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LF 2017

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Au cours de la semaine écoulée, les prix de l’essence ont continué d’augmenter suite à la baisse de la production pétrolière annoncée par l’OPEP et atteint une moyenne mondiale de 0,95 USD  (2,19 DT) le litre. Les prix du diesel sont restés au niveau de la semaine dernière de 0,84 USD (1,93 DT) par litre.

Au niveau régional, le prix moyen européen de l’essence a augmenté de 1% et il est actuellement de 1,31 USD (3,01 DT) le litre. Des tendances similaires ont été observées dans toutes les régions du monde. Les prix moyens de l’essence ont augmenté de 3,6% en Australie, de 0,9% aux États-Unis et de 0,5% en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie.

En ce qui concerne les pays, les changements des prix de l’essence varient de 4% (Estonie) à 4,6% (Monténégro). Il y a eu une augmentation dans 48 des 103 pays examinés, aucun changement dans 48 pays (Ndlr : dont la Tunisie) et une diminution dans seulement 7 pays. L’essence est devenue plus chère de plus de 4% en Macédoine, à Taiwan et au Monténégro. Dans tous les pays où les prix de détail de l’essence ont baissé (Bulgarie, Danemark, Jamaïque, Suède, Canada et Suisse), la baisse a été inférieure à 1%, sauf en Estonie où les prix ont baissé de 4%.

Cette variation des prix internationaux, aura au moins pour impact en Tunisie, de rendre obsolète, l’une des bases sur lesquelles avait été élaborés le budget de l’Etat et sa loi de finances 2017, c’est-à-dire un prix du pétrole à 50 USD. Il est déjà à plus de 53,05 alors que la LF 2017 vient juste d’être adoptée en Tunisie !!

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Le député du bloc parlementaire Ennahdha Houcine Jaziri est d’avis que le gouvernement d’union nationale est appelé à prendre en compte les intérêts de la classe moyenne, qui continue de souffrir et à trouver d’autres alternatives pour combler le déficit budgétaire et faire face à la crise qui secoue la Tunisie

Pour le nahdhaoui, le dialogue reste l’unique moyen pour résoudre aux problèmes sociaux afin de préserver l’union et la stabilité du pays. Il a affirmé par ailleurs que le pays a besoin d’un élan d’investissement gagnant-gagnant pour rassurer les investisseurs, mais également pour réaliser le développement souhaité. Interview :

Votre lecture pour le climat social actuel ?

Le climat social reste, malgré toutes les initiatives entreprises, tendu.           Cela s’est traduit également par certaines mesures que le gouvernement a prises quelques années après la révolution.

En effet, les récentes propositions avancées dans le projet de la loi de finances 2017 (LF 2017) sont le parfait exemple, surtout qu’elles sont prises au détriment de certaines catégories, ce qui a provoqué un tollé général. Certains sont allés jusqu’à proclamer des jours de colère, et même une grève générale est attendue dans la fonction publique.

Cette situation nous pousse à évoquer le rôle stratégique de la justice fiscale, mais aussi les différents problèmes rencontrés par le gouvernement au niveau de la recherche de la solution appropriée pour ce nouveau processus économique.

Cette nouvelle situation prouve l’absence d’une vision globale capable de trouver une issue à cette crise, ce qui a alourdi la mission du gouvernement qui est par conséquent en train d’assumer sa pleine responsabilité.

Et alors ?

Le gouvernement est appelé à chercher d’autres alternatives, sachant que le dialogue reste l’unique moyen pour résoudre les problèmes sociaux afin de préserver l’union et la stabilité du pays.

L’avenir du pays est tributaire de la résolution de ces problèmes sociaux qui ne cessent d’augmenter depuis la révolution.

Mais une telle situation ne peut qu’impacter la réussite de Tunisia 2020 et surtout les promesses et les engagements fermes de la part des Etats partenaires et des bailleurs de fonds qui ont été formulé, pour un montant global de plus de 34 milliards de dinars. Qu’en dites-vous ?

Le gouvernement en place a réussi à réaliser certains projets positifs, telle que la Conférence internationale sur l’investissement, qui s’est déroulée les 29 et 30 novembre 2016.

A travers cet évènement incontournable, ce gouvernement a réussi à mettre en place un nouveau climat d’investissement tout en tirant profit des avancées réalisées dans le volet sécuritaire.

