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Lamia Zribi

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Après moult soubresauts et atermoiement, le président de l’Instance indépendante supérieure des élections (ISIE), Chafik Sarsar, a tiré sa révérence. Enfin il va assurer l’intérim jusqu’en juillet 2017, mais on peut considérer d’ores et déjà – d’ailleurs ceux qu’il administre seront les premiers à le faire, en prenant leur aise – qu’il est enterré. Et même pas en première classe ! Pourtant ses états de service méritaient mieux, malgré le fait qu’ils soient un peu ternis par le rapport explosif de la Cour des comptes (CC) sur les dérives au sein de l’instance. Sarsar a officiellement annoncé son départ, définitif, hier mercredi 17 mai 2017, sans que ça fasse un pli. Enfin si, un peu, trop peu au regard du poids dans la vie publique de l’institution qu’il pilote. Le futur ex-président de l’ISIE va aller peupler le cimetière post-révolutionnaire déjà rempli de personnalités qui, il y a peu, étaient indispensables, pour paraphraser la célèbre citation de l’homme d’Etat français Georges Clémenceau (né en 1841 et décédé en 1929). Il va rejoindre l’ex-ministre de l’Education nationale, Néji Jalloul, l’ex-ministre des Finances, Lamia Zribi, l’ex-ministre de la Fonction publique, Abid Briki, etc., dont les noms, il n’y a pas si longtemps, étaient sur toutes les lèvres. Qui parle d’eux à présent ? Quasiment personne. L’anonymat, surtout dans un pays qui a perdu la boussole, n’a jamais été efficace dans son travail d’ensevelissement des personnes et de leurs épopées.

Il est vrai aussi que le principal intéressé, Sarsar, s’était très mal dépatouillé avec son affaire. Au départ il avait suscité l’intérêt, et même le soutien, d’une bonne partie de l’opinion publique en faisant état de pressions, insoutenables, sur les épaules des membres de l’ISIE et de manoeuvres pouvant torpiller la jeune démocratie. En conséquence il avait décidé, le 09 mai 2017, de se saborder – démissionner – pour alerter les citoyens. Puis à peine quelques heures après, patatras, il fait savoir qu’il est retourné au travail, comme si de rien n’était. Il fait pire le lendemain en déclarant que, après mûre réflexion, il ne faut plus parler de pressions et qu’il a annoncé sa démission juste pour obtenir des garanties et des conditions de travail convenables, pour le bien de la nation. Avouez qu’il y a mieux en matière de clarté et de transparence ! Le lendemain, le 10 mai, Sarsar se fait presque tancer publiquement par le chef de l’Etat, Béji Caid Essebsi, pour avoir osé quitté le navire, en pleine tempête. BCE en rajoutera une louche dans la confusion en affirmant que le président de l’ISIE lui avait promis des pourparlers et qu’il était encore possible d’éviter la démission. On connait la suite…

On file du mauvais coton

Pour une fois, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, n’est pour rien dans cette hécatombe au sein de l’ISIE, à quelques mois des élections municipales. Les membres de l’instance et le microcosme politique qui gravite autour, pour les intérêts que nous savons, se sont débrouillés tout seuls, comme des grands, pour atomiser Sarsar. Jusqu’au bout, les membres de l’instance, pour d’obscures raisons, lui ont bien savonné la planche, allant jusqu’à boycotter la dernière réunion du Conseil censée pourtant éteindre l’incendie. Jusqu’à hier mercredi, Sarsar déclarait, sur RTCI, au matin, qu’une réunion de la dernière chance était prévue dans la journée et qu’on pouvait encore sauver les meubles, pour peu que ses collaborateurs acceptent d’entériner les 4 nouveaux axes qu’il propose et qui sont censés toiletter l’instance, notamment après la sortie calamiteuse, pour l’ISIE, de la CC. Mais il faut croire que les membres de l’instance n’ont pas voulu de la version ‘Sarsar chevalier blanc de la vertu et de la morale publique’, et par conséquent n’ont rien fait pour le retenir. Au contraire, on a entendu, dans la même journée, qu’un vice-président lui avait déjà été collé. Chronique d’un enterrement annoncé, pour Sarsar. Pourtant ce qu’il proposait était très séduisant sur le papier, notamment le fait de bétonner les ordinateurs de l’ISIE pour éviter les intrusions partisanes durant les scrutins ou de mettre de l’ordre dans la manière de gérer les deniers publics.

On n’aura pas d’explications sur l’étrange conduite des membres de l’ISIE face à ces propositions qu’ils auraient dû agréer les yeux fermés s’ils s’agitaient uniquement pour le bien du pays, pas plus d’explications sur le lâchage de leur chef, comme on n’en aura non plus sur la tiédeur de la CC qui a fini par quasiment blanchir les dérives au sein de l’ISIE, en les qualifiant de simples erreurs de gestion et non de malversations ou détournements de fonds publics, qui auraient pu valoir aux indélicats de l’ISIE des explications devant le juge, voire pire. Et là aussi, comme pour le départ de Sarsar, les étranges conclusions de la CC n’ont pas fait de vagues, encore moins indigné les citoyens. Indignez-vous ! a théorisé le Français Stéphane Hessel, dans un fameux essai qui a fait le tour de la planète en 2010, inspirant tous les révoltés de la terre. Et bien il semble qu’en Tunisie la capacité d’indignation – face à tous les trains qui n’arrivent pas l’heure, ratés et autres injustices – ait atteint ses limites. Les citoyens ont en ce moment les yeux braqués sur les prix, notamment à l’approche du Ramadan, et on peut les comprendre vu le niveau de l’inflation. Après on parlera de l’Aïd el-Fitr, en abondance, puis cap sur le farniente de l’été. Ensuite on bascule dans la rentrée scolaire, avec sa cohorte de dépenses qui assomment les ménages, après vient l’Aïd el-Kébir…. Ainsi de suite. Un cycle infernal qui ne laisse pas beaucoup de place à autre chose, fût-il un sujet de la plus haute importance qui engage le devenir de toute une nation. La Tunisie file du mauvais coton…

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Lors de son audition ce mardi 16 mai 2017, à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Chedly Ayari, a exprimé sa satisfaction par rapport au taux de croissance réalisé durant le premier trimestre de cette année, qui atteint 2,1% et ce, après plusieurs années durant lesquelles elle n’a pas dépassé 1%.

Le gouverneur de la BCT a cependant indiqué que la situation économique et financière du pays demeure très difficile et compliquée, expliquant cela par 4 variables, à savoir l’inflation, la balance budgétaire, le solde des opérations courantes et la dette extérieure. Ces facteurs impactent quotidiennement la politique monétaire du pays et ont un effet direct sur le marché de change, démentant ainsi les bruits qui avaient récemment circulé dans plusieurs médias selon lesquels, la baisse du dinar par rapport aux monnaies étrangères a pour cause la déclaration de la ministre des Finances, Lamia Zribi, récemment limogé par le chef du gouvernement.

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Le limogeage des ex ministre de l’Education, Néji Jalloul, et des Finances, Lamia Zribi, continue de faire des vagues, surtout celui du dirigeant à Nidaâ tounès qui semble avoir été lâché par les siens et sans doute aussi par le mouvement Ennahdha. Sans le confirmer explicitement, Slim Besbes, élu d’Ennahdha à l’Assemblée des représentants du peuple dont il est membre de la commission des finances, a laissé en tendre que son parti était au parfum. Il a confié à A2fricanmanager que « le mouvement Ennahdha n’a pas été surpris par la décision du limogeage des deux ministres Zribi et Jalloul. D’un côté, le limogeage du ministre de l’Education était bien à l’ordre du jour depuis quelque temps, il ne restait que le choix du timing. Ce dernier a été bien choisi concomitamment à la survenance d’un événement inattendu et catégoriquement inadmissible. Il s’agit d’une déclaration irresponsable de la ministre des Finances qui a enflammé le marché des devises et causé beaucoup de tort à notre économie, déjà brisée. De toute façon nous pourrons que respecter la décision du chef du gouvernement qui use de ses pleines prérogatives », a-t-il dit.

