asiatique à Séoul, Busan et Okpo, à l’occasion de la mise en mer du nouveau Car Ferry «Le Tanit». Un voyage, qui appelle plus d’une remarque, comme nous en avions été témoins. Un voyage dont nous vous rapportons aussi, quelques anecdotes, faute d’autres activités [ni le ministre, ni l’ambassadeur ne nous en avaient parlé] qu’aurait pu avoir le ministre à Séoul.

– Un voyage qui tombe sous le couperet de la note de Hammadi Jbali.

Avec billet d’avion d’au moins 6000 DT par personne en business class (nécessaire, vu les 11 heures de pénible trajet pour ce genre de voyage) et un séjour dans l’un des plus luxueux hôtels de Séoul (500 USD la nuit), le ministre a certainement pris une revanche sur sa propre histoire.

Le ministre nous avouant lui-même, à Séoul, où nous l’avions rencontré dans l’hôtel Lotte, que l’Etat n’a pas les moyens d’assurer le transport de médias tunisiens pour les besoins de l’évènement d’Okpo, on comprenait donc que c’était la CTN, maître de cérémonie dans cette mission de prise en main du Car Ferry Tanit, qui payait, même les coups de téléphone du premier responsable du secteur des transports en Tunisie. La délégation invitée par la CTN comprenait plus d’une dizaine de personnes, dont on avait trouvé grand nombre à l’hôtel où logeait le ministre Harouni. On pourrait aussi supposer que le logement ait été pris en charge par l’ambassadeur tunisien à Séoul.

Dans les deux cas, le geste nous semble pour le moins, incompréhensible. Le ministre, comme le reste de la délégation, n’étaient pas d’une grande utilité dans la cérémonie d’Okpo, puisque le seul habilité à signer la prise de possession du bateau, était le PDG de la CTN.

Cela est d’autant plus incompréhensible, qu’au même jour (le 29 mai), la présidence du Gouvernement organisait un séminaire sur «le contrôle des dépenses publiques, renfort pour la bonne gouvernance ». Ce même mois de mai, «le chef du gouvernement provisoire, Hamadi Jbali a envoyé aux ministres et secrétaires d’Etat , membres du gouvernement, une note dans laquelle il dit constater que les missions à l’étranger des ministres et secrétaires d’Etat ont dépassé celles des ministres de Ben Ali et que cette course vers les voyages nuit à l’action du gouvernement et alourdit le fardeau des dépenses publiques».

Un ministre dont on ne comprenait, par ailleurs, pas les raisons objectives d’un voyage où il n’a rien signé et n’a rencontré aucun responsable coréen de haut niveau si l’on exclut sa rencontre avec des responsables de Daewoo chemin de fer, apparemment à leur demande et pour un dossier, vieux comme les rames achetées du temps de Ben Ali. A part une présence honorifique, payée par une entreprise en difficultés financières, les responsables qui accompagnaient le ministre, étaient tout aussi en hors jeu que lui.

En dehors de ces remarques de principe, tout au long de moins de 3 jours, nous avons pu cependant découvrir un ministre, plutôt ouvert, presque candide, sympathique même, qui veut bien discuter mais reste obtus notamment sur ses convictions politiques partisanes et sa position, comme celle de son parti, à propos des médias et du secteur de l’information.

Parfois gauche, certainement par manque d’expérience, parfois tellement spontané, qu’il n’en arrêtait pas d’égrener les anecdotes. En voici quelques unes.

– Le ministre menace les syndicalistes à plus de 10 mille Km de distance. Frimes ?

Dès son arrivée à l’hôtel d’Okpo, le ministre du Transport est repris dans la tourmente des activités de son ministère. Le téléphone que le PDG de la CTN lui prête (5 DT la minute), n’arrête pas de sonner, surtout que le décalage horaire trompe les Tunisiens qui appelleraient même à 2 H du matin, heure coréenne.

 

Réunissant, debout, la délégation tunisienne, le ministre répond au téléphone. Sa conversation était publique, puisque le ministre n’avait pas cherché à s’isoler ou à chercher la confidentialité d’un autre coin de la salle. Il semblait être et il le montre en parlant à voix claire, en discussion sur un sujet en relation avec les derniers grévistes de Tunisair et qui ont débordé «jusqu’à déchirer les documents de l’avion », comme il nous le dira plus tard. «Dès mon retour, nous prendrons ensemble les décisions qui s’imposent », dit-il à son interlocuteur que nous ne devinons pas. «Il faut que cela cesse. Personne ne doit se sentir au-dessus de la loi», menace-t-il, à 10 mille kilomètres de la capitale tunisienne. On ne sait, pour notre cas, si sa détermination était sincère ou s’il frimait juste pour la galerie. Ce qui est sûr, c’est qu’au jour où nous mettons en ligne, aucune annonce de sanction n’a été portée à la connaissance de la presse tunisienne.

– Le «ministre du transport de la Révolution, transporte seul ses bagages».

La réunion terminée, le ministre Karim Harouni, qui semble sur sa carte de visite décidé à se débarrasser du «Abd» qui faisait de son nom «le serviteur du généreux » en référence à Dieu, allait prendre le chemin de sa chambre. Un liftier coréen lui propose alors de prendre en main son bagage, comme l’y oblige son travail. Le ministre refuse et en fait une occasion, dans une réaction politicienne, pour lancer en souriant, que «à l’ère de la Révolution, le ministre du Transport, transporte lui-même son bagage» !