Ce nouveau climat reste par conséquent tributaire d’une reprise du secteur touristique, mais aussi de la relance de l’investissement local et étranger.

C’est une démarche importante, voire cruciale, mais c’est aussi le moment opportun pour certaines catégories pour qu’elles exigent la satisfaction de leurs revendications et la prise en compte de leur situation.

C’est dans ce cadre que s’inscrit la grève générale décrétée par la centrale syndicale pour ce 8 décembre. Ce mouvement a été compris au début comme une forme de pression exercée sur le gouvernement, mais c’est une manière de demander l’amélioration de la situation de la classe moyenne déjà en détérioration.

Pour les promesses, je pense qu’il ne s’agit pas dans l’ensemble de dons faits à la Tunisie, mais plutôt de crédits qui exigent certaines conditions pour qu’ils soient octroyés.

Pour pouvoir atteindre cet objectif, le pays a besoin d’un élan d’investissement gagnant-gagnant pour rassurer les investisseurs, mais également pour réaliser le développement souhaité.

Outre cette action, une grande responsabilité incombe aux investisseurs et aux hommes d’affaires tunisiens afin de contribuer davantage dans ce processus.

Mais quelques jours nous séparent de la grève générale décrétée par l’UGTT ?

Le principe des négociations reste valable jusqu’à la dernière minute. Je suis optimiste quant à la capacité des deux parties à dépasser cette situation préoccupante.

Et s’il n’y avait pas un compromis, la grève générale ne serait pas la fin du monde étant donné que la Tunisie est dans un processus démocratique.

De toute façon, je pense qu’il faut prendre en compte les intérêts de la classe moyenne qui continue de souffrir et trouver d’autres solutions pour combler le déficit budgétaire et faire face à la crise qui secoue la Tunisie.

Parmi les solutions ?

Le gouvernement est appelé à trouver de nouvelles solutions fiscales pour pouvoir résoudre la crise. On exige aussi plus de transparence au niveau de la gestion de plusieurs secteurs dont notamment l’investissement dans le secteur des énergies renouvelables.

Parmi les autres solutions, il faudra avoir le courage de lutter contre la contrebande, qui continue de prendre de l’ampleur en Tunisie.

Pour y parvenir, le gouvernement devrait recourir à des équipes d’experts qualifiés capables d’élaborer des mesures basées sur une nouvelle vision économique et de ne plus se limiter à de simples mesures « de punition » exercées sur certaines catégories.

Le gouvernement devrait trouver de nouvelles alternatives d’investissements.

Et encore ?

On a besoin d’un projet de restructuration de nos entreprises en difficulté. Cela passerait également par le partenariat public-privé dans plusieurs domaines comme la STEG, le transport.

De toute façon, il faut préserver les acquis sociaux du pays tout en prenant en compte les intérêts de la classe moyenne et la plus vulnérable, sinon on se trouverait face à une explosion sociale qui serait certainement couteuse pour le gouvernement.

Avez-vous des craintes par rapport à une explosion sociale ?

Il faut bouger, réagir et avoir le courage de prendre certaines décisions. On a aussi besoin d’idées innovantes en matière de gestion des entreprises en difficulté. De même, le gouvernement devrait recourir à des solutions capables d’assurer la gouvernance de l’économie tunisienne.

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Le Chef du gouvernement a indiqué qu’un foyer moyen, composé d’un couple salarié, a besoin d’une moyenne de huit ans rien que pour épargner l’apport personnel nécessaire pour obtenir un crédit immobilier.

Il a rappelé, lors de son discours à l’ARP à l’occasion du débat sur la loi de finances, que l’État prendra en charge cet apport personnel sous forme d’un crédit confortable et à faible taux d’intérêt pour faciliter l’accès des familles tunisiennes au logement.

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La finance publique est en danger, nous empruntons actuellement pour couvrir les charges et payer les dettes de l’État, a annoncé Youssef Chahed lors de son discours à l’ARP, à l’occasion de l’ouverture du débat sur le budget de l’État.

Il faut avoir le courage de passer une loi de finance qui rétablit l’équilibre au budget d’État, a t-il ajouté, insistant que les augmentations salariales doivent être reportées le temps que la situation de la finance publique s’améliore.