Interrogé sur un éventuel remaniement ministériel, Besbes a indiqué qu’il devrait sûrement y en avoir un prochainement, ce qui doterait le gouvernement Chahed d’une structure définitive et même refondue. « D’une part, les décisions récentes d’attribuer les deux ministères concernées respectivement à Slim Khalbous et à Fadhel Abdelkefi ne sont que des nominations provisoires pour assurer la continuité de la gestion des activités des deux départements ministériels. D’autre part, Ennahdha ainsi que les autres composantes du gouvernement d’union nationale tiennent à développer des réflexions et des concertations profondes sur les bilans des différents membres dudit gouvernement et à s’associer au choix des alternatives », a-t-il expliqué.

L’ancien ministre des Finances a sous un autre angle indiqué qu’il est tout à fait naturel qu’un parti défende ses ministres, les soutienne et ne les lâche pas. « Mais en plus, la pratique avait toujours prouvé que Ennahdha apporte habituellement un soutien réel au bloc gouvernemental et, au moins pour ce gouvernement, il n’a jamais manifesté une quelconque hostilité en ciblant un ministre bien déterminé, y compris ceux qui viennent d’être limogés », a-t-il dit.

Interrogé sur le projet de loi sur la réconciliation économique, Slim Besbes a dit : « Je pense en premier lieu que dans notre contexte, et en vue d’œuvrer pour une véritable transition économique, la conciliation économique est un impératif indispensable et inéluctable pour libérer toutes les initiatives, mobiliser l’ensemble de nos potentiels et assainir notre climat d’affaires ». Néanmoins, affirme-t-il, « cette conciliation devrait respecter toutes les exigences constitutionnelles et être en harmonie avec les impératifs de la justice transitionnelle. Elle devrait bien être entourée par tous les garde- fous qui la prémunissent contre le risque de son détournement vers un compromis sélectif s’insérant dans un agenda partisan assez étroit ».

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Quand l’annonce du lifting de l’équipe de Youssef Chahed est tombée, ça ne nous a pas étonné. D’abord parce nous l’avons ébruité ici même, dès le 16 février 2017, sur la base d’informations que la garde rapprochée du chef du gouvernement avait pris soin, et nous insistons sur ce point, de souffler à l’oreille des journalistes de Jeune Afrique. Ensuite parce qu’on voyait bien, avant même notre article, que l’idée de débarquer le désormais ex-ministre de l’Education nationale, Néji Jalloul et l’ex-patronne des Finances, Lamia Zribi, démangeait fortement Chahed, pour moult raisons. La première étant, c’est notre hypothèse, du moins pour Jalloul, de faire une offrande à l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) pour acheter une non moins hypothétique paix sociale sans laquelle aucun programme de réformes, de relance économique ne tient la route une seconde, notamment dans les régions où on a beaucoup de mal à venir à bout de l’éruption sociale. Mais Chahed a dû temporiser, et même reculer à certains moments car éjecter Jalloul, un poids lourd, au sein du gouvernement – son ministère a le budget le plus gros -, aux yeux de l’opinion publique et dans son propre parti, n’a pas été chose aisée. Elle ne l’est toujours pas quelques jours après ce fracassant remaniement, au regard des déflagrations médiatico-politiques de cette affaire, en Tunisie et même en France. Encore une mauvaise publicité pour notre pays.

Par ailleurs le chef du gouvernement a été contraint de retarder les échéances car Jalloul est coriace. Le bonhomme, en fin communiquant et stratège qu’il est, s’est drapé avec sa popularité pour ameuter les médias, arguer de son bon droit à mener des réformes sur lesquelles tous ses prédécesseurs ces dernières décennies se sont cassés les dents et a même osé lier son sort à celui de Chahed : Je suis venu avec lui, je partirai avec, grossièrement traduit. Et dernièrement, plus combatif que jamais, il a redit qu’il avait l’intention de rester à son poste au moins jusqu’en 2019, date des élections générales. Tout cela pour dire qu’il a vendu chèrement sa peau, avec un boucan d’enfer, gênant Chahed jusqu’au bout et l’obligeant à sortir du bois, à découvert, pour l’immoler publiquement. Une manoeuvre très habile, très loin de la docilité de l’ancien ministre de la Santé, Saïd Aïdi, qui a accepté, sans livrer bataille, de mettre sa tête sur le billot pour être sacrifié par Chahed, pour les mêmes raisons que Jalloul : Une improbable paix sociale, avec la même organisation, l’UGTT. L’histoire se répète…

Mais à y regarder de plus près, cette issue était prévisible. Le bras de fer entre Jalloul et les syndicats a été long, violent ; néanmoins même au plus fort de la crise, alors que tout le monde guettait son apparition pour soutenir son ministre, Chahed ne l’a jamais fait, du moins publiquement. L’attente devenait lancinante. Et quand Chahed a daigné en parler, lors de son entretien avec la télévision nationale, le 16 avril 2017, c’était pour dire «c’est moi qui l’ai nommé, c’est moi qui le renverrai, dans un jour, dans un mois ou dans une année». A partir de ce moment les choses étaient pliées, c’était juste une question de temps. Et les réactions plus que timorées de son parti, qu’il partage avec Jalloul, Nidaa Tounes, confortent le chef du gouvernement dans ses choix, aussi discutables soient-ils. A part les cris d’orfraie de Hafedh Caïd Essebsi et de Borhen Bsaies, petits cris du reste, qui plus est sur leurs pages Facebook, Nidaa Tounes n’a pas moufté face à l’éviction de l’un des siens, et pas des moindres. Et les militants, abasourdis, médusés, sans doute émoussés par toutes les tuiles qui leur sont tombées sur la tête depuis le retrait de Essebsi père, regardent ça sans broncher, hagards, groggy, tétanisés. Mais c’était sans compter sur la pugnacité de Jalloul, qui a distribué des coups après son lâchage par son état-major. Et ce ne sera pas son dernier coup de sang…

Les intouchables, et les autres…

Jalloul est monté au front pour dire tout haut ce que beaucoup de responsables de son parti chuchotent ou se disent derrière les murs : Chahed n’a pas osé s’attaquer aux poulains du mouvement Ennahdha, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Zied Ladhari et le ministre de l’Emploi, Imed Hammami. Pourtant les motifs ne manquent pas, notamment pour le premier. Bon, nous n’allons pas lui mettre sur le dos, à lui tout seul, l’épineux problème du déficit de la balance commerciale de la Tunisie, ce serait malhonnête intellectuellement, mais on s’autorise à dire que Ladhari n’a jusqu’ici sorti de son chapeau aucune piste, et encore moins des solutions pratiques, pour stopper l’hémorragie. Et quand il a fait une sortie dernièrement, c’était pour défendre, une énième fois, les produits turcs, responsables en grande partie des malheurs de la Tunisie. Quand on ose crier sur les toits que la Turquie a une vraie stratégie commerciale et que ses produits sont compétitifs, car de qualité et pas chers, alors qu’on ne peut pas en dire autant pour ceux de la Tunisie, cela mérite, à tout le moins, d’être convoqué par le chef du gouvernement pour être recadré. L’ex-ministre des Finances elle l’a été, et même plus, suite à sa sortie sur le glissement du dinar. On voit bien la différence de traitement !

