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La situation économique de la Tunisie est tellement complexe, trouble, instable depuis quelques années que des institutions de la trempe de l’Agence de Notation Moody’s, qui pourtant maitrisent leur affaire sur le bout des doigt, y perdent leur latin et leur boussole. Il faudrait une véritable boule de cristal pour y voir quelque chose. Et encore. Dans un sens c’est pas une mauvaise chose car on peut se dire que ce flou est également la preuve que le contexte peut muter favorablement, à tout moment. C’est une façon de percevoir la situation ; si on la prend par l’autre bout de la lorgnette, cela rend impossible toute prévision à court et moyen terme, ce qui est synonyme d’incertitude, et donc forcément un mauvais signal pour les institutions financières internationales, les investisseurs, locaux comme étrangers et les pays partenaires. Moody’s vient de se prendre les pieds dans le tapis de ses prévisions en direction de la Tunisie, en se contredisant en l’espace de quelques semaines. En effet dans sa dernière mouture publiée dimanche 15 janvier 2017, l’agence place la Tunisie dans le lot des pays à perspective stable pour la solvabilité souveraine (avec la Jordanie, le Liban, le Maroc et l’Egypte), dans son rapport intitulé  » Les perspectives souveraines – Proche Orient et l’Afrique du Nord: Perspectives 2017 – L’impulsion de la réforme appuie les perspectives stables en dépit des défis continus ». Pourtant il y a quelques semaines, la musique était toute autre…

Moody’s justifie cette perspective stable par la chute des prix de l’énergie et la dynamique des réformes – dans le cas de la Tunisie on attend toujours de voir – dans la région.
D’après le même document, lequel est, précisons-le, une photographie des marchés et non un acte de notation, « l’amélioration de l’élan de croissance et l’accès aux sources de financement externes dans les programmes du Fonds monétaire international (…) confirment » les « perspectives de crédit stables », a indiqué Elisa Parisi-Capone, vice-présidente chez Moody’s.
La rapport indique tout de même qu’à l’exception de la Tunisie, tous les pays passés à la loupe dans la région présentent des bases de financement internes leur permettant de desserrer l’étau de la dépendance vis-à-vis de l’endettement extérieur, même si les niveaux d’endettement sont hauts et les besoins financiers bruts conséquents : 55,6% du PIB en Egypte, 30,8%, 21,5% en Jordanie, 12,2% au Maroc et 9,4% en Tunisie.

Par ailleurs en Tunisie les perspectives négatives « reflètent également un resserrement des conditions de financement externe lié à l’endettement en devises et à la structure de financement », indique Moody’s, qui situe le déficit de la balance des opérations courantes à 7,5% en 2017 et de 7,3% en 2018, donc un léger repli à venir.
En outre, la fonte des prix de l’énergie a fortement participé au « rééquilibrage externe graduel de la région et a contribué à compenser le recul du secteur touristique, de l’investissement étranger direct et la réduction des transferts financiers des pays du Conseil de coopération du Golfe ».

Le son de cloche a changé !

Il y a quelques semaines, plus précisément le 22 novembre 2016, Moody’s indiquait que la Tunisie risquait gros à cause de la dégradation de ses finances publiques. L’agence de notation Moody’s faisait planer la menace d’une baisse de la note de la dette souveraine tunisienne du fait du glissement inquiétant des finances publiques. Certes le communiqué confirmait le « Ba3 » de la Tunisie, une note attribuée aux émetteurs aptes à honorer leurs engagements, avec des aspects spéculatifs, mais la perspective était passée de « stable » à « négative ». L’agence reprochait à la Tunisie « les retards continus vers la consolidation budgétaire qui mène à l’aggravation du déficit budgétaire et à une trajectoire du niveau de la dette par rapport au PIB qui s’éloigne de plus en plus de la moyenne des pays placés dans la même catégorie ». Elle pointait également du doigt le fait que le gouvernement ait revu à la hausse, dans le projet de la loi de finances 2017, les prévisions de déficit budgétaire pour cette année et l’an prochain à respectivement 5,7% et 5,4% du PIB, et que « la dette du gouvernement atteigne 63,2% du PIB fin 2016 contre 54,9% en 2015″… Bref le dossier à charge était costaud!

