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Le Livre noir, Moncef Marzouki,

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Le livre noir publié par la présidence de la République a soulevé un tollé général dans les rangs des élites et au sein et de l'opinion publique. Les critiques ont porté sur les aspects déontologique et politique de l'initiative présidentielle. Moncef Marzouki a

Le livre noir publié par la présidence de la République a soulevé un tollé général dans les rangs des élites et au sein et de l’opinion publique. Les critiques ont porté sur les aspects déontologique et politique de l’initiative présidentielle. Moncef Marzouki a, en fait, utilisé à des fins électoralistes et politiciennes des données contenues dans des archives auxquelles il a accès, mais qui ne lui appartenaient pas, ce qui est contraire à l’éthique. L’aspect politique se rapportait aux motivations réelles du projet : pourquoi le livre a-t-il pris pour cible les journalistes et les médias ? Et pourquoi a-t-il été publié maintenant, à un moment où le Dialogue national est bloqué et le terrorisme reprend de plus belle ?

Les détracteurs de Marzouki qui privilégient généralement l’approche politique, ont attribué à l’équipe présidentielle le dessein de chambarder les fondamentaux de l’échiquier politique qui a évolué, depuis deux ans, de manière inexorable, aboutissant à l’isolement d’Ennahdha et à dislocation des bases de la coalition au pouvoir. Ces critiques relèvent que les forces politiques du pays ne sont sorties que depuis quelques mois de la logique de la rupture avec l’ancien régime , carcan qui a faussé le jeu politique et relégué au second plan la préservation des véritables acquis des forces vives , et la défense du projet de société mis en danger par une islamisation rampante de l’Etat et de la société , que voilà les stratèges du CPR commencent à manœuvrer pour revenir , à la veille des échéances électorales à venir , à la case départ de la Kasbah 1 , 2 et même 3 , et renforcer le processus du 23 octobre 2011 et les acquis engrangés par la troïka , et Ennahdha en premier lieu .

Dans l’interview accordée à la chaîne TV Wataniya1, mardi 3 décembre , le porte-parole de la présidence de la République, Adnene Manser, surprend par sa suffisance . Il fait valoir les larges prérogatives présidentielles en la matière, s’en prenant au passage à Samir Dilou ministre des Droits de l’Homme et de la Justice transitionnelle qui s’est démarqué de l’initiative, et conseillant aux gens qui se sentent affectés par les données révélées par le livre noir de recourir à la justice, ajoutant que l’institution de la présidence n’est pas au -dessus de la loi . Faisant valoir , sans le dire clairement , l’immunité du président de la République , il a essayé, au cours de l’interview, de dédouaner Marzouki des deux tares, déontologique et politique, pour accréditer son image de responsable porteur des vertus des droits de l’homme et imbu des valeurs de la révolution .Il insiste sur le souci de la Présidence de faire avancer le processus de la justice transitionnelle qui n’a toujours pas démarré , arguant que la motivation qui a guidé à l’initiative est justement de rattraper ce retard, et faire le raccourci du cheminement , de manière à procurer une matière toute prête aux instances qui devraient diligenter la Justice transitionnelle , et leur permettre de connaître , tout nu , le système de corruption dans le secteur des médias.

Adnane Mansar persiste donc et signe, donnant l’impression que l’initiative présidentielle est conforme à la loi, respecte la déontologie et incarne l’esprit de la révolution.

Seulement , il oublie l’avis des juristes qui soulignent que la publication du livre noir ne respecte pas la loi organique n° 2004-63 du 27 juillet 2004 , relative à la protection des données à caractère personnel, puisqu’il était question, dans le livre, de données qui touchent à l’image des personnes citées et à leurs proches , et également à la loi n° 88-95 du 2 août 1988 relative aux archives , qui considère que les archives publiques font partie du domaine public, et stipule que la communication des archives ne peut se faire qu’à l’expiration de délais bien déterminés : allant de trente ans , jusqu’à cent ans et plus , surtout si elles portent sur des documents qui contiennent des informations mettant en cause la vie privée ou intéressant la sécurité nationale ou des renseignements individuels ayant trait à la vie personnelle et familiale et, d’une manière générale, aux faits et comportements d’ordre privé.

Or , le livre noir n’a respecté ni l’esprit , ni la lettre de ces deux lois ; et le Président de la République que l’ANC lui a accordé sa confiance, à charge pour lui de s’engager solennellement dans son serment devant les élus du peuple , à respecter les lois du pays , s’est délié de son serment en incitant à publier ce livre de triste renom ou à laisser faire .Ce qui justifie que la confiance accordée par les représentants du peuple peut lui être retirée tant qu’il n’a pas tenu à ses engagements .

Aboussaoud Hmidi

Reseaux Sociaux

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