Idem pour le ministre de l’Emploi. Certes lui aussi on ne peut pas lui coller tous les malheurs du pays en la matière, les emplois dépendant du redécollage de l’économie, du réveil de tous les secteurs, mais on a au moins le droit de dire qu’il ne brille pas particulièrement par sa capacité à imaginer des solutions pour les chômeurs. Il y a bien « le Contrat de la Dignité », dont il ne cesse de faire, très ardemment d’ailleurs, la promotion, mais primo ce plan n’est pas sorti de sa tête, secondo de toute façon il ne suffira pas à soigner un mal endémique. Il en faudrait des tonnes des programmes de ce type, les caisses publiques n’en ont pas les moyens, et le tissu entrepreneurial privé est trop laminé pour absorber les vagues de diplômés. Mais, encore une fois, Hammami n’est pas responsable de tout cela, ce que nous cherchons à dire c’est qu’il n’y a pas plus de raisons objectives de le maintenir au gouvernement que Jalloul ou Zribi. Pourquoi ces derniers ont été éjectés alors que Chahed ne pipe pas mot sur Hammami et Ladhari ? La réponse est à trouver dans la déliquescence avancée de Nidaa Tounes et, à contraroio, dans la cohésion, du moins apparente, de son compagnon, Ennahdha…

Un contexte politique chaotique

Nidaa Tounes, sorti majoritaire des dernières législatives, il faut le rappeler, s’est tellement mal débrouillé, à coups de querelles intestines et du fait de l’absence criante de leadership éclairé, que son socle parlementaire s’est étiolé, au point de se faire damer le pion par Ennahdha. Résultat des courses : Le parti que les électeurs avaient éjecté par la porte est revenu par la fenêtre. Et il ne s’est pas contenté de cela, il revendique désormais haut et fort la majorité, au Parlement et ailleurs, et donc clame son droit à dire son mot sur les grandes orientations qui président aux destinées du pays. Il s’est même autorisé à siffler la fin des velléités de Chahed en affirmant qu’il n’y aurait pas un autre remaniement en juin, sans doute parce qu’il pressent que le couperet du locataire de la Kasbah pourrait s’approcher de trop près de ses poulains, Ladhari et Hammami. Le chef du gouvernement va-t-il se plier à cette quasi injonction de l’état-major d’Ennhdha ? On verra bien, en attendant les nidaïstes sont en train de tester, douloureusement, toutes les limites d’une coalition de partis au pouvoir et découvrent, chaque jour un peu plus, que leurs dirigeants sont pieds et poings liés devant les nahdaouis. La preuve en est la cour assidue que fait le président de la République, Béji Caïd Essebsi, au leader d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, pour qu’il bénisse son très controversé projet de réconciliation économique et financière.

La médiocrité de certains dirigeants de Nidaa Tounes n’a d’égal que leur acharnement à couper toutes les têtes qui pourraient faire de l’ombre à Essebsi fils. L’ancien secrétaire général du parti, Mohsen Marzouk en sait quelque chose. Le sort de Jalloul nous fait dire qu’il n’incommodait pas que Chahed, il est aussi un problème pour les siens, qui l’ont regardé « périr » sans lever le petit doigt. Mais, si on veut faire un peu de prospective, les électeurs pourraient se rappeler du seul ministre qui est venu avec un programme de réformes et qui a commencé à le dérouler avec une rapidité stupéfiante, au point de désarçonner les enseignants, plus habitués à un train de sénateur et à des pratiques que personne n’a osé contester jusqu’ici (les cours sups dans les arrière-cours et les garages, par exemple). Nidaa Tounes est actuellement un champ de ruines et tout porte à croire, si le changement de cap n’intervient pas très rapidement, que les prochaines échéances électorales seront une hécatombe pour le parti, surtout en présence d’alternatives comme Badil de Mehdi Jomaa. S’il ne doit en rester qu’un, à Nidaa Tounes ou ailleurs, ce pourrait bien être celui qui a refusé un portefeuille ministériel alors que l’usage veut, en Tunisie ou même dans d’autres démocraties, qu’on accepte le poste avant même de savoir de quoi il s’agit, si on ne fait des pieds et des mains pour l’avoir, même si on n’y est pas utile et si on n’en a pas la carrure…

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Le vice-président du mouvement Ennahdha, Ali Laârayedh a déclaré, lors d’une conférence de presse tenue, mardi 2 mai 2017 à Tunis, que le chef du gouvernement, Youssef Chahed avait déjà informé son parti du limogeage des ministres de l’Éducation et des Finances, Néji Jalloul et Lamia Zribi.

Il a par ailleurs ajouté que des négociations sont en cours pour désigner les nouveaux successeurs des deux ministres limogés.

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Nous venons d’apprendre d’une source proche du dossier que 4 candidats sont en lice pour le poste de ministre des Finances, actuellement occupé par intérim par le ministre de l’Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi.

Il s’agirait de ;

– Faycel Derbel ; conseiller économique auprès du chef du gouvernement

– Taoufik Rajhi ; ministre-Conseiller auprès du Chef du Gouvernement Chargé du Suivi des Réformes Majeures .

– Moez Labidi ; Conseiller auprès de la ministre des Finances sortante, Lamia Zribi

– Slim Ben Aifa ; résidant à l’étranger

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Le double renvoi de son gouvernement, de Neji Jalloul et de Lamia Zribi, ne fait pas parler que la presse nationale. Dans un long article, en date du 2 mai courant, c’est le journal français Le Monde qui y va de ses propres analyses. «Ils étaient le prix à payer pour faire retomber la pression. Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, mis en difficulté par un contexte social tend» estime le quotidien français. Et la même source de préciser que «en sacrifiant Mme Zribi, le premier ministre tient, selon les observateurs, à apaiser la grogne de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), la fédération patronale ». Dans le cas du limogeage du ministre de l’éducation, Néji Jalloul, c’est plutôt l’Union générale du travail tunisien (UGTT), le principal syndicat des salariés, que Youssef Chahed a cherché à accommoder»

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Le nouveau ministre des Finances par intérim, Fadhel Abdelkefi, a pris ce mardi 2 mai 2017 ses fonctions après le limogeage de l’ancienne ministre Lamia Zribi. Devant les cadres du ministère et des institutions sous tutelle, Abdelkefi a fait part de ses priorités. Il s’agit d’abord pour lui de sauvegarder les équilibres de la finance publique, ensuite d’assurer la collecte des ressources, et enfin de mettre en application la feuille de route des réformes.

Force est cependant de remarquer, à voir la position adoptée par chacun des cadres et hauts cadres de ce ministère, dans cette photographie prise alors que le nouveau ministre abdelkefi s’adressait à eux, que tous, à quelques rares exceptions, avaient les mains croisées et les visages fermés.

Les spécialistes de la communication non-verbale indiquent que «les études sur les postures de fermeture et d’ouverture mentionnent que les bras croisés semblent évoquer un statut plus faible et font que les personnes apparaissent moins powerful par rapport à des positions d’ouverture du corps. Le style powerful est un style de comportement qui est notamment perçu comme plus attractif, plus compétent et plus dominant ». Selon un site spécialisé, «les personnes peuvent utiliser cette posture comme méthode de dissuasion. Le but étant de dissuader autrui de ne pas s’approcher trop près et de ne pas les attaquer». Bon courage Monsieur le ministre !

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Elle a nié l’avoir dit. Voici pourtant, textuellement, ce qu’elle avait déclaré lundi 17 avril 2017, sur les ondes de la radio privée Express Fm. «C’est vrai que, dans le cadre de nos négociations avec le FMI, il y a tout un chapitre relatif à la politique financière. Le 1er objectif est que l’inflation reste à des niveaux raisonnables. La seconde question est la valeur du Dinar (…). Il est prévu, selon les propositions du FMI, que la BCT diminue ses interventions, pour laisser glisser le Dinar et qu’il diminue graduellement pour éviter qu’on soit amené à une dévaluation brutale. Actuellement, nous ne prévoyons pas une dévaluation brutale. Il se peut que la BCT diminue ses interventions pour laisser diminuer graduellement la valeur du Dinar, c’est-à-dire un glissement progressif (…). La ministre dit ainsi, clairement, que la politique de lissage du Dinar est une proposition du FMI, ce que réfute Jihad Azour du FMI justement.
Interrogée ensuite par Wassim Belarbi sur une possibilité, même théorique, d’un Euro à 3 DT, la ministre répond que (Ndlr : Timing exact de 30’53’’ de l’interview qui a duré 33’27 selon le Podcast mise en ligne par Express FM) «c’est en effet ce que disent les experts. Il y a même quelques études du FMI qui disent, même si ce n’est pas dans la conjoncture actuelle qui s’est légèrement améliorée, mais dans des périodes antérieures, que l’Euro à 3 DT est la situation normale de l’économie car la valeur du Dinar est le reflet de la situation économique». Le mot est dit. Pas en présence d’un conclave d’experts ou de spécialistes du change, mais dans une radio grand-public et à une heure de grande écoute. Le grand public l’a certainement mal interprété, mais il fallait peut-être tenir compte de tout cela et nuancer ou préciser les propos. Or la ministre s’était déjà envolée, dès le lendemain, vers Washington pour achever les négociations avec le FMI.