Il semble donc que la Tunisie, dans la dernière prévision de Moody’s, soit portée par un contexte régional favorable. Cela ne veut pas dire pour autant que les problèmes domestiques sont réglés, loin de là. Les moteurs de l’économie (phosphate, tourisme…) sont toujours aussi poussifs, le climat social toujours aussi instable (en témoignent les remous dans les régions dernièrement), la consommation, un des relais de la croissance, toujours aussi énigmatique (même les chiffres de l’honorable INS sont maintenant contestés !), quant à l’oxygène qu’on attend de la Conférence internationale de l’investissement, il ne viendra qu’en 2018 à cause de l’épaisse paperasse qui accompagne ces décaissement colossaux, selon le ministre de la Coopération internationale. Tout cela pour dire que les lendemains qui chantent ne sont pas pour maintenant…

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«Le puissant syndicat de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) a annoncé jeudi qu’il pourrait appeler à la grève dans la fonction publique le 8 décembre si le gouvernement ne renonçait pas à son intention de geler les salaires dans le projet de budget pour 2017. Le syndicat précise également qu’il appellera à la mobilisation dans le secteur privé en raison des retards dans les négociations avec l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) et avec le patronat».

C’est ce que rapporte l’agence de presse anglaise Reuters, reprise par différents médias français, à 4 jours de la conférence «Tunisie 2020», sur laquelle mise le gouvernement Youssef Chahed pour récolter environ 20 milliards d’euros sous forme d’investissements et qui se tiendra les 29 et 30 novembre à Tunis. Une mauvaise nouvelle qui tombe, à pic, alors que la Tunisie essaie de réunir des investisseurs, par nature frileux, pour leur présenter les 145 projets à financer pour éviter le recours continu à l’endettement. Une mauvaise nouvelle, aussi et surtout, issue d’une annonce officielle faite par l’UGTT, dans un timing pour le moins pas innocent !

Et comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais toute seule, Moody’s Investors Service avait la veille «affirmé et modifié les perspectives de stables à négatives pour les notations de dépôts en monnaie locale d’Amen Bank (Amen, B1), de Banque de Tunisie (BT, Ba3), la Banque Internationale Arabe de Tunisie (BIAT, Ba3) et Société Tunisienne de Banque (STB, B1). Parallèlement, Moody’s a confirmé la notation des dépôts en monnaie locale de la Banque arabe tunisienne (ATB, Ba3), les perspectives demeurent stables. Moody’s a également confirmé la notation des dépôts en devises pour les cinq banques».

  • L’UGTT c’est bien. En abuser, ça craint !

 Et comme pour être plus explicite dans ses mauvaises prédictions que les investisseurs étrangers qui viendront à Tunis ne manqueront pas, Moody’s indique que «la perception négative des quatre dépôts des banques tunisiennes s’explique principalement par l’appréciation de l’agence de notation selon laquelle la capacité du gouvernement tunisien à soutenir les banques qui se détériorent ». L’agence de notation en donne pour preuve «l’aggravation du déficit budgétaire et la trajectoire de la dette », des arguments qui ne semblent pas toucher l’omnipotent syndicat ouvrier, uniquement obnubilé par l’augmentation des salaires d’une fonction publique, déjà plus que pléthorique.

Même si cette menace de grève dans la fonction publique et l’appel à la mobilisation du secteur privé pourraient ne servir qu’à mettre encore la pression sur le gouvernement Chahed, les deux ressemblent à une menace de grève générale qui ne dit pas son nom. Un message des plus mauvais et négatifs que donneraient l’UGTT et Moody’s aux centaines d’investisseurs potentiels qui viendront en Tunisie. Ce qui est sûr, c’est que l’inflexible position de l’UGTT sur le refus du report ne fera que confirmer le jugement de Moody’s quant à l’affaiblissement du gouvernement à soutenir le système bancaire qui s’écroulera si les finances publiques s’affaissaient.

  • L’avocatie joue à «l’avocat du diable»

 Plusieurs avocats ont observé, vendredi au palais de la Justice, un sit-in pour  » protester contre le projet de loi de finances pour l’exercice 2017, particulièrement dans ses volets dédiés aux professions libérales et à la fiscalité du barreau ».

