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Mezri Haddad, Tunisie

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«Un gouvernement dont la moitié a eut une carrière terroriste

«Un gouvernement dont la moitié a eut une carrière terroriste, jadis et naguère, ne peut pas aujourd’hui traiter le terrorisme qui frappe la Tunisie». Ainsi parlait Mezri Haddad, ancien ambassadeur tunisien à France 24. Haddad faisait référence, dans cet entretien, où il était en face du porte-parole du ministère tunisien de la défense Mokhtar Ben Naceur, aux ministre Nahdhaouis, qui étaient accusé de terrorisme et fichés en tant que tels dans plusieurs aéroports.

Répondant ensuite à Mokhtar Ben Naceur, Haddad rappelle le grand nombre de criminels libérés, dans l’euphorie de la révolution, de puis 2011 et indique que la campagne antiterroriste que mène actuellement la Tunisie, aurait du commencer depuis 2011. (Voir Vidéo)

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Mezri Haddad

Mezri Haddad, philosophe et ancien ambassadeur de la Tunisie à l’UNESCO vient d’accorder à Africanmanager, une interview exclusive. Haddad a parlé de la situation politique actuelle du pays et la réalité des événements du 14 janvier 2011, date de la fuite de Ben Ali.

Mezri Haddad a parlé également de plusieurs sujets d’actualités en rapport avec Ennahdha, le courant Djihadiste, les ex RCDistes, l’ANC et quelques personnalités de la scène politique actuelle comme Mustapha Ben Jaafar, Ahmed Néjib Chebbi, Moncef Marzouki ou encore l’UGTT.

Après une révolution dont les tenants et aboutissants n’ont pas été tirés au clair dans leur totalité, comment jugez-vous la situation actuelle de la Tunisie ?

D’abord, la « révolution » est un conte de fée pour adolescents. Il n’y a pas eu de révolution en Tunisie mais un soulèvement social, moins grave et moins couteux en vies humaines que ceux de janvier 1978 et janvier 1984. La différence, est que cette fois-ci, il a été exploité et encouragé par des Etats étrangers pour que la Tunisie soit la rampe de lancement du « printemps arabe », c’est-à-dire la destruction des Etats-Nations et leur recomposition conformément au « Grand-Moyen-Orient » conçu par les néoconservateurs américains sous George W.Bush.

La situation actuelle du pays, je la juge comme les 99% des Tunisiens qui ont subi un énorme traumatisme, qui ont perdu conscience et qui, en retrouvant aujourd’hui leur esprit, découvrent un pays qui n’est plus le leur, ni dans le déguisement wahhabite de leurs compatriotes, ni dans la violence et la haine des uns vis-à-vis des autres, ni dans l’insécurité, ni dans la pénurie des produits alimentaires de base, ni dans la médiocrité de leur nouvelle élite « intellectuelle » et politique, ni dans la nouvelle religion sectaire et obscurantiste prêchée dans leurs mosquées et sur leurs chaînes de télévision. En moins de deux ans, la Tunisie a perdu son âme, sa nature, son prestige, son économie et sa souveraineté.

Quel est votre lecture des événements du 14 janvier 2011 ? Y avait-il un autre scénario possible pour sortir de la crise ?

Après le discours de Ben Ali le 13 janvier, la situation aurait dû s’arranger. Ben Ali avait fait des concessions si importantes que Mustapha Ben Jafar, Ahmed Néjib Chebbi et la direction de l’UGTT avaient publiquement déclaré leur satisfaction et leur disposition à composer avec le régime. De toutes les manières, Ben Ali était suffisamment fragilisé pour ne plus gouverner avec les mêmes méthodes qu’auparavant et en allant jusqu’au bout de son mandat. Paradoxalement, son discours ne m’avait pas convaincu à l’époque, et c’est pour cette raison d’ailleurs que j’ai démissionné le lendemain. Avec le recul, je considère que cette sortie de crise était dans l’intérêt des Tunisiens mais pas dans celui des Américains, des Qataris et des mercenaires tunisiens à leurs soldes. Souvenez-vous de la déclaration d’Hillary Clinton, le 12 janvier 2011, à partir de Doha, déclaration reprise dans une dépêche de l’AFP : « Il faut aider Ben Ali à partir ». Ce que beaucoup de Tunisiens n’ont pas compris à l’époque c’est que leur pays devait servir de laboratoire « révolutionnaire » pour envahir la Libye et prendre possession de ses richesses, déstabiliser l’Egypte et anéantir la Syrie pour neutraliser l’Iran. Les Tunisiens ne pouvaient pas comprendre non plus que les Américains ne défendaient pas la démocratie en terre d’islam, mais l’islamisme en terre arabe.