⦁ Chronique d’une chute malintentionnée
C’est en fait, en confirmant, certainement de manière involontaire, cette hypothèse de l’Euro = 3 DT en citant des études du FMI à l’appui que la ministre a donné le top départ aux anticipations des opérateurs économiques, sur un marché où la devise était déjà en état de petite sécheresse. Et ce sont ces anticipations qui flamberont le prix du Dinar.

En effet, selon les données de la BCT, le Dinar était à 2,48 ou 2,49 durant la période allant du 11 au 14 avril 2017. Le lundi d’après, une journée avant la fameuse interview de la ministre sur les ondes d’Express FM, le Dinar s’échangeait à 2,5087 euros. Le jour même de l’interview, il était à 2,5667 euros.
Les effets de l’anticipation des opérateurs n’étant jamais immédiats, ce n’est qu’un jour après, c’est-à-dire le 20 avril 2017, que les choses s’accélèrent. En effet, le jeudi 20 avril, le Dinar s’échangeait ce jour à 2,5949 euros en interbancaire. Le vendredi 21, il était à 2,6939 euros et s’ébranlait déjà. Le samedi 22 et le dimanche 23 avril, le marché est fermé, ce qui explique que le lundi 24 avril la polémique autour du taux de change du Dinar était à son comble et le Dinar s’échangeait à 2,6102 euros. Le 25 avril, la BCT injecte 100 MUSD, ponctionnés sur la réserve nationale en devises, sur le marché du change pour lisser la baisse du prix du Dinar qui reste ainsi à 2,6102 et s’y stabilise le lendemain. Voici par ailleurs, une idée sur le change du DT, sur des sites étrangers au courant de la période du 17 au 26 avril 2017 (Source : FxexchangeRate.com)

A son arrivée à Tunis, la ministre organise un point de presse restreint, où elle affirme ceci : «je n’ai pas déclaré que la véritable valeur de l’Euro est de 3 DT», contrairement à ce que tout un chacun peut toujours entendre dans le podcast d’Express FM.
En 4ème point de ce communiqué, la ministre jette l’opprobre sur «les corrompus et les contrebandiers», que la réussite des réformes du gouvernement «dérange jusqu’à éloigner le sommeil de leurs yeux», ainsi que sur «ceux qui profitent, injustement, de la situation actuelle» et qui «s’opposent à ces réformes». Piquée au vif par les appels à sa démission et l’intox de sa fuite parus sur quelques Blogs, elle s’attaque ensuite pourtant à la presse qu’elle prend pour un ânon, en fustigeant «l’intense campagne de presse, qui a détourné mes propos, sur la presse et les réseaux sociaux et dont je conclue qu’elle était fausse et orchestrée, dans le but de perturber le rythme accéléré des réformes entreprises par le ministère et le gouvernement en général». Et de terminer qu’elle était «sûre que ces campagnes de dénigrement allaient avoir lieu». No Comment Mme la ministre. Vos propos d’une ministre d’un gouvernement qui n’en est pas à sa première bourde médiatique en disaient déjà assez !

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«La Tunisie comptait 800 mille agents de la fonction publique, fin 2016», a indiqué le ministre de la Fonction publique et de la Gouvernance, Abid Briki, lors d’une séance d’audition devant la commission de la réforme administrative, de la bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption et du contrôle de gestion des deniers publics. Notons ici que la Tunisie compte, au jour d’aujourd’hui, 11.479.016 personnes.
D’après le ministre, dont les déclarations avaient été rapportées fin janvier dernier par l’agence de presse officielle Tap, «la hausse s’explique par les 9.000 agents réintégrés dans le cadre de l’amnistie générale avant et après la révolution, le recrutement de 2.400 blessés de la révolution, de 1000 ouvriers de chantiers, de 70000 ouvriers issus de la sous-traitance, de 22.000 individus dans le cadre du mécanisme 16 et de 120 personnes fichées par la police».

Pour le benchmark, pour une population au jour d’aujourd’hui de 35.217.241, «les effectifs de l’ensemble de la fonction publique marocaine dépassent aujourd’hui les 860.000 personnes, a indiqué le ministre délégué chargé de la fonction publique lors d’une conférence de presse », selon le site marocain «Bladi.net». En 2016, les dépenses du personnel ont été de 106,7 Milliards DH (24,55 Milliards DT), contre 13,164 Milliards DT pour la Tunisie. Le ratio, pour la Tunisie, est de 0,06 fonctionnaire par tête d’habitant. Pour le Maroc, c’est un ratio de 0,02 fonctionnaire par tête d’habitant.

Le journal en ligne marocain L’Economiste rapporte par ailleurs que «L’analyse par tranches de salaires fait ressortir que 54% des fonctionnaires civils de l’Etat perçoivent mensuellement entre 6.000 (1.394 DT) et 14.000 DH nets (3.253 DT). A peine 2,36% ont un salaire supérieur à 20.000 DH par mois (4.648 DT). Près de 39% ont un revenu mensuel net inférieur à 6.000 DH. Les moins bien lotis sont près de 9,26%. Ils gagnent entre 3 et 4.000 DH par mois ; sachant que le salaire minimum a presque doublé pour atteindre 3.000 DH en 2016 contre 1.586 en 2007». La différence entre les deux économies est à chercher dans la croissance. En face des 2,8 % prévus en Tunisie (Chiffre MOCI) pour l’exercice 2017 après le petit 1 % de 2016, ce sont 4,8 % de croissance du PIB pour le Maroc en 2017.

C’est essentiellement cela qui a fait dire au FMI que la masse salariale de la fonction publique en Tunisie est l’une des plus grandes au monde. Et c’est ce volet qui est actuellement en discussion entre les deux parties. La baisse de cette masse salariale est aussi le casse-tête du GUN, dont la stratégie, pour la baisser, passera par une réforme de la fonction publique. Une réforme qui passera obligatoirement par une sorte de «plan social» par le bais d’un plan de départs à la retraite anticipée qui suppose l’arrêt des recrutements.

Un CMR, en date du 28 mars dernier, s’est aussi penché sur «le projet de loi relatif aux mesures exceptionnelles concernant le départ à la retraite avant l’âge légal. Il a été convenu de soumettre le projet de loi au prochain Conseil des ministres». En fait, pour ce faire, selon la ministre tunisienne des Finances, Lamia Zribi, qui en a fait déclaration à Africanmanager, «on va commencer, d’ici la fin de cette année 2017, par un petit exercice de départ volontaire à la retraite. Ensuite, peut-être en 2018, on ira vers un départ négocié avec les fonctionnaires qui désirent le faire». Et la ministre d’expliquer, lorsqu’on lui demande l’impact de cette mesure sur les dépenses de l’Etat, que «pour le budget, l’effet sera neutre. La masse salariale va diminuer, même si le montant sera transféré aux transferts, du budget, vers la CNRPS qui se distribuer les salaires de ces retraités jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge légal qui leur donnera droit à la prime de retraite versée par la CNRPS. Bien que par un jeu d’écriture comptable, la ligne masse salariale va diminuer».

Le GUN a tablé sur 10 mille, mais on ne sait pas encore quel sera le vrai nombre de ces départs. La population cible est celle dont l’âge est compris entre 57 et 59 ans et qui aura droit à son salaires plein. Et Lamia Zribi de terminer ainsi : «pour les départs négociés, rien n’est encore définitif».

