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Jamais déclaration de ministre n’aura eu un effet aussi direct, instantané et néfaste sur l’économie et les finances de la Tunisie que celle de la ministre des Finances concernant le comportement de la devise tunisienne, sa dépréciation ou sa dévaluation.

Le premier effet direct de l’accélération de la décente aux enfers du Dinar tunisien sera visible sur le stock de la dette qui augmentera et risquerait même de devenir intenable. «Une grande partie de la détérioration du ratio du taux d’endettement est due au gonflement automatique du stock de la dette, ce qui compliquerait davantage le redressement de dette », a indiqué le ministre conseiller Taoufik Rajhi à Africanmanager. Mais pas que cela. «Le glissement du dinar est néfaste aussi pour le budget en ce qui concerne la facture énergétique surtout en l’absence de l’application de la règle d’ajustement automatique», précisait encore le ministre conseiller. Et d’une manière générale, l’impact sur le budget sera visible, surtout dans la prochaine loi de finances complémentaire qui deviendra nécessaire. «Cela se traduirait par un gonflement du montant emprunté en dinar, ce qui réduirait marginalement l’usage du montant emprunté ou le besoin réel en dinar puisque le budget a été cadré avec l’hypothèse d’un taux de change de 2.25 contre le dollar», expliquait encore Rajhi.

  • Le coût de 10 mots

On pourra dire que cette dépréciation (A fin mars le euro était à 2,53 dinars. Samedi dernier, il montait à 2,69833 dinars et à 2,69860 le dimanche), due plus à une anticipation des opérateurs qu’à un nouvel évènement économique qui en aurait accéléré la détérioration, mais les effets seront plus ostensibles à l’intérieur qu’à l’extérieur. La Tunisie ayant une industrie de transformation, les coûts de production vont augmenter et les prix de vente en local aussi. Certains industriels ont déjà leurs calculettes en main et font les comptes da «la douloureuse» qu’ils vont devoir payer pour leurs commandes à terme. D’autres, comme les hôteliers liés par des contrats d’allotement, voient déjà fondre leurs recettes comme neige au soleil de la prochaine saison touristique qui s’annonçait pourtant sous de bons auspices. Même le marché parallèle qu’adorent les Tunisiens, où tout est importé, devrait voir ses prix augmenter. C’est ce qu’on appelle l’inflation importée. Des sociétés, comme la CPG (Phosphate de Gafsa) et un grand nombre de groupes privés, vendront peut-être plus, mais toujours moins cher. Résultat des courses, ceux qui ont soumissionné à des marchés risquent de devoir retirer leurs offres, et ceux qui ont reçu leurs bons de commande ou signé des contrats risquent d’y laisser des plumes. En définitive, c’est la phrase de ministre (Le Dinar va glisser petit à petit vers 3 dinars l’euro) qui coûtera le plus cher dans l’histoire de la Tunisie !

Tirant les conclusions de cette bourde médiatique tuante de sa ministre qui aura coûté pour le moment une hausse de 4 points de la dette du pays selon les spécialistes, le chef du gouvernement tunisien a déjà annoncé, depuis Sfax où il était en visite, de prochaines restrictions au niveau des importations. Toute tentative de la BCT (Banque Centrale de Tunisie) de soutenir le Dinar pour en faire remonter les cours par des opérations de rachat, étant plus coûteuse que rentable, le GUN (Gouvernement d’Union Nationale) semble ainsi s’orienter vers une nouvelle politique de restrictions économiques. Un choix douloureux, mais certainement plus charitable pour l’économie du pays. La seule thérapie possible devra être de choc.

  • Les biens de consommation en point de mire

La demande de rationalisation des importations n’est pas nouvelle en Tunisie. Il y a au moins 3 ans que la BCT en parle, même si ce n’est pas de manière directe. Au terme des 3 premiers mois 2017, les importations tunisiennes ou de produits de consommation ont totalisé 1640,9 MDT. Une année auparavant, ce n’était que 1469,2 MDT. Des chiffres et une évolution qui inquiètent. Mais il y a plus intriguant. L’exemple des importations de produits énergétiques (1423,1 MDT en 3 mois 2017 sans compter la contrebande), en hausse de presque 60 %, sans que cela se traduise en hausse de production.

