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Lazard

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Après toute la polémique faite en début d’année autour de ce marché et les conditions dans lesquelles il avait d’abord été fait (Voir plus bas notre information exclusive), la commission supérieure des marchés publics a finalement fait son choix. C’est le Consortium «Arjil Groupe Altium» qui a été définitivement déclaré adjudicataire du marché relatif à «la promotion du plan de développement 2016-2020 et l’assistance dans l’organisation d’une conférence internationale». Le Consortium gagnant comprend aussi la société «JA Events», une société du groupe Jeune Afrique spécialisée dans l’organisation des évènements et la société «Comete Engeneering» de Radhi Meddeb.

docfgkkLe montant du marché est de deux millions d’euros, soit l’équivalent d’un  peu plus de 4,5 MDT.

  • Des apporteurs de financement aux projets du Plan 2016-2020

Ce qu’il faut retenir de l’issue de ce marché, c’est d’abord le fait que le gouvernement tunisien a sciemment évité de prendre le moins-disant. Une stratégie qui lui évitera, peut-être, de s’adjuger aussi un service qui pourrait ne pas être à la hauteur de ses attentes. Mais le fait marquant restera le montant de la nouvelle offre de la société «Lazard Frères». Cette  dernière  avait demandé, lorsque le ministère tunisien du Développement économique et de  coopération internationale discutait directement avec elle, début 2016, et avant qu’un député ne découvre «le pot aux roses » et ne fasse capoter l’affaire, la somme de 500 mille euros. Cette somme est ensuite multipliée par 9 dans la seconde offre d’avril, faite sur appel d’offre officiel et sous le contrôle de la commission supérieure des marchés. Et quand bien même objecterait-on que les 500 mille euros étaient hors périmètre conférence et communication, le prix est ainsi multiplié par trois à périmètre équivalent !

Reste à préciser, d’abord, que le Plan du développement est un produit purement tunisien et qu’il est déjà fin prêt. C’est sur sa base que le Consortium qui vient de remporter l’AO, travaillera. Après la signature du marché, il s’agira surtout de déterminer quels sont les grands projets qu’Arjil et ses partenaires devront promouvoir auprès des investisseurs internationaux auprès desquels ils feront du «porte-à-porte» dans un road-show qui se conclura par une liste de projets avec à la clé un financement bien déterminé. Il s’agira, ensuite, d’organiser une grande réunion internationale de financiers et de bailleurs de fonds internationaux, à l’image de celle de Sharm El Sheikh en Egypte ;  et c’est, là essentiellement, qu’interviendra le groupe Jeune Afrique.

Il reste, pour boucler la boucle de cette affaire  un temps appelée «l’affaire Lazard», de parler des véritables conditions dans laquelle elle s’était déroulée, avant que le député Ben Gharbia n’en fasse les choux gras des plateaux TV.

L’affaire débute en mai 2015, lorsque le ministre Yassine Brahim envoie une lettre estampillée «Secret» en rouge, où il informait le chef du gouvernement de l’intention du ministère d’organiser «un congrès d’investissement international de promotion de la Tunisie en tant que terre d’investissement, auprès des investisseurs locaux et internationaux, des instances et des institutions internationales».

L’idée était alors d’organiser quelque chose de semblable à ce qui s’était passé à Charm El Sheikh en Egypte en mars 2015 (Une réunion, justement organisée par Lazard et qui expliquerait le choix du ministre Brahim, au moment où Essid s’installait à la Kasbah et était à la recherche de bonnes idées pour booster le développement du pays dont il prenait les rênes) et cela devait se passer en mars 2016. Le ministre proposait le recours à une banque d’affaires de renommée internationale. Dans le même courrier confidentiel, il demandait l’accord du chef du gouvernement de ne pas passer par les voies administratives traditionnelles, mais de pouvoir discuter directement, de gré à gré, avec la banque d’affaires choisie. Le 1er juin 2015, le chef du gouvernement lui donne son accord, annoté de sa main dans un courrier officiel signé par son chef de cabinet.

On comprend alors que non seulement Habib Essid était au courant de toute l’affaire de A à Z, mais y avait lui-même donné son accord noir sur blanc. Il ne l’avait jamais dit ainsi, mais avait préféré laisser son ministre supporter seul tout le poids des attaques et des pressions des médias et des politiciens.

On croit même, selon nos sources, qu’il aurait été prévu de financer ce premier contrat de 500 mille euros, non sur une quelconque ligne budgétaire, mais sur un fonds extrabudgétaire géré par la CNSS au profit du chef du gouvernement qui en est le seul ordonnateur. Une affaire qui remet sur le tapis la question de ces caisses noires et fonds extrabudgétaire dont personne, sauf une dame à La Kasbah, ne connaît l’existence et dont nulle instance ne contrôle les dépenses.

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