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Elle a accusé le ministre du Transport, Anis Ghédira, de protéger des corrompus, le ministre de l’Education, Neji Jalloul, de nommer son frère, Riadh Mouakhar de signer un contrat, des députés de corruption. A chaque fois pourtant, ses accusations «tonitruantes» font Pschitt. Aux dernières nouvelles, c’est le ministère des Finances que «Samia-Abbou-Parquet» pointait, faisant part de soupçons de corruption qui pèseraient sur un haut cadre du ministère dans une affaire de mainlevée sur différents immeubles confisqués.

Bien qu’elle ait «d’autres chats à fouetter», au vu des relations tendues avec le FMI, le déficit abyssal de la balance commerciale (2,5 Milliards DT à fin février contre 1,35 Milliards DT pour la même période de 2016) et le déficit budgétaire qui se creuse dangereusement (6 % à fin février contre 3,9 prévus dans la LF 2016), la ministre des Finances, Lamia Zribi, a bien voulu répondre.

Concernant l’accusation portée contre le cadre de son ministère (Abdellatif Dachraoui pour ne pas cacher son nom), elle rétorque ceci : «Ce qui s’est passé, comme j’en ai informé l’ARP en réponse à une question orale, c’est que la loi permet aux receveurs des finances à leur totale discrétion, en cas de garanties multiples sur une dette non recouvrée, rééchelonnée ou dont le payement a été retardé et qui est couplée à une dette bancaire, d’accorder au contribuable concerné, une mainlevée partielle sur une partie de la garantie. Cela, dans le simple objectif de lui permettre de payer sa dette, et aux banques et à l’Etat, mais avec la condition expresse que le reste de la garantie soit suffisant pour couvrir la partie de la dette non recouvrée par l’Etat. Cela, surtout que l’Etat se couvre parfois de façon excessive, soit par des garanties ou des hypothèques, bloquant ainsi le contribuable et le mettant dans l’incapacité de payer ses dettes», a ainsi précisé la ministre des Finances à Africanmanager. Et cette dernière d’ajouter que «cette levée partielle est cependant toujours conditionnée par un payement d’une partie de la dette au profit de l’Etat et d’un rééchelonnement du reste. Cela arrive couramment et n’importe lequel des receveurs peut le faire, à plus forte raison le DG en question qui est le chef hiérarchique des recettes des finances. Nous avions par ailleurs revu les textes de loi et avons trouvé qu’il a légalement la latitude d’opérer de cette manière ». Et Lamia Zribi d’annoncer, forte de sa conviction de l’absence de tout soupçon d’irrégularité dans cette opération, que «la CGF (Commission de contrôle général des finances) avait d’ailleurs enquêté, du temps de l’ancien ministre et n’y a rien trouvé de suspect », ce qui blanchit définitivement Abdellatif Dachraoui. Et Zribi d’aller plus loin et d’anticiper, en annonçant que «nous sommes aussi en train de vérifier d’autres opérations de mainlevée similaires pour être sûrs que tout a été fait de manière transparente et conformes aux règlements. De toutes les façons, c’est une opération normale qui se fait dans le cadre d’une politique de souplesse avec les opérateurs, qui vise à préserver les ressources de l’Etat».

Et comme si les accusations foireuses de la députée du parti de la bicyclette ne suffisaient pas, il y a quelques semaines «fuitait» une information faisant état d’interventions de la Primature pour arrêter des opérations de contrôle fiscal approfondi contre un ministre du GUN (Mehdi Ben Gharbia pour ne pas le citer, qui est aussi un homme d’affaires) et un député de Nidaa Tounes (l’homme d’affaire Moncef Sallami, pour ne pas cacher le soleil avec un tamis). «Nous avions entamé, pour ceux qui ne s’en souviendraient pas, tout de suite après l’adoption de la LF 2017 une grande campagne de sensibilisation qui fait partie de tout un plan d’action pour améliorer le recouvrement et notamment alléger le poids des créances classées. Dans ce cadre, nous avions envoyé des courriers, personnels et nominatifs, à tous ceux qui ont un retard de paiement. Ces courriers ont concerné la grande majorité des contribuables et non pas seulement les deux personnalités en question. Ce n’est donc, pour le ministre et le député, ni un contrôle approfondi, ni un contrôle préliminaire. Mehdi Ben Gharbia déclarera d’ailleurs, qu’il s’agissait simplement du rappel d’un paiement qu’il avait oublié. Pour le cas du député, il faut préciser qu’il bénéficie d’un avantage en tant qu’investisseur pour son programme de mise à niveau, il s’agissait d’une demande d’information complémentaire pour les besoins de contrôle de l’administration fiscale». L’affaire, après ces explications de la ministre des Finances, est ainsi close.

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«Deux événements majeurs ont marqué la fin du mois de mars. D’abord, le paiement par les entreprises de la contribution conjoncturelle de 7,5 % [Ndlr : 1,4 Milliard DT selon nos informations]. Ensuite, l’entame, par l’administration fiscale, du recouvrement des créances constatées et la pression sur les recettes des finances pour accélérer le process de leur recouvrement. A cette occasion, les entreprises, surtout soumises à l’impôt de 25 %, ont commencé à payer la contribution de 7,5 % et c’est ce qui a augmenté le montant des recettes fiscales. De son côté, le recouvrement des créances constatées a augmenté, entre janvier et février 2017, de 22 %. L’augmentation des recettes fiscales, pour le 1er trimestre 2017, devrait être beaucoup plus importante grâce au versement de la contribution exceptionnelle». La ministre des Finances expliquera par la suite «que cela a contraint la liquidité des entreprises, qui se sont tournées vers les banques et ces dernières, à leur tour, vers la BCT pour se refinancer, ce qui a obligé cette dernière à augmenter l’injection des ressources qui ont pour la première fois dépassé les 9 Milliards DT». Ainsi expliquait la ministre tunisienne des Finances, Lamia Zribi, à Africanmanager la hausse du montant des injections de liquidité dans les banques tunisiennes par la BCT (Banque Centrale de Tunisie), qui a surpris plus d’un observateur.

Et lorsqu’on lui demande la cause de cet assèchement de liquidités chez le système bancaire, la réponse de la ministre ne se fait pas attendre : elle affirme que «c’est la baisse de l’activité économique qui s’effrite et la faible croissance». Et il n’y a pas que les banques qui en souffrent, puisque «même l’Etat n’arrive plus à lever, par le biais des Bons de Trésor, les montants qu’on mobilisait avant et n’arrive plus à lever les 200 à 300 MDT par mois d’antan».

Lamia Zribi dément par ailleurs que la BCT ait fait une quelconque avance, sous forme de crédit, au Trésor. «D’abord, la loi ne le lui permet pas. Ensuite, les crédits intérieurs pour le mois de mars 2017 sont faibles à cause de l’assèchement des liquidités malgré la hausse des taux», dit-elle avant de se féliciter que «heureusement qu’on a pu lever assez de ressources fiscales au cours de ce mois de mars par le biais des 7,5 % et nous remercions les entreprises pour cet effort de solidarité nationale».

  • Le FMI est déjà à Tunis depuis une semaine

Evoquant ensuite, lors de cet entretien avec Africanmanager, les relations tendues avec le FMI (Fonds Monétaire International), qui aurait retardé sa visite et sa revue de l’économie tunisienne conditionnant le déblocage de la 2ème tranche de l’aide financière, la ministre tunisienne des Finances est cette fois précise et catégorique. «Nous accueillons déjà, depuis la semaine dernière, une mission d’assistance technique du FMI et qui devrait se terminer le 6 avril 2017», indique-t-elle.

Cette délégation d’experts techniques du FMI est en effet au siège même du ministère des Finances, pour une mission d’appui technique à la réforme de la fiscalité. Le ministère a préparé un programme de réforme à intégrer dans le cadre plus général des réformes requises par le FMI. C’est ce programme qui est justement en train d’être discuté avec les experts du FMI, présents au ministère des Finances «et leur appréciation est très positive», nous dit la ministre. Et Lamia Zribi d’être encore plus précise en annonçant que «normalement, la mission pour la revue économique devrait démarrer le 7 avril 2017».