«Ce troisième sit-in vient clore une série de mouvements de protestation entamés mercredi dernier par les avocats pour contester le projet de loi de finances 2017», a déclaré à l’agence TAP le bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Tunisie (ONAT), Ameur Meherzi. Selon lui, une réunion extraordinaire aura lieu demain samedi pour envisager de nouvelles formes de protestation, afin d’empêcher l’adoption des articles de la loi de finances 2017 dédiés à la fiscalité du barreau.
 » Les avocats vont continuer à protester jusqu’à l’annulation de ces articles « , a-t-il promis.
Des centaines d’avocats avaient observé, mercredi, un sit-in devant les locaux de l’Assemblée des représentants du peuple pour exprimer leur opposition à certains articles du projet de loi de finances pour l’exercice 2017. A ce propos, ils avaient réclamé l’annulation des articles relatifs à la fiscalité des avocats (articles 30,31 et 55) et la démission de la ministre des Finances.

On rappelle que le chef du gouvernement avait été à Paris, où il était allé demander de l’aide financière, taclé par la presse française qui lui rappelaient qu’avant de demander de l’aide, il vaudrait mieux qu’il aille convaincre les avocats et les médecins de payer leurs impôts.

Sans vouloir remettre en cause l’amour de quiconque pour la Tunisie, le moins que l’on puisse dire est que cela ne se fait pas et que la Tunisie désormais tombe dans le règne des groupes de pression et des lobbies de tous genres !

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La Tunisie pourrait payer très cher la dégradation de ses finances publiques. En effet l’agence de notation Moody’s, l’un des gendarmes de la place, a averti que la note attribuée à la dette souveraine tunisienne pourrait être revue à la baisse à moyen terme du fait de la pente inquiétante des finances publiques.

Le communiqué, publié hier mardi 22 novembre au soir, confirme le « Ba3 » de la Tunisie, une note qu’on donne aux émetteurs aptes à honorer leurs engagements avec des aspects spéculatifs ; sauf que cette fois, contrairement à la précédente perspective – « stable »-, la note tunisienne est assortie d’une perspective « négative ». Un coup très rude pour le pays, qui s’apprête à convoquer les investisseurs et bailleurs du monde entier dans le cadre de la Conférence internationale – ces 29 et 30 novembre.

L’agence explique sa décision par « les retards continus vers la consolidation budgétaire qui mène à l’aggravation du déficit budgétaire et à une trajectoire du niveau de la dette par rapport au PIB qui s’éloigne de plus en plus de la moyenne des pays placés dans la même catégorie », lit-on dans Boursorama ce mercredi 23 novembre.

A côté de ça, « les vulnérabilités externes augmentent, alimentées par le déséquilibre persistant de la balance commerciale et par une augmentation de la dette extérieure brute », indique Moody’s.

L’agence voit d’un très mauvais oeil le fait que le gouvernement ait revu à la hausse, dans le projet de la loi de finances 2017, les prévisions de déficit budgétaire pour cette année et l’an prochain à respectivement 5,7% et 5,4% du PIB. « Il est aussi prévu que la dette du gouvernement atteigne 63,2% du PIB fin 2016 contre 54,9% en 2015 », s’alarme Moody’s.

L’agence ajoute que face à une croissance plus molle que prévu – 1,5% contre 2,5% prévus initialement -, un afflux de recettes moins dense de 2% et les retombées de la dépréciation de la monnaie comptant pour à peu près 4,5 points de PIB, la Tunisie ne pouvait pas échapper à la sanction.

Moody’s rappelle également que la dette du pays pourrait aller au-delà de 65% de son PIB en 2017-2018.

Néanmoins elle termine sur une note plus positive en indiquant que la Tunisie peut être créditée d’une certaine « solidité de ses institutions si on les compare à d’autres pays placés dans la même catégorie » et du « soutien actuel d’institutions internationales », ce qui a plaidé pour le maintien de sa note à court terme.

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L’agence de notation Moody ‘s a annoncé avoir  a repositionné l’échelle de notation nationale (NSR) de quatre tranches dans deux opérations tunisiennes de financement structuré en relation avec le recalibrage de l’échelle de notation nationale tunisienne.

La RSN, qui fournit une mesure de solvabilité relative au sein d’un seul pays, procède de l’échelle mondiale de notation (GSR) en utilisant des cartes spécifiques à chaque pays. L’adoption d’une concordance révisée entre la  GSR de Moody et l’échelle nationale tunisienne fait suite à la  publication de la méthodologie mise à jour de Moody.

