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Khalil Zaouïa, Ansar Charia

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Le ministre des Affaires sociales

Le ministre des Affaires sociales, membre de la Troïka gouvernante en Tunisie, était tellement heureux de sa trouvaille qu’il n’a pas hésité à la présenter, vendredi 26 juillet, successivement sur deux plateaux TV (le 20 heures de la Wataniya 1 et Nessma). Sur la chaîne Hannibal, on avait eu droit à un ministre, toujours de la Troïka, qui défend les «Ansar Charia» que son collègue de l’Intérieur mettait, le même matin, en accusation dans les meurtres de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi

– La voiture, mode Khalil Zaouïa.

Selon cette théorie, qui ne tient notamment pas compte du code de la route, «lorsque vous êtes en voiture pour un trajet de 100 kilomètres et que cette voiture, [ndlr : manifestement traficotée puisqu’elle ne fait que 80 kilomètres en 24 mois… durée de vie de l’ANC !], vous fait déjà parcourir quatre-vingt kilomètres, il n’est pas rationnel de revenir au point de départ pour changer de voiture».

Khalil Zaouïa, et derrière lui toute l’ANC, manifestement, mauvais conducteurs et devraient réviser leur code de la route, ne savent ostensiblement pas que, sur une autoroute, la loi fixe aussi bien les vitesses maximales que les vitesses minimales et rouler à pas de tortue est puni comme pour l’excès de vitesse. Sur une route nationale, la loi punit les conducteurs-tortues pour création d’un bouchon, gêne de la circulation et mise en danger des automobilistes. Il est donc préférable, soit de se ranger sur le bas-côté et laisser le volant à un meilleur conducteur, soit de changer de voiture.

Par simple analogie, la voiture-ANC est une voiture-tortue, elle roule en deçà de ses capacités techniques et son conducteur faisait exprès de rouler à si basse vitesse, dans un agenda partisan manifeste. Par analogie aussi, cette voiture-tortue dont était fier le ministre Khalil Zaouïa créait un bouchon et le peuple dont est issue la légitimité dont se targue toute la Troïka, n’arrêtait pas, depuis au moins une année, de klaxonner et de crier son ras-le-bol de cette voiture et de son conducteur, alors que ce dernier prenait un malin plaisir à rouler à pas de tortue et à refuser toute assistance pour l’aider à rouler plus vite et arriver à temps à destination. Par analogie enfin, cette voiture-tortue-ANC mettait en danger tout un pays et l’issue de la révolution de tout un peuple qui attend, depuis deux ans, l’épilogue de cette ANS transitoire.

Pendant 33 mois, en effet, l’ANC a d’abord pris en otage la volonté de tout un peuple qui l’avait élue pour une année (avec possibilité d’une seule rallonge de six mois) en déclarant «l’ANC maîtresse d’elle-même», en installant un régime d’Assemblée et en donnant tous les pouvoirs de Ben Ali à des chefs de gouvernement Nahdhaouis.

Pendant trente-et-un mois, cette ANC dépensait généreusement (se rappeler les salaires des Constituants et les salaires en devises de certains d’entre eux) l’argent du peuple à étirer avec un honteux taux d’absentéisme, leur «légitimité» dans des marchandages partisans dont le seul objectif était une Constitution et des textes législatifs qui leur garantiraient le pouvoir après des élections qui devenaient presqu’un mensonge d’Etat, tant étaient nombreux les dates qui lui étaient fixés.

Des discussions byzantines sur des sujets chaque fois inventés comme la Charia, l’égalité des sexes, l’exclusion politique, la défense de la révolution et autres absurdités pour un peuple qui attendait simplement l’emploi, le développement des régions et des conditions de vie meilleures.

Des discussions aussi, d’un niveau qui ne faisaient même plus perler leurs fronts (pour certains sertis du médaillon des «pieux»), de la sueur de la honte et avec des voix que le ridicule n’arrivait même plus à faire taire. C’est tout cela qui a retardé la marche de la voiture-ANC. Le peuple avait cru avoir élu une «Ferrari», les partis de la Troïka en feront, volontairement et on pourrait même croire que c’était de manière planifiée, le vieux tacot dont parlait fièrement le ministre de la Troïka, Khalil Zaouïa. Et c’est ce vieux tacot que dénonce, depuis des mois, le peuple, source première et originelle de la légitimité !

– Les bons «Ansar Charia», selon Salim Ben Hamidane.

Sur une autre chaîne, ce même soir de vendredi dernier, c’était Salim Ben Hamidane, un ancien islamiste converti au CPRisme, qui reprenait cette théorie, foireuse comme nous l’avions démontré, de la voiture. Ben Hamidane a cependant fait mieux. Questionné sur la responsabilité des «Ansar Charia», dans les assassinats de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi telle que dite, du bout des lèvres par le ministre de l’Intérieur, Ben Hamidane minimise. Le ministre tunisien des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, voulait ainsi manifestement faire croire qu’il existerait de bons et de mauvais «Ansar Charia», appelant à ne pas faire l’amalgame et à ce que le traitement de cette question ne soit pas fait de manière sécuritaire, dite de Ben Ali. Mis au doigt, les «Ansar Charia», trouvent ainsi encore en Tunisie, après au moins deux meurtres politiques, après les évènements sanglants de Bir-Ali Ben Khlifa, de Rouhia et Chambi où ces cellules ont porté les armes contre leurs concitoyens.

Cette question centrale de la position d’Ennahdha, parti au pouvoir, par rapport aux mouvements extrémistes qu’il a toujours courtisés et ménagés, a, par ailleurs, été posée, lors de l’émission, samedi 27 juillet sur Nessma, à Abdelhamid Jlassi d’Ennahdha. Sa position a été fidèle à la politique du double langage de son parti et y a rejoint la position de Ben Hamidane, défendant les «Ansar Charia» sous le couvert d’un traitement sécuritaire à éviter et du non-amalgame entre «bons» et mauvais extrémistes religieux. C’est, à notre sens, ce genre de positions, celles de Ben Hamidane et de Jlassi, qui encouragent et encourageront les extrémistes à narguer les autorités, sans avoir peur !

K.M.B

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