La loi de Finance proposée va réduire la charge aux salariés les plus vulnérables, et faire de façon à ce que ceux qui touchent le plus participent à la réduction du déficit, explique t-il.

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Entre 2008 et 2001, Lamia Zribi est DG des prévisions au sein du ministère du Développement et de la Coopération internationale, puis directrice des dépenses extérieures au sein du même ministère et en mai dernier, PDG de la BFPME. Diplômée de l’ENA (Ecole nationale d’administration) et maîtrisarde en sciences économiques, elle est la 7ème ministre des Finances de l’ère de l’après Ben Ali, un département des plus difficiles de tous les gouvernements de l’après révolution où la longévité est des plus courtes (7 ministres en 6 ans). Elle y entre en plus au plus délicat des moments.

Sitôt installée, elle se devait de confectionner une loi des finances dans un des délais les plus courts de l’histoire des finances publiques, une loi normalement instrument d’exécution d’un budget qui n’existait toujours pas à sa prise de fonction.

Sitôt installée aussi, elle se doit de trouver l’argent, beaucoup d’argent, nécessaire au bouclage du budget qu’elle présentera aux députés. Or, son argent est entre les mains d’entreprises, étatiques et privées, en difficulté. Lamia Zribi a en effet déclaré à Africanmanager que le montant de ces impayés encore non recouvrés, pour des raisons de procédures administratives ou judiciaires chez les entreprises et les professions libérales, sont évalués à 2.000 MDT ou 2 milliards DT. L’argent est aussi chez des contribuables qui ne veulent pas payer l’impôt ou qui ne peuvent pas en payer plus.

Tout cela, dans une conjoncture locale d’instabilité politique et sociale, avec des caisses presque vides, des contribuables de plus en plus rétifs à l’impôt car échaudés par la «révolution» et un Etat qui doit s’endetter toujours plus, non pas pour investir, mais pour faire face à des dépenses partout galopantes. Des dépenses où «nous nous sommes mis d’accord avec le FMI pour maintenir la masse salariale dans les limites de 13.500 MDT».

  • Les nobles objectifs d’une LF toujours incomprise

 «Nous avions hérité d’une situation difficile. Notre souci majeur était de mobiliser le plus de ressources pour l’Etat, comme avec la contribution conjoncturelle et toutes les autres taxes contenues dans la LF 2017, comme celle des piscines que nous avions préférée à l’instauration d’un impôt sur la fortune. L’autre souci majeur, à travers les différentes dispositions fiscales, était de redonner confiance dans les capacités de l’économie et stimuler l’investissement et l’emploi. C’est ce qui explique des mesures comme le contrat Al Karama (Ndlr : Prise en charge d’une partie des salaires par l’Etat pour les nouveaux recrutés), l’enveloppe qui financera les nouveaux microprojets à travers les associations, l’eau potable ou l’habitat et qui sont autant de mesures qui redonnent de l’espoir et la confiance, sans oublier l’ensemble de mesures dont le but était de concrétiser le principe de partage des fardeaux entre les différentes couches de la société». Ainsi parlait la nouvelle ministre à Africanmanager, de la nouvelle et très polémique LF 2017 qui semble pourtant être sa seule voie d’issue et la seule porte de sortie possible de tout le gouvernement Chahed.

Et lorsqu’on oppose à Lamia Zribi la critique, unanimement partagée, qu’un très large pan de l’économie, comme le marché parallèle et la contrebande, restent toujours en dehors de toutes ces mesures qui ne s’appliqueront in-fine qu’à une partie des opérateurs, la ministre ne le nie pas. Elle ne se démonte pas non plus et indique que «cela ne saurait être mis dans la LF et que la lutte contre ces deux phénomènes ne saurait avoir immédiatement des résultats, mais au bout d’un travail de longue haleine qui touche plusieurs départements, en amont et en aval du phénomène. C’est donc difficile de répondre à ces exigences sur le court-terme», ce sur quoi on la comprend sans lui donner raison, tant cette dichotomie économique approfondit le sentiment d’injustice fiscale en Tunisie.