Avec moins de 10 émetteurs fondamentaux tunisiens notés par Moody, la nouvelle carte a été conçue sur la base de l’approche standard, de sorte que la conception de la carte soit choisie parmi un ensemble de cartes normalisées sur la base du point d’ancrage, ou de la plus basse GSR qui puisse  correspondre à un Aaa.tn. Les notes de financement structuré ne sont pas prises en considération dans la détermination de la conception de la carte. Par l’approche standard, le point d’ancrage de la Tunisie est abaissé à Ba3, note égale à la notation des obligations souveraines, contre le  niveau précédent de A1. En outre, afin de clarifier le sens du RSN, le chevauchement – où deux RSG peuvent correspondre à la même NSR – a été éliminé de la carte tunisienne à l’échelle nationale, de sorte que chaque NSR corresponde désormais à une seul GSR. Cependant, toutes les RSG de B1 à Caa3 correspondront  au moins à deux notes à l’échelle nationale. À la suite de ces changements, toutes  les RSG en dessous de Ca correspondront à RSN jusqu’à plus de neuf crans qu’auparavant sur l’échelle tunisienne.

Par conséquent, les RSN attribuées à trois tranches tunisiennes de financement structuré en deux transactions sont repositionnées quatre crans plus haut, tandis qu’une tranche en une seule transaction est repositionnée sept crans plus haut. Il n’y a pas actuellement de RSN attribuées aux émetteurs fondamentaux en Tunisie. Les RSN repositionnées d’émetteurs individuels ne signifient pas un changement dans le risque de crédit, dès lors que les RSG pour ces émetteurs demeurent  inchangées.

À la suite de ce recalibrage, le niveau de risque associé à un niveau particulier  de NSR tunisienne  a changé dans de nombreux cas. La  RSN ne revêt  aucune signification absolue inhérente en termes de risque de défaut ou de perte attendue; elle désigne les classements ordinaux de solvabilité par rapport aux autres émetteurs nationaux dans un pays donné. Une probabilité historique de défaut et / ou de perte attendue en cohérence avec une NSR donnée peut être déduite de la GSR à laquelle elle correspond  à un  moment donné. Toutefois, la probabilité de défaut et de perte attendue d’une NSR peut changer si et dès lors que l’échelle nationale d’un pays est reconfigurée

Mody’s précise que les émetteurs concernés  sont le FCC BIAT-CREDIMMO 1 et le FCC BIAT-CREDIMMO 2.

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L’agence de notation Moody’s  a annoncé mardi avoir  affirmé la note souveraine de la Tunisie à Ba3, assortie de  perspective stable.

Moody’s  a analysé le profil de crédit de la Tunisie dans le contexte des risques de sécurité qui se sont récemment accrus au niveau régional et national et des développements politiques qui peuvent hypothéquer le cours des réformes économiques structurelles.

L’affirmation de la note reflète l’opinion  de Moody’s  que les défis sécuritaires, politiques et économiques auxquels la Tunisie fait face actuellement se déclinent de manière  appropriée dans  la note Ba3  alors que le profil de crédit du pays reste soutenu par un certain nombre de facteurs, notamment la solidité des institutions du pays par rapport aux notes de pays comparables  et le soutien continu bien que conditionnel des institutions internationales, concernant les progrès accomplis en matière de réformes. La perspective stable reflète l’attente de Moody’s que le processus de formation de consensus de la Tunisie permettra de surmonter les revers récents et de faire progresser la mise en œuvre du programme de réforme de la politique et de la transition vers un modèle de croissance plus durable.

Dans le cadre de la notation, l’agence a également confirmé la note de la dette de la Banque Centrale de Tunisie à Ba3 et maintenu la perspective stable. Le Gouvernement tunisien est légalement responsable des paiements de toutes les obligations de la banque centrale, dès lors qu’ils sont émis par celle-ci au nom du gouvernement.

Moody’s a maintenu en l’état, c’est-à-dire à Baa2, les notes  de l’obligation en monnaie locale et des plafonds de dépôt. Les notes de plafond d’obligations en devises de Ba1 ainsi que le plafond de dépôt en  monnaie étrangère restent également inchangées, de même que les plafonds à court terme.

Le profil de crédit de la Tunisie intègre un certain nombre de points forts qui soutiennent la note à son niveau actuel, en particulier la solidité de ses institutions par rapport aux notes de pays  pairs et le soutien bien que conditionnel des institutions internationales concernant les progrès accomplis en matière de réformes.