Cette revue, selon nos sources, discutera essentiellement de la réforme de la fonction publique, qui devrait aboutir à une baisse de la masse salariale, de la réforme fiscale, du plan d’action des banques publiques et de l’environnement des affaires, réforme déjà faite par le biais du nouveau code des investissements et les incitations fiscales rattachées et les décrets d’application déjà publiées.

Au terme de sa prochaine visite d’une semaine en Tunisie, le FMI devra alors faire son rapport, lequel document devrait être présenté en juin prochain à son Conseil d’Administration. S’il est accepté, et la ministre est optimiste à ce sujet, la date du déblocage de la seconde tranche du prêt sera fixée. Et Lamia Zribi, toujours optimiste à propos de l’issue de la revue du FMI, d’indiquer que «il se pourrait même, cela reste en tout cas lié à la réussite de la mission du 7 avril et à la décision du CA du FMI, qu’il y ait déblocage de la 2ème et de la 3ème tranches de l’aide, d’un montant total de 640 MUSD».

  • Les recettes avancent bien et les dépenses d’investissement aussi

Chez la ministre tunisienne des Finances, l’optimisme reste de rigueur, même pour la situation économique et financière en général. Elle en veut pour preuve que «l’on avance positivement dans l’exécution du budget par rapport à nos prévisions», affirme-t-elle, avant d’ajouter avec une pointe de fierté que «les recettes avancent bien, et les dépenses aussi. Ce n’est certes pas bon pour le déficit budgétaire qui devrait être à 5,5 %, mais c’est un bon indicateur en matière de consommation de l’investissement qui progresse au-delà même de nos prévisions, du moins pour les 3 premiers mois de 2017. Nos réalisations en matière d’investissements publics sont déjà au tiers du prévu ». Et de préciser que «les projets d’infrastructure progressent, tout comme les projets dans le secteur de l’agriculture et de la santé. Tout cela donnera de la visibilité aux investisseurs privés, bien qu’ils n’avancent pas de leur côté au rythme voulu».

Côté situation financière du pays, Lamia Zribi indique, toujours aussi optimiste, à Africanmanager, que «les recettes avancent bien, en premier lieu grâce aux 650 MDT levés sur le marché international, et en 2ème lieu grâce au refinancement du Million USD qu’on devait rembourser [Ndlr : échéance fin avril 2017], que nous négocions actuellement avec le Qatar la somme de 1.250 MDT, de manière à pouvoir à la fois rembourser et prendre un nouveau financement». En détail, la trésorerie bénéficiera de 500 MDT sous forme de refinancement, 500 MDT qui sont en dépôt à la BCT [Echéance 2018] et qui seront transformés en crédit pour l’Etat tunisien et enfin 250 pour des projets à définir entre les deux parties. Les négociations sont en tout cas en cours, sur les conditions de cette opération. Croisons les doigts et souhaitons que l’optimisme de la ministre soit réel !

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La ministre des Finances, Lamia Zribi, a souligné, mardi 7 mars 2017, la nécessité de soutenir l’investissement privé en Tunisie, notamment dans les régions intérieures, étant donné que l’Etat a une faible marge de manœuvre, qui ne lui permet pas de dépasser les 6 000 millions de dinars au titre des dépenses de développement et d’investissement public direct (20% du total des investissements).
Intervenant à la plénière consacrée à l’examen des questions liées au développement dans les gouvernorats du Nord-Ouest, à l’ARP, la ministre a estimé que le soutien des investissements privés dans les secteurs porteurs constitue un défi stratégique pour le gouvernement, confronté à la nécessité de résoudre les complications administratives, d’améliorer l’infrastructure et d’améliorer le climat d’affaires.
Zribi a par ailleurs fait savoir que 90% des investissements directs inscrits dans le budget de l’Etat de l’année 2016, ont été réalisés.
Elle a indiqué que la part des quatre gouvernorats du Nord-Ouest dans les projets de développement inscrits dans le budget de l’année 2016 et programmés pour l’exercice 2017 varie entre 4 et 6% de l’ensemble des projets dans toutes les régions.
Elle a indiqué que l’accès au financement constitue le principal obstacle devant l’investissement, eu égard à l’affaiblissement de la capacité de financement des banques en Tunisie, et l’insuffisance de leurs capacités en matière d’évaluation des risques, facteurs qui expliquent le non financement des PME.
Elle a évoqué à ce propos, l’action menée par son département pour revoir l’ensemble du système de financement public et restructurer la BFPME, la BTS et la Sotugar.

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La mini tempête autour du mini remaniement est passée. Cette affaire, qui a alimenté les conversions dans les cafés, les salons de thé, agité la classe politique et qui nous a valu une montée de fièvre à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), est retombée comme un soufflet. Un peu comme tous les sujets qui passionnent de manière récurrente les Tunisiens, qui ont la fâcheuse tendance à s’enflammer trop vite, avec tous les débordements langagiers qui vont avec, embarquant toute la nation loin des vraies questions qui la font avancer. L’UGTT, laquelle a montré un moment les muscles, révulsée par le fait que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, ait débarqué brutalement le soldat Abid Briki – il était ministre de la Fonction publique et de la Gouvernance -, a finalement rangé les armes, faisant prévaloir, dit-elle, les intérêts supérieurs du pays. Donc beaucoup de boucan pour rien, in fine. Le bruit autour du soi-disant remaniement est passé certes, mais pas le malaise. Et ce mercredi 1er mars 2017, la ministre des Finances, Lamia Zribi, l’a accentué dans l’émission de Sofiène Ben Hamida, sur Nessma TV…

Zribi a déclaré au sujet du trou abyssal de la balance commerciale : « Avec les membres du gouvernement nous travaillons actuellement pour trouver une solution à ce problème. Il y a des produits superflus que nous importons aujourd’hui mais il ne faut pas oublier que nous avons des accords commerciaux avec plusieurs pays ». Voilà, la raison d’Etat, ou plutôt la déraison, qui veut qu’on s’arcboute à des accords, quitte à flinguer sa propre économie. L’ex-secrétaire d’État au Commerce, Fayçal Hafiane, n’avait pas dit autre chose que ce qu’a reconnu la ministre des Finances ce matin. Il avait même poussé la précision jusqu’à pointer du doigt l’invasion des produits turcs dans le déséquilibre de la balance commerciale de la Tunisie, des produits dont le pays n’a pas réellement besoin. On a eu le chiffre exact ce 1er mars, de la bouche du ministre du Commerce et de l’Industrie, Zied Laâdhari : 1482,2 millions de dinars de déficit commercial avec la Turquie depuis que l’accord de libre-échange est entré en vigueur, en 2005. Hafiane a été éjecté par Chahed pour avoir dit ça, juste ça ! Bon, il a trinqué aussi à cause des attaques fréquentes contre l’inamovible Laâdhari. En fait, Hafiane a commis deux crimes, aux yeux de l’irascible et impulsif chef du gouvernement : Il s’en est pris au pays du non moins susceptible Erdogan, un « ami » d’Ennahdha et il tirait copieusement sur son boss et bras droit (secrétaire général du mouvement) de Rached Ghannouchi, le jugeant trop laxiste. La fragilisation de Laâdhari aurait menacé l’attelage politique hétéroclite à la tête du pays, appelé communément coalition gouvernementale, Chahed a donc opté pour le sacrifice de Hafiane…