  • Deux Milliards DT d’impayés, chez les entreprises et les professions libérales

 La ministre Zribi est pourtant un peu déstabilisée, lorsqu’on lui pose la question qui fait couler beaucoup d’encre et déchaîne les passions car elle constitue le nœud gordien de toute la LF 2017 et au cœur des relations gouvernement-UGTT. Une question relative à la volonté du gouvernement de reporter les augmentations salariales de 2017. «Ce report de deux ans dont l’impact est de 915 MDT, est pour l’instant une simple hypothèse mais qui reste impérative dans la LF. Car, s’il n’y a pas report, le budget manquera de ressources pour boucler le schéma de financement du budget 2017. Or, l’Etat a une capacité limitée à mobiliser des ressources, d’abord contrainte par le manque de liquidité sur le marché domestique et la difficulté à en mobiliser sur les marchés étrangers. L’autre hypothèse sur laquelle a été bâtie la LF 2017 est celle d’un report du paiement de la dette qatarie dont le montant est de 500 MUSD, l’une des plus chères, contractés en 2012 et à payer en avril 2017, et à propos de laquelle nous avions eu un accord verbal après discussion préliminaire avec le Qatar». Sans ces deux hypothèses, qui doivent aller de paire, le budget 2017 ne pourrait pas être bouclé, perdrait son équilibre et la LF deviendrait intenable. Sans ces deux hypothèses, c’est par un long silence que la ministre répond !

  • La quadrature du cercle !

 Il sera encore plus long ce silence, lorsqu’on ajoute à tout cela le refus par l’UGTT du report de l’augmentation, un des engagements officiels et même notifié aux bailleurs de fonds par une lettre officielle de l’ancien gouvernement. Un refus qui rendra très probable le décaissement du reste du crédit du FMI, qui sera suivi par la BM et la BAD. «Si la masse salariale dépassait ce qui a été convenu avec le FMI, notre programme avec le Fond prendra fin et les financements ne viendront pas et nous seront alors dans l’impasse, sans autre solution de rechange. Nous en avons demandé à l’UGTT et à ses experts, personne ne nous en a donné une», confirme la ministre.

Il ne restera alors que la sortie sur le marché de l’euro qui, si elle se réalisait, chose qui n’est pas sûre sans la tenue par la Tunisie de ses engagements avec le FMI, sera douloureusement chère (un taux d’au moins 5 %). Et là, c’est la ministre des Finances qui nous apprend que cette sortie était une condition de la garantie américaine pour un crédit sur les marchés financiers internationaux. La quadrature du cercle en quelque sorte pour la Tunisie du 7ème gouvernement.

Revenant sur la 1ère hypothèse qui semble être la seule planche de salut d’un gouvernement sans plan B et tancé par le temps, la ministre explique à Africanmanager qu’elle était issue de «discussions au sein de la commission 4×4 avec l’UGTT ou avec son BE». Elle précise que ce «report devait ainsi se faire, conjointement avec plus d’efforts vers une justice fiscale, un meilleur partage des sacrifices entre le salarié, les entreprises, les professions libérales et de plus grands efforts de recouvrement des impayés de l’Etat», ce que la ministre des Finances croit être concrétisé dans la LF 2017.

 

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Pour un pari, c’en était un, et des plus sérieux. Le projet de la  loi des finances 2017 a été bouclé. Il a été adopté en Conseil des ministres et est en voie de dépôt à  l’Assemblée des représentants du peuple. Au regard des vicissitudes de tous ordres qui ont ponctué son cheminement, surtout des vives  oppositions que le texte a soulevées, on ne serait dans l’erreur de dire que le gouvernement de Youssef Chahed a tiré son épingle du jeu, sans pour autant y laisser beaucoup de plumes. L’UGTT, farouche adversaire de la loi des finances pour l’exercice prochain telle que pensée par la Primature, qu’elle a décriée sous toutes les coutures, semble s’être résignée à l’accepter, au  prix de substantielles et même de déchirantes concessions que le gouvernement s’est vu obligé de faire, certainement pour sauvegarder l’essentiel, à savoir disposer d’un « minimum vital » pour tenir son rang et ne pas se prendre un râteau dans son bras de fer avec l’Organisation ouvrière.

