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Liberté, expression, Tunisie

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Reporters sans frontières (RSF) vient de publier son classement mondial de la liberté de la presse 2013. Ce rapport classe  la Tunisie à la 138ème place

Reporters sans frontières (RSF) vient de publier son classement mondial de la liberté de la presse 2013. Ce rapport classe la Tunisie à la 138ème place, en recul de 4 places par rapport à 2012, soit loin derrière la Libye, 131ème. Une régression qui ne surprend pas en l’absence, notamment, d’un cadre juridique et institutionnel réglant la profession Toutefois, ce classement demeure inquiétant pour la Tunisie qui tente de passer d’un régime dictatorial à un régime démocratique.

En effet, la Tunisie n’est pas seulement devancée par la Libye mais aussi par l’Egypte, qui vient de gagner 8 places par rapport à 2011. Pis ! La Tunisie vient derrière le Malawi (75ème), la Côte d’Ivoire (96ème), le Mali (99ème), ou encore l’Afghanistan (128ème).

Le rapport de RSF explique la régression du classement de la Tunisie par plusieurs facteurs, dont principalement le vide juridique, les nominations à la tête des médias publics, les agressions physiques contre les gens de la presse, les procès à répétition et l’absence de transparence.

Des rapports plus catastrophiques que sous Ben Ali !

Mohamed Hemdane, l’ancien directeur de l’IPSI et professeur du droit des médias, a indiqué à Africanmanager, que la Tunisie est actuellement dans une période transitoire et les institutions juridiques assurant la liberté d’expression n’ont pas été encore instaurées, ce qui ouvre la voie aux excès de part et d’autre. « On retrouve des tentatives de restriction de la liberté menées par le pouvoir politique qui s’expliquent par le vide juridique et certains excès de la presse, mais j’espère que cela va changer ». a expliqué Hemdane en faisant savoir, par contre, qu’il y avait eu beaucoup de rapports plus catastrophiques du temps de Ben Ali. « Je crois que cette situation est conjoncturelle et sans grands effets sur l’avenir de la liberté de la presse. Le débat le plus important maintenant concerne les réformes juridiques à instaurer », a-t-il ajouté.

Larbi Chouikha, universitaire, Professeur universitaire nous a affirmé, pour sa part, que ce classement révélé par RSF n’est pas totalement faux du fait de l’absence d’un cadre juridique régissant la liberté d’expression en Tunisie.

Il a ajouté que des pratiques inquiétantes à l’instar des nominations des responsables des médias dans les institutions publiques sont constatées. Les agressions commises à l’encontre de certains journalistes sont restées impunies à ce jour, ce qui constitue aussi selon lui, une source d’inquiétude concernant la liberté d’expression.

Il a indiqué, en outre, que dans le secteur audiovisuel, il y a plusieurs stations de radio et de télévision qui diffusent des émissions sans qu’on sache leurs sources de financement ou si elles disposent d’une autorisation légale, a indiqué Chouikha en citant l’exemple de « Zitouna » ou encore « Aklem ».

Chouikha a affirmé également que la liberté d’expression en Tunisie risque de disparaître, d’où l’appel qu’il a lancé pour l’application de la loi et la mise en place des instances y afférentes.

Des journalistes traînés dans les tribunaux !

De son côté, Hassen Zargouni, directeur de Sigma Conseil a indiqué, à Africanmanager que la principale raison de ce recul réside dans l’aspect juridique et institutionnel, cela a été mis en avant déjà, par les spécialistes, lors d’un panel dédié à cette question, à l’occasion de l’Open SIGMA qui a eu lieu, samedi dernier, à Tunis.

Il a, cependant, relevé l’absence d’une instance de régulation des médias indépendante du gouvernement, ayant vocation à s’assurer que le secteur fonctionne comme il se doit et que la loi est respectée.

Il a ajouté que le nombre croissant de journalistes traînés devant les tribunaux ne favorise pas une relation sereine entre les gouvernants et les journalistes. Le respect de la déontologie et l’éthique journalistique, la garantie d’une expression pluraliste et du bon fonctionnement du secteur sont autant de défis qui entachent cette instance », a-t-il conclu.

Règlements de comptes à travers les médias !

Moez Ben Mssaoud, professeur de communication à l’IPSI a fait savoir, quant à lui, que le recul de la Tunisie en termes de liberté d’expression est très inquiétant. La principale cause, selon lui, est la mainmise du gouvernement sur les médias publics notamment en ce qui concerne les nominations dans les institutions publiques.

Il n’a pas caché, par contre, que certains journalistes ont une fausse perception de la liberté d’expression d’où des abus dans l’exercice du métier de journaliste (informations non fiables ou non vérifiées).

Il a critiqué, en outre, l’absence d’un cadre juridique ou d’une instance réglementant le secteur de l’information ainsi que le non activation des décrets 115 et 116 à ce jour, d’où l’urgence d’accélérer le processus de création d’une instance de régulation qui aura pour objectif d’éviter les débordements et les abus.

