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Moez Labidi, combattre, terrorisme, Tunisie

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« Plus les menaces terroristes pèseront sur une économie

« Plus les menaces terroristes pèseront sur une économie, plus le « risque pays » augmente et plus les primes d’assurance flambent », indique l’universitaire et expert économique, Moez Labidi, dans sa dernière lettre publiée par l’intermédiaire en bourse, Mac Sa. Il en résulte, selon lui, une nette augmentation des prix des produits importés, augmentation qui pourrait d’une part alimenter les poussées inflationnistes et d’autre part, amener les investisseurs et les consommateurs à retarder leurs décisions d’achat de ces produits.

« Le recul de la croissance est à son tour générateur de poussées terroristes », a indiqué Moez Labidi, faisant la distinction entre deux canaux de transmission. D’une part, une croissance fragilisée par la menace terroriste entraîne la montée du chômage et de la pauvreté. Du coup un marché potentiel s’élargit pour des nouvelles recrues adeptes des thèses terroristes.

Sur un autre plan, la faiblesse du taux de croissance se traduit par la chute des recettes fiscales de l’Etat, et l’appauvrissement de l’Etat pénalise l’efficacité de sa stratégie de lutte contre le terrorisme, a-t-il dit.

Pour épargner l’économie nationale des retombées d’une menace terroriste, Moez Labidi a proposé une série de mesures et un effort de fermenté. A très court terme, l’option sécuritaire est inévitable, surtout pour un pays comme la Tunisie, dont l’économie demeure très dépendante des recettes touristiques et des investissements étrangers. Le contrôle des frontières et la modernisation des équipements militaires sont incontournables pour améliorer l’efficacité des politiques anti-terroristes. De même, la fermeté s’impose contre l’apologie du terrorisme sur la place publique (médias, mosquées, universités, meeting politiques, …), mais aussi contre la surenchère politicienne sur les cadavres des martyrs, nourrie par une entrée prématurée dans la campagne électorale.

Pour atteindre ces objectifs, Moez Labidi souligne qu’un effort budgétaire (réallocation des ressources pour rénover le dispositif de sécurité) doit se traduire par un effort réglementaire (plus de fermeté dans les textes pour sanctionner l’apologie du terrorisme).

D’après lui, il est toujours très délicat de trouver le juste équilibre entre la liberté d’expression et la nécessité de prévenir le terrorisme. Toutefois, il recommande de veiller soigneusement à ce que les restrictions sur le droit à la liberté d’expression ne dérapent pas de leur objectif prioritaire, à savoir le maintien de l’ordre public et la sauvegarde de la sécurité nationale.

L’efficacité de la bataille contre l’intégrisme religieux ne doit pas, aussi, selon lui, faire appel au fonds de commerce de l’intégrisme laïc qui ne peut qu’exceller dans le déclenchement d’un réflexe pavlovien chez les adeptes de la mouvance djihadiste, offrant ainsi du kérosène aux actions terroristes. L’Etat tunisien n’est pas assez bien préparé pour affronter ces extrémistes et le climat des affaires reste très fragile pour supporter cette forme de délinquance intellectuelle.

« La lutte contre le banditisme, qui fait la pluie et le beau temps dans les circuits de distribution, s’inscrit aussi dans la bataille contre les réseaux terroristes qui profitent du fleurissement d’une économie hors la loi (estimée à près de 40% du PIB) pour financer leurs opérations ». Il indique que la lutte contre le terrorisme nécessite de na pas éluder sa dimension internationale,soulignant qu’une étroite coopération avec le Groupe d’action financière (GAFI) serait indispensable pour faire face à ce fléau.

L’universitaire a expliqué, dans le même ordre d’idées, que l’économie tunisienne est une économie très sensible à la variable sécuritaire. Ce qui n’était pas le cas de l’Algérie pendant les années 90, où la menace terroriste n’a pas stoppé les exportations des hydrocarbures et les entrées de devises, selon ses dires.

La Tunisie est forcée de diversifier ses exportations de biens et services. « Certes, une diversification sectorielle, pour renforcer la place de secteurs autres que le tourisme ; mais aussi une diversification géographique, avec plus d’effort de prospection sur les marchés émergents et surtout du côté africain », a-t-il dit, soulignant qu’un effort s’avère indispensable pour la remontée en gamme afin d’en finir avec le déficit chronique et inquiétant de la balance courante : 5.3% pour les six premiers mois de l’année 2014, contre 4.4 % pour la même période de 2013.

En somme, l’horreur des actes terroristes et l’ampleur des dégâts encaissés par l’armée tunisienne ont forcé le gouvernement à prendre une série de mesures courageuses pour faire barrage à cette menace. Moez Labidi a espéré, dans ce cadre, que le gouvernement aura aussi le courage nécessaire pour engager les réformes économiques les plus sérieuses permettant à la Tunisie de retrouver le chemin d’une forte croissance, avant qu’il ne soit trop tard.

De même une politique efficace contre le terrorisme semble être le meilleur placement à terme sur le marché de la croissance économique, a-t-il dit.

Khadija Taboubi

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