La capacité de  l’administration publique et de la société civile à accompagner le  processus de transition de  quatre ans, depuis  2011,  au milieu de troubles  sociaux et sécuritaires  témoigne de la solidité du cadre institutionnel du pays. Les engagements internationaux pour un large soutien à travers  des sources de financement officielles devraient continuer à appuyer la  liquidité du gouvernement tunisien et le profil de risque de la vulnérabilité extérieure, quoique subordonnés  à la mise en œuvre d’un programme structurel et de la politique de réforme convenus  avec le FMI. Un tel soutien externe, bien qu’apporté  à des conditions très favorables, augmente les niveaux de la dette extérieure de la Tunisie qui devrait dépasser 70% du PIB au cours des deux prochaines années.

Moody pense  que la note de Ba3 est également résiliente à un certain nombre d’autres aspects  plus négatifs  apparus au cours des derniers mois.

Un taux de croissance plus faible que prévu

Les perspectives de croissance sont plus faibles  que l’on prévoyait, 1,5% en 2016 et 2,0% en 2017 après un taux provisoire de 0,8% en 2015. La croissance a été freinée par des attaques terroristes ciblant le secteur du tourisme, ainsi que par la faible confiance des investisseurs, ce qui a entraîné un ajustement budgétaire et externe plus modeste que prévu précédemment.

Sur le plan extérieur, les effets combinés des la baisse des recettes touristiques et du persistant  déficit commercial de l’énergie a maintenu élevé le déficit courant aux alentours de ses niveaux de l’année dernière, soit près de 9% du PIB. L’exceptionnelle saison de l’huile d’olive 2014/2015  a contribué à l’amélioration de la balance commerciale, mais cette tendance va s’inverser au cours de la  saison 2015/16. L’agence s’attend à ce que  le déficit du compte courant ne baisse  qu’à 7,8% du PIB en 2016 et à 7,1% en 2017.

Sur le plan budgétaire, Moody’s prévoit une  réduction progressive du déficit budgétaire   à -4,5% du PIB en 2016 contre -4,7% du PIB en 2015 (hors dons et recettes de privatisation) due aux importantes augmentations salariales dans le secteur public qui devraient représenter 14,5 % du PIB ,  destinées à assurer la paix sociale sur le long terme. Ces augmentations sont censées neutraliser les  économies induites par la réduction des subventions aux carburants.

De même, en ce qui concerne le risque politique intérieur, les tensions politiques accrues résultant de la scission au sein du parti  Nidaa Tounes  ajoutent à la persistance des tensions sociales alors que le  taux de chômage s’est élevé à 15,4%  fin 2015, touchant particulièrement les diplômés (31,2%).  Les risques géopolitiques qui se sont accentués récemment comme en témoignent les frappes aériennes américaines visant les cellules de Daech en Libye,  se déclinent également dans la note de Ba3. La Tunisie est directement affectée par la situation sécuritaire dans le pays voisin à travers les flux de réfugiés et le grand nombre de combattants tunisiens opérant à l’étranger.

La perspective stable tributaire de l’aide internationale

La perspective stable est de nature à compenser   les vents contraires économiques et politiques auxquels le pays est confronté dans sa transition vers un modèle de croissance durable eu égard à la poursuite d’une forte aide financière fournie par les bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux.

L’accès de la Tunisie au soutien financier de la communauté internationale est illustré par l’engagement pris en mars 2015 par la Banque mondiale de fournir des financements de l’ordre de 4 milliards $ au cours des 5 prochaines années,  et les négociations en cours pour un programme de suivi du FMI  dans la foulée de l’accord de confirmation de  1,75 milliard $  pour une période de deux ans qui a expiré en décembre 2015, en plus de nouveaux engagements financiers multilatéraux et bilatéraux, en particulier des donateurs occidentaux.

Ces engagements sont soumis à des conditions politiques et Moody reconnaît que les défis auxquels fait face le gouvernement tunisien sont en hausse, alors que les  progrès au titre du  programme de réformes n’ont pas été aussi  rapides que l’on prévoyait.

Certaines réformes ont été mises en œuvre. Dans le cadre du dernier programme du FMI, les autorités tunisiennes ont procédé à la recapitalisation de deux des trois grandes banques du secteur public en septembre 2015 (Société Tunisienne de Banque (STB) et la Banque de l’Habitat (BH)), tandis que la troisième, Banque Nationale Agricole (BNA), a entrepris la vente d’actifs, pour mettre  les ratios de capitalisation en conformité avec les exigences réglementaires. Au cours du même mois, le Parlement a également adopté la loi sur la concurrence et en novembre celle relative au partenariat public-privé. Des progrès ont également été accomplis en ce qui concerne la réforme des subventions énergétiques.