Apparemment fier de sa trouvaille de promotion de la «Révolution, vue par Ennahdha», le ministre tunisien du Transport se montrera disponible et même demandeur, à toutes les sollicitations demandes de photographies que lui font les courtisans et quelques membres de sa délégation. «Avant la Révolution, c’étaient les autres qui voulaient être photographiés à côté des ministres. Après la révolution, ce sont les ministres qui le demandent», lâche-t-il comme un slogan d’une campagne politique bas de gamme.

– «Souvenir, souvenir», tout y passe, même le casque du chantier.

Candide, le ministre du Transport l’a été, lorsqu’il avait tenu à conserver les souvenirs de sa première «célébration» de ministre en dehors des murs de son pays. Karim Harouni a ainsi conservé le casque blanc qu’il portait, lors de la visite du chantier d’Okpo où avait été construit le Car Ferry Tanit. Il a aussi tenu à conserver les étiquettes, avec son nom et sa qualité de ministre gravé dessus, lors des différentes phases de la célébration de la livraison du bateau. Et c’est un Karim Harouni, heureux comme un enfant, qu’on découvrait ce jour-là !

– Le lapsus de Harouni sur la Turquie en Corée du Sud.

En prononçant son discours, certes sobre même s’il n’arrêtait pas de faire toujours référence à la Tunisie de la Révolution en parlant du Car Ferry, le ministre du Transport a commis cependant un lapsus, peut-être révélateur. Parlant de la coopération, le ministre Harouni parle de la Turquie au lieu de la Corée. Debout à côté de lui devant le pupitre, l’ambassadeur corrige l’erreur du ministre en traduisant ses propos du français vers l’anglais. Le lapsus était peut-être révélateur d’une intention de coopération économique, plus orientée vers la Turquie que vers une Corée lointaine et qui est courue par cette même Turquie pour son savoir-faire en matière d’industrie automobile.

– Le ministre qui manie les baguettes à merveille.

Prenant part au déjeuner, organisé par le constructeur Daewoo du Car Ferry Tanit, le ministre tunisien du Transport s’est essayé aux baguettes chinoises. Karim Harouni, s’est ainsi montré habile à manier la baguette.

 

Assis à côté du premier responsable du chantier naval coréen, Harouni a aussi rendu hommage à la nourriture coréenne, pourtant typique.

– Harouni : «Surtout pas Marzouki» !

Visitant les différents pavillons du Tanit, en compagnie du Commandant du navire, le ministre tunisien du Transport, politiquement Nahdhaoui, s’est, à un certain moment, fait prier d’entrer, par le Commandant de bord. Lapsus, ce dernier l’avait invité par un «Je vous en prie Monsieur le Président». Harouni éclate de rire, s’arrête en levant les mains et réplique par un «Non, pas Marzouki quand même».

Le ministre Nahdhaoui du Transport, qui s’était certainement laissé aller à cette réplique d’un moment de détente, laisse pourtant transparaître le climat, assez lourd, qui règne entre Ennahdha et la Présidence de la République.

Très probablement tenu au courant, sur l’un des téléphones du PDG de la CTN (celui du ministre n’ayant peut-être pas le roaming ou craignant le coût de ce dernier), le ministre réagissait ainsi, à sa manière, à la polémique des déclarations et des contre-déclarations, des staffs respectifs de Moncef Marzouki et de Hammadi Jbali, notamment à propos des compétences de certains membres du gouvernement.

 

– المخلوع«le déchu », fait rire Harouni aux éclats.

A la fin de la cérémonie de remise des clés du Tanit aux autorités tunisiennes, une «soirée privée » a été organisée, dans le salon de l’hôtel. L’objet en a été un imitateur connu de la voix de l’ancien président tunisien, ou le المخلوع ,comme aiment à l’appeler tous les dignitaires du régime actuellement en place. Le spectacle, fait d’imitations et de répliques connues de l’ancien président tunisien, a beaucoup fait rire, presqu’aux larmes, le ministre du Transport et ancien prisonnier politique pendant le règne du المخلوع .

– Harouni fait une petite prière pour bénir le Tanit.

On tenait à revenir à ce geste, hautement symbolique d’un ministre croyant qui n’oublie pas de rendre grâce au Dieu qui a rendu possible la construction d’un tel bateau en seulement 21 mois. Un ministre qui tenait aussi à faire de ce bateau, comprenant pourtant deux bars et une discothèque, un lieu fait aussi pour ceux qui n’oublient pas leurs devoirs religieux et un lieu, certes de divertissement, mais aussi un lieu où s’exprime toute la diversité culturelle de la Tunisie.

 

Sans aucun regret pour l’information contenue dans notre dernier papier sur le bateau Tanit, mais loin de toute velléité de diaboliser quoi que ce soit, nous faisons au contraire remarquer que le geste du ministre a été fortement apprécié par tous les présents, y compris les Coréens. Comme le ministre et comme tous les responsables de la CTN, nous espérons que sa prière apportera bien la bénédiction à un bateau et à une entreprise qui en ont grand besoin.

Khaled Boumiza.

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