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Markus Jeager, Tunisie

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Markus Jeager

Markus Jeager, chef de division au sein du Conseil de l’Europe estime que la protection des droits de l’homme est un travail de longue haleine. Pour ce faire, il a jugé utile de s’engager dans un respect mutuel, dans des programmes de coopération pour connaître la meilleure voie de la Tunisie afin de s’en inspirer et de tirer profit des autres expériences en maîtrisant les solutions techniques possibles à chaque question. Interview :

Quel regard portez-vous pour la question des droits de l’homme en Tunisie ?

Je crois qu’il ne faut pas oublier qu’en Europe, nous avons mis plus de 60 ans pour arriver à un système de protection des droits de l’homme, considéré comme l’un des meilleurs dans le monde. 60ans, c’est donc beaucoup par rapport aux deux ans et demi vécus par la Tunisie, berceau du Printemps arabe.

Je crois qu’il est très important de prendre les bons chemins, mais de laisser le temps au temps. Il est utile de ne pas revenir sur les choses et de ne pas abîmer les progrès qui ont été faits. Mais, je crois qu’il est important de prendre le temps qu’il faut pour avancer.

Quelles seront les actions à entreprendre sachant que la Tunisie a fait l’objet d’une vague de critiques en la matière ?

L’important est de s’organiser. Premier pas : organiser des instances de protection des droits de l’homme dans ce pays pour qu’elles soient réellement indépendantes, d’une part, et pour qu’elles soient dotées des moyens humains et financiers suffisants pour accomplir leurs missions, d’autre part.

Dans un pays qui vient de s’engager dans ce chemin, la notion de l’indépendance n’est pas toujours bien comprise. A mon avis, l’indépendance est une indépendance radicale. Cela veut dire que personne ne pourrait vous dicter par quel moyen que ce soit ce que vous dites. Ce genre d’instance s’avère une nécessité.

Le deuxième volet concerne la société civile qui devrait s’exprimer librement avec une grande tolérance envers toutes les opinions qui existent à l’enseigne d’une véritable culture de tolérance.

Quels sont, selon vous, les difficultés confrontées au niveau de cette question ?

Un peu du recul envers les discussions. Egalement, la notion du respect de l’autre opinion est le maître mot. Si vous estimez que votre voix est la seule voix et qu’il ne faut pas écouter et qu’il ne faut pas faire des compromis, vous allez tournez le dos à beaucoup de sensibilités différentes dans ce pays, mais il faut que tout le monde puisse s’exprimer librement sans crainte, et puis on discute.

Si cette culture de tolérance s’instaure, vous irez très loin avec le temps qu’il faut.

Parlons de la torture, avez-vous des chiffres exacts à ce propos ?

Je n’ai pas des chiffres, mais je suis parmi ceux qui visitent les lieux de détention dans toute l’Europe. Je connais pratiquement les dangers, mais je n’ai pas encore visité les lieux de détention en Tunisie.

Ceci étant dit, il faut savoir que les mauvais traitements, particulièrement les traitements abominables, ne disparaissent jamais ou totalement d’un pays.

Il faut être vigilant et, en revanche, réduire au maximum le nombre des cas dans ce pays. Il faut que cela reste exceptionnel en instaurant l’esprit d’impunité où les gens savent faire les choses et que jamais, ils vont tenus être pour responsables. C’est la catastrophe. C’est la première chose qu’il faut changer.

Il faut commencer par rendre les gens responsables en leur donnant des indications claires de la part de leur commandement et que ce genre du traitement soit absolument inacceptable en toutes circonstances. Donc, il faut que ce soit très clair pour tout le monde.

Mais, pour plusieurs observateurs, la protection des droits de l’homme est une question de mentalité ?

Je ne crois pas de tout qu’en Tunisie on ait la mentalité de torturer les gens. Je crois qu’il s’agit d’une tentation de tous les pouvoirs, et je ne crois pas qu’il s’agisse d’une question de mentalité.

Je crois que le peuple tunisien comme les autres peuples, n’aime pas qu’on lui fasse du mal à lui-même et déteste qu’on fasse du mal aux autres de manière éhontée, surtout en état de détention.

Evoquons la coopération tuniso-européene, quels sont les instruments nécessaires pour gagner ce challenge ?

Ce sont surtout les programmes de coopération technique entre l’Union européenne et le Conseil de l’Europe, d’un côté, et les autres instances tunisiennes, de l’autre.

On devrait pouvoir s’engager dans un respect mutuel, dans des programmes de coopération pour connaître la meilleure voie de la Tunisie afin de s’inspirer et de tirer profit des autres expériences et non pas de copier en connaissant les solutions techniques possibles à chaque question

Est-il possible de relever ce défi ?

C’est vrai qu’il y a un nombre des défis qui donnent le vertige, mais vous pouvez pas à pas gagner du temps avec la culture du respect de l’autre qui est la culture des droits de l’homme. Donc, si vous voulez tout faire immédiatement, cela ne sera pas possible. Il faut mettre les priorités qui sont certainement la liberté d’expression, la liberté politique tout en cessant les mauvais traitements notamment le comportement des forces de l’ordre.

Wiem Thebti

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