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Mohamed Brahmi Chokri Belaid

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Mohamed Brahmi a été tué. Il sera le troisième politicien tunisien après Lotfi Naguedh et Chokri Belaid à être assassiné

Mohamed Brahmi a été tué. Il sera le troisième politicien tunisien après Lotfi Naguedh et Chokri Belaid à être assassiné, lors des premières deux années du règne d’Ennahdha sur la Tunisie de l’après Ben Ali. Le règne de ce dernier, certes, exercé d’une main de fer qui a valu à plus d’un opposant tunisien des séjours en prison, n’aura pas fait un tel carnage parmi la classe politique tunisienne. Ben Ali a été même celui qui a sauvé la tête de Rached Khriji Ghannouchi lorsque Bourguiba a voulu le faire condamner à la peine capitale par pendaison.

Comme lors du meurtre de Belaid, le ministère de l’Intérieur qui était le dernier à le savoir, diligentera une enquête qui ne mènera nulle part. Comme lors de l’assassinat de Chokri Belaid, la justice tunisienne se saisira du dossier de Brahmi et ne dira plus rien, à partir de cette date. Comme après le meurtre de Belaid, Ennahdha fera figure de victime, certains l’accuseront en tant que parti au pouvoir et lui rappelleront, à très juste titre, les scandaleuses déclarations demeurées impunies de Sahbi Atig, et d’autres partis se signaleront par des communiqués de condamnations les plus atterrées. C’est probablement ainsi que la Tunisie qui ploie sous le joug d’un été ramadhanesque, vivra le 3ème meurtre politique depuis l’ère Ben Ali.

Brahmi n’était pas un opposant virulent à Ennahdha, ses déclarations et ses positions sur les plateaux TV en témoignent, comme l’était Belaid. Il n’en demeure pas moins un des membres de cette gauche tunisienne que le parti islamiste au pouvoir abhorrait et accusait de tous ses propres maux. L’état de déliquescence de la situation sécuritaire d’un pays qui vit un dangereux schisme idéologique et social depuis l’accession d’Ennahdha au pouvoir et où les armes ne sont plus une denrée rare, est sans doute l’une des explications de ce troisième meurtre politique en Tunisie. Certains rappelleront les déclarations de Sahbi Atig qui légalisaient le meurtre de tous ceux qui s’opposeraient à la légitimité d’Ennahdha. D’aucuns font le lien avec les déclarations de Noureddine Bhiri sur les instigateurs du meurtre de Chokri Belaid. D’autres rappelleront des déclarations de Chokri Belaid qui mettait en garde contre la violence de réaction d’Ennahdha si elle se sentait acculée. D’autres encore noteront la troublante coïncidence du meurtre d’un opposant le jour même de la célébration de la République pour laquelle se bat toute la Tunisie depuis la prise de pouvoir d’Ennahdha. Après ce qui s’est passé en Egypte, le Tamarrod tunisien et les appels à la fin de la légitimité de l’ANC, on aurait tendance à croire que Chokri Belaid pourrait avoir raison.

Ce qui est sûr, c’est que le meurtre de Mohamed Brahmi n’arrangera pas les choses, ni politiques ni économiques, de la Tunisie d’une révolution détournée. Il est ainsi attendu que les préparatifs de la fin de la période transitoire s’étirent de nouveau, que l’ANC demande des comptes, pose un surcroît de questions et exige encore des réponses qui ne lui parviendront jamais et retarde de son propre chef la conclusion des travaux de la nouvelle constitution et tout ce qui l’accompagne. Il est aussi attendu que les agences de notation réagissent et dégradent encore plus la note souveraine tunisienne et que la condition de la dette tunisienne s’en ressente fortement sur les marchés internationaux. Cela retardera sans doute les projets des autorités tunisiennes et dégradera pareillement la situation économique interne.

La Tunisie n’est pas encore sortie de l’auberge. La situation s’y « somalise » ou s’y « libanise ». Cela ne fait que confirmer le caractère très dangereux et hautement précaire de sa situation. Deux ou trois heures après ce troisième meurtre politique, la medias tunisiens n’en prenaient pas encore totalement conscience ni la mesure. Alors que France 24 ou Al Arabiya réalisaient des « spéciaux », la Watanya se contentait de passer tout juste l’information. Le reste des chaînes privées diffusaient encore documentaires et feuilletons comme si la nouvelle Tunisie s’habituait à ce qui lui arrivait ,depuis octobre 2011, ou qu’elle était encore sonnée.

K.M.B

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