Comment expliquer vous le silence d’Ennahdha face à la montée du courant Djihadiste en Tunisie et les menaces terroristes qui pèsent sur les frontières tunisiennes?

Cela prouve d’abord que le terrorisme islamiste n’était pas un épouvantail crée de toute pièce par le régime, comme le prétendait la propagande islamo-gauchiste. Ce silence s’explique par la contiguïté idéologique entre Ennahda, les djihadistes et les salafistes. Leur idéologie est la même : notre modèle est Mohamed et notre constitution est le Coran. Cette idéologie est par essence même théocratique et totalitaire, puisque la liberté des individus s’arrête là où commence la soumission à un islam qu’ils prétendent incarner, et que les droits de l’homme sont insignifiants en comparaison avec les droits de Dieu dont ils se disent les soldats et protecteurs, comme si l’éternité de Dieu et ses Lumières avaient besoin de leur obscurité. La différence entre les islamistes d’Ennahda et leurs frères en secte, les djihadistes ou les salafistes, c’est que les premiers inscrivent leur action dans une stratégie graduelle et les seconds veulent réaliser la « cité idéale » ici et maintenant.

Que pensez-vous de l’exclusion des ex-RCDistes de la vie politique ?

Je pense que c’est une faute majeure commise par la gauche, qui espérait profiter de ce vide. En réalité, la décapitation du RCD a joué un rôle crucial dans le succès d’Ennahda et de sa ramification ou vitrine « progressiste », le CPR. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! Alors que je n’ai jamais été membre du RCD, j’avais publié, dès février 2011, deux articles dans La Presse et dans Le Temps pour mettre en garde la classe politique des conséquences de cette mesure d’ostracisme et dictatoriale. J’avais fait un plaidoyer pour purger ce parti de ses éléments clientélistes et antidémocrates, de le rebaptiser PSD, parti socialiste destourien, comme il s’appelait avant 1987. Cette mesure prise à l’encontre d’un parti fondé par l’illustre Bourguiba, qui a libéré le pays, jeté les bases de l’Etat-nation et mené la bataille contre l’ignorance et le sous-développement, fut un crime d’un ramassis d’islamo-gauchistes contre la mémoire collective du peuple tunisien. Dans la décapitation du RCD et la légalisation d’Ennahda, il y avait déjà un signe que certains n’ont pas vu.

Quelle évaluation faites-vous du dernier discours de Marzouki dans lequel il a exigé un gouvernement restreint de compétences?

Je ne l’ai pas écouté et je ne fais pas très attention aux discours de Marzouki. La réalité du pouvoir n’est pas à Carthage mais à Radès, chez Ghannouchi, si ce n’est à Doha. Restreindre le gouvernement à une équipe compétente, mieux vaut tard que jamais. Avec un gouvernement de 80 ministres et secrétaires d’Etat, sans compter les ministres et les secrétaires d’Etat sans portefeuille, c’est inédit dans l’histoire des pays. Savez-vous de combien de ministres est composé le gouvernement chinois ?

Vous avez appelé à maintes reprises à la dissolution de l’ANC. Pourquoi ?

Parce qu’elle est dans son essence illégitime même si elle est légale. Instituer une Assemblée constituante était, là aussi, une idée de la gauche pour perdurer le mythe de la révolution. Plutôt que de jouer au Lénine, il fallait immédiatement s’occuper des problèmes sociaux et économiques du pays, maintenir le gouvernement provisoire pour assurer la transition démocratique dans les meilleurs conditions possibles. Amendée, notre constitution était suffisante pour garantir la stabilité du pays.

En six mois (les Italiens ont mis une semaine), une commission de spécialistes aurait pu préparer une nouvelle constitution conforme aux aspirations du peuple dans sa diversité politique et idéologique. Cette constitution aurait été soumise à referendum, et ça revenait au peuple de l’approuver ou de la rejeter. Comme je l’ai déclaré il n’y a pas longtemps, ce n’est pas en réunissant à l’Assemblée nationale les concierges, les chauffeurs de taxi et les plombiers de Paris que le général de Gaulle a donné à la France, en juillet 1958, la meilleure constitution qui est d’ailleurs encore en vigueur aujourd’hui. Il en a confié la rédaction à Michel Debré, le plus grand constitutionaliste à l’époque, puis il a dit aux Français c’est à prendre ou à laisser. Et ce fut le référendum. C’est ainsi que procèdent les nations civilisées en temps de crise. C’est pour vous dire que l’ANC doit être dissoute, d’autant plus qu’elle a perdu sa légalité et sa légitimité depuis le 23 octobre dernier. Mais pour les révolutionnaires et les défenseurs de la veuve et de l’orphelin, c’est difficile de renoncer à un salaire de 5000 à 10000 dinars par mois !

(A suivre)

Khadija Taboubi

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