Le couperet a raté de peu Jalloul et Zribi

Néji Jalloul, ministre de l’Education, et la ministre des Finances ont failli subir le même sort, mais Jalloul s’est montré très habile dès que le bruit de son éviction imminente est monté. Celui dont le Syndicat de l’enseignement secondaire exigeait ardemment la tête, en fin tribun et communicant qu’il est, s’est drapé avec sa popularité pour parer les coups qui venaient des enseignants. Il a ameuté les médias et a déclaré haut et fort qu’il n’était pas question d’être le spectateur de son débarquement, qu’il entendait rester à son poste pour mener à bien les réformes qu’il a engagées. Chahed, qui jusqu’ici n’a pas voulu arbitrer entre son ministre et les syndicats, et encore moins le défendre, a été pris de court et a dû temporiser. La mobilisation des parents d’élèves et d’une partie des profs a fait le reste. Le chef du gouvernement a battu en retraite, pour finalement afficher la cohésion de son équipe lors de son interview diffusée sur Al Hiwar Ettounsi, le 26 février 2017, avec Jalloul bien en évidence à ses côtés. L’ex-ministre de la Santé, Saïd Aïdi, dont pourtant beaucoup de gens disaient du bien, n’a pas su se protéger de la sorte des missiles de l’UGTT. N’est pas Jalloul qui veut…

Quant à Zribi, elle doit certainement sa survie au fait que le FMI va débarquer très prochainement en Tunisie, pour étudier les modalités du déblocage de la dernière tranche du prêt pour 2016, qui était censée être versée en décembre. Du grabuge au département des Finances et le départ de sa patronne à quelques semaines de ce rendez-vous décisif auraient fait le plus mauvais des effets aux bailleurs de fonds, qui n’en demandent pas tant avec tous les trains qui n’arrivent pas à l’heure en ce moment dans cette Tunisie que ses partenaires, patiemment, portent à bout de bras depuis sa dite Révolution !

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La ministre des Finances, Lamia Zribi, a affirmé que la Tunisie ne suit pas à la lettre les consignes du Fonds Monétaire International (FMI). « C’est la Tunisie qui a décidé de demander l’aide financière du FMI car cela lui permet de regagner la confiance des investisseurs », a déclaré la ministre, lors de son passage, ce mardi 28 février 2017 sur Express Fm/

Concernant la cession de parts dans les banques publiques, Lamia Zribi a indiqué qu’aucune décision n’a été prise à ce sujet : « Il y des divergences de points de vue quant à la question de cession de parts, mais le gouvernement tentera d’aplanir ces divergences dans les jours à venir », a indiqué la ministre à la même source.

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Les deuxième et troisième tranches du prêt accordé à la Tunisie par le Fonds monétaire international (FMI) pourraient être débloquées à la fin du mois de mars 2017, a estimé, dimanche, la ministre des finances, Lamia Zribi.

 » Une délégation du FMI est attendue, en mars prochain à Tunis, pour discuter du processus de mise en œuvre des réformes « , a-t-elle confié à l’agence TAP.
A ce propos, elle a envisagé le déblocage de la deuxième et de la troisième tranches (estimées à 700 millions de dollars), au terme de cette visite.
Le Fonds monétaire international a validé en mai 2016, l’octroi d’un crédit de 2,9 milliards de dollars à la Tunisie.

La Tunisie a jusque-là obtenu 320 millions de dollars à titre de première tranche, alors que le reste du montant sera versé en plusieurs tranches en fonction de l’avancement de l’exécution du programme de réforme économique défini.
Selon Zribi,  » la deuxième tranche de ce crédit aurait dû être versée en décembre 2016 « .

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La ministre des Finances, Lamia Zribi, a affirmé que la Tunisie aura besoin de 8,5 milliards de dinars en 2017.

Lors de son intervention ce mardi 14 février 2017 sur les ondes d’Express Fm, la ministre a en outre indiqué que 6,2 milliards de dinars de ces besoins devraient provenir de l’extérieur.

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Pendant cinq jours, le gouverneur de la BCT Chedly Ayari, la ministre des Finances Lamia Zribi et deux hauts cadres du MF, ont écumé les places financières de 3 pays, la France, l’Allemagne et l’Angleterre, à la recherche de financements pour combler les déficits du budget de l’Etat, à raison de 9 réunions, individuelles ou par groupes, par jour, avec les investisseurs et les bailleurs de fonds. La demande à Londres était tellement importante (70 investisseurs) que le marathon des réunions a dû se faire en groupes de 6 à 7 par membre de délégation. De 8 heures du matin à 20 heures. Même les déjeuners se transformaient en rencontres avec les investisseurs et à 18 heures, on se réunissait avec les organisateurs pour le feed-back des marchés.

  • Dur, dur de s’endetter dans ces conditions !

La discussion n’était pas facile comme en a témoigné l’agence de presse spécialisée Reuters, d’autant que la délégation tunisienne avait, en face d’elle, non des politiciens ou des bailleurs de fonds publics, mais des investisseurs privés, plus soucieux de bénéfices et de délais et conditions de remboursement que de la conjoncture interne de la Tunisie et des perspectives de son processus démocratique. «Nos vis-à-vis dans les discussions pendant le roadshow, sont au courant de tout ce qui se passe en Tunisie dans le détail. Ils ont, par exemple, attiré notre attention que les médecins tunisiens sont en grève et que les pharmaciens aussi, alors que nous discutions. Ils connaissent, par le nom, tous les dirigeants de l’UGTT et suivent leurs déclarations. Tous des signaux négatifs pour la communauté des bailleurs de fonds», nous avouait la ministre tunisienne des Finances Lamia Zribi, lors d’un entretien téléphonique avec Africanmanager.

La délégation tunisienne discutait aussi avec de jeunes loups des finances qui n’avaient cure de notre conjoncture de jeune démocratie et de transition économique. Et la pertinence des questions, face à des réponses dont les membres de la délégation ne maîtrisaient parfois pas toutes les ficelles et imposait un réalisme qui reste incompréhensible pour des vis-à-vis au langage purement technique et financier, rendait leur mission trop dure. «Des techniciens de la finance qui ne comprennent pas qu’on accorde des augmentations salariales alors que le budget ne le permet pas, ou qui ne comprennent pas qu’on ait un déficit commercial élevé alors qu’on refuse toujours de dévaluer notre monnaie», nous disait encore la ministre qui affirme à ce propos que «les investisseurs et les bailleurs de fonds ont été unanimes à poser la question autour de la dévaluation du Dinar». Et Lamia Zribi d’avouer que «la notation de Fitch a beaucoup perturbé le roadshow, beaucoup compliqué les négociations», admettant que «cela rend nécessaire, sinon impérieux, que la Tunisie fasse les efforts nécessaires pour améliorer sa note souveraine, car une autre dégradation nous fermerait les portes des bailleurs de fonds».

Des bailleurs qui ont parfois pressé la délégation tunisienne comme un citron, par des questions, non pas auxquelles ils n’étaient pas préparés, mais pour les réponses qui n’étaient pas parfois logiques pour les techniciens, purs et durs, des finances qu’ils étaient. Mais «on a bien défendu notre dossier et on a même réussi à faire changer d’avis certains par la sincérité des réponses et inspiré assez de confiance», pour arriver à ce taux de 5,625 %, selon le communiqué du ministère des Finances.

  • Les 850 M étaient un choix et suffiraient, si …

Beaucoup d’observateurs et d’analystes se sont par ailleurs demandé pourquoi ne pas avoir pris plus et si la délégation tunisienne, n’avait pas, en fin de compte, échoué dans sa mission. «Nous avions un objectif maximal de 1 Milliard d’euros, selon le mandat qui nous avait été donné par l’ARP. Le montant était en fait un choix, parce que nous avions dû faire le ménage, dans les 206 offres représentant un montant de 1,6 Milliards euros, entre véritables investisseurs, les bonnes banques et les bons fonds d’investissements, pour ne pas tomber dans le spéculatif. Les conditions de certaines offres, comme en matière de taux d’intérêt, de coupon, de maturité et de taux spéculatifs, nous ont finalement fait faire le choix des 850 M pour une maturité de 7 ans, selon les termes du mandat qui nous a été donné par l’ARP et qui était d’une maturité entre 7 et 10 ans. Une plus courte maturité ne nous aurait pas été favorable et une maturité plus longue nous aurait coûté plus cher», a indiqué la ministre tunisienne des Finances à Africanmanager.