Khadija Taboubi

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Reporters sans frontières (RSF) vient de publier son classement mondial de la liberté de la presse 2013. Ce rapport classe  la Tunisie à la 138ème place

Reporters sans frontières (RSF) vient de publier son classement mondial de la liberté de la presse 2013. Ce rapport classe la Tunisie à la 138ème place, en recul de 4 places par rapport à 2012, soit loin derrière la Libye, 131ème. Une régression qui ne surprend pas en l’absence, notamment, d’un cadre juridique et institutionnel réglant la profession Toutefois, ce classement demeure inquiétant pour la Tunisie qui tente de passer d’un régime dictatorial à un régime démocratique.

En effet, la Tunisie n’est pas seulement devancée par la Libye mais aussi par l’Egypte, qui vient de gagner 8 places par rapport à 2011. Pis ! La Tunisie vient derrière le Malawi (75ème), la Côte d’Ivoire (96ème), le Mali (99ème), ou encore l’Afghanistan (128ème).

Le rapport de RSF explique la régression du classement de la Tunisie par plusieurs facteurs, dont principalement le vide juridique, les nominations à la tête des médias publics, les agressions physiques contre les gens de la presse, les procès à répétition et l’absence de transparence.

Des rapports plus catastrophiques que sous Ben Ali !

Mohamed Hemdane, l’ancien directeur de l’IPSI et professeur du droit des médias, a indiqué à Africanmanager, que la Tunisie est actuellement dans une période transitoire et les institutions juridiques assurant la liberté d’expression n’ont pas été encore instaurées, ce qui ouvre la voie aux excès de part et d’autre. « On retrouve des tentatives de restriction de la liberté menées par le pouvoir politique qui s’expliquent par le vide juridique et certains excès de la presse, mais j’espère que cela va changer ». a expliqué Hemdane en faisant savoir, par contre, qu’il y avait eu beaucoup de rapports plus catastrophiques du temps de Ben Ali. « Je crois que cette situation est conjoncturelle et sans grands effets sur l’avenir de la liberté de la presse. Le débat le plus important maintenant concerne les réformes juridiques à instaurer », a-t-il ajouté.

Larbi Chouikha, universitaire, Professeur universitaire nous a affirmé, pour sa part, que ce classement révélé par RSF n’est pas totalement faux du fait de l’absence d’un cadre juridique régissant la liberté d’expression en Tunisie.

Il a ajouté que des pratiques inquiétantes à l’instar des nominations des responsables des médias dans les institutions publiques sont constatées. Les agressions commises à l’encontre de certains journalistes sont restées impunies à ce jour, ce qui constitue aussi selon lui, une source d’inquiétude concernant la liberté d’expression.

Il a indiqué, en outre, que dans le secteur audiovisuel, il y a plusieurs stations de radio et de télévision qui diffusent des émissions sans qu’on sache leurs sources de financement ou si elles disposent d’une autorisation légale, a indiqué Chouikha en citant l’exemple de « Zitouna » ou encore « Aklem ».

Chouikha a affirmé également que la liberté d’expression en Tunisie risque de disparaître, d’où l’appel qu’il a lancé pour l’application de la loi et la mise en place des instances y afférentes.

Des journalistes traînés dans les tribunaux !

De son côté, Hassen Zargouni, directeur de Sigma Conseil a indiqué, à Africanmanager que la principale raison de ce recul réside dans l’aspect juridique et institutionnel, cela a été mis en avant déjà, par les spécialistes, lors d’un panel dédié à cette question, à l’occasion de l’Open SIGMA qui a eu lieu, samedi dernier, à Tunis.

Il a, cependant, relevé l’absence d’une instance de régulation des médias indépendante du gouvernement, ayant vocation à s’assurer que le secteur fonctionne comme il se doit et que la loi est respectée.

Il a ajouté que le nombre croissant de journalistes traînés devant les tribunaux ne favorise pas une relation sereine entre les gouvernants et les journalistes. Le respect de la déontologie et l’éthique journalistique, la garantie d’une expression pluraliste et du bon fonctionnement du secteur sont autant de défis qui entachent cette instance », a-t-il conclu.

Règlements de comptes à travers les médias !

Moez Ben Mssaoud, professeur de communication à l’IPSI a fait savoir, quant à lui, que le recul de la Tunisie en termes de liberté d’expression est très inquiétant. La principale cause, selon lui, est la mainmise du gouvernement sur les médias publics notamment en ce qui concerne les nominations dans les institutions publiques.

Il n’a pas caché, par contre, que certains journalistes ont une fausse perception de la liberté d’expression d’où des abus dans l’exercice du métier de journaliste (informations non fiables ou non vérifiées).

Il a critiqué, en outre, l’absence d’un cadre juridique ou d’une instance réglementant le secteur de l’information ainsi que le non activation des décrets 115 et 116 à ce jour, d’où l’urgence d’accélérer le processus de création d’une instance de régulation qui aura pour objectif d’éviter les débordements et les abus.

Khadija Taboubi

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