Les réformes qui ont été entachées de retards comprennent notamment la réglementation du secteur bancaire et la supervision de son cadre pour renforcer le  soutien du secteur financier à l’économie, outre le dispositif relatif à la faillite pour résoudre  les problèmes hérités du passé, et le  controversé nouveau code d’investissement pour combler le fossé du régime on-shore  / off-shore  à côté de la réforme fiscale visant à promouvoir une croissance plus inclusive.

Mody’s estime  que ces projets de réforme demeureront une partie intégrante de tout le programme de suivi en cours de négociation avec le FMI et d’autres bailleurs de fonds multilatéraux, et prévoit  que les résultats de la politique consensuelle  en  Tunisie  favoriseront  la dynamique des réformes pour  garantir un  soutien officiel continu. Par exemple, le débat longtemps retardé sur le code d’investissement a récemment viré au  court terme, et il est prévu qu’il sera examiné par le parlement en mars  2016.

La perspective stable reflète également l’accès de la Tunisie à des partenariats stratégiques et à la coopération renforcée de la communauté internationale en matière de sécurité comme en témoigne la désignation du pays en tant qu’allié majeur des Etats-Unis, non membre de l’OTAN, un  statut qui donne à la Tunisie un accès privilégié à la formation et au  soutien logistique en matière de  défense. Les États-Unis ont également signé une déclaration d’intention pour une nouvelle garantie d’un prêt de 500 millions $, en novembre dernier.

La note serait relevée, si….

Bien que peu probable dans un avenir prévisible, une réduction importante des tensions liées à la sécurité intérieure et extérieure plaidant pour un retour de  la confiance chez les investisseurs et la reprise du  secteur du tourisme pourrait pousser vers le relèvement de la note et les perspectives y associées, estime Mody’s. Une rapide mise en œuvre des réformes structurelles précédemment convenues avec le FMI serait d’un effet positif  si elle devait inverser la forte baisse de la  compétitivité internationale du pays au cours des dernières années, et améliorer ses perspectives de croissance à moyen terme.

Et abaissée au cas où…

Une nouvelle escalade imprévue de l’activité terroriste sur le sol national, ou une intervention militaire de grande envergure en Libye voisine avec d’importantes retombées économiques et  sécuritaires  sur la Tunisie amplifieraient l’impact des risques d’événements en cours et conduiraient  à une réévaluation à la baisse du profil de crédit de la Tunisie. Dans le même ordre d’idées, une impasse politique intérieure réduisant la probabilité de progrès significatifs dans  la mise en œuvre des réformes entraînerait une baisse de la note, en particulier si elle mettait en doute la capacité de la Tunisie de conserver le soutien dont elle a besoin auprès des bailleurs de fonds internationaux. Par ailleurs, un taux de chômage élevé, et des déséquilibres externes persistants compromettraient la solvabilité de la Tunisie, conclut Moody’s.

Il est à noter que cette affirmation de la note souveraine de la Tunisie devrait être mise à contribution s’agissant de  la prochaine sortie du pays sur les marchés financiers internationaux, portant sur un crédit d’un milliard d’euros avec la seule garantie de l’Etat et avec un taux d’intérêt qui devrait dépasser les 5,75 % qui avait été celui de la sortie de janvier 2015 en USD. Cette prochaine sortie sur les marchés européens de l’euro devrait se faire à fin mars prochain.

Traduction assurée par Africanmanager

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Bien que la Tunisie soit le seul pays du printemps arabe  à avoir a achevé la transition vers des institutions démocratiques avec l’adoption d’une nouvelle constitution, suivie d’élections législatives et présidentielles, plusieurs attaques terroristes ont hypothéqué les progrès en matière de  réforme économique structurelle, et les récentes divisions au sein du parti majoritaire Nidaa Tounes accroissent les troubles politiques et économiques avec lesquels le pays aux prises  dans sa transition vers un modèle de croissance durable.

« La croissance moyenne du PIB au cours des trois premiers trimestres de 2015 a baissé à 0,7 pour cent en glissement annuel contre  2,3 pour cent de croissance annuelle en 2014, avec des chiffres trimestriels montrant une tendance à une décélération progressive (1er trimestre  1,7 pour cent , 2ème tri :  0,7 pour cent, 3ème tri: -0,1 pour.