Pour la ministre Zribi, «le montant est au-delà des prévisions budgétaires pour l’apport des bailleurs de fonds étrangers et même en-dessous de nos besoins », assure-t-elle, affirmant ne jamais avoir parlé d’un montant d’un Milliard d’euros. Pour elle, «les 850 M devraient être suffisants, à condition de réussir nos discussions avec la BAD, la Banque Mondiale et le FMI dont les autres bailleurs de fonds attendent la réaction, qui devrait normalement arriver en mars prochain, pour se décider de leur côté».

  • A quand un roadshow local des vérités ?

Satisfaite du résultat de la mission, la ministre des Finances insiste pour dire que «le résultat du road-show reste quand même une marque confiance dans le risque Tunisie», dans sa résilience et sa capacité à rebondir. Elle n’en reste pas moins réaliste. «Nous l’avions constaté, l’appréciation externe du risque Tunisie, fait encore peur aux investisseurs, qui ne voient toujours pas les effets des réformes et des améliorations. Le grand hic pour les bailleurs de fonds, reste le déficit budgétaire et courant et l’avancement des réformes qui ont été finalement les deux grands points d’achoppement pour cette sortie sur le marché européen de la dette. Il nous faut nous remettre au travail et avancer plus vite dans les réformes, sinon la prochaine sortie sera encore plus difficile dans de telles conditions», indique-t-elle.

Il reste maintenant, au chef du gouvernement en personne, de faire sa part du travail, celle qui consiste à parler au peuple, à travers un roadshow de réunions populaires et non assis sur un fauteuil derrière les caméras, pour lui dire la gravité de la situation et l’appeler à reprendre le travail et à redoubler d’effort pour remettre son économie en marche et ne pas décevoir tous ceux qui attendent un avenir meilleur de la révolution !

 

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Le road-show tunisien pour la levée d’un milliard d’euros sur le marché de l’euro-bond devrait débuter le samedi prochain. La délégation financière tunisienne, forte de trois ou quatre personnes et qui sera présidée par le gouverneur de la BCT, Chedli Ayari et la ministre Lamia Zribi devrait parcourir les places financières de Paris, Londres et Francfort. Le road-show se déroulera alors que la Tunisie est déjà sous la loupe du FMI (Fonds monétaire international) dont une délégation est déjà en Tunisie depuis quelques jours.
La Banque centrale de Tunisie (BCT) avait déjà désigné la banque d’investissement et d’entreprise française Natixis pour la coordination globale de l’emprunt en euros, Commerzbank et JP Morgan comme Co-arrangeurs de cette opération.

Particularité de cette opération, programmée depuis l’année dernière et reportée pour cause de conjoncture non favorable et liquidité disponible sur le marché local, elle sera «sans béquilles» comme on dit dans le jargon financier. Cela veut dire que la Tunisie sortira sur les marchés financiers internationaux, sans aucune garantie ou parrainage extérieur. On rappelle qu’en 2015, la Tunisie avait déjà obtenu 500 millions USD du marché international des capitaux avec un taux de 1,4% et une maturité de 5 ans, mais avec la garantie américaine de l’USAID.
Une première pour la Tunisie depuis 2007 sur le marché du Samouraï où, malgré la crise des subprimes, elle avait eu plus qu’elle en demandait. Cette sortie sur le marché international de l’euro sera aussi la seconde du genre depuis celle de 2005, qui s’était alors aussi très bien déroulée.

Or, cette nouvelle sortie, qui plus est pour un montant important pour l’économie et les finances tunisiennes, se déroule dans une conjoncture bien spéciale, tant au niveau local qu’international. Localement, la Tunisie a à peine bouclé sa loi de finances (LF) 2017, elle est obligée d’en faire une complémentaire pour la précédente (2016) et elle serait fort probablement obligée d’en préparer une autre pour la LF en cours. Une conjoncture aussi où le service de la dette s’envole et les réserves en devises trinquent. Un exercice aussi où le GUN (Gouvernement d’unité nationale) peine à récolter ses impôts avec plus d’un métier en situation de fronde fiscale, les entreprises étrangères installées en Tunisie qui refusent la taxe conjoncturelle de 7,5 % et la masse salariale qui n’arrête pas de gonfler sans que les indices de production ne s’améliorent.
Sur le plan international, il y a d’abord la crise qui pousse plus d’un pays à se refermer, un commerce international où le déficit se creuse dangereusement avec plus d’un pays, notamment la Turquie (1,3 Milliard DT) et la Chine (plus de 3 Milliards DT), et des exportations qui peinent à rattraper les importations, sans compter le risque d’impact de la fameuse contribution conjoncturelle. Au risque aussi d’être taxé de pessimiste, on rappellera l’image de 1er exportateur du terrorisme qui colle toujours à la Tunisie et empêche une bonne reprise du secteur touristique. C’est, pour la faire courte, une Tunisie chancelante qui sort emprunter sans garanties et sans béquilles.
C’est toutes ces données qui feront de cette nouvelle sortie pour un Milliard d’euros un vrai test grandeur nature pour toute l’image de la Tunisie

Le premier impact de toute cette conjoncture pourrait être un coût d’endettement assez lourd. Selon une source citée par l’agence Reuters, le taux d’intérêt de ces nouvelles euro-obligations devrait osciller entre 5% et 6%. Un taux qui pourrait même être handicapant pour la capacité tunisienne de remboursement, même si elle n’a jamais encore failli à ses obligations, si l’appareil de production ne se remet pas à travailler.
Il est logique, d’autre part, de se demander quelles sont les garanties, cette fois pour les finances du pays, que ce nouvel endettement n’ira pas financer les salaires, comme les institutions financières internationales, qui rechignent encore à délier les cordons de leurs bourses pour la Tunisie, en ont déjà fait le reproche aux deux derniers gouvernements ?
De plus, la nouvelle grille de calculs d’impôt sur le revenu, déjà entrée en service, va impacter négativement le pouvoir d’achat. Ce dernier, considéré comme étant l’un des derniers, sinon le seul moteur de la croissance à continuer à fonctionner « normalement », sera affecté. Le Gouvernement Chahed se tirerait-il alors une balle dans le pied ? Presque !

Ainsi, en attendant les éventuelles augmentations salariales (dont les négociations sectorielles n’ont pas encore commencé), le fonctionnaire moyen verrait son salaire amputé d’une certaine somme. Elle ne sera pas couverte par les dites augmentations, sauf si ces dernières (la 1ère tranche de 2017, la seconde tranche et l’augmentation entière de 2018) étaient à deux chiffres, chose quasiment impossible vu l’état des caisses de l’Etat et les engagements pris avec les institutions financières internationales, le FMI en premier lieu. De ce fait, l’exercice mi- équilibriste mi-prestidigitateur auquel s’adonne le trio Chahed, Zribi et Rajhi (Conseiller financier de Chahed) engendrera un effet boomerang périlleux. D’une (mauvaise) pierre deux coups (terribles), on se retrouvera avec un salarié trainant le sentiment d’avoir été le dindon de la farce. Bonjour la productivité !
Ensuite, ce fonctionnaire fauché, face à l’envolée des prix des produits, primaires pour son plat, tels que piments, tomates et oignons (dits repas du pauvre !) se repliera sur lui-même, préférant réduire son train de vie, ou au mieux se tournant vers les circuits parallèles que le Gouvernement semble ignorer, ou plutôt tolérer !

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Lamia Zribi, la ministre des Finances a déclaré que le dialogue 5+1 qui a été entamé à Paris Mardi dernier et qui comprend la France, le Portugal, l’Espagne et Malte d’un côté et les pays du Magreb d’un autre côté, a souligné la nécessité de la coopération dans le secteur douanier et fiscal entre ces pays et surtout, le combat contre le terrorisme et le blanchiment d’argent.

Lors de son intervention, ce jeudi, 26 janvier 2017, sur les ondes d’Express Fm, la ministre a ajouté qu’elle a eu une discussion avec le ministre français de l’économie et des finances autour du sujet de la conversion de la dette tunisienne envers la France en investissements.

Reseaux Sociaux

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