Mais convenons qu’il a été bien plus important pour le gouvernement de pouvoir passer son budget d’austérité sans froisser plus que de raison les partenaires sociaux. Si l’Organisation patronale,  l’UTICA, a choisi d’avaler sans tumulte la couleuvre de la contribution exceptionnelle de 7,5% pour les entreprises, il en a été différemment de la centrale syndicale, l’UGTT, qui n’a de cesse de tempêter depuis vendredi soir pour dire tout le mal qu’elle pense de cette « atteinte aux droits des travailleurs et [cette] menace sur la stabilité sociale ». Mais il ne faut pas s’y tromper, on y voit plus un exercice de rhétorique syndicale proche du baroud d’honneur que le prologue d’une épreuve de force en préparation. D’ailleurs, Abassi et les siens ont bien réussi à arracher au gouvernement qu’il laisse tomber sa contribution exceptionnelle de 1% sur les salariés tout autant que son initiative relative à la révision du barème de l’impôt sur le revenu. Reste l’épineuse question du report des augmentations salariales. C’est là que le gouvernement sera le plus attendu même s’il s’est engagé à les accorder plus tôt qu’en 2019  pour peu que le taux de croissance s’améliore à 3% dans l’entretemps. Un engagement qui fleure bon le compromis, dans la mesure où le gouvernement n’a pas fermé totalement la porte devant cette revendication majeure de l’Organisation ouvrière qui, cependant,  ne manquera pas, prévoit-on, de la remettre sur le tapis à la première occasion avec la même intransigeance qui était la sienne depuis l’annonce de la proposition de Youssef Chahed à cet effet.

Il n’en demeure pas moins que le gouvernement se déleste ainsi de la vive pression exercée par les bailleurs de Fonds, singulièrement le Fonds monétaire international, qui demande invariablement et même avec une fermeté accrue que les salaires et les recrutements dans la fonction publique soient sinon baissés du moins gelés, une condition incontournable dont dépendra le déboursement des tranches du prêt promis par l’institution financière internationale.

Chahed n’est pas au bout de ses peines

En concluant un modus vivendi qui ne dit pas son nom avec l’UGTT, le gouvernement ne déblaie cependant pas une voie commode pour la mise en œuvre de sa politique d’austérité et des mesures douloureuses qui fondent son approche de sortie de crise. Certes, il a réussi à apaiser le bassin minier où la production du phosphate a repris même timidement, certes aussi, il a « réglé » la question de la compagnie pétrolière Petrofac au prix des capitulations que l’on sait, mais il y a lieu de se demander si cette politique vaudra également pour les nombreux autres dossiers en suspens et qui peuvent revenir avec acuité alors que partout, on évoque un « automne chaud » avec des conflits dans la foulée de la LF 2017. D’autant que, comme le prévoit un expert en la matière, Abdeljelil Bedoui, ex conseiller auprès de l’UGTT,  et fondateur de la Fédération tunisienne des droits économiques et sociaux, nombre des mobilisations sociales sont pour l’essentiel l’œuvre de gens non organisés, non syndiqués, ce qui complique les mécanismes de gestion des conflits par le dialogue social. « Ces conflits tendent donc à devenir plus imprévisibles, plus violents, plus coûteux. Car il n’y a pas de véritable partenaire en face avec qui discuter », affirme-t-il.

Assailli de bien des parts, le gouvernement l’est aussi par l’un de ses alliés majeurs, le mouvement Ennahdha, dont le Conseil de la Choura vient de le sommer d’opérer des choix « clairs » ressortissant au Document de Carthage, en apportant les solutions nécessaires pour remédier au déséquilibre des finances publiques, remettre en marche la machine économique « sans accabler une partie plus qu’une autre de la communauté nationale ». Autrement dit, et comme le prône l’UGTT, il faudra que le partage des sacrifices soit exercé en parfaite égalité. Un chemin copieusement semé d’embûches !

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Le Conseil des ministres, réuni vendredi sous la présidence du chef du gouvernement, a adopté le projet de la loi des finances pour 2017. Dans un communiqué, la Primature a précisé que le  budget de l’Etat a été fixé à  32, 705 milliards de dinars, en augmentation de 3 milliards DT par rapport à celui de 2016, alors que les dépenses publiques ont été arrêtées au montant de 6500 millions de dinars contre 5300 MDT pour l’exercice actuel. Les dépenses de compensation, elles, passeront de 2200 MDT en 2016 à 2700 MDT dans le projet de la LF 2017.  Pour ce qui est de la masse salariale, elle sera de 13700 millions de dinars contre 13150 MDT.