« La baisse généralisée de l’activité économique dans tous les secteurs, sauf pour la saison de l’huile  d’olive 2014/2015 qui devrait s’inverser la prochaine saison, ce qui pousse Moody’s à réviser vers la baisse ses prévisions de croissance annuelle à 0,5 pour cent en 2015 et à 1,5 pour cent en 2016 contre 1 pour cent et 2,3 pour cent, respectivement.

« Nous prévoyons que le déficit budgétaire pour 2015 se creusera pour atteindre 6,0 pour cent du PIB avant dons et privatisations (-5,7 pour cent du PIB  comprenant ces derniers), en raison des ajustements budgétaires et extérieurs prévus suite à des mesures sécuritaires et de   soutien supplémentaires, mais nous prévoyons une amélioration du déficit à 4,9 pour cent du PIB en 2016 (-4,6 pour cent du PIB, y compris les subventions et les privatisations)’’, indique l’agence qui ajoute que les recettes du tourisme se sont effondrées de 35 pour cent entre  fin  2015 et  fin 2014 (et de 40 pour cent en dollars américains).

« En dépit de la baisse des prix mondiaux du pétrole en 2015, le déficit énergétique de la Tunisie s’est  amélioré moins que prévu alors que la baisse combinée du  prix et du  volume de production et des exportations d’énergie ont neutralisé partiellement la baisse de la valeur des importations, réduisant ainsi le déficit commercial énergétique global  à 4,3 pour cent du PIB  au  3ème trimestre 2015, contre 4,7 pour cent du PIB une année avant. Nous nous attendons donc à ce que le déficit global du compte courant  décline  à 8,6 pour cent du PIB d’ici la fin de 2015 contre  9,0 pour cent du PIB en 2014’’, souligne Moody‘s.

« Sur le plan des financements, la Tunisie continue de bénéficier d’un fort soutien  multilatéral et bilatéral officiel, tandis que la reprise des flux des investissements directs étrangers reste tout en étant  progressive en termes de dollars depuis le creux enregistré au 3ème trimestre 2014, et orientés vers le secteur de l’énergie (56 pour cent du  stock des IDE), suivi par les industries manufacturières  (28 pour cent) et les services (16 pour cent) « , conclut l’agence Moody’s.

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Bien que la Tunisie soit le seul pays du printemps arabe  à avoir a achevé la transition vers  des institutions démocratiques avec l’adoption d’une nouvelle constitution, suivie d’élections législatives et présidentielles, plusieurs attaques terroristes ont hypothéqué les progrès en matière de  réforme économique structurelle, et les récentes divisions au sein du parti majoritaire Nidaa Tounes accroissent les troubles politiques et économiques avec lesquels le pays aux prises  dans sa transition vers un modèle de croissance durable, selon l’agence de notation Moody’s.

« La croissance moyenne du PIB au cours des trois premiers trimestres de 2015 a baissé à 0,7 pour cent en glissement annuel contre  2,3 pour cent de croissance annuelle en 2014, avec des chiffres trimestriels montrant une tendance à une décélération progressive (1er trimestre  1,7 pour cent, 2ème tri : 0,7 pour cent, 3ème tri: -0,1 pour.

« La baisse généralisée de l’activité économique dans tous les secteurs, sauf pour la saison de l’huile  d’olive 2014/2015 qui devrait s’inverser la prochaine saison, a poussé Moody’s à réviser vers la baisse ses prévisions de croissance annuelle à 0,5 pour cent en 2015 et à 1,5 pour cent en 2016 contre 1 pour cent et 2,3 pour cent, respectivement.

Nous y reviendrons

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Interrogé sur la baisse de la note de 5 banques tunisiennes (Amen Banque

Interrogé sur la baisse de la note de 5 banques tunisiennes (Amen Banque, l’ATB, la Banque de Tunisie, la BIAT et la STB) par Mood’ys, Mustapha Kamel Nabli, a affirmé que cela aura des effets indirects non seulement sur le budget de l’état mais aussi sur le secteur public et privé.

Nabli a critiqué les réactions politiques et idéologiques « qui ne sont pas bonnes ».

W.T

Reseaux Sociaux

INTERVIEW

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Dans une interview exclusive avec Africanmanager ce mercredi 18 janvier, le porte-parole de la Direction générale des prisons et de la rééducation, Kaïs Soltani,...

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