C’est en tout cas cette ligne des produits de consommation que les experts (les véritables), conseillent de rationaliser et même carrément de suspendre, au moins jusqu’à la fin de l’année.

D’autres économistes vont plus loin et proposent de limiter les importations à 5 catégories de marchandises. Il s’agit des matières premières pour l’industrie, les biens d’équipement, les pièces de rechange, les médicaments et les céréales.

Tout cela nécessitera d’en informer officiellement l’OMC qui ne saurait refuser ce à quoi a droit chacun de ses membres. Il s’agira aussi de mettre en veilleuse les conventions de libre-échange comme avec celle conclue avec la Turquie en attendant de la revoir. Et enfin de discuter avec les principaux partenaires commerciaux comme la France ou l’Allemagne et l’Italie qui comprendront certainement l’urgence de la situation. Il s’agira en même temps surtout, de n’autoriser le financement que pour l’importation des matières premières et semi-produits, les biens d’équipement et pour la maintenance. En effet, l’importation des produits d’équipement et produits intermédiaires notamment, ne doivent pas être touchés car en lien direct avec la production et l’exportation.

Mais le ministère du Commerce et les services de la Douane devront surtout serrer les mailles du filet à l’entrée des frontières, terrestres, maritimes et aériennes. Mais aussi passer au crible les conteneurs et les valises des voyageurs venant de Chine, de Turquie et d’autres destinations connues pour le commerce de valises, faire fonctionner les scanners à conteneurs en gardant un œil sur certains douaniers. Il faudra encore que les Gouverneurs s’activent pour nettoyer les rues des villes du commerce «parallèle au parallèle déjà installé dans certains Souks. Tout cela, le temps d’un semestre. Ce n’est pas trop pour sauver toute une économie.

  • Vous voulez des solutions ? En voilà une esquisse

Reste à savoir jusqu’où ira Youssef Chahed dans cette nouvelle politique de restriction des importations qu’il a annoncée à Sfax. Reste aussi, pour que tous ceux qu’il va priver aient confiance en lui, qu’il commence à réduire le train de vie son administration, en frais divers (Déplacements, véhicules, bons d’essence, titres de voyage etc..). Il faudrait peut-être aussi, qu’il aille voir le Mufti et se fasse aider par Ennahdha pour annoncer une année sans pèlerinage. Qu’il décide également de ne pas importer des moutons pour l’Aïd. Qu’il discute avec les agences de voyage pour diminuer les voyages organisés à l’étranger le temps d’un semestre, qu’il accélère le lancement de l’emprunt en devises auprès des TRE (Tunisiens résidant à l’étranger) proposée par la BAT (Banque d’Affaires de Tunisie). Il faudra aussi et surtout qu’il parle à la population de tout cela, non pas à travers les médias, mais directement, sur les places publiques et dans les quartiers, de Sfax, de Tunis et d’ailleurs qui lui ont dernièrement témoigné une sympathie qu’il devrait mettre maintenant à profit. C’est à ces seules conditions que ceux qu’il va priver de leur confort quotidien et de leurs gains, adopteront les mesures douloureuses qu’il pourrait annoncer !

 

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Le directeur du recouvrement à la STEG, Mounir Ghabri, a annoncé mardi 25 mai 2016, à shems fm, que les impayés de la steg ont atteint jusqu’au mois d’avril dernier 950 millions de dinars.

Il a ajouté lors d’une réunion qui s’est tenue à Monastir que la valeur globale des dettes des établissements touristiques de la région s’élèvent à 4,5 millions de dinars et que la STEG est prête à accorder des facilités de paiement tout prenant en compte les intérêts de chacun, a ajouté la même source.

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