Le projet de la loi des finances 2017 vise à limiter le taux d’endettement à 62% du PIB et celui du déficit budgétaire à 5,5%, avec un taux de croissance estimé à 2,5%. Le porte-parole du gouvernement, Iyed Dahmani, a indiqué que le projet de la LF 2017 délivre un ensemble de messages importants consacrant les principes de justice sociale, de réduction de la pression sur les finances publiques, l’investissement, l’emploi, et le dialogue avec les partenaires sociaux, soulignant  que  l’élaboration du projet de la LF a été opérée dans un court laps de temps, après la révision de précédent projet pour le mettre en adéquation et symbiose avec le « Document de Carthage ».

Police fiscale

Le porte-parole a ajouté que le projet vise aussi à réviser le barème  de l’impôt en vue d’atténuer la pression fiscale sur les classes pauvre et moyenne dont le revenu net ne dépasse pas les 1400 dinars, de même qu’il prévoit des mesures pratiques de nature à résoudre les problèmes liés au devoir fiscal de certains métiers et professions. Le Conseil des ministres a mis l’accent sur le principe de la justice fiscale à travers la LF 2017 et sa mise en œuvre par le biais de la création du corps de la police fiscale qui a vocation à faciliter la récupération des fonds publics auprès  des  évadés fiscaux, outre la mesure relative à la levée du secret bancaire , ce qui est de nature à faciliter le contrôle des comptes financiers par le Contrôle fiscal et à moderniser les règle de gouvernance, de transparence et la lutte contre la corruption financière et l’évasion fiscale.

Le Conseil des ministres a décidé, s’agissant de l’enregistrement des propriétés, que l’opération de la légalisation de signature sera effectuée dans les recettes des finances lors de l’aliénation immobilière, ce qui permet à l’Etat d’obtenir toutes les données nécessaires y afférentes. Le projet de la LF 2017 vise aussi à s’assurer des éléments de fortune et du train de vie, lesquels n’ont pas été revus depuis plus de 30 ans. Le Conseil des ministres en a décidé la révision outre l’institution d’une taxe sur les piscines privées.

Révision du barème de l’impôt sur le revenu

En ce qui concerne les finances publiques, le projet de la LF2017 prévoit une série de décisions relatives notamment au rééquilibrage des finances publiques  à la lumière de la  hausse du taux d’endettement, et ce en œuvrant à la stabilité du budget de l’Etat et des finances publiques ainsi qu’à la maîtrise du déficit à l’horizon 2018. De même, la LF 2017 comprend une batterie de décisions relatives   à la balance des paiements et aux recrutements dans le souci de conjurer tout dysfonctionnement des finances publiques, et de renforcer la notation souveraine de la Tunisie tout en attirant les investisseurs étrangers. Encore, le projet de la LF2017 s’attache à sauvegarder le pouvoir d’achat des classes pauvre et moyenne par le gel des prix des produits de base, le maintien en l’état  du taux de la TVA et l’orientation vers l’institution d’une contribution exceptionnelle de 7,5% sur les entreprises et la révision du barème de l’impôt sur le revenu.

Le Conseil des ministres a souligné qu’en dépit  des difficultés financières, le gouvernement d’union nationale a choisi de poursuivre l’impulsion du processus de développement et d’investissement à travers de nombreuses mesures visant l’augmentation du budget de développement, la création de nouveaux emplois et l’amélioration du pouvoir d’achat du citoyen, tout en soulignant l’importance de la question de l’emploi par le biais des mesures annoncées par le chef du gouvernement, notamment la mise en place du contrat de la dignité en faveur de 25 000 demandeurs d’emploi en 2017 parmi les diplômés de l’enseignement  supérieur et l’institution d’une ligne d’investissement de financement de 250 millions de dinars pour l’encouragement à la création de microprojets.

Le Conseil des ministres a affirmé que le gouvernement d’union nationale est déterminé à poursuivre et enrichir le dialogue  avec les partenaires sociaux au sujet du projet de la LF 2017 et d’autres dossiers à l’instar de la proposition de reporter d’une année les augmentations salariales au cas où le taux de croissance s’élèverait à 3% en 2017, soulignant que nombre de mesures stipulées pat la LF 2017 répondent aux propositions des partenaires sociaux.

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