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Mouhamed Ghannouchi, UGTT

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On aura ainsi tout vu dans cette Tunisie post-Ben Ali. De l’administré qui « dégage « tout responsable qui ne lui plait pas, au citoyen qui ne reconnait aucune autorité à la décision de la justice, en passant par le gouvernement qui n’est pas en état de dire non à la rue. La centrale syndicale ouvrière vient de franchir un pas supplémentaire dans cette fronde généralisée, de tout le monde à tout et à tous.  Dans un geste complètement inédit, l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) vient de mettre en garde à deux reprises  le pouvoir exécutif et de le menacer une autre fois dans un seul communiqué de moins d’une page, publié lundi 21 février 2011.

Parlant des sous-traitants qu’elle veut définitivement faire recruter par la fonction publique, l’UGTT  a en effet «mis en garde le Gouvernement provisoire contre les dangers des décisions unilatérales relatives aux questions sociales, particulièrement le dossier de l’emploi. Non contente des différentes augmentations salariales, obtenues par la  «violation » de décisions unilatérales patronales et le chantage exercé sur  certains autres patrons, la centrale syndicale ouvrière veut maintenant et même  « immédiatement », comme le souligne son communiqué, des négociations sur le pouvoir d’achat et les questions réglementaires en rapport avec le secteur privé, le secteur public et la fonction publique.

Menace à peine voilée de reprendre les grèves, le bureau exécutif de l’UGTT a aussi réaffirmé que le droit de manifester est garanti par la Constitution [en oubliant de spécifier ses conditions réglementaires pour qu’il ne devienne pas gabegie, comme c’est le cas maintenant]pour exprimer le refus des orientations qui ne répondent pas aux ambitions du peuple, mettant en garde contre toute forme de répression à l’encontre des participants au sit-in de la Kasbah affirmant qu’il s’agit « d’une réponse légitime au refus du Gouvernement provisoire de créer un Conseil pour la protection de la révolution », une des deux conditions de la commission administrative de l’UGTT pour accepter le Gouvernement provisoire.

En face, c’est un gouvernement qui fait reculade sur reculade, concession sur concession et qui ne prend même plus la peine de répondre ou de s’expliquer par communiqué ou par communication.  

Il faut dire que le Chef de ce gouvernement [toutes nos excuses au Mohamed Ghannouchi que nous connaissions avant le 14 janvier] devient de plus en plus le ventre mou de cette formation gouvernementale. L’Homme reçoit coup sur coup sans réagir, certainement médusé, pétrifié par ce nouvel environnement créé par la Révolution où personne ne respecte plus personne, où rien ne plait plus à personne, où personne n’est d’accord sur rien et où le peuple peut désormais crier sa colère, même en mots assez rudes, sous la propre fenêtre du bureau d’un Premier ministre, plutôt habitué au respect de l’autorité et à la crainte de tout symbole de l’Etat.

L’Homme n’est plus ce qu’il était. Cet excellent ministre de l’Economie qui avait une parfaite maîtrise des chiffres du pays, qui en défendait avec force et  conviction les ratios devant les plus hautes instances économiques et financières internationales et arrivait à les convaincre et à les amener à plus de soutien financier à l’économie de son pays dont il connaissait toutes les arcanes depuis qu’il était ministre du Plan puis de la Coopération internationale, n’est plus ce qu’il était.

L’Homme a même changé de discours. Un discours moins, sinon pas du tout, chiffré, moins clair et structuré, moins visionnaire et argumenté. Un discours désormais plus formel, plus politicien qu’économique, un discours qui ne dessine plus une perspective à en donner presque la matrice réelle, mais un discours qui nourrit même l’incertitude. Un discours qui ne trace plus la route, pavée de la certitude des chiffres et des pourcentages, mais un discours d’appel à l’aide, avec une grande tristesse dans les yeux. Le discours de l’actuel Premier ministre n’est plus le même. Un discours, moins sûr, où l’Homme semble avoir perdu beaucoup de son assurance de Premier ministre et on retrouve cela même dans son allocution qui n’est plus la même que celle des grands discours de la Chambre des Députés ou des journées de l’entreprise.

Indéniablement, Ghannouchi, le Premier ministre a beaucoup perdu de sa verve, de son assurance et de son autorité. Il n’est plus le visage rassurant d’un gouvernement qui sait où il va, qui a le geste sûr d’un capitaine qui connait bien son cap et vous donne l’assurance de pouvoir vous y faire arriver. Ghannouchi est plutôt devenu le ventre mou d’un gouvernement qui n’a aucune feuille de route, qui subit syndicat, partis politiques, population et la rue et qui n’a plus de saint à qui se vouer.

Jrad ne devrait-il pas pendre la place de Ghannouchi ? Cela aurait, au moins, le mérite de la clarté pour l’avenir de la Tunisie ! Avec lui, on saura au moins qu’on va, économiquement, droit au mur, mais on saura quand même où on va !
Sinon qui d’autre ? Un ministre qui ne connait même pas les chiffres du budget de son pays et de son PIB ? Un ministre ou des opposants, toutes tendances confondues, qui ne proposent  aucune alternative à ce qu’ils critiquent et détruisent ? Un mouvement Nahdhaoui dont on connaît, par l’exemple algérien, l’issue de son exercice de la démocratie ?

Citoyens, faites votre choix, mais faites-le vite !

Reseaux Sociaux

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